PDV Anko

« Où suis-je ? » Ce fut les seuls mots que je pus prononcer avant de découvrir la pièce qui m'entourait. Tout était si sombre, si vide, puis ces douleurs lancinantes dans mon cou se remettaient à me consommer comme un poison.

J'étais faible, et je le savais. Il m'avait rejeté pour cette simple raison. Pourquoi me rabaissait-il de la sorte ? Mon Sensei aimait-il vraiment le fait de me torturer comme un cobaye d'expérience ?

J'entendis des voix parcourir mes oreilles tel des grincements affreux de musique. J'arrivais enfin à soulever ma tête pour pouvoir rencontrer des visages qui m'observaient comme si j'étais un animal enfermé en cage. Je vis les silhouettes de plusieurs hommes. Je constatais que même le Troisième Hokage se tenait là, juste à ma gauche.

« Comment vas-tu petite ? » Disait-il en me regardant amicalement. Je ne lui répondis pas. Mon unique réponse étaient ces larmes qui s'échappaient de mes yeux pour couler lentement sur mes joues rougissantes.

J'avais tout perdu, et encore une fois je me retrouvais seule dans ce monde rempli de tristesse et de désespoir qui n'attendait que de s'abreuver de ma peine grandissante dans mon cœur.

« Anko, Orochimaru a été mon propre élève et tout comme toi, il m'a trahit. Je ne suis pas là pour te torturer mais pour t'aider, alors j'aimerais vraiment que tu nous racontes ce qu'il s'est exactement passé avec lui. » Je le regardais droit dans les yeux pour lui répondre que je n'avais plus aucun souvenirs, pas même de l'endroit où je me trouvais avant d'être arrivée ici.

Il prit une profonde inspiration puis soupira en sortant une pipe qu'il alluma, laissant la fumée s'éparpiller dans la salle. « Emmenez la jeune fille à l'hôpital et faites lui une analyse complète de sa santé. » Il quitta la pièce après avoir cité ces mots. Un homme s'approcha de moi et me porta dans les couloirs tandis que je fermais mes paupières et m'endormis, fatiguée, dans les bras de l'inconnu.


Le lendemain, je me réveillai dans un lit d'hôpital en sentent les délicieux rayons du soleil sur mon corps glacial. Je décidai de sortir de ma chambre pour prendre l'air et d'oublier ce qu'il c'était passé la veille.

Juste avant d'ouvrir la porte, j'entendis deux personnes se rapprocher de moi. Je sautais dans mon lit et je fis semblant d'être endormie. Le clic de la serrure me fit signe que les individus rentrèrent dans la pièce et se posèrent en face de moi. Une personne à la voix grave prit la parole en premier :

— Est-ce qu'elle ira dans un orphelinat ?

— Il est probable que oui étant donné qu'avant Anko était sous la responsabilité d'Orochimaru. La laissée seule ne serait ni bon pour elle, ni bon pour nous.

— Que voulez-vous dire lorsque vous insignieznous? Cette jeune fille n'a rien fait de mal, ni même participé aux expériences de ce fou, alors pourquoi ne pas lui accorder notre confiance ?

— Arrêtez de vous imaginer que tout le monde soit bon ici, évidemment qu'elle a dû insinuer un trait de caractère de son Sensei. J'aimerais vous rappeler qu'elle a passé plusieurs années en sa compagnie, c'est lui qui lui a offert un foyer après que ses parents soient morts, alors donnez moi une raison de croire qu'elle ne retournera pas avec Orochimaru malgré le fait qu'il l'a abandonné ?

— Vous ne pouvez même pas comprendre ce qu'elle ressent en ce moment et vous dites que vous voulez son bien ? Vous êtes en train de rigoler j'espère ?

— Cette fille deviendra une criminelle tout comme son enseignant. Soyez déjà heureux que nous ne la mettrons pas sous surveillance dans une taule espèce d'insoucian !

Je voulais recommencer à pleurer après avoir entendue cette discussion. Les Hommes étaient si cruels entre eux. Ils savaient tous juger, mais le pardon était apparemment une chose dont ils étaient dépourvus.

