Alors, je vais crever l'abcès tout de suite : oui, Sephiroth, Angeal et Genesis qui quittent le SOLDAT pour ouvrir un genre de café / salon de thé à Midgar et élever les fils de Sephiroth, c'est crack, mais... l'amour du fluff n'ayant aucune limite, j'assume mon délire. x,)
Sinon, c'est un texte court (5 chapitres de 1.500 à 2.000 mots chacun) et qui fait suite à mon OS "Nous trois", mais les deux peuvent être lus de manière indépendante (Celui-ci se passant des années plus tard). Ce texte sert également de présentation à un projet plus vaste (Parce qu'on se doute bien que je ne compte pas en rester là. :p) et on est clairement sur de la tranche de vie.
En ce qui concerne Kadaj, Loz et Yazoo, le premier a cinq ans et les deux autres sept ans.
Partie 1
1
Sephiroth ouvre doucement les yeux. Sur la table de chevet, le radio-réveil indique qu'il est tout juste cinq heures du matin. Il se passe les mains le long du visage, avant de s'étirer et d'étouffer un bâillement.
Près de lui, Angeal pousse un grognement et se tourne sur le flanc, sans toutefois se réveiller. Habitué à se lever avant tout le monde – et donc à préparer le petit déjeuner –, Sephiroth ne met que quelques secondes avant de se convaincre de quitter la chaleur de leurs draps.
Tout en faisant rouler ses épaules, afin d'apaiser la raideur qu'il peut y sentir, il se demande s'il aura le courage de s'entraîner ce matin-là. En général, après avoir terminé son petit déjeuner et vaqué à quelques occupations matinales, il part faire un footing, parfois seul, parfois en compagnie d'Angeal, plus rarement avec celle de Genesis – pour qui la journée commence au moment où lui-même sort courir. Puis vient sa séance de musculation, à laquelle Angeal se joint toujours, tandis que Genesis préfère se contenter d'un jour sur deux, et qu'il termine par une série de katas avec Masamune. Vient ensuite la dernière étape de son entraînement quotidien, partagée cette-fois par ses deux compagnons qui, en tant qu'adversaires capables, lui permettent de ne pas trop perdre la main maintenant que la vie militaire est loin derrière lui.
Seulement, aujourd'hui, la fatigue est un peu trop présente et il ne croit pas qu'il arrivera à grand-chose… un peu de musculation, peut-être… puis quelques échauffements avec Masamune, mais le reste devra attendre demain.
Enfin… à supposer que ça se passe mieux ce soir… !
Avec un soupir épuisé, il enfile ses chaussons et quitte discrètement la chambre en refermant la porte derrière lui.
2
Son petit déjeuner devant lui et une tasse de café à la main, Sephiroth a encore les paupières lourdes de sommeil. La faute à Genesis qui, la veille, a eu la bonne idée d'effrayer ses fils avec un film tout sauf adapté à leur sensibilité. Avec pour résultat qu'il s'est couché beaucoup plus tard que d'habitude, tant il a été difficile de rassurer Loz et, surtout, de calmer Kadaj qui refusait catégoriquement de s'endormir et se mettait à hurler aussitôt qu'il quittait leur chambre.
Venant appuyer son menton contre son poing, il pousse un soupir. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir répété à cet imbécile que ce n'est pas parce que Yazoo tend à être plus mâture que ses frères qu'il faut traiter les deux autres avec le même laxisme. Loz est un enfant particulièrement sensible et qui pleure encore pour un rien. Quant à Kadaj, ses émotions sont souvent à fleur de peau et un rien peut le perturber.
Dans son dos, un pas lourd, qu'accompagne un bâillement. L'instant d'après, Angeal se laisse tomber sur la chaise près de lui et marmonne :
— B'jour.
Les cheveux en vrac et les yeux encore mi-clos. Pour toute réponse, Sephiroth émet un bruit de gorge.
Le silence s'éternisant entre eux, seul le ronronnement du frigidaire est à présent audible. Il est toutefois bientôt brisé par un second bâillement du côté d'Angeal, qui se gratte ensuite les cheveux – rendant ceux-ci encore plus hirsutes. Puis il renifle, tend une main vers la carafe de café qui repose au centre de la table et s'en sert une tasse.
Tout en soufflant dessus, il questionne :
— Bien dormi ?
— Pas assez.
— Comme moi, alors. Merci Genesis !
À nouveau, Sephiroth émet un bruit de gorge et porte sa tasse à ses lèvres. La voix du coupable, elle, ne tarde pas à se faire entendre :
— Est-ce qu'on parle de moi ?
— Ne le regarde pas, grogne Angeal. Ce n'est qu'une illusion due à notre fatigue.
— Je me disais aussi qu'il était trop tôt pour lui.
— Je vois qu'on m'en veut encore pour hier, fait Genesis. Je vous ai pourtant dit et répété que je ne pensais pas que ce film serait aussi effrayant !
Puis, une main posée sur le dossier de la chaise de Sephiroth, il se courbe dans sa direction et dit :
— Mais bonjour tout de même, merveille des merveilles. Tu sais que tu m'as manqué, hier ?
Avant de l'embrasser au niveau de la tempe et de poursuivre son exploration toujours plus bas, indifférent à son manque de réaction.
