Bonjour,

Aujourd'hui je vous offre un OS sur Saint Seiya si on peut dire. Pas de Chevalier mais des dieux ou plus particulièrement un Dieu et un OC qui je l'espère vous plairont. J'aime beaucoup Hadès et j'ai pris plaisir à écrire sur lui. N'hésitez pas à me donner votre avis. Merci. Bonne lecture à bientôt Peace'.


Le dieu et l'archéologue.

C'était un été chaud, comme tous les ans en Grèce. Que ce soit le jour ou la nuit les températures ne descendaient pas et les cigales chantaient. La fenêtre ouverte, l'habitant de la maison espérait trouver un peu d'air frais, mais rien ne venait de l'extérieur à part un bruit qui attira son attention. Le tonnerre grondait.

Sa tête se releva de sa tâche et son regard alla au loin, par-delà l'horizon de son jardin. Un éclair violet, semblant venir de la terre, monta vers le ciel et la foudre d'une blancheur immaculée descendit des cieux. L'espace d'un instant il sourit. On aurait dit que deux êtres se battaient, peut-être Hadès et Zeus. Il savait que cela ne pouvait être vrai. Il avait passé trop de temps sur sa thèse.

Ses yeux revinrent sur son écran et il aperçut l'heure, quatre heures du matin. Son texte était presque fini et il était fatigué mais ne voulait pas aller se coucher. Cela faisait maintenant un an qu'il bossait sur sa thèse sur le dieu de la guerre Arès. Il devait la finir pour la fin de la semaine, mais une pause s'imposait.

Avec des gestes lents, il se leva afin de se préparer une boisson et un en-cas, avant de se rendre sur sa terrasse fermée et de s'installer tranquillement sur un fauteuil. Là, il prit le temps d'observer l'orage gronder. On aurait dit des lances de feu se battant entres elles. Elles semblaient venir vers chez lui. Le spectacle était magnifique. Il fut un peu déçu que cet orage d'été n'amène pas plus de fraîcheur – ni vent, ni pluie -.

Au bout d'une demi-heure, une lumière éblouissante éclaira son jardin et un bruit assourdissant retentit. La foudre venait de tomber à quelques mètres de lui. Quand il put enfin regagner son sens de la vue, il se leva d'un coup et se dirigea vers l'extérieur. Il ne prit même pas le temps de mettre un T-shirt ou des chaussures. C'est donc dans un simple pantalon de toile qu'il marcha rapidement vers l'endroit. Il n'avait pas peur, il était intrigué. Il désirait voir à quoi ressemblait l'impact de celle-ci dans la terre. Devant le trou il s'arrêta net. Un homme était allongé à l'intérieur à moitié mort. Il se préparait à descendre vers le corps, quand une nouvelle lumière l'arrêta. Il tourna la tête sur sa droite et se retrouva nez à nez avec un homme d'âge mûr les cheveux blonds tirant vers le blanc et ses yeux étaient foudroyant - dans tous les sens du terme -.

- Seigneur Zeus je suppose ? L'homme sourit de cette remarque des plus stupide.

- Effectivement.

- Lui, c'est Hadès ? Il pointa du doigt l'homme allongé à ses pieds avec un visage impassible avant de se mettre à rire de cette réflexion. Comme si c'était vraiment des dieux ? Il avait du mal à le croire.

- Effectivement.

- Tu comptes l'achever ? L'humain avait repris contenance et posé la question, sans vraiment être intéressé par la réponse.

- Je ne sais pas.

- Ok, sinon fait le ailleurs.

- Pourquoi ?

- Je ne veux pas du cadavre d'un homme ou d'un dieu dans ma cour. Cela tombait sous le sens.

- Et si je ne l'achève pas ?

- Prends-le quand même, il fait désordre dans mon jardin. Le dieu l'irritait. C'était logique. Il ne pouvait pas faire un effort.

- Toi t'es marrant !

- Première fois qu'on me le dit. C'est vrai que ce n'était pas le qualificatif utilisé pour lui. Connard, asocial, sans cœur… mais pas marrant.

- C'est quoi ton nom ?

- Shun.

- Shun, tu peux le guérir ?

- Je croyais que tu voulais qu'il meure ? C'était quoi cette question stupide ?

- C'est mon frère, il méritait une correction et il l'a eue.

- Sans dec'. Je croyais que l'avoir envoyé chez les morts était déjà une punition. Tu sais ça, dit-il en montrant du doigt l'homme à terre, pour lui ce n'est sûrement rien. Franchement, c'était ça le roi des dieux ? Ça craignait pour leur famille. Il comprenait mieux certaines choses dites dans les mythes.

- Ouais, garde-le et soigne-le !

- Pourquoi moi ? Et c'est quoi ce ton impérieux, un peu de politesse ne gêne personne, même lui l'utilise parfois.

- Tu es humain, tu pourras lui apprendre des choses.

- Sans rire, je fais partie de ces humains qui sont associables et peu humain. De plus je ne vois pas ce que je pourrais lui apprendre, je suis archéologue et je pense qu'il en sait plus que moi sur sa propre famille. La seule autre chose que je pourrais lui apprendre c'est de prendre son pied au lit. Shun sourit satisfait de lui. Zeus allait partir avec son frère. Personne ne laisserait son frère avec un pervers.

- Soit ! Je lui ai retiré ses pouvoirs et son immortalité. Il est totalement humain, à toi de l'élever comme tu le veux.

Zeus disparut comme il était venu. Shun lui resta sans voix. Le dieu venait-il de lui donner l'autorisation d'avoir un coït avec son frère ? Et de l'élever ? Il explosa de rire. Quand son rire nerveux s'arrêta il s'occupa du dieu dans le trou. L'homme était un bel homme ayant l'apparence d'un trentenaire. Ses cheveux étaient noir de jais. Il était complètement nu. Shun le trouva à son goût mais c'était Hadès le dieu des morts. Il se baissa et plaça ses mains sous sa nuque et ses genoux et le souleva afin de l'emporter chez lui.


Une semaine était passée quand le dieu des morts ouvrit les yeux. Pendant tout ce temps Shun avait pansé ses blessures. Il avait été sur le net et avait lu les bases pour cela. Alors il était allé à la pharmacie la plus proche et avait soigné toutes les plaies une à une. Durant ces longs jours il avait désinfecté et bandés tous ce qu'il avait pu. La foudre avait brûlé la peau en de nombreux endroits.

- Où suis-je ? Qui êtes-vous ?

- Tu es chez moi. Je suis un humain. Zeus t'a confié à moi.

- Pourquoi ?

- Tu lui poseras la question. Cette discussion saoulait déjà Shun. Pourquoi devait-il faire la conversation avec le dieu des morts alors qu'il avait du travail.

- Il ne me répondra pas.

Shun soupira, mais raconta son entrevue avec le roi des dieux sans rien omettre.

- En deux mots, je dois t'élever comme je veux et je peux coucher avec toi si je le veux. Ça ne le dérange pas et tu n'as pas l'air d'avoir à donner ton avis. Tu es humain et sans pouvoir.

- Je vois.

- Bien alors maintenant tais-toi j'ai du travail et tu m'as fait perdre du temps.

