Bonjour à tous !
Je me suis rendue compte récemment que j'avais deux fanfics qui traînaient sur mon ordinateur, terminées et non postées… donc je me suis dit que ça intéresserait peut-être du monde.
Cette fic est totalement improbable mais je me suis bien amusée en l'écrivant. Je l'ai faite après la sortie du premier film des Animauxx Fantastiques, donc elle ne tient pas compte du second (que je n'ai d'ailleurs toujours pas vu). Il y a donc possiblement des incohérences !
Je vais essayer de poster une fois par semaine, suivant mes disponibilités d'emploi du temps (je la relis et corrige des fautes au passage, donc ce n'est pas juste un copier-coller…).
J'espère que vous apprécierez la lecture,
Khimaera
L'homme rouvrit difficilement les yeux. Son esprit était embrumé, sa tête encore lourde. Après quelques instants de réflexion, il se souvint de la bataille acharnée qui avait vu sa défaite. Il était un bon sorcier, excellent même, mais il n'avait pas su tenir tête à Grindelwald en personne.
"Bon réveil, monsieur Graves" salua une voix amusée.
Sa vision revint petit à petit. Il était dans une pièce sombre, magiquement restreint bien sûr. Son costume et son manteau étaient encore déchiquetés de la précédente bataille. Devant lui se tenait un homme aux cheveux pâles, hérissés, vêtu cependant avec distinction. Il ne lui fallut pas cinq secondes pour reconnaître Gellert Grindelwald en personne.
"Vous êtes un homme intéressant" commenta le mage en prenant une chaise, s'asseyant en face de lui. "Intelligent… puissant."
Ses doigts frôlèrent la marque qui longeait sa mâchoire, une belle entaille encore semi-ouverte.
"Il n'y en a pas beaucoup qui peuvent me blesser en combat singulier."
Graves resta silencieux. La situation était terriblement mal engagée. Il aurait préféré mourir que d'être capturé par un mage noir, à vrai dire. Sa propre baguette jaillit entre les doigts de Grindelwald et il la pointa sur lui.
"Impero."
L'Auror ne bougea pas. Son esprit tentait de se vider, d'obéir aux incitations de Grindelwald, mais il concentra toute sa volonté, fixant le mage dans les yeux jusqu'à ce qu'un rire ne lui réponde.
"Bien sûr. Il aurait été très décevant que le chef des Aurors du Macusa ne sache résister à l'Imperium. Ah…"
Il se redressa, emmenant avec lui la baguette noire d'une grande sobriété.
"Dites-moi, Percival – pensez-vous vraiment, vous qui connaissez chaque loi, chaque crime que peut commettre un sorcier – pensez-vous vraiment, donc, que ces lois soient faites pour protéger les sorciers ?"
Encore une fois, l'Auror resta silencieux. Il ne voulait donner aucun élément au mage, ni révéler la moindre faiblesse. Se concentrant, il renforça soigneusement ses barrières d'occlumencie. Son expression était parfaitement neutre et le resterait.
"Combien de jeunes sorciers avez-vous enterrés ?" demanda le mage noir en se redressant soudain. "Combien de sorcières avez-vous sauvées du bûcher ? Ce statut, Percival – ce statut du secret – il ne protège pas les sorciers. Il protège les moldus. Il n'y a pas de raison de les craindre aussi terriblement. Vous le savez. Un mouvement de baguette…"
Le bois noir tournoya entre ses doigts avec élégance. Graves ne réagit pas à la provocation.
"Vous le savez" murmura Grindelwald. "Vous me rejoindrez, Percival – tôt ou tard, parce que vous savez ce qu'est le pouvoir. Et ce pouvoir, les moldus ne l'ont pas et ne l'auront jamais. Vous refusez de voir leur faiblesse mais vous la verrez – oh, vous la verrez."
Il se détourna.
"Je suppose qu'en attendant, je devrai entrer moi-même au Macusa. Je vous remercie de votre identité, Percival. N'espérez pas de secours trop vite. Le directeur Graves est toujours fidèle à son poste et rien n'a changé."
