Yo les bro
Jour 9 du confinement, un nouveau tag vient d'apparaître sur l'immeuble d'en face. Qu'est-ce que qui est difficile à comprendre dans "restez chez vous" ? En même temps, c'est pas mal de refaire la déco extérieure.
Hermione ne m'appartient toujours pas, elle sort bien de l'imagination de J.K. Rowling.
Cet OS se passe après Le coup du sort, vous n'êtes pas obligés de lire l'autre, c'est juste pour que vous sachiez que c'est le même "univers".
J'aime bien mettre des guillemets aux mots, ça me rappelle Joey.
Tchou
Ça y est. C'est fait. Elle est de nouveau seule. Seule dans un appartement qu'elle ne connaît pas. Elle n'a pas voulu rester chez ses amis. Elle ne veut pas les embêter. Elle ne veut pas être un poids pour eux. Elle leur a déjà causé bien trop de soucis comme ça.
Hier elle est partie. Sa décision était prise depuis longtemps mais ce n'est qu'hier qu'elle est passée à l'acte. En quelques minutes, ses valises étaient prêtes. Enfin, son sac. Le même sac qu'elle avait lorsqu'ils étaient en fuite à la recherche des Horcruxes avec Harry et Ron.
Elle est sortie par la porte, sans se retourner. Tout ce qu'il reste dans l'appartement qu'elle a partagé avec Kenneth pendant trois ans, elle le lui a laissé. Elle ne veut aucun souvenir matériel de cette relation, ceux qu'elle garde dans sa tête lui suffisent amplement.
Elle est allée dans le Londres moldu à pieds. Elle a transplanné plusieurs fois, pour brouiller les pistes. Elle est arrivée à Galway, en Irlande. Elle a regardé autour d'elle et elle a décidé de rester. Elle sait déjà pourquoi elle a choisi cette ville. C'est là qu'il a grandi.
Elle a vite trouvé un studio. Il est petit, pas très accueillant. Pour Hermione il l'allure d'une liberté retrouvée. Un endroit rien qu'à elle, inconnu de tous.
Elle sait qu'elle va devoir prévenir ses amis, mais pour l'instant elle veut apprécier sa solitude. Elle aura besoin d'eux pour se reconstruire, pour retrouver cette force qui la caractérisait autrefois. Toutefois, en ce moment, elle n'a besoin que d'elle, rien qu'elle.
Allongée sur son nouveau lit, elle imagine Kenneth et sa colère face à la disparition de la femme qui partageait sa vie, face au mot qu'elle a laissé sur la table de la cuisine. Elle pense à l'incompréhension de ses amis et à leur tristesse quand ils se rendront compte de sa fuite. Elle passe la nuit à penser à tous ceux qu'elle a laissé tomber pendant ces trois années de relation et qui ont continué de la soutenir, à être là pour elle, de loin. Elle pense à ceux qu'elle a rejeté et surtout à lui. Le premier qui lui avait dit de se méfier, le seul qu'elle a rejeté aussi violemment. Peut-être qu'au fond d'elle, elle savait qu'il disait la vérité. Elle est vraiment trop têtue parfois. Elle s'excuse mentalement pour son comportement. Un jour, bientôt elle espère, elle le fera de vive voix.
La semaine passe. Elle reste enfermée. Malgré les sorts qu'elle a lancé pour ne pas qu'on puisse la traquer elle a peur qu'on la retrouve. Au bout de huit jours, elle met les pieds dehors. Elle passe la journée à 'extérieur malgré le vent, le froid et la pluie d'un mois de février. Elle respire l'air pur. Elle observe les gens autour d'elle qui vivent. Elle s'arrête dans une librairie et achète un livre moldu. Elle prend une guiness dans une terrasse recouverte. Partout où elle va elle sent le regard des passants sur elle, un regard qui glisse sur son corps, plus ou moins insistant et qui la quitte au bout d'un moment. Elle n'est plus habitué à de tels regards.
Quand elle rentre dans son appartement le soir, elle se sent bien, légère, heureuse. Elle ne pleure pas pour ce bonheur retrouvé, elle préfère en rire. Des larmes, elle en a déjà trop versé.
Elle se pose sur son canapé et se décide enfin à contacter ses amis et sa famille. Elle écrit une lettre pour chacun d'entre eux. Courte mais rassurante.
Elle écrit leur nom sur une feuille pour n'oublier personne.
Ses parents
Harry
Ron
Ginny
Neville
Luna
Dean
Fred
George
Molly et Arthur
Daisy
Bill
Charlie
Percy
Elle en oublie. Les autres ils les préviendront. De toute manière elle n'a pas assez de timbres.
Elle dit que pour elle, tout va bien, qu'il ne faut plus s'en faire pour elle, qu'elle est forte, qu'elle se relève, qu'elle les aime, plus que tout, qu'elle a besoin de temps, seule, mais qu'elle sera là, sans faute, pour l'anniversaire des jumeaux. C'est une promesse qu'elle compte bien tenir.
Elle écrit une autre lettre. Plus longue, moins joyeuse. Celle-là, elle ne l'enverra pas. Mais s'ils se revoient un jour et qu'il accepte de lui pardonner elle la lui donnera.
Elle envoie les lettre à la manière moldue. Elle prend soin d'aller jusqu'en Allemagne pour préserver l'anonymat de son lieu de vie, pour qu'ils ne a retrouvent pas. Ils ne pourront pas la contacter, mais ils la verront bientôt. Elle a besoin de ces deux mois sans voir personne de sa connaissance. Elle le sent, ce n'est que comme ça qu'elle se relèvera. Il faut qu'elle se prouve à elle même qu'elle en est capable.
De retour chez elle, assise dans son canapé elle met son plan en place. Sa stratégie de reconstruction.
Dans 58 jours, elle sera de nouveau la Hermione dont elle était si fière pendant ses études. Celle que tout le monde admirait malgré son côté Miss-je-sais-tout et défenseure des causes perdues.
Seule dans son canapé, elle sourit.
En 58 jours elle peut y arriver.