Le dieu des morts se tut et le regarda faire, pensant un long moment. L'homme avait un objet bizarre sur les jambes que ses doigts martelaient avec vigueur.

- C'est quoi ? Dit-il en montrant du doigt l'objet.

- Un ordinateur.

- Ça sert à quoi ?

- Putain ! Tonna la voix de Shun furieux d'être encore dérangé dans sa thèse. Je devais rendre mon écrit il y a trois jours et là je suis presque à la fin alors dès que je l'envoie je répondrais à toute tes questions, je serais en vacances. En voyant la tête de l'homme Shun soupira plus fort. Je t'expliquerais aussi ce que sont les vacances.

- Bien.

- Juste que peux-tu me dire de ton neveu Arès ?

- Rien.

- Je vois, en plus tu vas être inutile, souffla Shun dépité de la réponse. Bon maintenant laisse-moi travailler !

Hadès fit « oui » de la tête et attendit en silence pendant les dix heures qui suivirent. Malgré tout Shun lui expliqua l'importance de boire de l'eau et d'aller aux toilettes et même si cela l'ennuyait, il prit le temps de lui expliquer comment se servir des WC et de la douche. Même si trop fatigué le dieu ne l'utilisa pas.

Quand Shun eut fini, Hadès se leva et se courba devant lui.

- Je suis Hadès dieu des morts. Je ne suis pas venu sur terre depuis trois mille ans et je n'ai pas discuté avec qui que ce soit en dehors de mes juges et ma jeune sœur depuis autant de temps. Je m'en remets donc à vous pour m'élever.

- Je suis Shun simple humain et archéologue. Et je suis sûrement socialement encore plus isolé que toi, alors ne t'attend pas à un miracle. Et si on doit vivre ensemble on va se tutoyer.

Les deux hommes se firent face pendant un instant et Shun alla préparer de quoi les sustenter.


Vacances, la définition exacte chez les gens normaux serait période de cessation d'un travail afin de pouvoir se reposer et recharger ses batteries. Mais quand on explique le mot vacances à un dieu qui a travaillé tous les jours depuis des millénaires ce n'est pas pareil. Effectivement Shun venait de s'apercevoir que de s'occuper d'Hadès n'était pas des vacances. L'homme était hyperactif et curieux de tout. Son envie de tout découvrir et comprendre faisait qu'il n'avait pas une minute à lui. Oh pas qu'il était souriant ou enjoué non. Les phrases étaient concises mais très précises. D'un ton froid mais toujours poli. C'est ce que Shun lui avait appris en premier. Avec la politesse on arrive à tout ou presque chez les humains et Hadès l'avait très bien intégré, un peu trop même car Shun ne pouvait plus lui dire non.

Tout avait commencé quand l'homme, lui avait demandé de détailler tout son environnement. Lui posant plein de questions. Il avait décidé de faire cela de façon intelligente pour eux deux. Il était donc parti de la porte d'entrée de sa maison et à l'aide d'un dictionnaire lui avait expliqué en détail tout ce qu'il voyait dans la demeure. Cela avait pris des heures car en plus de la définition il fallait aussi lui en expliquer le fonctionnement et l'utilité. Shun s'était moqué, mais il était surtout jaloux. Les dieux ne perdaient pas leur temps dans les choses insignifiantes de la vie quotidienne. Ils ne mangeaient pas pour vivre et donc pas besoin de faire les courses. Pas besoin d'aller dans une salle d'eau pourquoi que ce soit. L'espace d'un instant il avait rêvé d'être un dieu. Juste un instant.

Le lendemain il avait fait pareil avec le jardin et tout ce qui se trouve à l'intérieur autant les plantes que les outils ou le mobilier. Là, lui-même avait appris des choses grâce à internet.

Mais aujourd'hui il s'essayait à autre chose et cela allait être un calvaire. Il l'amenait faire les courses et là ils étaient dans la voiture. Shun donnait un cours accéléré de conduite.

- Je pourrais essayer de conduire pour le retour.

- Même pas en rêve ! Tonna la voix de Shun. Pas la peine d'insister je te donnerais des cours plus tard. Mais pour l'instant laisse-moi faire.

Hadès ne dit rien de plus sur cela. Mais il posa des questions sur tous se qui se trouvait sur le chemin de la supérette. Et les dieux savent qu'il y en a des choses !

Dans la supérette Shun se retrouva à parler agriculture et élevage. Il expliqua aussi bien d'autres choses sur les produits de consommations et la nourriture industrielle.

A un moment, une jeune employée du magasin les interpella. Shun l'observa avec attention, cela faisait un moment qu'elle jetait des œillades vers eux et il s'en était bien sûr aperçu. Cela l'avait saoulé.

- Puis-je vous aider ? Minauda la jeune femme.

- Non ça ira ! Répondit froidement l'humain. La jeune femme déçue repartit et le dieu regarda bizarrement Shun. Il l'interrogea du regard. L'un de nous deux lui plaît.

- Et c'est mal ?

- Non, mais… Ne me dis pas que tu aimes ce genre de fille ? Si oui, tu peux y aller je suis sûr qu'elle adorera écarter les cuisses pour toi. Mais fait vite après je pars.

- Et tu te plains de pas avoir d'ami, sourit le dieu.

- M'en suis-je déjà plains ? Je n'ai besoin de personne, seulement de moi.

Hadès ne répondit rien, attrapa un produit et demanda ce que c'était. Shun lui répondit et ils continuèrent tranquillement leur course. Au bout d'un long moment les deux retournèrent dans la voiture et Shun démarra.

- Ma femme était différente mais je n'ai pas su la garder. Je ne l'ai pas aimée assez fort. Et toi c'est quoi ton type ?

- Sans importance ! Claqua la voix de Shun.


Un mois qu'il était chez cet humain. En se réveillant, il lui avait parlé de sa rencontre avec Zeus et avait pu voir que tout était vrai. Il n'avait plus de pouvoir et était totalement humain. Il avait même saigné il y a quelques jours en se coupant avec un couteau. Shun avait pris son doigt et avait léché la plaie avant de la soigner à l'aide d'objet dans une trousse à Pharmacie.

Il avait appris plein de chose. Là, sous la douche il se détendait. Il sortit et s'habilla d'un pantalon, ainsi que d'une serviette sur les épaules. Ses longs cheveux de jais gouttaient, mais comme il faisait toujours chaud c'était agréable. Il regarda l'heure, c'était le moment du repas du soir. Il ouvrit la porte de sa chambre et tomba nez à nez avec son hôte.

Celui-ci le regarda bizarrement mais il n'y fit pas attention. Les deux se détaillaient et Hadès ne comprenait vraiment pas l'expression faciale de son vis-à-vis. Pour l'instant il ne lui avait montré que froideur et passion dans le travail. La semaine dernière il l'avait vu débattre sur la thèse faite sur son neveu Arès. Au vu de ses dires et des arguments qui le faisaient passer pour quelqu'un de pas si mauvais ou cruel. Il avait souri en pensant que l'humain pourrait être un protecteur du dieu comme ses spectres, et cela lui rappela qu'aucun d'entre eux n'étaient encore venu le trouver. Il sursauta et sortit de ses pensées quand Shun le repoussa dans sa chambre et referma la porte devant lui. Il entendit la clé tourner. Il se jeta sur la porte et y tapa.

