Ça fait longtemps, vous allez bien?
Je reviens avec une série d'OS écrits il y a un moment mais que je n'ai jamais osé poster. Je sais pas trop pourquoi mais poster est devenu difficile pour moi, je n'y arrive plus (ça me bloque aussi dans l'écriture d'ailleurs). Donc j'essaie de m'y remettre, avec énormément d'appréhension, en douceur.
Cette série d'OS portera sur la rupture. Je les ai écrit il y a longtemps, et ils sont tous en lien avec le RP que j'ai avec Leptitloir (allez voir ce qu'il écrit, genre vraiment !) Je sais pas à quel rythme je vais poster, ça dépendra de mon appréhension, mais les OS sont finis et sont au nombre de 6. Je vais essayer de tout poster vite quand même.
Je vous souhaite malgré tout une bonne lecture !
Il est parti parce que l'amour n'a pas suffi.
On entend souvent le contraire pourtant. On le présente comme une colle qui fixe les morceaux entre eux jusqu'à ce qu'on en soit à cours. On ne dit pas que l'amour, des fois, ça ne suffit pas.
Parce qu'il est pas con Axel. Il a essayé, de toutes ses forces. Il a tenu bon, il est resté, il a été patient, il a tout donné. Mais il y a eu la fois de trop. L'instant de patience de trop. Le serrage de dents de trop. L'événement en trop. Enfin bref, la goutte qui a fait déborder le vase.
Et il s'est senti con devant le gamin blond, quand il s'est rendu compte que là, ça ne suffirait pas. Qu'il avait beau aimer Roxas de toute son âme, il avait juste envie de partir en claquant la porte.
Et ça, comment tu l'expliques aussi ?
Comment tu dis à l'autre « je t'aime mais je te quitte » ? C'est la faute à qui ? A lui ? Aux deux ? A personne ? Puis, c'est cruel. Je t'aime mais je te quitte.
L'angelot en avait pâli. Plus aucune couleur sur son visage, juste ses grands yeux bleus. Et même eux, ils semblaient délavés. Il avait supplié, promis, pleuré. Mais que valent des mots jetés en l'air face à la fatigue ?
Parce que Axel est si fatigué… Fatigué de faire des efforts, de ronger son frein, d'attendre encore et encore que son amant s'ouvre à lui. De lui passer ses mots blessants en les mettant sous le coup du stress. En se disant que ce n'est qu'une passade, que ça ira mieux avec le temps.
Combien de temps devons-nous faire des efforts dans une relation avant qu'on nous autorise à la quitter ?
Le rouge sait qu'il passera pour le méchant. Le mec impatient, incapable d'avoir pitié de son petit copain. Sans cœur. Il le sait mais tout, tout vaut mieux que ce poids si lourd sur les épaules. Et quoi qu'on en dise, il pèse lourd le petit prince.
Il a peur de déranger. Il a ses troubles anxieux. Il a ce stress dû aux études. Il a ces petits moments de dépression. Il a ses traumatismes. Il a ses silences, ses doutes, ses peines et ses douleurs. Il a ce manque de confiance en lui qui fait qu'il ne parle pas. Mais dans une relation, on ne peut pas se permettre de ne pas communiquer.
Et Axel y a cru, vraiment. Il a vraiment cru que tout s'arrangerait, que l'amour suffirait. Que, parce qu'ils étaient ensemble, ils étaient invincibles.
Sauf que la réalité n'est pas aussi douce, aussi facile que l'on veut faire croire.
Et Axel n'en a plus pu au bout d'un moment. Il a essayé de lui en parler. Mais c'était toujours le mauvais moment, il fallait tout le temps remettre ça à plus tard. Et un jour, « plus tard » est devenu « trop tard ».
Alors il lui a dit. Que c'était fini. Qu'il n'en pouvait plus. Et il n'a pas pu mentir quand Roxas lui a demandé s'il l'aimait. Il a dit oui. Oui je t'aime. Mais ça ne suffit pas, ça ne suffit plus. Et le pauvre enfant a eu l'air explosé.
« Donc c'est fini ? C'est juste fini, comme ça ? »
Voilà tout ce qu'il a trouvé à dire, son petit ange. « Juste fini », ça n'avait jamais sonné aussi bien. Parce que, ouais, la relation elle est « juste finie ». Comme ça, d'un claquement de doigt. Tout ce qu'ils ont construit ensemble, tous leurs projets d'avenir, tout ça c'est fini. Il n'y a plus rien. Vide, néant.
Il sait que son petit prince l'aime. L'aime tant, l'aime trop sûrement. Et il sait que c'est réciproque. Que s'il pouvait, il l'attendrait encore. Il lui décrocherait la lune, les étoiles et le soleil en même temps. Mais rien de tout ça ne suffirait, malheureusement.
On ne parle jamais de l'amour qui ne suffit pas. De celui qui tente de toutes ses forces, en vain. En tout cas, Axel lui il n'en a pas entendu parler. Il est réaliste pourtant. Il sait qu'une relation, c'est pas rose bonbon tout doux tout mignon. Ça a ses bords tranchants, ses explosions, ses gouffres et ses larmes. Mais on entend très peu des « je te quitte parce que j'en peux plus ». Ou du moins, pas quand ce n'est pas une relation toxique.
Et avec Roxas ça n'en était pas une. Parce que le blond est beaucoup trop gentil pour faire du mal à qui que ce soit. Il suffit qu'on lui fasse la remarque pour qu'il s'excuse à foison. Mais c'est là tout le problème, on peut pas ne jamais blesser. Et c'est pas en gardant ses problèmes pour soi qu'on ne fait pas de mal.
En rentrant chez lui, le rouge s'en était grillé une. Il avait eu envie, soudainement. Ça faisait un moment qu'il essayait d'arrêter. Mais là, il en avait besoin. La fumée grise et le goudron dans ses poumons. La réalité dégueulassement morne et banale.
Où va l'amour quand on n'a plus personne à qui le donner ? Ça, Axel ne le sait pas. On n'en parle pas, dans la vie de tous les jours. Où va l'amour quand on quitte mais qu'on aime ?
Ça surprendra sûrement mais, ouais, des fois, l'amour, ça ne suffit pas. Et ça fait stupidement mal.