— T'as pas bientôt fini ? grommelle Angeal, qui continue de souffler sur son café.
Avec un sourire en coin, Genesis vient lui ébouriffer les cheveux.
— Hé !
— Et bonjour à toi, mon ours. Est-ce que je t'ai manqué au moins ?
— Non ! lui répond Angeal en repoussant sa main. Et je te préviens que ce soir, tu dors encore tout seul !
— Qu'est-ce que tu peux être décevant parfois, mon pauvre Angeal. (Puis, se penchant à nouveau en direction de Sephiroth, il ajoute :) Dans ce cas, j'imagine qu'il ne reste plus que toi et moi.
Et à Sephiroth, imperturbable, de lui répondre :
— J'ai du sommeil à rattraper, donc c'est non.
La bouche de Genesis s'ouvre sur une exclamation muette. Il a l'air à ce point pris de court; à ce point scandalisé qu'on puisse le lâcher ainsi, qu'Angeal ne peut retenir un reniflement moqueur. Pour sa peine, Genesis lui décoche un regard de reproche.
— Ce n'est pas drôle, Angeal !
— Ah bon ?
— Et j'ai autre chose d'hilarant à t'annoncer, dit Sephiroth. Ce matin, c'est toi qui t'occupes des enfants.
— En quel honneur ?!
— En l'honneur que tu as l'air en meilleure forme que moi et Angeal et que j'aurais bien besoin d'une sieste avant qu'on ouvre.
— Pas mieux, le seconde Angeal en se risquant enfin à goûter au contenu de sa tasse.
Et à Genesis, de plus en plus choqué, de laisser son regard aller de l'un à l'autre, espérant encore qu'ils sont en train de lui faire une farce. Il comprend rapidement qu'il n'en est rien, que ces deux-là ont décidé de se serrer les coudes pour se venger de lui, et émet donc un reniflement dédaigneux.
Puis, drapé dans sa dignité, il s'installe à son tour à table et attaque son petit déjeuner avec la ferme intention d'ignorer ces deux imbéciles pour le reste de la matinée.
3
— J'ai dit debout, Kadaj, allez !
Un grognement menaçant lui tient lieu de réponse, qui prend naissance quelque part à l'intérieur du cocon de couvertures où le garçon s'est réfugié. Tout en pestant, Genesis attrape le premier drap à sa portée, tire dessus et ne récolte en récompense que plus de grognements.
Encore assis sur le bord de son lit et des épis plein les cheveux, Yazoo bâille à s'en décrocher la mâchoire. Loz, lui, est déjà debout, mais tient à peine sur ses jambes. L'air encore endormi, il se frotte les yeux et vient tirer sur le pantalon de Genesis – encore en pleine bataille avec un Kadaj absolument pas décidé à se lever.
— Il est où papa ?
— Ton père, lui répond Genesis, à présent rouge à cause de l'effort. Il est reparti se coucher, et Angeal avec lui. Parce que ces messieurs se prétendent adultes, mais ont encore des rancunes de gamins. D'ailleurs, si tu veux tout savoir… bon sang, Kadaj ! Est-ce que tu vas te lever ?!
Essoufflé, et comprenant que ce n'est pas ainsi qu'il remportera cette bataille; que Kadaj a de toute façon déjà reconstruit se forteresse et qu'il va donc lui falloir recommencer l'affrontement depuis le début, il décide de procéder autrement.
Soulevant le paquet complet – Kadaj, ses couvertures et même ce stupide oreiller en forme de tête de lapin qu'il s'obstine à serrer contre lui –, il le place sous son bras et marche en direction du couloir. Un cri échappe à son chargement, qui en lâche finalement son oreiller et se met à se débattre en hurlant :
— Non ! Non ! Laisse-moi ! T'as pas le droit ! Papa ! PAPA !
Un cri suraigu conclut le tout.
Bien plus dociles, Loz et Yazoo se contentent de suivre Genesis qui, de nouveau en difficulté, grogne – Kadaj, en plus du reste, s'étant à présent mis à lui donner des coups de pieds.
— Kadaj !
Dans son dos, une porte s'ouvre et Angeal passe la tête dans le couloir. Les cheveux toujours plus en vrac et l'air réprobateur, il lance :
— C'est pas bientôt fini ?! Il y en a qui essayent de se reposer !
— La ferme, 'Geal ! Si tu n'es pas content, alors tu n'as qu'à prendre ma place ! (Puis, raffermissant sa prise sur son chargement, il ajoute à l'intention des enfants :) Vous vous lavez rapidement et puis vous me rejoignez dans la cuisine. Et je vous préviens que si vous me mettez la pagaille dans la salle de bain, je…
Tout en se grattant la joue, Angeal referme la porte derrière lui et revient s'étendre aux côtés de Sephiroth. Les yeux clos, celui-ci se rapproche un peu et questionne :
— Il nous reste combien de temps ?
— Encore une demi-heure, lui répond Angeal en venant poser sa tête contre la sienne.
— Kadaj était déchaîné ?
— Ooooh, oui.
— Et il espère qu'il va prendre docilement sa douche… !
Les deux émettent un reniflement amusé. Puis Angeal rabat correctement les couvertures sur eux et se laisse à nouveau gagner par la torpeur.