- Shun pourquoi m'enfermer ? Qu'ai-je fait de mal ?

- Rien, c'est moi. Tu… Vas te coucher !

Le dieu ne comprit pas mais il entendit les pas de l'autre partir. Alors il fit ce qu'il avait dit. Il alla se coucher malgré l'heure et le fait de ne pas avoir mangé.

Shun retourna dans le salon et agrippa son téléphone. Là, il appela un numéro et ordonna à la personne à l'autre bout de le rejoindre au plus vite. Puis, il se jeta dans le canapé et attrapa un coussin qu'il mordit fort avant de crier contre lui afin d'étouffer le bruit.

Il venait d'éviter le pire. Sauter sur le dieu, car putain qu'il était beau.

On sonna un quart d'heure plus tard et Shun s'empressa d'ouvrir il tira l'homme derrière la porte à l'intérieur. Il claqua le pan de bois et bloqua l'homme dessus afin de l'embrasser avec fougue. Il lui déchira la chemise et quand l'autre voulu parler il lui coupa la parole d'un baiser enflammé. Tout alla vite pour les deux hommes. Shun souleva son amant d'une nuit et le porta à l'étage et quand il passa devant la chambre du dieu il le plaqua contre la porte de celui-ci. Il le déshabilla rapidement et le pénétra mais cela ne lui suffit pas, alors il le reposa et le retourna. Écrasa sa tête sur le bois et agrippa son cul qu'il pénétra encore une fois sans ménagement. Il se mut en lui avec fougue. Il n'avait pas l'habitude d'être si brutal, pas que d'habitude il soit doux, mais pas aussi brutal. Mais il fallait qu'il se vide, autant ses bourses que sa tête. Derrière cette porte, dans cette chambre se trouvait l'objet de son désir et cela l'excitait de savoir qu'il entendait les cris de plaisir de son amant. Il s'imaginait que c'était lui et cela le fait grossir dans l'antre chaud et accueillant de l'homme entre ses bras. Peut-être le dieu avait-il une érection ? Cela lui plairait bien. Il tapa encore dans son amant. Il ramèna sa tête en arrière et lui susurra à l'oreille.

- Dis-moi ce que tu ressens ?

- C'est divin, hannn ! Continue comme ça ! Plus fort.

Shun accentua avec plaisir en rigolant.

- Je suis un dieu ?

- Oui, le dieu de sexe, hurla de plaisir l'homme.

- Aucun regret à ma brutalité ? Murmura l'archéologue.

- Non, je peux mourir en paix c'est trop bon. Haaaa !

L'homme jouit contre la porte.

- Putain ! Je t'ai même pas touché et regarde-moi ce jet, rigole Shun. Tu ressembles à un chien qui vient de se libérer sur une porte pour marquer son territoire. Shun explosa de rire et embrasse l'homme avant qu'il ne parle. J'aime ça. Viens ! On va ailleurs.

Il l'attrapa et le soulèva à nouveau afin de l'emporter dans sa chambre où un second round se fit.

Dans la chambre d'Hadès celui-ci ne bougeait plus et se taisait. Il avait entendu les pas dans l'escalier et était venu voir si Shun allait lui ouvrir. Il fut surpris par un bruit fracassant contre sa porte. Et le cri d'un homme qui fut vite étouffé. Il ne comprit pas ce qu'il entendait mais comprit qu'il ne devait pas faire de bruit car Shun n'était pas seul. Et l'humain n'avait pas l'air de vouloir être dérangé. Puis des phrases furent échangées et il comprit que Shun et son invité étaient en train de coucher ensemble contre sa porte. Un simple morceau de bois les séparaient et l'autre humain dont il ne savait rien hurlait encore plus fort de plaisir. Il dit « pouvoir mourir en paix tellement c'est bon ». C'est vrai qu'au vu de ses cri Shun devait lui faire du bien. Hadès ne savait pas quoi en penser mais son ventre gargouilla et se réchauffa et ce n'était pas la faim. Il ne voulait plus rien entendre, mais le rire de Shun dans le couloir le ramena à la réalité. L'autre avait joui sur la porte à quelques centimètres de lui. Puis plus un bruit. Hadès resta là sans bouger de longues minutes dans le silence à essayer de comprendre. Puis alla se coucher, cela ferait peut-être passer son mal de ventre.

Quatre heures du matin. Shun venait de virer son amant, il ne voulait pas le garder. Il voulait juste coucher. Il passa devant la chambre du dieu et l'ouvrit. Il s'avança vers le lit où le dieu dormait. Ou plutôt faisait semblant, mais aucun des deux ne dirait un mot pendant de longues minutes. Shun passa sa main dans les longues mèches charbon. Le dieu ne bougea pas et Shun ne releva pas et fit comme s'il dormait vraiment. Alors il murmura :

- Les humains sont comme ça. Voilà ce qu'est mon type… les hommes… alors ne te promène plus devant moi à moitié nu. Shun se tut et inspira une bouffée du parfum du shampoing d'Hadès. C'est ta faute… la prochaine fois je n'appellerais personne pour te remplacer. N'oublie pas, Zeus m'a donné la permission de t'apprendre le sexe entre homme. Il se tut à nouveau avant de reprendre quelques minutes plus tard. Les humains sont des animaux, un peu plus évolués, mais pour nous comme pour eux on a des besoins à assouvir et souvent le plus rapidement possible.

L'homme lâcha la mèche avec laquelle il jouait depuis le début. Et au lieu de partir il s'accroupit près du lit passa une main sous la couverture et va trouver la main du dieu. Là, il la porta à l'entrejambe d'Hadès et sourit de le voir encore en érection depuis toutes ces heures. Shun se releva sans le lâcher et alla s'installer mieux sur le lit, se serrant au dos du dieu. Aucun mot ne se fit et Shun guida la main du dieu dans son pantalon et prit l'érection en main. Il le guida pour se masturber.

Depuis l'arrivée de Shun, Hadès faisait semblant de dormir. Et là alors que l'homme l'aidait à se toucher et se faire du bien – première fois de sa vie qu'il faisait ça, mais Shun repris la parole pour lui expliquer le mécanisme de la sexualité chez l'humain et le besoin de faire cela en solo ou a deux-, il mordit sa lèvre inférieure. Dieu que c'était bon. Les doigts de Shun étaient doux et sa voix enivrante. Rien à voir avec tout à l'heure avec l'autre homme. Lui aussi voudrait crier son plaisir mais quelque chose le retint. Il en pleura entre rage, plaisir, frustration. Son corps eut de soubresauts et Shun lui demanda de se détendre, que c'était bientôt fini. Mais son corps lui se tendit et il éjacula dans la main de Shun et la sienne. Il retira ses doigts et il sentit enfin la main pleine de Shun le toucher et il gémit doucement sans le vouloir. Un nouveau jet se fit et il sentit les lèvres de Shun l'embrasser sur l'arrière de sa tête. Puis Shun dit une dernière phrase avant de quitter la pièce ce qui le frustra encore plus.