Ils quittèrent la pièce en claquant la porte derrière eux. J'ouvris mes paupières pour constater qu'ils étaient bel et bien partis de ma chambre. Je retournai mon corps sur mon ventre et j'enfonçai mon visage dans l'oreiller pour restreindre mes cris de rage et de peine.

Tout ce qu'il m'arrivait était entièrement de sa faute. Il avait le contrôle absolu sur moi et je ne pouvais pas l'en empêcher. Et si j'allais vraiment devenir comme lui ? Je ne voulais même pas repenser à cette idée complètement loufoque.

Quand tout à coup une voix masculine commença à chuchoter tout près de mes oreilles de manière indescriptible, la marque noire sur mon cou recommençait à palpiter en moi. Je regardais dans tous les sens mais pourtant il n'était pas là, j'avais beau chercher, je ne vis personne.

Soudain des mots commencèrent à ce former de la bouche de cette esprit, me disant de me rendre là où dormaient tous les secrets de ce monde.

Je fus comme hypnotisée. Je savais où je devais aller pour trouver les réponses à mes nombreuses questions sur le fait de ma disparition et de ce sceau maudit.

J'ouvris la fenêtre et sautai à travers pour escalader le mur de brique, puis je descendis et tombai sur le gazon. Je dévalai les boulevards et les nombreuses boutiques puis je m'arrêtai brusquement. Les regards oppressants des villageois étaient rivés sur moi ; j'avais l'impression que se simple contact entre eux et moi était en train de me faire suffoquer de l'intérieur. Les oublier était le meilleur des choix si je voulais sortir de ce cercle vicieux.

Je repris ma course effrénée. Après quelques minutes à dévaler les ruelles lugubres, j'arrivai enfin devant l'ancien repère de mon Sensei qui était dans les limites du village. J'étais particulièrement surprise que le bâtiment n'était délabré ; à vrai dire, il était intact depuis ma dernière visite lorsque j'étais encore sa disciple. Le seul élément ajouté était ces barrières avec des banderoles placées devant le bâtiment pour avertir de ne pas s'aventurer plus loin.

J'enjembai la barrière et, d'une main ferme, je pris la poignée et ouvris la porte. J'errai dans les couloirs ternes du manoir remplis de toiles d'araignées, marchant jusqu'à tomber nette sur la bibliothèque totalement en vrac. Des tas de livres traînaient sur le sol poussiéreux, et je commençais mes recherches.

Après plusieurs minutes à lire plusieurs ouvrages, j'avais enfin trouvé quelque chose qui pourrait m'intéresser. Un livre racontait l'histoire et l'utilisation des sceaux. Je tournai les pages délabrées puis j'aperçu un sigle attention. Sur l'image de description, la marque était exactement comme la mienne. Trois tomoes noirs similaires à ceux du sharingan formant un cercle. Je lus que cette artefact était à l'origine un pouvoir d'un clan, puis qu'il fut modifié pour des raisons scientifiques. Et c'était tout, la page avait été complètement déchirée en dessous, il m'était donc impossible de connaître la suite.

Encore une fois, j'étais revenue à la case départ, sachant simplement que cette marque était dangereuse, mais ça je le savais déjà. Tout ce qui venait de lui n'était pas sans risque, il était la réincarnation du mal. C'était en tout cas ma définition d'Orochimaru.

Il était bientôt minuit, je décidai d'aller me coucher sans même avoir soupé. Je quittai la pièce et dévalai les escaliers pour me rendre dans mon ancienne chambre. J'ouvris la porte, redécouvrant l'endroit où j'avais passé plusieurs années de mon enfance. Elle aussi était intacte, je vis mon lit défait, me rappelant toutes les fois où Orochimaru me recadrait car je ne voulais jamais ranger mes affaires. Contrairement à lui, mon bureau n'est pas bourré de parchemins ninjas, une lampe et de quoi écrire me suffisaient amplement.

Toutes ces odeurs me rendaient nostalgique, cela me rappelaient tant de bons souvenirs avec Orochimaru. Mon visage s'assombrit à sa pensée.

