Bonjour,
Depuis quelques temps, je traine pas mal sur les fanfictions de One Piece et j'ai eu envie d'en écrire. Dans de nombreuses histoire, Ace revient à la vie pour continuer son aventure et je me suis demandé si Ace n'avait pas véritablement choisi de mourir...
Voici l'histoire qui m'est venu à l'esprit.
Une toux forte retentit, faisant détourner le regard des pirates. Accroché à la balustrade, Ace crachait du sang par-dessus bord, s'étouffant presque. La scène était devenue habituelle, un rappel constant de l'identité du garçon.
Sur son fauteuil, Edward Newgate regardait avec tristesse son fils. Au cours de sa longue vie, il avait vu nombre de ses enfants mourir : lors d'un combat, lors d'une capture ou à cause d'une blague stupide. Mais c'était la première fois qu'un de ses enfants avaient une telle maladie, inguérissable. Pourquoi Ace ? Pourquoi un tel fardeau ? Être l'enfant du roi des pirates n'était pas un crime suffisant ?
La toux du second commandant se calma et il se laissa choir sur le ponton, la respiration haletante et le teint pâle. Thatch s'approcha de lui, un verre d'eau à la main. Tremblant, Ace le prit, renversant un peu du contenu. Il en avala quelques gorgées, avant de tousser à nouveau, laissant du sang couler de sa bouche. D'un geste rageur, il lâcha le verre et se releva, trébuchant sur lui-même, se rattrapant à la rambarde. Sa poitrine se soulevait à vive allure et son visage exprimait de la douleur. Rouvrant les yeux, il se dirigea vers son partenaire d'entrainement, son second.
- Désolé, on peut reprendre.
- Ace, je ne suis pas sûr que…
- Je vais bien !
Le cri du garçon fit soupirer silencieusement plusieurs personnes. C'était toujours la même chose. Heureusement, quelqu'un était allé chercher le premier commandant.
- Ca suffit Ace, va te reposer, Yoi.
- Je vais bien ! Pas besoin de me couver !
- Ace…
- Non ! Laissez-moi m'entrainer ! Vous croyez que nos ennemis me feront un cadeau si je suis mal ? Non ! Et pendant une mission.
- Tu ne partiras plus en mission, Yoi.
- Quoi !
Le cri d'ace attira une nouvelle fois l'attention, réunissant les pirates sur le pont. Depuis quelques mois déjà, les deux commandants se prenaient souvent la tête au sujet de ce que pouvait faire ou non le plus jeune. Cette nouvelle interdiction ne semblait pas lui plaire.
- Non ! Tu n'as pas le droit ! Je suis libre de faire ce que je veux !
- Non, pas si tu mets en danger la vie de tes compagnons. Avec toi en mission, leur esprit est fixé sur toi. Tu ne partiras plus, Yoi.
- Tu n'as pas le droit ! C'est ma vie ! Ma liberté !
- J'ai donné cet ordre mon fils, je ne veux pas te voir souffrir.
- Je ne vous ai rien demandé Oyaji !
- Ace !
Le cri de Marco arrêta la tirade du jeune homme, qui inspira profondément, avant de se plier en deux, les mains sur les côtes, crachant et toussant du sang, éclaboussant le parquet. Le phénix voulut s'approcher pour l'aider, mais se fit immédiatement repousser par un geste rageur.
- Je vais bien !
- Ce n'est pas vrai, Yoi.
- Tu devrais laisser Crocus t'examiner mon fils, avec du granit marin et les médicaments adéquats, tu…
- Je quoi ? J'aurais une lente agonie, comme vous ? A rester assis sur un fauteuil en attendant la mort ? Je refuse ! Quitte à crever, autant que je choisisse ma manière ! Je ne laisserais pas les autres décider pour moi !
- Dans ta chambre Ace, immédiatement.
Le jeune homme savait qu'il était allé trop loin. Il n'avait pas le droit de s'en prendre à son père adoptif ainsi, Marco avait bien raison de le punir. Mais il avait tellement mal, la douleur était insupportable. Au moment de rentrer dans le navire, le jeune homme s'arrêta.
- Pardon Oyaji.
- Ce n'est rien mon fils.
- Je… Je ne veux pas perdre mes pouvoirs, s'il vous plait, ne m'obligez pas à vivre ainsi.