- Hadès, bienvenu dans l'humanité. Et si tu ne veux pas que j'aille plus loin avec toi, trouve un moyen de rentrer chez toi.

La porte se ferma et Hadès se mit à respirer normalement avant de pleurer à nouveau. Il voulait rentrer chez lui. Être humain ça craint.


Hadès regardait autour de lui. La crique où l'avait amené Shun était vide. C'était un petit coin de paradis. La falaise de roche faisait une barrière protectrice entre la réalité et cet endroit. Les escaliers qu'ils avaient pris pour descendre ici étaient escarpés voire détruits. Cela avait été difficile mais il ne regrettait pas. Il huma l'air vivifiant venant de la mer et regarda l'immensité bleu turquoise rayonnant au soleil. Le sable chaud se soulevait légèrement au gré de la brise toute aussi chaude. L'humain était assis dans le sable un livre sur l'antiquité à la main. Hadès sourit.

- Tu n'arrêtes jamais de travailler ?

- Je pourrais travailler autrement mais…

- Mais ? Hadès ne comprenait pas où voulait en venir son hôte.

- Mon invité millénaire ne sert à rien !

- Tu ne poses jamais de question, s'offusqua Hadès de cette affirmation pas très gentille. Et je t'ai dit que je vivais depuis des millénaires en Enfer. Et pour Arès, on n'est pas très famille.

- Ok alors je lis. Et puis toi tu poses trop de questions.

- Tu m'emmerde, cracha Hadès furieux.

Depuis la semaine dernière où il y avait eu la soirée sexe avec l'humain, Shun était encore plus froid et dur qu'avant. Hadès fulminait et avait chaud alors il retira ses habits et plongea dans l'eau. Il fit quelques brasses et ressortit la tête il regarda l'immensité bleue et entendit Shun hurler.

- Tu n'es peut-être pas famille, mais là tu es chez ton autre frère alors essaie d'entrer en contact avec lui. Hadès allait répondre quand il entendit Shun dire, ne me fait pas regretter d'avoir annulé des cours pour t'aider à rentrer.

Hadès se mordit la lèvre et replongea sous l'eau. L'homme était vraiment irritable. Il ne savait pas s'il fallait lui répondre qu'il le hait ou s'il devait le remercier d'avoir pris du temps pour lui. Tout ce qu'il savait c'est qu'en cet instant il était déboussolé. D'un coup il se sentit mal, la tête qui tournait. Il était en train de… de l'air dans les poumons. Il reprit son souffle. Il était au-dessus de l'eau et dans les bras de Shun.

- Respire idiot ! Tu veux mourir ? Tu n'as trouvé que ça pour rentrer chez toi ? Tu es humain, pas un poisson ou un dieu. Tu ne peux pas respirer sous l'eau, alors tu te noies. Tes poumons ont besoin d'air alors respire.

Hadès regardait Shun, il avait l'air paniqué. L'homme le reposa en douceur et tint sa tête le regard inquiet.

- Je vais bien, le rassura-t-il. Tu t'inquiètes ?

- Non, j'aurais dû te laisser mourir. Au fond c'est peut-être le seul moyen pour que tu retournes chez toi. J'ai juste réagi.

- Tu as quand même couru de la plage jusque-là pour m'aider, merci.

- … Shun ne répondit pas et lâcha le dieu. Appelle ton frère qu'on en finisse.

Hadès retint un peu Shun et celui-ci l'attira à lui et l'embrassa avec fougue. Un baiser pour prouver qu'il était vivant. Hadès s'accrocha à l'humain et accentua le baiser, lui aussi en avait besoin. Mais au bout de longues secondes de plaisir pour les deux Shun repoussa Hadès.

- Tu es le dieu des morts et je suis un humain.

- Tu y as réfléchi ?

- Faut que tu rentres chez toi.

- Et si je veux rester et te poser plein de questions ou répondre aux tiennes ?

- Que pourrais-tu m'apprendre ?

- La vie dans le monde des morts et deux trois choses sur l'Olympe quand j'étais enfants. Les titans et… Je veux en apprendre plus de toi et sur toi.

Shun fit deux pas en arrière et ne répondit rien. Il repartit vers la plage et Hadès allait baisser la tête de dépit d'avoir été rejeté quand il vit une main de Shun se tendre vers lui. C'était discret l'homme marchait toujours vers le rivage mais sa main restait tendue en arrière voulant dire à Hadès « prends moi et ne me lâche pas ». Alors le dieu se mit à courir vers elle et l'agrippa. Il ne la lâcha pas pendant un long moment. Ils marchèrent très lentement dans l'eau. Le silence était de mise entre les hommes mais ce n'était pas gênant. En arrivant sur la plage le sable brûlait sous leurs pieds. Shun accentua le pas et les ramena sur les serviettes. Les deux s'assirent et Shun attrapa une autre serviette pour essuyer les cheveux et le corps du dieu. Hadès le regardait bizarrement cela l'amusa.

- Tu ressembles à un adolescent qui ne sait pas comment embrasser son compagnon.

- Je n'ai pas l'habitude.

Shun sourit et le chahuta en ébouriffant ses cheveux à l'aide de la serviette, avant de la lui laisser sur la tête. Il passa sa tête sous cette serviette et là, caché dessous, il vola un baiser enfantin sur les lèvres du dieu.

- Ça peut-être amusant de retourner dans l'adolescence, rigola Shun.

- Je suis un homme tu sais ?

- Vraiment ? Alors…

Shun attira le dieu à lui. Il le fit s'asseoir sur ses cuisses et vint enserrer sa nuque d'une main et sa taille de l'autre et l'embrassa avec plus de fougue. Après ses mains se baladèrent sur le corps du dieu qui fit de même sur celui de Shun. Ils en profitèrent pour enlever le haut de l'archéologue qui était trempé. Quand il n'avait pas vu Hadès remonter à la surface après son dernier plongeon il avait sauté à l'eau sans se déshabiller. Puis Shun ouvrit son pantalon et fit descendre le boxer du dieu. Celui-ci se débâtit mais Shun le rassura.

- Personne ne vient ici. C'est pour ça que j'ai choisi cette crique, on ne sera pas dérangés et tu es un homme n'est-ce pas ? C'était bon la semaine dernière ? Je ne ferais pas plus ici.

Hadès fit « oui » de la tête et laissa Shun mener son action. Les deux verges entrèrent en contact et c'était bon. Les caresses de l'homme étaient parfaites. Shun lui demanda de ne pas mordre sa lèvre et des gémissements de plaisir passa ses lèvres. Shun sourit et embrassa son cou, ses clavicules. Hadès alla enlacer la nuque de Shun et soupira dans le cou de son amant. Il en désirait plus mais n'osa rien dire. Shun dû le comprendre, car il lui murmura :

- Laisse-moi t'apprendre une chose à la fois. On a tout le temps, n'est-ce pas ?

- Oui, Shun… Je veux que tu m'apprennes tout.

- Bien je t'apprendrais tout tant que tu seras avec moi.