Fatiguée, j'enlevai mes chaussures, j'ôtai la couverture blanche et je fermais mes paupières, tout en serrant fortement mon oreiller contre moi, puis je m'endormis


Tout était flou dans ma tête. Je me trouvais dans un immense lit, sûrement un king-size, décoré de dentelle dorée. La pièce était assez sombre, quelques bougies allumées étaient posées sur une table de chevet, donnant un certain charme à cette scène. Je remarquais que j'étais entièrement nue. La porte devant moi s'ouvrit et un homme d'une pâleur extrême apparut ; je le savais, c'était lui. Ma vue commença à divaguer, ce qui me troublais le plus c'était que j'étais dans l'incapacitée totale de pouvoir parler, en tout cas pour le moment.

Il s'approcha de moi, gardant ses yeux rivés sur mon corps exposé. Il monta sur le matelas et se mettit à planer au dessus de moi, affichant son plus grand sourire macabre sur son visage. Nos lèvres se trouvaient à quelques centimètres l'une de l'autre, mon cœur battait à la chamade.

Mes yeux caramels rencontraient ses orbes dorées remplis de désirs et d'envoûtements.

Je sentis son souffle chaud contre ma peau devenue pâle d'angoisse. Ses douces lèvres vinrent se clipser sur les miennes. Je m'attendais à quelque chose de brutal, mais c'était tout le contraire ; son geste était si délicat. Il exerça toujours la bonne pression, je me sentais libre comme l'air.

Après m'être détendue, sa bouche s'ouvrit et je sentis sa langue me pénétrer. Il joua avec nos roulements gluants, étonnamment, je trouvais cela plutôt délicieux que répugnant. C'était juste divin de sentir nos membres s'enrouler comme dans une danse.

Mes joues commencèrent à prendre une teinte rosée, puis je plaçais mes mains sur ses omoplates, lui réclamant plus. Orochimaru rompit le baiser et vint me faire des suçons dans mon cou. Sa langue caressait sensuellement mon épiderme, tandis que je commençai à retenir mes gémissements de plaisirs.

« Ne t'avises pas à te retenir ma chérie. » Entendre sa voix était quelque chose d'incroyable. Je secouai légèrement ma tête en guise de réponse.

Je vis son corps se déplacer et je sentis sa bouche en train de déposer des baisers enflammés sur mon buste. Pendant qu'il léchait mon sein droit, il massait mon mamelon gauche en faisant des mouvements circulaires avec ses doigts.

Stoppant mon étreinte, il arrêta tout pour commençer à enlever son obi, puis son yukata, me dévoilant ainsi son torse tonique et robuste. La vue était magnifique, pourtant je refusai d'admettre que cela était en train d'accroître mon envie de sexe, mon envie de lui.

Orochimaru se remit à toucher ma poitrine, jusqu'à descendre lentement sur mon entre-jambe. À ce stade, cela commença à être de la torture pour moi, à la fois physiquement que psychologiquement. Je le vis sourire comme si il consommait mon exaltation, prenant un mal fou à vouloir me titiller jusqu'aux bords de mes limites. C'était vraiment irritant de le voir dans cet état d'hésitation entre le romantisme ou le sadisme.

Je sentis son doigt dont la froideur était absolue, caresser mon clitoris. Je me tortillai dans tous les sens, un plaisir incroyable s'installait en moi, pensant que mon premier orgasme allait venir.

« Tu es dégoulinante de mon touché mon amour. » Chacun de ses mots me rendaient plus excitée dans la minute qui suivait. Il plongea son visage entre mes cuisses et écarta mes lèvres pour avoir un meilleur accès sur l'intérieur de ma vulve. Sa longue langue vint lécher toute ma fleur, tâtonnant mon bourgeon de chair rose.

Mes gémissements étaient de plus en plus forts et intenses en plaisir lorsque je sentis l'un de ses doigts me pénétrer tout en continuant à me sucer langoureusement. Il fit de nombreux va-et-vient puis la cadence accéléra pendant qu'il inséra un second chiffre.