Il s'était relevé et éloigna sa chaise, la reposant contre le mur avant de sortir. Le silence retomba sur la petite pièce. L'Auror restait pourtant toujours aussi silencieux. Certains des maléfices qu'il avait reçus n'avaient pas été soignés et le faisaient souffrir, mais c'était chose secondaire. Grindelwald l'avait capturé et pris son identité. Il y avait un traître dans le bureau de la seconde personne la plus importante du Macusa.
Restreint par magie aussi bien que physiquement, il n'avait aucun moyen de les prévenir. Grindelwald avait raison : tant qu'il était fidèle à son poste et n'agissait pas étrangement, personne ne le chercherait. Si ses plans n'étaient pas trop longs, le temps que quelqu'un ne soupçonne la supercherie, il serait déjà trop tard. Il était la deuxième personne la plus importante du Macusa après tout : il avait accès à presque tous les dossiers, toutes les ressources qu'il exigeait.
Il n'abandonnerait pas pour autant. Si Grindelwald ou l'un de ses fanatiques commettait une erreur, il l'attendrait au tournant. Et il n'était pas impossible que sa magie soit assez forte pour faire faiblir ses liens petit à petit. Se concentrant, ignorant la douleur de ses blessures, il commença à faire travailler sa magie.
Ses lèvres avaient eu le temps de se craqueler sous la soif et son estomac le faisait souffrir lorsque la porte se rouvrit finalement. Il estimait la chose à au moins trois jours, peut-être quatre. Ce n'était pas Grindelwald en personne qui vint, mais probablement l'un de ses sbires, un jeune homme parfaitement silencieux qui ne fit que lui permettre de boire et de manger. Non pas à satiété – juste assez pour le maintenir en vie. La faim et la soif allaient devenir des compagnes permanentes dans les temps à venir.
Comme il l'avait pressenti, les jours suivants furent totalement identiques. Il ne savait pas depuis combien de temps il avait été capturé, il ne savait pas si qui que ce soit s'était aperçu de son absence – probablement pas. Il ne savait pas quel jour ils étaient et l'indécision était une compagne aussi terrible que la faim et la soif qui le rongeaient. Son geôlier le nourrissait, lui faisant absorber des potions nutritives quand il refusait de manger, mais ne prononçait pas un mot, ne lui accordait pas un regard. Les sorts de restreinte posés sur lui ne diminuaient pas en intensité. Il pouvait à peine bouger un orteil.
Il ne sut pas combien de temps il resta là, immobile. Il était entraîné à résister à la torture, aux tentatives de possession, aux sérums de vérité, mais la solitude lui semblait sans fin. Il ne prêtait plus attention aux visites de son geôlier, restant juste concentré de son mieux, attendant la moindre faille. L'homme n'avait même pas de baguette lorsqu'il l'approchait, comme si Percival était capable de se libérer. Ils ne prenaient réellement aucun risque.
Lorsque la porte se rouvrit – peut-être était-ce la seizième, ou la dix-septième fois, il n'était pas certain – il était plongé dans un espèce de coma. Pourtant il perçut immédiatement la différence et se força à raviver son attention, sans le montrer, laissant sa tête basculée en avant, sur sa poitrine, comme s'il n'avait pas la force de la maintenir.
"Lève la tête, Graves" ordonna une voix dotée d'un fort accent allemand.
Il ne bougea pas. Il y avait quatre personnes dans la pièce, dont l'une était maintenue par les autres. Une main le saisit brutalement par les cheveux, relevant sa tête.
"Lève la tête !"
Son regard se posa malgré lui sur la silhouette immobilisée. C'était une femme, probablement dans la fin de la trentaine, aux courts cheveux roux ébouriffés. Instinctivement, il chercha à percevoir sa magie et sa gorge s'assécha. Elle n'en avait pas une goutte. C'était une pure no-maj. Que faisait-elle là ?
"Amusant, hé ?" demanda celui qui le tenait. "Moldue. On l'a chopée en train d'essayer d'espionner."
Il avait fini avec un reniflement méprisant. La femme ne bougeait pas et ne remua pas plus lorsqu'ils la mirent à genoux. Elle le regardait, à vrai dire, d'un air presque… pensif. Cela n'expliquait pas pour autant pourquoi ils l'avaient amenée ici, dans sa cellule.