Le regard des deux hommes se firent face et ils s'embrassèrent. Shun accentua ses caresses et les ralentit de façon à faire durer le moment et leur plaisir. Il les amena à son rythme dans les affres du bonheur. Shun se délectait de voir ce dieu si froid être si réceptif au plaisir. Il se trémoussait entre ses bras et sous ses caresses et ses baisers. Ses cris de bonheur étaient magnifiques et donnaient à Shun envie d'en entendre plus. Ses suppliques aussi. Le dieu était à bout. Un véritable adolescent sans retenue ni entraînement. S'il l'avait laissé faire il aurait joui en quelques secondes. Cela l'amusait. Il allait avoir un amant à initier au plaisir de la chair et aussi à l'endurance dans l'acte. Shun se fit un plaisir d'accorder le souhait au dieu en le laissant jouir entre leur torse et le suivi de peu.

- La prochaine fois se sera meilleur, promis Shun à l'oreille d'Hadès avant de relever son visage vers lui et de lui voler un baiser plein d'autres promesses.

Hadès pleura de joie. Il se détendit dans les bras de son amant qui continuait de caresser son dos et ses reins. Après un long moment Shun reprit la parole.

- Même si tu rentres avec moi, tu ne veux pas appeler ton frère ?

- Je ne sais pas comment faire, avoua sans honte Hadès. Avec cet humain il n'avait jamais honte de ses faiblesses. Il n'avait pas compris pourquoi jusqu'à maintenant. Il lui faisait confiance et peut-être aussi était-il amoureux, lui répondit une petite voix dans sa tête avec un pincement au cœur devant le sourire ravageur et moqueur de Shun.

- J'en était sûr. C'est pour cela qu'on est là.

- Comment ça ?

- J'ai deux ou trois idées. La première est après qu'on ce soit rhabillé pourquoi on ne crierait pas le nom de ton frère. Ou alors… Shun sortit une bouteille, avec un papier et un stylo, une bouteille à la mer. Stupide mais simple. Écris lui une lettre en grec ancien ou dans la langue des dieux si vous avez une écriture particulière, qu'aucun humain ne comprenne. Dis-lui ce qui est arrivé et où tu habites.

- Haha ! Tu as raison, stupide mais simple. Bon allez pourquoi pas. Avec un peu de chance ça marchera.

Hadès écrivit une lettre à son frère et la mit dans la bouteille. Puis il s'habilla de son boxer et entra le plus loin possible dans l'eau et jeta la bouteille le plus loin possible. Et il se mit à hurler à plein poumon.

- Poséidon, c'est Hadès j'ai besoin de toi. Je t'ai envoyé une bouteille à la mer. Réponds-moi s'il te plaît.

Le dieu hurla cela à de nombreuses reprises et revint sur la plage. Il s'habilla et s'assit à côté de Shun qui avait repris sa lecture. Il posa sa tête sur l'épaule de Shun et ils attendirent ainsi pendant une bonne heure. Mais le dieu des Mers ne vint pas. Alors les deux rentrèrent chez Shun.

En arrivant là-bas celui-ci agrippa la main du dieu et l'entraîna à sa suite. Ils entrèrent dans la chambre de l'humain. Hadès sourit en la découvrant, des centaines de livres éparpillés partout jusque sur le lit, sûrement dessous aussi. Elle était tellement à l'image de Shun.

L'archéologue l'amena sous la douche et l'embrassa et fit couler de l'eau froide sur eux qui se réchauffa peu à peu mais ça n'était que le cadet de leurs soucis car ils reprenaient là où ils en étaient restés sur la plage. Shun savonnait le corps de son amant tout en l'embrassant et le caressant. Hadès en faisait autant, il voulait apprendre mais aussi participer. Et cela plaisait à Shun. Les deux hommes rivalisaient de prouesses pour donner du plaisir à l'autre, la douche dura un long moment. Shun les entraîna dans la chambre mais Hadès émit une objection.

- On va abîmer tes précieux livres.

Shun sourit de tant de gentillesse et souleva le dieu qu'il cala contre lui à l'aide d'un de ses bras. Hadès pour l'aider enlaça la taille de Shun de ses puissantes jambes, et sa nuque de ses bras. L'archéologue traversa la mer de livres jusqu'au lit et d'un geste sec retira la couverture et les livres du lit. Il y déposa Hadès dessus.

- Voilà on n'abîmera rien. Par contre maintenant je vais t'apprendre beaucoup de chose et je ne compte pas m'arrêter avant de t'avoir dispensé tout mon savoir. Alors si tu veux…

- Je suis prêt à apprendre ! Tout en disant cela Hadès écarta ses jambes et posa ses bras sur le lit à coté de sa propre tête et il écarta plus les cuisses. Shun lui avait appris à se servir d'internet et il avait fait quelque recherche sur les relations entre hommes.

- Bien, sourit Shun en le regardant faire et en caressant l'intérieur de l'une de ses cuisses.

- C'est ma première fois avec un homme mais avec toi je n'ai pas peur, haann !

Shun venait de faire glisser sa main de la cuisse gauche sur la cuisse droite, pour repartir sur les bourses et la verge maintenant en érection du dieu. Celui-ci avait apprécié les touchés et son corps s'était contracté faisant grossir son érection. Ses mains avaient accroché les draps sous lui pour se tenir à quelque chose de réel. Shun était heureux d'entendre ça et de voir le spectacle sous ses yeux. Son lit avait eu beaucoup d'hommes mais jamais un aussi divin. Il sourit de cette pensée. Effectivement aucun dieu vivant avant n'avait été son amant. Il le contempla encore de longues secondes avant de se baisser afin d'embrasser cette verge pulsante contre ses lèvres. Hadès feula de plaisir.

- C'est si bon que ça. Tu es magnifique quand tu es comme ça.

- Shun… Hannn !

Chaque caresse était pour le seigneur des morts un véritable plaisir. Lui aussi n'aurait plus aucun regret il pensa à l'autre humain mais le balaya de sa pensée quand il entendit la voix de Shun.

- On va prendre notre temps. J'attends ça depuis un long moment alors je ne compte pas me priver de tant de beauté.

- Shun, embrasse-moi !

Un ordre que l'humain se fit un plaisir d'exécuter avant de reprendre ses actions sur le corps de l'homme. Cela dura de longues heures où Shun fit durer les préliminaires. Découvrant chaque parcelle du corps de son amant. S'amusant à le faire venir de plus d'une façon. Mangeant et buvant au lit pour reprendre des forces avant de reprendre d'assaut ce divin corps humain mais qui n'en reste pas moins celui d'un dieu. Dieu qui au gré de leur rapport prenait plus d'assurance et d'endurance. Laissant à Shun le loisir de s'amuser de plus en plus avec lui.

- Shun, arrête s'il te plait, c'est trop bon, mais je ne veux pas jouir ainsi.

- Alors retiens-toi car moi je me délecte de ton cul.

- Ta langue… Han, han ! Sort là je…

- N'y touche pas ! Claque la voix de Shun. Si tu jouis ce n'est pas grave.

- Je… hannn !

Hadès venait de jouir, mais Shun ne bougea pas de sa place. Il avait mis Hadès en position fœtale et s'était placé lui aussi ainsi, sa bouche était posée sur l'antre chaud du dieu et sa langue le titillait et le pénétrait. Cela amusait Shun et Hadès lui était au paradis. Surtout que cette fois Shun le caressait sur les bourses. Il joua un peu avec avant d'aller masturber le dieu qui criait de pure félicitée.