À l'aide de son autre main, Orochimaru enleva son dernier vêtement qui me fit rougir instantanément. Je vis sa virilité totalement en érection, n'attendant que moi pour la faire jouir. Il remonta sa tête et s'approcha de mon oreille gauche.

« Reviens avec moi Anko, tu sais qu'ils ne te méritent pas contrairement à moi. Les habitants de Konoha sont tous des abrutis qui ne sont même pas dignes de vivre. » Ma gorge se serra, son invitation ne pouvait pas être plus claire que cela ; il voulait me faire déserter le village. D'un côté, il avait tort de critiquer les villageois car lui même l'avait été autrefois, mais d'un autre point de vu c'était vrai, ils étaient bêtes et immatures, ne se souciant que de leurs bien-être.

Il n'attendit pas une réponse de ma part pour fourrer précipitamment son énorme sexe en moi après avoir enlevé ses doigts. J'hurlai à l'agonie, j'avais l'impression qu'il était en train de me déchirer de l'intérieur. Rapidement, il a commencé à me donner de violents coups de reins, je me crispais sous lui. Ses mains étaient figées sur mes hanches, l'aidant à prendre plus d'élan.

J'avais l'impression que mes pensées faisaient bouillir mon cerveau qui était en train de fondre, la douleur devenait insoutenable. Ses ongles s'enfoncèrent profondément dans ma peau brûlante, maintenant ensanglantée. Le monde allait s'écrouler sur ma tête, ma respiration rapide saccageait mon rythme cardiaque.

Puis plus rien. Seulement la couleur noire dominante dans l'endroit où je me trouvai actuellement. Orochimaru n'était plus là, tout comme la pièce sombre où j'étais.


C'était en sursaut que je découvris que tout cela n'était qu'un rêve, pas vraiment banal. J'étais trempée de sueurs, j'avais du mal à me remettre de mes émotions. Je n'avais même pas fais attention que deux individus se trouvaient en face de moi. J'avais enfin pris le temps de les regarder et je remarquais qu'ils portaient un masque en forme d'animal, ils devaient être des membres des forces spéciales. L'un s'avança vers moi et me ligota les poignées avec des menottes qui serraient atrocement mes articulations.

« Qu'est-ce que vous me faites lâchez moi ! Lançai-je brusquement.

— Ce n'est pas à moi qu'il faut demander ça lorsqu'on traîne dans l'ancien repère d'un criminel de rang S toujours recherché jeune fille. » Il me saisissa par le col de mon tee-shirt et m'obligea à sortir de ma chambre. Leurs cadences de marche étaient rapides, à croire qu'une urgence les attendaits.

Peu importe ce que je pouvais leur dire ils n'allaient pas me croire, alors à quoi bon gaspiller mon temps à parler avec deux incapables. Ils m'emmenèrent très vite loin de l'endroit où nous étions. C'était si malaisant de se défiler dans la rue devant les habitants qui ne cessaient de soupirer ou de rouler des yeux en me voyant, mais je m'en fichais royalement de leurs opinions sur ma personne. Je remarquais que nous étions en train de passer devant un restaurant de dangos, mais ce n'était pas vraiment le moment pour ce genre de plaisir même si je voudrais bien m'arrêter.

Après avoir traversés le centre du village, les deux ninjas et moi rentrions dans le hall de la résidence du Hokage. Nous continuions de marcher tout droit jusqu'à une grande porte menaçante que nous passions pour découvrir une immense salle au style épuré. Une longue table noire se dressait en face de nous où y siégeaient derrière l'Hokage, son conseiller, les Anciens et un inspecteur de la salle de torture. Les deux hommes de l'unité des forces spéciales ont maintenus mes épaules et m'ont forcés à me mettre à genou telle une prisonnière le ferait. Comme toujours, Sarutobi soupira et me demanda :

— Que faisais-tu là bas ? Tu sais très bien que tu n'en as pas le droit, je pense que tu en connais la raison.