Et sans laisser le temps à quiconque de répondre, Ace s'enfuit dans le navire, s'enfermant dans sa cabine. Il irait mieux demain, même si son état se dégradait de jour en jour. Etrange non ? Comment la génétique pouvait être garce, obligeant un garçon à ressembler tant à son père, dans son apparence, comme dans ses gènes. Si seulement Ace n'avait pas mangé son fruit du démon ! avec les bons médicaments, il aurait eu une longue vie, pleine d'aventure… A cause de son logia destructeur, les médicaments n''avaient aucun effet et il mourrait courant de l'année de ses vingt ans, vingt-et-un s'il se restreignait.
- Marco ! Là-bas ! Regarde !
- En équilibre sur le bord de la barque, Ace pointait du doigt un bateau au loin.
Le jeune homme avait réussi à convaincre son supérieur de venir avec lui chercher un log-pose à une île. Puisque ce n'était nullement dangereux, Oyaji avait accepté, à condition que Thatch y aille aussi, au cas où. En revanche, Ace n'avait aucunement le droit de pagaille. Quand les commandants virent le sourire du plus jeune, tous surent que c'était la bonne décision. Ace était libre, il aimait l'action, l'aventure. Même une courte escale était un jeu pour lui. Alors, si cela pouvait le rendre heureux une fois de plus, cela en valait la peine.
L'île n'était pas très loin, une demi-journée. Cependant, elle appartenait à Kaido, alors les Shirohige devaient s'y rendre en catimini, sans leur grand navire, qui restait au large. La mission s'était bien passée, sans accros. Fermer une chemise pour cacher la marque suffisait à les rendre inconnu, c'était tellement drôle. Et sur le chemin du retour, Ace avait vu ce navire. Le pavillon ne leur disait rien, probablement un rookie. Pour lui faire plaisir, Marco pagaille dans cette direction. A trois commandants, ils n'auraient aucun mal à prendre le navire d'assaut.
Quelques minutes plus tard, l'abordage se fit sans problème, les trois Shirohige mettant à terre les rookies. Appelant le navire mère pour qu'on vienne les chercher, ils fouillèrent les cales, trouvant un peu de nourriture et un coffre contenant un fruit du démon.
La journée avait été superbe, jusqu'à ce qu'Ace ait une crise à l'arrivée du navire principale, gâchant tout. Si au départ, personne ne s'inquiéta plus que de raison, quand le jeune tomba au sol, privé de ses forces, la fête fut étouffée dans l'œuf. A l'infirmerie, il continua de cracher du sang, remplissant le fond d'une bassine, le rappel qu'une fois de plus, sa vie s'égrenait trop vite pour un enfant.
Marco passa la nuit au chevet de son petit-frère, comme Thatch, qui s'en voulait. Il avait bien préparé une soupe, des cookies, de la viande, mais le jeune ne voulait rien, il n'avait pas faim dans ces moment-là. Il se refermait sur lui-même, chassant tout le monde. Quand il décida d'aller se coucher, poussé par le phénix, Thatch ne fit pas attention. Il était inquiet pour son frère, pas pour lui, tout son haki était dirigé sur Ace, oubliant totalement de se protéger. C'est sans doute pour ça qu'il ne vit pas venir le coup et c'est sans doute pour ça que personne sur le navire ne sentit le coup.
Le lendemain matin, le corps de Thatch fut trouvé, non loin de l'infirmerie. Le criminel fut rapidement trouvé, Marshall D Teach. Il s'était enfuit, laissant une lettre expliquant ses intentions. Au départ, personne ne voulut mettre au courant Ace, pour qu'il se repose, mais garder un tel secret était impossible, alors personne ne fut vraiment étonné de le voir arrivé dans la salle de conférence.
Le jeune avait mauvaise mine, la nuit avait été difficile. Il se sentait coupable aussi. Sans lui, sans sa maladie, Thatch serait encore en vie.
- Laissez-moi y aller.
- Non, Yoi. Hors de question.
- Mais…
- Mon fils, tu n'es pas en état.
- Je…
- Repose-toi.
- Ecoutez-moi !
Le cri du plus jeune commandant coupa les discussions. Ace était en sueur, malade, blessé et pourtant, il tentait de se tenir droit, de prouver sa force.
- Je vais bientôt mourir, quelques mois tout au plus, laissez-moi venger Thatch et vaincre Teach. Il était l'un de mes hommes, c'est ma faute tout ça, j'aurai dû le voir venir. Il s'agit de ma dernière volonté, laissez-moi nous venger, s'il vous plait.
Un silence de plomb tomba dans la salle de réunion. Pour la première fois, Ace parlait de son état réel et de son envie de mourir avec réalisme. Ce n'étaient plus les mots jeté avec colère, mais l'idée réfléchit de sa vie. Contrairement aux autres, il n'avait pas fait de testament, affirmant qu'il n'en avait pas besoin. Même quand il avait avoué savoir depuis longtemps pour sa maladie, il avait continué ainsi, se voulant la face.