- Shun, Han ! Han ! Haaaa. Shun je…

Hadès jouit et eut un tel orgasme qu'il s'évanouit de plaisir. Shun l'installa mieux dans le lit et alla chercher la couverture. Après il le prit dans ses bras et s'endormit à ses côtés.


Shun tapait sur son ordinateur à vive allure. En cette fin de septembre, il faisait encore bon alors il s'était installé dehors sous un arbre. Près de l'endroit où Hadès était arrivé trois mois plus tôt. Il leva son regard, préparer ses cours pour les étudiants l'ennuyait. Et là devant lui dans le salon était un être bien plus distrayant. Hadès était en train de se débattre avec sa nouvelle obsession, il voulait faire du cerf-volant, alors il s'en était acheté un à monter mais n'y arrivait pas. Shun sourit de le voir faire et se leva pour le rejoindre.

- Au fait je me demandais, tes juges ils ressemblent à quoi ?

- Rhadamanthe est un blond avec une sorte de monosourcil avec des yeux Jaune. Eaque est brun et Minos à les cheveux blanc. Je ne peux pas te dire la couleur de leurs yeux, cela fait une éternité que je ne les ai pas vu.

- Pourquoi ?

- Ils portent toujours leurs casques même devant moi.

- Je vois. Tu t'en sors ?

- Oui ça ira. On ira demain, tu es de repos ?

- Oui. Je reprends dans dix jours et là comme je prépare les cours je ne vais pas aller travailler au centre de recherche. Je vais être occupé mais je suis à toi pour dix jours.

- Tant mieux, alors demain on prend une heure pour faire du cerf-volant. Cela te fera du bien.

Shun sourit et ressortit dans le jardin. Blond aux yeux jaunes, il sourit un peu plus et il alla vers le muret de pierre qui donnait sur la rue. Il posa ses coudes dessus et plaça sa tête dans ses mains et regarda l'homme devant lui sur le trottoir d'en face. Au bout d'un moment il lui fit un signe pour dire bonjour et enfin un signe pour lui dire de le rejoindre. L'homme traversa la rue et Shun lui sourit avant de le questionner innocemment.

- Seigneur Rhadamanthe, dites-moi dans quelle prison vont les stalkers ? Devant la surprise et l'incompréhension de l'homme Shun continua. Eh bien, même vous un jour vous pourriez mourir, j'aimerais savoir dans quelle prison vous iriez. Car là vous ressemblez à un stalker. Votre père vous a dit où le trouver ? Demanda Shun en montrant Hadès dans la maison. Il aurait pu vous dire de venir sonner à la porte pour vous annoncer. Là sur le côté vous voyez ?

- C'est oncle Poséidon qui me l'a dit. Il a reçu une bouteille à la mer et a dit que c'était de ma responsabilité.

- Ok ! Bon sautez le muret. Je vous invite à le faire, je n'aimerais pas que vous ou moi, nous attirions plus l'attention.

- Comment vous avez su ? Se renseigna le juge en sautant par-dessus le muret.

- Il vient de me dire que vous êtes blond aux yeux jaunes avec une sorte de monosourcil, répondit en rigolant Shun et en montrant son front. Vous êtes celui qu'il a le mieux décri.

- Leur casque, soupira le Blond.

- C'est ça, suivez-moi, vous devez en avoir l'habitude depuis trois jours ou peut être plus ? Je ne vous ai remarqué qu'il y a trois jours.

- C'est là que je suis arrivé. Hadès-sama que faites-vous ? Rhadamanthe se dirigea vers son Seigneur et l'aida à se relever.

- Que… Que fais-tu là ? Ah mince tu as détruit le cerf-volant, grogna la voix du dieu mécontent. Ça fait une heure que j'y suis dessus.

- C'est pas grave, on arrangera ça ou on en rachètera un autre, voire un construit.

- Et le plaisir d'apprendre ? Demanda Hadès à son amant.

- Rhadamanthe a été envoyé par Poséidon, il a trouvé la bouteille à la mer.

Les deux se regardèrent avant de se mettre à rire et dire « stupide mais simple ». Ils mirent quelque instant à reprendre leur sérieux. Le juge n'en revenait pas, depuis des millénaires, il n'avait jamais vu son dieu ainsi. Il avait l'air détendu et il riait de bon cœur et avec un humain. Il hésita mais le regard sombre de son dieu le rappela à sa mission.

- Poséidon m'a dit de vous donner ça. Il tendit une bouteille avec un mot dedans. Il aimerait savoir comment vous auriez contacté Zeus. Shun se mit à rire.

- Là aussi, j'avais une ou deux idées. Lui envoyer un message en l'accrochant à la patte d'un aigle ça lui irait bien non ? Sinon j'avais pensé à internet, l'électricité, la foudre c'est un peu pareil. Mais je ne sais pas si l'Olympe le possède et je ne connais pas son adresse mail. Même si j'ai quelques idées pour lui. Jesuisunsalecon . com ou mauvaisfrère . com

Hadès éclata de rire et Shun le suivit. Mais le dieu des Morts s'arrêta vite.

- Shun tu ne vas pas aimer. Poséidon nous donne une invitation de Zeus pour aller sur l'Olympe demain.

- Eh bien heureusement que je t'ai appelé aujourd'hui mon cher Blond, même si cela n'aurait pas été une grande perte. Hadès le regarda surpris. Ça fait trois jours qu'il hésite à venir nous voir.

- Rhadamanthe tu exagères ! Tonna la voix d'Hadès.

- En même temps si tu me criais dessus pareil j'hésiterais aussi. L'Enfer a dû être bien tranquille sans cet asocial, s'amusa Shun en pointant Hadès du doigt.

- C'est l'hôpital qui se fout de la charité.

- Oh tu as retenu l'expression et a su l'utiliser quand il le fallait. Bravo.

Les deux hommes se lancèrent encore quelques piques avant de se remettre à rire. Rhadamanthe était désarçonné, avant il aurait tué l'humain ou même Hadès lui aurait ordonné mais là son dieu prenait du plaisir à jouter verbalement avec l'homme. Et cela lui allait bien.

- Tu es invité, tu me suis ?

- Si tu me dis pourquoi tu as atterri ici. Si je dois te défendre je veux savoir pourquoi.

- Héra. Zeus allait la frapper et je n'ai pas supporté. Elle et moi on a une bonne relation depuis l'enfance et il n'aime pas ça. Elle m'a appelé à l'aide et j'ai débarqué sur l'Olympe et me suis interposé.

- Ok, je prends mon portable j'ai des cours à finir. Fais-ton sac, je fais le mien. Au fait tu as bien fait et si tu dois le refaire je suis de ton côté. Même si je pense qu'à force il te tuera.

- Je la défendrais quand même !

Shun ne répondit rien il comprenait bien Hadès et il l'aiderait s'il le pouvait. Les deux allèrent faire leur sac et retournèrent auprès de Rhadamanthe.