— Pourquoi je devrais vous répondre alors qu'ici, personne n'a confiance en moi, même si je vous dis la réponse vous ne me croirez pas.

— Tu penses que ton avis n'est pas important mais si nous pensions cela je n'aurais pas fais convoquer tout le monde. L'affaire d'Orochimaru doit être prise plus que sérieusement, c'est pourquoi ton attitude suspecte nous a un peu titillés. Alors dis-nous la vérité Anko.

— Je voulais simplement en savoir plus.

— En savoir plus ? Mais sur quoi ?

— Tout.

— Comment ça tout ?

— Je veux découvrir qui je suis vraiment, à quoi je sers ou encore pourquoi tout ces putains de gens dehors veulent ma mort. Vous n'avez aucune preuves contre moi sur le fait de si j'ai une liaison ou pas avec ce criminel, et vous me menottez comme une folle. Quelle belle justice vous faites.

— Tu n'as pas honte de la manière dont tu nous parles insolente !

— Je suis tout à fait d'accord avec ma compagne son attitude est juste intolérable !

— Je vous en pris calmez-vous très chers, nous ne sommes pas là pour allumer le feu aux poudres mais pour clore le débat sur cette adolescente.

— Le mieux est de la placer sous surveillance dans un orphelinat, la laisser seule n'est pas envisageable. Elle pourrait facilement recevoir la visite d'une certaine personne si vous voyez ce que je veux dire.

Il voulaient vraiment me foutre dans un asile de mômes parce que j'étais la disciple d'Orochimaru. Je regardai longuement l'Hokage qui demeurait imperturbable dans ses pensées. Ils continuèrent de parler pendant un certain temps, mais mon attention pour eux n'en valait plus la peine. C'était barbant de rester agenouillée sur le sol glacial, puis soudain, tous les regards étaient fixés sur moi, je pris alors une expression confuse sur mon visage. « Elle pourrait se sociabiliser avec des jeunes de son âge tout en étant en sécurité, Maître. » Cette phrase confirmait ce que je redoutais. Je ne voulais même pas entendre la réponse de Sarutobi, de peur d'en vomir.

Les deux ninjas me soulevèrent, signifiant la fin de ce jugement, et m'emmenèrent dans une salle d'attente. Honnêtement, j'avais peur de ce qu'il pouvait m'arriver, peut-être que je ne pourrais jamais recommencer une vie normale s'en envisager que quelqu'un voudrait me tuer ou me mettre dans une benne à ordures.

J'ai attendu une bonne heure avant de voir une femme au teint clair s'approcher de moi. Elle était blonde, ses longs cheveux soyeux tombaient sur ses épaules, elle avait également des lunettes grises avec une tunique noire et blanche.

« Bonjour, c'est bien toi la petite fille que je dois accueillir ? Moi c'est Nonô Yakushi, ravie de te rencontrer ! » De mon premier point de vue, c'était une femme ravissante et remplie d'amour. « Je m'appelle Anko Mitarashi. » Je n'avais pas vraiment fais attention à mon ton sec et rugueux, pourtant elle continuait à sourire.

Avant de partir à mon nouveau toit, elle dut signer plusieurs documents pour ma prise en charge à l'Hokage lui même.

On arriva tardivement à l'orphelinat, il y avait déjà des enfants qui nous attendaient à l'extérieur. L'un d'entre eux s'avança vers moi. « Bienvenue chez nous, mon nom c'est Kabuto, et toi ? » Je pris le temps de laisser un vide entre sa parole et la mienne pour l'observer. « Je suis Anko. »

« Merci infiniment à vous de l'avoir accueillis, je suis sûre que vous vous entendrez très bien ensemble ! Disait Nonô.

— Ce n'est rien Mère, après tout, vous avez fais la même chose pour nous lorsque nous étions abandonnés.

