Suite de "The Tears of the Fox" (partie 1) et "The Shadow of the Fox" (partie 2)
.Veuillez lire les fanfics qui précèdent pour plus de compréhension. Merci. :)
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The Madness of The Fox
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Après avoir répondu aux questions du capitaine Toledano et de l'avoir rassuré sur l'état de Diego, Don Alejandro se rendit chez Don Jaime, incertain de la manière à aborder le sujet avec son ami de longues dates. Apprendre récemment qu'il avait un fils illégitime n'était pas habituel, surtout si tard et après tant d'années. Alejandro n'avait jamais soupçonné quoi que ce soit, Paul ressemblant énormément à sa mère défunte.
Il fut accueilli par un vieux domestique, Vince, qu'il connaissait depuis des années et qui n'avait jamais quitté la maison de Don Jaime. Vince l'installa dans le grand salon et alla chercher son maître.
Comme à son habitude, l'hacienda était très calme, Don Jaime n'ayant plus d'enfants, ni de femmes, il vivait seul. Don Alejandro n'osait pas imaginer si c'était à lui que ces malheurs arrivés. Il remercia profondément Dieu de lui avoir laissé Diego et de le protéger.
Les meubles n'étaient pas aussi de bonnes qualités que dans son hacienda mais Don Jaime n'était pas quelqu'un d'attacher à la beauté des choses, il considérait que ces choses superficielles n'étaient pas une activité de caballero. Alejandro n'avait jamais été d'accord avec cela, il partageait malgré les apparences un certain gout pour les belles choses, comme la littérature ou la peinture. Certes, des activités qu'il avait longtemps reprochées à Diego mais qui le plaisait tout de même, sans pour autant en faire sa passion.
« -Don Alejandro ! S'exclama l'hôte en entrant et apercevant le vieux don.
Ils s'étreignirent chaleureusement et s'assirent autour d'un bon vin.
-Que me vaut cette visite, mon vieil ami, l'interrogea-t-il, c'est tellement rare de te voir dans mon hacienda.
-Il est vrai que je n'ai plus vraiment l'occasion de te rendre visite, dit Alejandro, mais je suis venu te parler de quelque chose…qui ne risque pas de te plaire. »
Don Jaime posa son verre de vin, montrant son intérêt à ses prochaines paroles. Le vieux de la Vega dut prendre une inspiration pour étouffer cette soudaine anxiété qu'il avait. Parler d'un mort, qui avait le sang de Don Jaime, n'était pas facile.
« -Tu te souviens de la jeune servante que tu m'as envoyé, il y a une vingtaine d'année ?
-Oui, je me souviens, marmonna l'hôte.
-Elle a eu un enfant, nommé Paul Daluz Capistrano. Elle est morte en laissant son enfant, et je l'ai recueilli comme j'ai pu. A ses 15 ans, il est retourné chez son oncle, le frère de sa mère, il est revenu il y a quelques jours à Los Angeles…
-Où veux-tu en venir, Alejandro ? S'impatienta Don Jaime.
-Il s'avérait que c'était ton fils. La mère de Paul avait envoyé une lettre à son frère pour lui faire part de ce secret qui l'avait tourmenté avant sa mort…Son frère m'en a parlé et m'a montré cette fameuse lettre quand je suis allé le voir…
-Baliverne, ce ne sont que des mensonges et je n'ai jamais….fait quoique ce soit à cette fille.
-Cette femme est morte en protégeant le père de ce garçon, même moi j'ignorai tout de cela. Elle t'a protégé, même son frère a protégé l'identité du père de Paul ! »
Don Jaime se leva brusquement, faisant les cent pas, contenant une rage qu'Alejandro ne manqua pas.
« -Je n'ai jamais eu de fils illégitime, grinça-t-il froidement, ce ne sont que des mensonges.
-Tu ne te fais pas honneur en te voilant la face, Jaime, cassa Alejandro.
-Tu penses que je mens, c'est ça ?
-Je n'ai jamais dit ça, mais les faits sont là, tu m'as envoyé une servante, Julia de son nom, en me disant que tu ne pouvais plus l'accueillir ...Ensuite elle accouche chez moi. Avoue que c'est une drôle de coïncidence car je ne l'ai jamais vu s'enticher d'un homme.
-Vous m'accusez d'une telle chose sans preuve valable, et la lettre d'un mort n'est pas une preuve ! Que ce…Paul aille au diable.
-Et bien je suis ravi de te dire qu'il n'est plus de ce monde, répliqua froidement le vieux de la Vega.