"Tu vois, Graves ?" interrogea le premier. "C'est pour ce genre de gens que tu te fais capturer. Tellement inutile… tellement faible."
Il pressentit ce qui allait venir et se maudit d'avoir vu juste. Le sortilège la frappa de plein fouet, à bout portant. Pourtant elle ne hurla pas, ne se débattit pas. Tout juste ses yeux s'étaient-ils écarquillés légèrement. Pourtant, au fil des minutes, sous son regard impuissant, elle pâlit légèrement, de la sueur coulant sur son front et ses muscles se contractant. Il savait quelle douleur infligeaient ces sortilèges mais les liens ne se brisèrent pas. Celui qui tenait sa tête ne le laissait pas détourner le regard et c'était presque plus douloureux que de ressentir lui-même la douleur.
"C'est ça que tu protèges ?" murmura la voix à son oreille. "A la place de protéger ton peuple ?"
Cet homme était fou, Percival était certain de cela. Il n'allait certainement pas lui prouver la faiblesse des no-majs ainsi – la seule chose qu'il ressentait à ce moment était de la pitié. Il était fort possible que les no-majs aient cru à une organisation secrète ordinaire et aient envoyé une espionne, et elle se retrouvait torturée sans pouvoir lutter contre. Finalement ils se lassèrent à son manque de réaction et la relâchèrent. Elle s'effondra au sol, face contre terre, soufflant de douleur lorsqu'un coup de botte percuta ses côtes.
"Ça n'en est même pas amusant" fit le second, déçu, qui avait maintenu les sorts. "Stupéfix."
La no-maj se figea au sol et ils se redressèrent.
"Tu devrais y songer, Graves" fit celui qui le tenait toujours avant de subitement le lâcher. "Qui choisirais-tu ? Des moldus ou ton propre peuple ?"
Une seconde après, il s'éloignait.
"Lieutenant ?" demanda l'un des hommes. "On peut…"
"Laissez-la pour l'instant, elle tiendra compagnie à notre ami Percival."
"Juste un peu" demanda le second.
"Pas tout de suite."
Les deux autres baissèrent les yeux au ton sec et ressortirent. Le silence s'abattit sur la petite pièce, à peine perturbé par leurs deux respirations. Celle de la jeune femme était sifflante, parfois laborieuse, mais ce n'était pas surprenant.
"Si vous pouvez bouger un peu" murmura-t-il difficilement malgré la soif "le sort s'estompe sur le flanc gauche."
C'était chose vraie, même si peu connue. Il savait qu'ils étaient probablement écoutés et n'aurait pas dû montrer de compassion, mais cela allégerait un peu sa souffrance. Avec difficultés, autant par douleur qu'à cause du stupéfix, elle bascula sur le flanc gauche et sa respiration se fit bientôt plus dégagée. Un long moment ils restèrent silencieux et immobiles. Ses yeux étaient ouverts et il pouvait voir que le stupéfix se dissipait – très vite pour une no-maj. Elle avait véritablement un self-control impressionnant.
Ils restèrent très longtemps sans bouger ni parler davantage. Des bruits de pas se firent finalement entendre et la porte se rouvrit. Comme il l'avait craint, les deux hommes n'était pas satisfaits de la réponse de leur lieutenant. Ils refermèrent soigneusement la porte derrière eux, ricanant en s'approchant de la femme immobile. Avant qu'ils ne la touchent, il se passa néanmoins quelque chose d'incroyable.
En moins d'une seconde, elle s'était relevée d'un bond souple, appuyée sur ses mains. Son talon en percuta un en plein menton et elle se redressa ensuite d'un puissant mouvement d'abdominaux, attrapant le second par le cou. Un craquement sec retentit et il s'effondra au sol, la nuque brisée. La femme s'était déjà remise sur ses pieds et passa férocement son bras autour du cou du premier, l'étouffant sans hésiter une seconde.
"Dis-moi où est votre centre de décision" ordonna-t-elle d'une voix basse, à peine audible.