— Mais maintenant vous n'êtes plus seuls. Rentrons à l'intérieur, pendant que je vais préparer le dîner vous pourrez faire connaissance avec Anko. »

Après m'être familiarisée avec tout le groupe, je sentis une excellente odeur de poulet mariné entrer dans mes narines, puis Nonô nous appela tous pour dîner. Mon ventre gargouillait à la mort tandis qu'on accourait dans le salon. Une longue table marbrée était remplie de plateaux garnis de viandes saignantes, de riz ou de poissons, avec des boissons et sodas. Certains garçons avaient si faims qu'on aurait cru qu'ils allaient sauter sur la nourriture à proprement parler.

Pendant le repas beaucoup de personnes m'ont questionnées sur moi et mon passé, j'avais évité de me rendre mal à l'aise en parlant d'Orochimaru, aller dire que mon Sensei était un criminel n'allait pas améliorer ma relation avec eux. En parlant la bouche pleine, ils penseraient sûrement qu'on m'avait très mal éduquée, mais je n'avais pas mangé depuis hier soir alors ils auront intérêt à me pardonner. Étonnamment, le repas c'était bien déroulé, j'avais vite dicerné les enfants les plus turbulents face aux plus sages, et ça me faisais un bien fou de ne plus voire des gens me regarder comme un animal. Je me goinfrai du poisson frais et des œufs durs qui étaient vraiment succulents sans aucune retenues. Tout le monde se mit à débarrasser les restes tandis que je finissais de boire mon Ice Tee pêche, puis je suivis le mouvement.

La nuit était déjà tombée, moi et les autres allons dans nos chambres pour continuer à discuter jusqu'à ce qu'il soit 21 heures. On dut tous se coucher ; Nonô nous souhaita de passer une bonne nuit puis elle éteignit toutes les lumières de la pièce. Un garçon un peu farfelu qui se tenait à côté de moi me chuchota :

— Anko t'as déjà fais un rêve érotique ?

— C'est quoi cette question gros porc !

On éclata tous de rire. Une gérante de l'orphelinat ouvrit la porte en colère. « Vous en faites du bruit pour des enfants qui devraient déjà être en train de dormir ! » Un énorme vide s'installa dans le dortoir, on se regardait avec des sourires amusés et coupables de la situation. La dame claqua la porte en furibond, puis plusieurs personnes se mirent à bailler. « Ils s'endorment rapidement ici. » Pensais-je.

Une bonne demi heure s'écoula, j'étais sûrement la seule encore éveillée, ne trouvant pas le sommeil suffisant pour tomber dans le paradis des rêves agréables ou l'enfer des cauchemars effrayants. Je regardais à travers la fenêtre qui se trouvait en face de moi, je pouvais apercevoir un bel arbre en fleur de la saison printanière bouger ses branches grâce au doux vent du soir. Mais soudain je ne vis plus sa silhouette, elle était remplacée par celle d'un homme qui ouvrit lentement la fenêtre comme un cambrioleur ne faisant aucun bruits ou de gestes brusques. Il monta délicatement grâce au rebord et rentra dans la chambre en continuant de rester calme et de m'observer comme je le faisais, avec mes yeux grands ébahis. Il se trouvait à mi chemin de moi puis il commença à m'adresser la parole en marmonnant :

— Quelle est ta décision ?

— Je devais me douter que c'était vous, ne me dites pas que ce que j'ai vu hier soir c'était vrai ?

— Si ce n'était pas le cas je ne serais pas là, d'ailleurs j'ai remarqué que tu as bien fouillée dans mes affaires.

— Je n'aurais jamais fais ça si vous ne m'avait pas abandonné lâchement ! Et d'ailleurs comment vous avez fais pour être là alors que j'étais censée être surveillée par une équipe des forces spéciales ?

— Je n'avais pas le choix si je voulais que tu restes avec moi. Et pour eux, je les ai simplement endormis, les tuer serait une vraie perte de temps comme je devrais cacher les corps.

— Donc vous êtes clairement en train de me dire que vous me manipulez pour que je vienne avec vous et ensuite devenir une criminelle c'est ça ?

— Je reprends juste ce qui m'est de droit, tu m'appartiens et tu le sais très bien, ta place est à mes cotés.

— Je suis pas un objet putain j'ai des sentiments alors arrêtez de ruiner tout le temps ma vie quand je suis en train d'essayer d'en recommencer une !

