Timeline : Un peu après la fin d'Endless Odyssey

Notes : Confinement tout ça, j'ai du temps pour inventer des histoires. Panopticon est la prison présente dans l'épisode "Le Pari de Yattaran" où Harlock vient les sauver (ou plutôt exploser tout).
Notes 2 : Ne me soufflez pas comme idée de coller les plans de Panopticon comme tatouage à Harlock.
Notes 3 : le terme "supermax" désigne les prisons ayant un système de sécurité maximale, Alcatraz est le prototype des prisons de ce type, l'exemple le plus notable en activité de nos jours se trouve sur le continent américain, répondant au nom d' ADX Florence. Cette dernière vous donnera un aperçu de comment j'imagine le quartier où sont enfermés les détenus dangereux comme Harlock en attendant leur exécution

Merci a Aerandir Linaewen pour m'avoir dit d'utiliser les tirets catadrins.


Cela fait des années qu'elle connaissait le vaisseau par coeur, non pas que ça lui ai pris du temps hein, bien sûr qu'au début elle avait eu du mal avec le système de compartimentage , et avec ces échappées qui ont rendu ses genoux douloureux au possible pendant ses premiers mois sur le bord. L'absence de règles de vie était nouveau aussi à l'époque. Kei Yûki avait toujours plus au moins été ce qu'on appelle une "bonne fille". Enfin, ça c'était jusqu'à ce qu'elle croise la route d'un pirate balafré au caractère bien trempé. Elle était devenue une hors-la-loi condamnée à mort, ça changeait de la jeune femme sage bien droite dans ses bottes toujours dans le giron de son père.
Aujourd'hui encore, malgré les dix années passées à bord, les multiples batailles essuyées par le vaisseau, ses cicatrices de "guerre" (les incendies étaient légion à bord) elle restait d'une nature docile et volontaire sans faire preuve de faiblesse. La belle blonde avait un caractère en acier trempé elle aussi, elle devenait même une teigne lorsque la situation l'exigeait. Les années avaient passé et elle n'avait plus rien à prouver à qui que ce soit, même si dans l'absolu personne n'avait jamais demandé à Kei de faire ses preuves.


Sur la planète pénitencière de Panopticon, un détenu était allongé sur sa paillasse dans sa cellule. Il était au quartier de sécurité maximale aussi appelé "supermax". Il ne savait plus depuis combien de temps il était là, ni combien de temps il allait rester. Malgré sa condamnation à mort il était autorisé à sortir une heure par semaine, tout dépendait de son affinité avec le gardien posté devant la porte ultra-blindée de sa geôle. Certains lui laissaient la petite meurtrière de la porte ouverte. Mais qu'est-ce que ça changeait après tout, peu importe l'endroit la lumière restait artificielle. Il entendit les multiples clés s'introduire unes à unes dans les nombreuses serrures de la porte. La porte s'ouvrit, laissant apparaître en contre-jour un gardien.

— S-00999, promenade, t'as une heure devant toi.

Il ne répondit pas et se leva, quittant sa cellule sans accorder un oeil au gardien.

— Hé, t'oublie pas, un mètre cinquante de distance entre toi et les grilles, et pareil avec les autres condamnés à mort.

Harlock, qui continuait à marcher, ne montrant au gardien que son dos, leva sa main droite et tendit son pouce histoire de montrer qu'il avait bien compris pour la énième fois. Le gardien était un gentil gars, il allait pas se montrer hargneux, c'était pas lui qui l'avait enfermé ici.

Les projecteurs de la cour de promenade de fortune réservée aux prisonniers comme lui l'aveuglèrent. Le temps que son oeil unique s'adapte à la lumière, les autres lascars avaient les yeux braqués sur lui. A Panopticon, les émeutes et les meurtres entre prisonniers étaient courants. Harlock savait qu'une fois par semaine, il était plus exposé que jamais. Ce qui devait s'apparenter à sa seule heure récréative de la semaine était celle où il était le plus sur le qui-vive. Autour de lui, des violeurs récidivistes, des pédophiles et toutes sortes de criminels qui lui donnaient de vomir. Il soupira, il n'impressionnait personne avec sa tenue de détenu rayée.

- L'pirate ! On dit que c'est toi qui a donné du fil à retordre à tous les gouvernements et qui a éradiqué les Mazones, c'est vrai ?