- Doit-on passer par le royaume sous-terrain ou sous-marin ? Se renseigna Shun.

- Je… On ne m'a rien dit de plus, confia Rhadamanthe quand un papillon noir vint voleter autour de lui et se poser sur son doigt. Hermès passera ici à dix-huit heures.

Shun posa son sac et prit en main le cerf-volant. Après avoir lu la notice il le monta rapidement et alla dans le jardin mais le trouva trop petit. Il repassa par la maison et demanda au deux autres de le suivre. Ils marchèrent tous les trois en silence chacun dans leurs pensées.

Au bout d'un quart d'heure, ils arrivèrent dans un parc ou des enfants faisaient voler leurs propres cerf-volants. Shun donna le sien à Hadès, expliqua deux trois choses et le dieu alla courir dans le parc et fit voler l'objet. Un immense Phénix rouge et orange. Le juge et l'humain le regardèrent faire.

- Ce sont ses premières vacances, alors pardonnez lui son enfantillage. Quand il reviendra il redeviendra votre dieu.

- Et vous ?

- Moi ? Un amour de vacances, une parenthèse au quotidien, un beau souvenir qui va s'estomper avec le temps. Quand je mourrais, il m'aura déjà oublié. Et moi aussi. On sera passé à autre chose. Alors ne faite attention à rien de tout ceci.

- C'est si triste, soupira Rhadamanthe qui écoutait cet humain être si détaché de tout. Son dieu était pareil avant. Mais là il le voyait parler à d'autres humains et s'amuser. Ce seront ses seules vacances, alors merci de les lui avoir rendues si amusantes. Il a l'air heureux.

Shun ne dit rien et regarda le dieu prendre du plaisir. Il avait menti, lui ne l'oublierait pas. Ce dieu avait réussi l'impensable pour lui. Lui faire découvrir le mot amour. Mais c'était le dieu des Morts et il était un humain. Il se mit à rire et murmura pour lui-même une phrase dont Rhadamanthe ne perdit pas un mot.

- J'ai appris le mot « Vacances » au dieu des Morts et il m'a appris le mot « Amour ». C'est si pathétique pour nous deux que s'en est à mourir de rire.

Shun rigola de l'expression choisi. « Mourir » était vraiment le bon mot. C'est ce qu'il ressentira quand le dieu disparaîtra. Juste son âme malheureusement. Il avait eu le coup de foudre à cause du dieu de la foudre, ça aussi c'était à mourir de rire. Demain il dirait à ce dieu qu'il est vraiment un connard de jouer avec les gens ainsi.

- Shun !

La voix d'Hadès l'appelant le fit revenir à la réalité. Il lui fit un signe avant de le rejoindre en entraînant Rhadamanthe dans son sillage. Les trois hommes jouèrent avec le cerf-volant et profitèrent des derniers rayons de soleil de cette fin de septembre.


A dix-huit heures Hermès avait été ponctuel et maintenant ils étaient sur l'Olympe. Ici le temps était différent et le soleil était encore là malgré la nuit sur la terre. Shun était assis sur un immense escalier et tapait ses cours sur son ordinateur. Il n'avait pas internet mais il pouvait écrire. Derrière lui se trouvait le bâtiment abritant tous les dieux. On lui avait dit d'attendre dehors pour l'instant et Hadès lui avait fait signe de s'exécuter.

- La guerre de Troie, vaste sujet. Elle nous a bien divisés. Pas qu'avant on était proches ou même maintenant quelque millénaire plus tard.

- Je vois, Zeus et Hadès se disputent.

- Oui, comme à chaque fois. Poséidon dit qu'Hadès devait avoir la place de Zeus mais que celui-ci a eu Héra en premier….

- Et le dessus sur Hadès, finit par dire Shun.

- C'est ça ! Vous avez assisté à l'une de leurs batailles ?

- Oui.

- J'aime pas ça, mais je ne peux rien y faire.

Les deux hommes se regardèrent et un bruit de pas précipités arriva vers eux.

- Arès, Arès dépêche-toi de revenir. Zeus et Hadès se battent encore.

Shun fut le premier à réagir et couru dans le bâtiment. Là, il trouva un vrai chaos, les deux dieux se battaient à mains nues. Les autres dieux avaient reculé et se cachaient presque, seule une femme habillée de façon distinguée criait pour essayer de les arrêter. Shun pensa qu'elle devait être Héra. Puis il entendit des pas derrière lui mais ne se retourna pas quand il vit Zeus repousser Hadès assez loin et préparer une foudre. La femme alla vers Hadès pour le protéger et lui fit de même sans s'en apercevoir. Il s'arrêta devant Hadès et la femme et bloqua in extrémiste la foudre avec son portable qu'il balança loin avant qu'il n'explose. Cela se passa si vite qu'il ne comprit même pas comment il avait réussi ce miracle, mais il ne s'attarda pas dessus et regarda férocement Zeus avant de hurler à son encontre :

- Mais vous êtes un vrai malade, un connard fini. Vous alliez tuer votre frère et votre femme. Un grand silence se fit. Quoi ? Personne ne vous l'a dit mais moi je vous le dit. Vous n'en avez pas assez d'être un tel connard. Vous n'en faites qu'à votre tête sans vous soucier des autres. Vous n'êtes qu'un enfant capricieux qui casse ses jouets quand il pique une crise. Mais ce ne sont pas vos jouets, c'est votre famille. Vos frères, vos sœurs, votre femme, vos enfants. N'avez-vous vraiment aucun intérêt pour leurs vies ? Et pour Hadès vous l'avez enfermé tout au fond de votre coffre à jouets dans le noir depuis des millénaires, je crois qu'il a compris qui est son roi, alors vous pourriez au moins accepter qu'il ait une relation avec un membre de sa famille. Désolé si c'est tombé sur votre femme, mais c'est sa sœur aussi. Et il est normal qu'il la défende quand vous vous en prenez à elle. Vous êtes…

- Hahaha ! Je t'adore vraiment toi, tu n'as pas froid aux yeux me parler ainsi dans ma maison. Zeus venait de couper Shun dans ses remontrances.

- C'est vous qui m'y avait invité après m'avoir abandonné votre frère à moitié mort dans ma maison. Je vous avais dit de le reprendre mais vous me l'avez laissé. Alors je l'ai sauvé et éduqué. Et maintenant je vous interdis de le toucher, il est sous ma responsabilité et ma famille. Et tout comme lui je ne supporte pas qu'on lève la main sur un membre de ma famille. Alors si vous n'êtes pas content, Hadès et moi on repart chez moi, ce n'est pas un problème. C'est vous qui nous avez forcé à venir à ce que je sache. Car votre invitation était bien un ordre. Non ?

- Effectivement car je suis le roi des dieux.

- Eh bien je suis ravi de ne pas croire en vous. Je serais déçu de vous rencontrer sinon.

- Comment oses-tu ?

- J'ose comme vous ! Claqua la voix de Shun. Et si ça ne vous plaît pas vous n'avez qu'à m'envoyer une de vos foudres pour me faire taire.

- Je pourrais le faire.

- Alors cessez de me menacer et faite le. Un enfant, putain ! Devenez un homme pour une fois.