- Très bien, je te laisse partir.
- Quoi ? Oyaji, il ne peut pas y aller, Yoi !
- Si, tu l'accompagneras.
- Non, je peux y aller seul, je le dois. Laissez-moi me prouver ma force une dernière fois. Je tuerais Teach et je disparaitrais. Je ne veux pas de tombe ou d'éloges. Mes affaires, vous pouvez les prendre, je n'en ai pas besoin.
- Et ton frère ?
- J'irai le voir, je lui dirais en face.
- Dans ce cas, vas-y mon fils.
Ace salua ses camarades et remit son sac sur son épaule, quittant le navire. Il ne voulait pas regarder en arrière, il n'en avait pas le droit, il n'en avait pas la force. Quelques mois, il était bien optimiste, son combat contre Teach serait le dernier. Serrant la vive carte de son ancien camarade dans la main, il prit la route, sans lever la tête vers le ciel.
Un sourire triste naquit sur les lèvres d'Ace quand il dit au revoir à son frère. Il n'avait pas pu lui avouer la vérité, sa maladie. Il ne voulait pas que Luffy le sache, il se penserait coupable. Non, il allait mourir au combat, fier de sa vie. Sur la dernière photo de lui, on parlerait de sa mission, accomplie avec brio et le dernier souvenir de son frère serait son sourire, rien d'autre, ni larmes, ni pleurs, ni sang.
Qu'est-ce que son petit-frère avait grandi ! Il était vraiment fier de l'avoir connu, d'avoir pu s'occuper de lui. Mais comment lui annoncer qu'il allait rompre sa promesse, qu'il allait mourir ? Qu'importe, c'était trop tard désormais, Luffy devait sauver le pays et lui retrouver Teach, une fois sa crise passée.
Le combat avait été violent, ses forces déclinaient. Dans sa poitrine, Ace sentait son cœur s'emballer. Il avait trop tiré sur la corde. Un coup parti et il ne put l'esquiver, lui éclatant l'estomac. La douleur le percuta, trop forte. Il cracha son sang aux pieds de Teach, qui s'amusait de le voir ainsi. Oui, autrefois, au début, il était un grand combattant, personne ne pouvait dire le contraire, mais les choses avaient bien changé, c'était la pitié des Shirohige qui le maintenait en vie.
Ace ne pouvait pas le laisser dire ça, il devait le faire taire, venger Thatch, venger l'équipage, se venger. Cela devait être son dernier combat, son dernier moment de gloire. Appelant à lui ses flammes, le jeune homme prépara sa dernière attaque, la plus violente, la plus puissante. Il devait en finir, il ne survivrait pas plus longtemps.
Sans se retenir, il toussa, longuement, maculant ses genoux de sang. Quand la crise s'arrêta, une main calleuse lui essuya la bouche et lui donna de l'eau, le faisant cracher à nouveau ses poumons.
- Gamin, tu m'entends ?
Ace ouvrit un œil, l'autre trop tuméfié. Face à lui, baigné dans la pénombre, se tenait Monkey D Garp, une lueur inquiète dans le regard. Tient, il n'était pas encore mort, Teach ne l'avait pas tué. Etrange nouvelle.
- Où…
Une nouvelle crise prit Ace, salissant le beau veston blanc de son grand-père, qui ne s'en formalisa pas. A la place, il prit une longue seringue et la planta dans le cou de son garçon, qui eut un brusque sursaut. La douleur reflua un peu, le laissant somnolant. Pourtant, malgré l'épuisement, Ace releva la tête quand son grand-père parti. Il avait peur d'être seul.
- Non…
- Ferme-là gamin ! S'exclama une voix plus loin.
- Ace, tu es réveillé ? S'étonna Garp en se raccroupissant.
- Où… Où suis-je ? Pourquoi es-tu là ?
- Impel Down, Marshall D Teach t'a amené, il t'a offert contre une place de corsaire. Sengoku a accepté en voyant ton identité. Le gouvernement veut faire une exécution publique dans une semaine. Ils vont tenter de te garder en vie jusque-là.
- Dans ce cas, je vais essayer de le clamser dans les doigts, ça leur ferait une belle jambe, rigola légèrement Ace avant de tousser.
Garp lui dit autre chose, mais il s'évanouit, son corps n'avait plus assez de force pour le maintenir éveillé. Pendant un temps, il ne savait pas trop ce qu'il se passait. Parfois, il avait des crises et un maton venait le piquer avec la seringue, juste en dessous de son collier, calmant pour un temps sa maladie. Mais son corps était trop touché et le granit marin, en plus du médicament, étaient considéré comme des menaces, des ennemis à éliminer. Lors d'une nouvelle crise, un de ses voisins de cellules hurla :
- Mais butez-le franchement !