Ah un nouveau. C'était logique, personne dans cette prison n'ignorait qui il était, mais il n'était pas sûr d'apprécier cette forme de célébrité. Tout en ignorant le nouveau, il jeta un oeil vers le haut du bâtiment. Comme chaque jour il notait à quel point la sécurité avait été renforcée depuis son coup d'éclat ici. Il soupira encore, agrippant le grillage dans sa main sans s'apercevoir qu'il avait franchi le mètre cinquante de limite. Le gardien qui faisait sa ronde dans la zone tapa avec sa matraque sur ses doigts qui dépassaient du grillage. Harlock les enleva rapidement, ça piquait quand même.

— Un mètre cinquante toi là ! Tu veux écourter ta sortie ?
— Non, gardien, souffla-t-il, son unique oeil caché par son épaisse crinière qui n'avait fait que pousser durant son enfermement

Il se décala du grillage, n'étant pas contre le fait de s'éloigner de la cour.
Il s'était laissé enfermer, demandant juste à Miimé de mettre l'Arcadia en sécurité. Il remarquait maintenant combien une évasion serait difficile sans un tranchoir de proue. Il errait dans le couloir de la mort, se fichant de savoir à quel moment il allait être exécuté. Mais à en croire les quatre années passées ici, les gardiens se le gardaient sous le coude, son arcade sourcilière lui rappelait à quel point il était le favori des tabassages en règle.


Sur l'écran de sa console,les plans de Panopticon se dessinaient clairement. L'ancienne officier navigatrice du bord était seule en passerelle. Si l'on ne comptait pas l'ordinateur central, Miimé était sa seule compagnie. Même Tori était on ne sait où.
Les points de sécurité les plus forts de Panopticon étaient les endroits qui avaient subi le plus de dégâts suite au dernier passage de l'Arcadia. La dernière évasion avait permis à Kei d'échapper à son exécution à quelques secondes près. La difficulté de celle qu'elle planifiait en solo, avec les informations que l'ordinateur du vaisseau lui donnait, était quand même quelques niveaux au-dessus. Harlock était certainement le mieux gardé et le plus surveillé des prisonniers, devant bénéficier du supermax avancé, assez pour qu'il n'ai pas pu sortir par ses propres moyens. Et surtout, Yattaran n'était pas présent pour l'aider, elle allait juste devoir composer avec ce qui restait des infos qu'il avait laissé traîner un peu partout dans les disques durs.

Une main bleutée se posa sur son épaule, l'autre main lui tendant un verre de saké :

— Depuis combien de temps es-tu dessus ?
— Oh, j'en sais trop rien, des heures, des jours, des mois peut-être et aucune solution ne me vient..

La Nibelungen avait de la peine pour la blonde, qui s'échinait à trouver une issue de secours à Harlock. Kei avait arpenté l'espace pour retrouver l'Arcadia pourtant très bien cachée, et elle avait réussi, Miimé ne doutait pas de sa capacité à trouver une solution efficace.

— Pour quelqu'un qui a trouvé un vaisseau caché là où moi je n'aurai jamais pensé à le chercher, je trouve que tu te sous-estimes.
— l'Arcadia est facile à trouver, il suffit de connaitre les réactions de l'ordinateur, où de se mettre à la place d'Harlock, essayer de réfléchir comme lui.
— Même avec tout le psychisme de l'univers je suis toujours incapable de prévoir ses plans, toi pourtant tu y arrives.

Kei sourit, venant de Miimé ça ressemblait à un compliment. Elle tourna son verre laissant le saké cogner contre les parois transparentes du récipient. Elle était à court d'idées, et son actuel moyen de transport était uniquement en sursis. La seule raison pour laquelle l'Arcadia n'était pas auprès de son capitaine était qu'aucune cellule n'aurait pu accueillir le cuirassé. Cette idée arracha un autre sourire à la navigatrice qui, avec la fatigue se surprit à imaginer l'Arcadia emprisonnée. Il fallait qu'elle ait une bonne nuit de sommeil, son esprit commençait à divaguer.

— Miimé, peux-tu surveiller la passerelle et m'avertir en cas de besoin ? J'ai vraiment besoin de dormir..

Les yeux jaunes sans iris plissés de Miimé indiquèrent à Kei qu'elle aussi souriait. Oui bon, elle avait parlé comme si elle était le capitaine, mais ce dernier avait fait ce qu'on appelle un abandon de poste, elle n'y pouvait rien si elle devait tout faire seule !

— Comme au bon vieux temps, déclara la femme bleue de sa voix douce
— Exactement, je reviens le plus vite possible.

Elle trinqua avec Miimé qui buvait à la bouteille directement, siffla son verre cul-sec et se leva.

— On trouvera un moyen de le sortir de là, je te le promets Miimé, jura Kei

— Je le sais

Toutes deux savaient à bord la valeur des promesses, et que celles-ci devaient toujours être tenues.