Le silence se faisait autour d'eux. Personne n'avait jamais parlé ainsi à Zeus, ni ne l'avait défié. Certains dieux le trouvait stupide et d'autres courageux. Mais tous savaient comment ça allait finir. Alors quand une foudre apparut cela ne surpris personne. Seule la finalité fut stupéfiante. Shun s'était retourné non pas pour fuir mais pour repousser Hadès et Héra loin de lui, ses mains tendues en avant en attestaient. Les deux dieux avaient voulu le protéger mais il les en avait empêché. Une autre chose surprit. C'était Rhadamanthe et Arès en armure qui venaient de protéger Shun, Hadès et Héra.

- Je vois, souffla Zeus. Un vent de rébellion souffle sur l'Olympe.

- Non, Rhadamanthe n'a fait que son devoir en protégeant Hadès et Arès a voulu protéger sa mère. Je n'étais pas le seul que vous visiez et pourtant je suis le seul que vous devez punir. Shun s'était retourné et avait vu les deux dieux devant lui. Il était passé entre eux et se tenait devant eux face à Zeus.

- Tu recommences, murmura Zeus.

- A dire la vérité à haute voix, oui c'est l'un de mes défauts. Vous devriez le savoir je ne m'en suis jamais caché.

- C'est vrai. Zeus se tut et réfléchit. J'ai plusieurs choix, tous vous tuer, ou tous en enfer.

- On meurt de toute façon. Et pourquoi « tous » je suis le seul à ouvrir ma gueule.

- Tu as raison. Dans la deuxième option vous viviez. Je veux dire du lever du soleil au coucher tu étais sur terre et à la nuit tombée tu étais en enfer.

Shun se tut un instant et se mit à rire comme jamais.

- Qu'as-tu ? Tu hésites ?

- Où est le piège. Vous nous faite choisir entre la mort ou… le piège c'est quoi pourquoi un connard comme vous nous donnerez la chance de vivre notre vie… heureux et comme on le veut. Je veux dire, j'aurais quelques contraintes mais…

- Tu crois qu'il me sera facile de remplacer Hadès. Alors, tu choisis quoi ?

- Cela ne concerne que moi et Hadès vous oubliez Arès, Rhadamanthe et Héra.

- Oui. Alors ?

- La deuxième bien sûr. Même si je pense que ma première nuit là-bas sera la mort pour moi. Mais au moins Hadès vit et récupère son royaume. Comme vous l'avez dit peu d'êtres peuvent être un aussi bon roi pour les enfers.

- Là tu m'insupportes. Va pour la seconde. Zeus claqua des doigts et Hadès disparaît de l'Olympe pour les Enfers et Shun se retrouva sur terre où le soleil pointait ses premiers rayons. Rhadamanthe ce soir va chercher Shun et ramène-le à Hadès.

- Il…

- Fait ce que je dis ! Claqua la voix furieuse de son Père le roi des dieux. Et dit à mon frère que maintenant il s'occupe de son couple et plus du mien ou je ravage les enfers.

Puis Zeus repartit furibond mais un sourire énigmatique sur les lèvres. Tous les dieux se regardèrent en silence et Aphrodite se jeta sur Arès pour voir s'il allait bien. Rhadamanthe lui alla voir la Reine Héra pour rassurer son Seigneur et Oncle avant de retourner en enfer.


Dans le monde sous-terrain Hadès attendait en faisant les cent pas. Toute la journée il l'avait passé à rectifier les erreurs et ratifier les décisions prises depuis trois mois. Ses juges et sa sœur Pandore avaient fait du bon travail. Mais malheureusement, il fallait toujours sa signature et son seau. Mais là, il avait fini et Rhadamanthe était allé chercher Shun. Il avait peur car il savait que l'homme allait mourir. Son juge arriva seul.

- Il vous attend dans votre chambre.

Pour la première fois de leur vie tous les êtres du monde sous-terrain avaient vu leur dieu courir dans les couloirs du palais. Il entra avec fracas dans sa chambre et trouva son amant debout au milieu de la pièce. Celui-ci en le voyant lui sourit.

- Ça manque un peu de couleur et de lumière mais ça me plaît.

- Tu vas bien ? Tu respires normalement ? Tu es vivant ? Tu…

- Oui à tout, coupa Shun. Il leva une main vers le visage anxieux du dieu et agrippa avec douceur sa nuque que ses doigts massèrent avant d'aller s'empêtrer dans ses cheveux charbon. Puis de son autre main il prit la taille de l'homme et le tira à lui. Je vais bien, je respire bien et je crois que je suis bien vivant. Je t'aime et je vais m'adapter. Là il embrassa le dieu pendant de longues minutes libératrices de beaucoup de peur et d'anxiété pour Hadès.

- On peut peindre quelques murs pour rajouter de la couleur et faire installer plus de lumière.

- On verra ça demain soir. Cette nuit j'ai d'autres projets et puis on va payer ce bonheur un jour alors autant profiter de chaque instant. Shun souleva le dieu et le déposa sur le lit. Il le déshabilla lentement tout en le câlinant. Quand le dieu fut nu, Shun l'observa et vint le surplomber et il l'embrassa. Sa main glissa sur le corps parfait du dieu et il déclara, mille morts ne me feront jamais regretter cet instant ou plutôt celui où je suis tombé amoureux de toi.

- Tu veux dire celui où je suis tombé dans ton jardin.

- On peut dire ça. Hadès, va falloir me supporter à vie. Je doute que Zeus apprécie qu'on se sépare. Je crois que ton connard de frère te fait un cadeau mais il ne sait pas comment te le dire. Je suis ton cadeau de réconciliation.

- Quel con, il ne peut pas le dire au lieu de ça. Tu y as beaucoup réfléchi ?

- Comme tout ce qui te concerne. Bien sûr qu'il y avait réfléchis, il avait passé sa journée à ça. Pourquoi cette fin ? Que voulait vraiment Zeus ?

- L'autre fois à la mer. Tu avais vu une fin comme ça à « je suis un dieu et toi un humain ».

- Je l'espérais et j'ai peut-être prié, confia Shun.

- Zeus t'a entendu mais…

- Ne t'inquiète pas pour Héra, elle n'est plus seule sur l'Olympe. Aphrodite et Arès vont prendre soin d'elle. J'en suis sûr, sinon on ira ensemble lui faire la morale. Shun doutait que cela se reproduise.

- Ça me va.

Shun sourit et embrassa son homme avant de lui faire l'amour encore et encore toute la nuit. Au lever du soleil il le laissa après un dernier baiser et un « à ce soir ».

Une vie comme ça pourquoi pas ? Il n'allait pas dire non, comment Zeus avait pu penser une seconde qu'il hésiterait. C'était juste qu'il ne voyait pas l'intérêt de Zeus à répondre à ses prières. Mais peut-être qu'au fond tout avait été orchestré par Zeus et peut-être Héra pour faire bouger les choses dans la vie d'Hadès. Des vacances méritées. Il demandera à Zeus et Héra si vraiment il avait levé la main sur sa femme. Au fond ils avaient l'air tous tordus dans cette famille et lui était sûrement le plus tordu à vouloir rester avec l'un d'eux. Il rigola en y repensant.