— Tu crois vraiment que ces gosses t'aiment mais tu n'es pas fichue de leur dire la vérité parce tu penses qu'il te détesterons, et si ils apprennent qui tu es exactement ils seront métamorphosés comme les stupides habitants de ce village écœurant.

— Personne n'aime un criminel alors forcément qu'ils vous détestent, seul un abruti dirait le contraire !

— Arrête de douter de tes sentiments envers moi Anko, ta vie est pitoyable sans moi alors pourquoi hésites-tu ? Tu n'es plus comme avant.

— Si j'ai changé c'est peut-être parce que depuis que vous m'avez laissé seule je mène une vie de merde dans laquelle les jours sont presque insoutenables, et vous vous contentez d'ignorer ça comme si de rien n'était !

Je commençais à pleurer, sans même avoir pu me contenir une seconde, je voulais crier pour lui faire savoir à quel point j'étais perdue dans ce monde maudit. Il s'avança et mit ses bras musclés autour de moi tout en s'asseyant sur mon lit. C'était rassurant de le voire comme cela, me réchauffant également d'une certaine manière. Je sentais son cœur battre contre ma poitrine et je posais ma tête contre la sienne, il en profita pour caresser mes cheveux pourpres avec l'une de ses mains blanches.

« Je veux que ma princesse reste avec moi, et que nous fassions l'amour lorsque ton corps sera dans le besoin. Tu es l'une des seules vraies personnes que j'aime réellement, si tu viens avec moi, tâche d'oublier cette tristesse que l'on te fait ressentir et abandonne ce village qui n'a jamais eu la moindre pitié pour toi. » Je me sentais à la fois excitée et émue de ce qu'il disait. Je voulais tant céder à ses paroles mais pourtant je ne pouvais pas m'imaginer faire une telle chose.

« Qui me dit que vous n'allez pas me lâcher une seconde fois ? Osais-je demander.

— Tu n'as pas besoin de me poser cette question car tu en connais déjà la réponse, tu ferais plus confiance en moi qu'à tes propres parents décédés.

— Ne parlez pas d'eux comme si ils étaient des inconnus à mes yeux, et je n'ai rien fais pour vous faire croire que j'étais importante envers vous.

— Il n'y a pas que les actes qui comptent, tu as toujours été comme moi étant jeune, brisée et confuse. C'est pour ça qu'il n'y a que moi qui te comprend vraiment mon amour. »

Je relevais ma tête pour le voir, il était réellement en train de sourire comme le ferais un père pour rassurer sa fille, je ne l'avais jamais vu comme ça. C'était un sentiment étrange, mais pas du moins désagréable, juste quelque chose que je n'avais pas reçu depuis des années ; la sensation d'être aimée à nouveau, de replonger dans une époque où je vivais heureuse.

Il descendit sa tête pour poser ses lèvres sur les miennes, créant un baiser passionné. Nos langues se rencontrèrent également, emplifiants ainsi notre échange en s'enroulants entre elles, jusqu'à nous mettre à bout de souffle. Nos bouches s'éloignèrent, ce simple contact commençait déjà à me faire humecter, puis j'arrêtai notre relation. Je n'allais pas continuer à faire l'amour alors que j'étais au beau milieu d'enfants et d'adolescents, surtout que je n'arrivais pas à contrôler mon excitation lorsque je baissais mes yeux pour voir le début d'érection d'Orochimaru.

« Sensei… je veux rester avec vous. » Mes joues virèrent rapidement au rouge cramoisi lorsque je m'entendis gémir. « Bonne fille. » Il me souleva hors de mon lit et nous quittions l'orphelinat, m'emmenant sûrement vers l'un de ses repères les plus proches.

Une autre voie s'ouvrait devant moi, celle d'une fille qui était éperdument amoureuse de son Sensei, le destin qui lui souriait sadiquement. Cette nuit allait être incroyable, c'était plus qu'une prédiction charnelle.

Avant je me disais que, ma vie était une tragédie ; je me rend compte que c'est une comédie.