- Oh non, le gouvernement ne laisserait pas passé ça, répondit un autre.
- Et pourquoi, parce qu'il est un commandant Shirohige ?
- Non, parce qu'il est le fils de Roger. pas vrai gamin ?
Un silence perdura une seconde avant que le brouhaha naisse. Il monta en puissance, mais Ace ne chercha pas à l'écouter, il n'en avait plus la force, alors il répondit simplement :
- Ouai et je vais crever comme mon foutu géniteur, à cause de sa putain de maladie.
- Roger ? Malade ? N'importe quoi ! S'écria le premier intervenant.
- Je t'assure que non, informa le second. Je suis à ce niveau depuis plus de trente ans maintenant et j'ai vu Roger à cette même place, crachant lui aussi du sang. Il c'est rendu quand il a compris qu'il n'avait plus longtemps à vivre. Il voulait faire chier le gouvernement une dernière fois et de ce que j'ai compris, il a réussi. Et toi gamin, que comptes-tu faire pour ton exécution ?
- A part essayer de rester droit ? Je…
Une nouvelle crise le prit, plus forte que les précédents. Dans le niveau, plus personne ne se marrait, ne l'injuriait. Etrangement, il était plus simple de se moquer de quelqu'un que vous torturiez que d'un malade pareil. C'était comme s'ils n'en avaient pas le droit. Contre un adversaire réel, tous pouvaient se battre, c'était la loi du plus fort, mais face à la maladie, tout le monde était égo pour voir un jeune s'étouffer un peu plus dans son sang.
Dans une phase de semi-conscience, Ace vit l'impératrice pirate venir vers lui, racontant que Luffy était là. Mais cela ne pouvait être qu'un délire de son esprit embrumé. Luffy savait qu'il n'y avait rien à sauver, il savait pour sa maladie, il lui avait dit, mais Ace avait oublié qu'il n'en avait pas eu le courage.
Chaque marche le fatiguait un peu plus. Les gardes étaient obligés de le porter, sinon il s'écroulerait. Ses muscles étaient atrophiés et sa peau pale. La maladie le rongeait, plus féroce depuis la disparition de son Akuma no mi.
La lumière du jour l'ébloui, lui montrant une place pleine. Des marines, des pirates, un bateau qui tombe du ciel. En décalé des images, le son, étouffé. Les hallucinations se faisaient de s'en plus en plus intense, prenant le pas sur la réalité. Qui pouvait venir ? Son équipage savait la vérité, il ne vivrait pas bien plus longtemps. Luffy ? non, Luffy était avec son équipage, dans le Shin Sekai. Ce n'était qu'un foutu rêve.
Le cri le réveilla, brisant un instant l'emprise de la maladie sur lui. Sans comprendre où il était, il vit Luffy courir vers lui, passer sur Garp pour le sauver. Pourquoi ? Comment, qu'avait-il oublié ? Etrangement, le prisonnier se sentait alerte, comme si le cri de son frère l'avait ramené d'entre les morts.
La fuite, encore et toujours. A ses côtés, Luffy était mal en point et lui, il se sentait étrangement bien. Comme s'il absorbait l'énergie vitale de son frère, mais ce n'était pas possible.
Akainu était là, avec ses mots blessants. Sans se soucier des cris, Ace se tourna vers son père. Il avait compris sa démarche, c'était la même que la sienne. Edward Newgate voulait mourir en combattant. Il s'était servi de l'excuse de sa capture pour ça. C'était égoïste, fourbe et digne d'un grand pirate. Ils mouraient tous les deux sous les projecteurs, pour cette bataille qui n'avait pas lieu d'être. Comme toujours, les marines se brisaient face à père, comme l'océan face au rocher. Il faudrait du temps pour faire disparaitre Shirohige des mémoires, l'homme le plus fort du monde.
Luffy était à terre, Akainu au-dessus de lui et Ace sut, sut ce qu'il avait à faire. Sa vie ne tournait qu'autour de son petit-frère. Il avait vécu pour lui, il mourait pour lui. Usant de ses dernières forces, il se plaça devant le poing de magma. Contrairement à ce qu'il s'attendait, ce n'était pas si douloureux que ça, c'était même étrangement apaisant. La douleur partait, s'envolant avec sa vie.
Ace était enfin heureux, heureux d'avoir pu choisir sa mort. Après tout, c'était la seule chose qui lui restait, puisqu'il avait été condamné, avant même d'être né.