Son regard était froid comme la mort. Graves reconnut une combattante professionnelle et parfaitement formée. Le sorcier sortit sa baguette mais un coup de pied la fit voler, brisant son poignet au passage, et elle resserra encore sa prise. Il commençait à bleuir, cherchant désespérément de l'air.
"Parle."
"Au… au premier étage" haleta-t-il, et elle le relâcha à peine. "Bout du couloir, salle de droite… là que le patron… donne ses ordres…"
"Où est-il ? Ton patron ?"
"Pris la place… lui" gémit-il en désignant Graves. "Etats-Unis…"
"Tu es américain ?" demanda-t-elle vers lui, et Graves hocha sa tête en assentiment.
"Percival Graves" offrit-il. "Directeur de la police."
"Je vois."
D'un geste brutal, elle resserra sa prise et il s'effondra au sol, à ses pieds, mort. Elle se rapprocha ensuite de lui, brisant les liens matériels, mais il ne bougea pas.
"Sortilège" expliqua-t-il. "La magie…"
"Je suis briefée, merci bien" coupa-t-elle sèchement.
Il vit la lueur dans ses yeux. Cela la gênait visiblement de le laisser là mais elle avait une mission à accomplir.
"Brisez la chaise" demanda-t-il. "Je devrai pouvoir briser le sortilège s'il est mal accroché."
Ce n'était pas sûr du tout, mais la chose se tentait. Elle accepta de l'aider et brisa méthodiquement la chaise, le faisant s'effondrer au sol, ligoté. Pourtant le sort avait bien été perturbé par la disparition de son support et il ferma les yeux, se concentrant. Elle avait déjà rejoint la porte et la rouvrit silencieusement, glissant un œil à l'extérieur. C'était une pièce de l'autre côté, de nettement plus grandes dimensions, entièrement vide cependant. La porte du fond s'ouvrit et elle se retrancha, fermant le battant.
"Grieg, Wilhem ?" demanda une voix amusée en allemand. "Je sais que vous êtes là… incapables de résister à l'appel de la rousse, hé ?"
Il entra, suivi par trois autres, et l'espionne se recula doucement, se campant sur ses jambes légèrement fléchies, prête à bondir. Elle était juste à côté de la porte. Il se concentra davantage, se débattant sur le sort et le sentit se défaire un peu plus. La porte s'ouvrit sur un rire et la rousse bondit en avant.
Le coup tua net le premier. Elle avait déjà sauté à la gorge du suivant, au sens littéral, et le plat de sa main percuta son nez avec un craquement, déclenchant un flot de sang, alors que son autre main frappait le troisième au plexus. Définitivement une professionnelle et il vit la baguette.
"Derrière !" informa-t-il d'une voix forte, concentrant sa magie.
Les liens craquèrent. Il parvint à bouger sa main et tenta de saisir la baguette abandonnée au sol, dans la cellule, mais elle flamba dans sa main et il jura mentalement. Tellement faible qu'elle ne supportait même pas sa magie. La porte du fond se rouvrit et ses yeux s'écarquillèrent. La rousse tenait contre quatre mais elle ne supporterait pas un assaut de loin.
"Donnez-moi une baguette" grogna-t-il en se redressant sur ses jambes avec difficultés. "Donnez-moi une de leurs baguettes !"
La rousse jeta un œil en arrière, puis se décida. Son pied décrivit un arc de cercle parfait et le bout de bois vola dans les airs. Avec un dernier effort de volonté, il brisa ce qu'il restait du sortilège de ligotage et la baguette sauta aussitôt dans sa main, crépitante de magie. Lui laissant ceux devant, il attira d'un sortilège informulé le groupe suivant à l'intérieur de la pièce, puis referma la porte d'un mouvement de baguette avant de jeter un sort de silence. Il ne savait pas combien il y avait de gens dans le bâtiment, il ne prendrait pas le risque de rameuter tout le monde. Les trois derniers arrivés semblaient choqués de s'être faits entraîner ainsi mais il ne leur laissa pas le temps de réagir, envoyant sortilège sur sortilège avec une méthode et une précision acquises avec les années d'expérience.