L'annonce ne fit aucun effet sur Don Jaime comme Alejandro s'y attendait. Il n'avait aucun sentiment pour ce garçon provenait de sa chair et de son sang. La honte était certainement la raison à son déni. Les antécédents de Jaime n'étaient pas brillants et il faisait tout pour les refouler, pour les oublier, pour ne jamais en parler.
« -Bien, je pense t'avoir dit le principal, je vais te laisser et j'espère te revoir…sous un meilleur jour. »
Alejandro n'attendit même pas un signe ou un mot de la part de l'autre homme, qui semblait trop énervé pour avoir une conversation calme et posé. Même s'il faisait partie de ses amis, Alejandro ne souhaitait lui montrer une quelconque pitié. Il avait lâchement abandonné ses responsabilités en trompant sa femme, en abandonnant un enfant, certes illégitime, mais de son sang et en plus de cela, il contestait ces faits. Alejandro croyait en Julia, elle avait toujours été gentille et honnête envers lui, elle ne lui avait jamais dit qui était le père de Paul et lui avait même supplié de ne plus lui demander, chose qu'il avait respecté. Sa mort avait choqué le don, ce qui l'avait amené à s'occuper de Paul. Certes, il avait mal fini, mais Alejandro ne regrettait pas ses choix, il avait fait au mieux pour respecter les désirs de Julia.
Z
Quand il rentra chez lui, il fut surpris de voir que Diego avait été enfermé dans sa chambre par le mozo. Il avait dû chercher le serviteur dans les cuisines pour lui demander d'ouvrir la porte afin qu'il puisse voir son fils.
C'est un Diego scandalisé et énervé qui l'accueillit quand il entra dans la chambre. Alejandro dut se retenir de rire en voyant le regard qu'avait jeté Diego à son serviteur qui déguerpit très vite.
« -Allons, fils, Bernardo fait cela pour toi, et puis, je suis d'accord avec sa méthode, s'amusa le père.
-Vous lui accordez trop de crédits, marmonna-t-il, je ne pouvais même pas aller à la bibliothèque !
-Il faut que tu te reposes, c'est que le docteur t'a dit.
-Je sais, je sais…Soupira Diego.
Bien évidemment qu'il savait que tout le monde s'inquiétait pour lui, mais d'un autre côté, cela l'exaspérait. Il n'aimait pas être le centre d'attention de tous car ses moindres mouvements étaient surveillés et il ne pouvait agir comme il le voulait.
« -J'ai pu parler à Don Jaime, de la mort de Paul, l'informa Alejandro en prenant place dans l'un des fauteuils, près de la cheminée, évidemment, je n'ai pas dit qu'il a tenté de te tuer, à croire que le meurtre est une malédiction pour tous ces fils…. »
Diego porta une attention soudaine à son père et tendit l'oreille.
« -Qu'a-t-il dit ? S'enquit-il.
-Tu connais Don Jaime, son honneur et sa fierté sont plus importants pour lui, que d'admettre ses erreurs. Il m'a accusé de mentir et il refuse de croire que Paul est son fils, pourtant je suis moi-même persuadé que Julia avait dit la vérité à son frère…C'était une brave fille, qui ne méritait pas ce qui lui arrivait, si seulement j'avais su…
-Vous n'êtes pas responsable de ce qui est arrivé, fit Diego d'un ton apaisant, je pense que Julia a voulu protéger Don Jaime ainsi que son enfant, être un…bâtard n'est pas facile à porter.
- Tu as raison, fils mais l'indifférence de Jaime me sidère, comme toujours. Mais allons, passons, le corps de Paul va être envoyé à son oncle. Je lui ai écrit une lettre ce matin. Pauvre homme, il n'avait que Paul comme famille. »
Le jeune homme resta silencieux. Son cœur était attristé de cela, Paul aurait été quelqu'un de bien si Don Jaime l'avait reconnu comme son fils, si Julia n'avait pas été écartée. Diego n'avait pas pu sauver l'âme de son compagnon d'enfance. Peut-être que Paul souffrait justement de tout cela, peut-être qu'il cherchait une véritable famille. Mais Diego ne le saura jamais, il ne saura jamais ce qui avait poussé Paul à commettre un meurtre en l'encontre de son ami d'enfance.
Quel secret as-tu voulu garder ? Se demanda intérieurement Diego, pourquoi as-tu fait tout cela, Paul ?
L'instinct de Zorro le persuada que la réponse était proche.