Un par un, ils volèrent contre les murs, assommés ou morts, et il se tourna vers son alliée, la débarrassant d'un geste de baguette du quatrième. Il savait qu'elle l'aurait maîtrisé mais il s'agissait simplement de gagner du temps et elle le comprit d'ailleurs puisqu'elle se redressa, un couteau ensanglanté dans la main. Il jeta à peine un coup d'œil à celui égorgé avant de s'en détourner et se lança plusieurs sortilèges de diagnostique, puis de soins. Il aurait besoin de repas et de repos, mais n'était pas dans un état si déplorable.
"Je peux lever le sortilège de douleur sur vous ?" s'enquit-il à voix basse avant de lever sa baguette vers elle.
Elle était en train de fouiller méthodiquement les corps et leva les yeux vers lui, le sondant, avant d'acquiescer.
"Ce serait très aimable."
"Finite" répondit-il obligeamment en la ciblant, purgeant toutes les magies étrangères.
Ses mouvements se firent aussitôt plus souples et elle hocha sa tête.
"Merci."
"Merci à vous. Si nous sortons d'ici je pourrai contacter…"
"J'ai une mission" répondit-elle sèchement en glissant le couteau dans sa botte, et il comprit.
"Vous vous êtes laissée capturer ?"
"Meilleur moyen d'accéder au quartier général lorsqu'il est sous Fidelitas" répondit-elle laconiquement.
Un sentiment d'admiration l'envahit rapidement. Elle s'était laissée capturer pour accomplir sa mission et ils l'avaient amenée droit dans leur camp de base. Oh, eh bien… sortir seul serait difficile. A deux, moins, même s'ils s'attardaient un peu. Et tout renseignement qu'elle trouvait, il l'aurait également en sa possession. Sans hésiter, il se jeta un sortilège de silence.
"Allons-y."
Il voulut lui jeter le même, mais elle était déjà à la porte. Il ne l'avait ni vue ni entendue se déplacer et son pas était effectivement indiscernable alors qu'ils avançaient rapidement dans les couloirs. Ce fut sans encombre qu'ils parvinrent à la salle décrite et elle se pencha, observant ce qu'il se passait à l'intérieur par la serrure avant de lever quatre doigts, puis de désigner deux directions et d'indiquer d'un autre geste qu'ils étaient au fond de la salle. Il acquiesça, sa main sur la baguette, et jeta un sortilège de déverrouillage. La poignée tourna silencieusement.
D'un geste, elle repoussa la porte et bondit en avant. Il fit de même, la magie s'élevant en lui. Il avait beau être physiquement affaibli, son pouvoir était très mécontent d'avoir été bridé. Ce n'était pas un bon moment pour le provoquer en duel. Il y eut deux rafales et ses deux cibles s'effondrèrent au sol, mortes. La rousse, elle, avait fracassé le premier contre un bureau, brisant sa nuque, et le couteau avait brutalement jailli de sa botte pour le second, se plantant dans sa poitrine. Le silence retomba sur la salle et il referma soigneusement la porte.
Elle rejoignit la table centrale en deux enjambées, examinant son contenu. Il agita sa baguette, mémorisant magiquement tous les parchemins qui traînaient en marmonnant quelques formules, avant de partir à la recherche de caches supplémentaires. Il n'y en avait pas cependant – peu étonnant si l'on considérait que la maison en elle-même était déjà placée sous Fidelius.
"Comment une no-maj peut-elle connaître le Fidelius ?" s'enquit-il à voix basse.
"J'ai un bon entraîneur" répondit-elle sans lever les yeux, parcourant rapidement les papiers.
"C'est-à-dire ?"
"Mère Russie sait trouver qui l'intéresse."
Un accent russe était subitement apparu dans sa voix et ses yeux se plissèrent. La Russie venait de vivre une révolution, moins de dix ans auparavant. Le tsar était d'une famille magique et il n'aurait jamais pu être détrôné par des no-majs… jusqu'à ce que d'autres sorciers ne s'en mêlent vraiment. Le Soviet Sorcier n'était pas à prendre à la légère, bien au contraire, et la personne chargée de l'espionnage et du militaire était quasi-légendaire… Il n'était pas impossible qu'il ait recruté des moldus.
"Vous travaillez avec le général Hiver ?"
Elle s'immobilisa un instant et il regarda pensivement son dos. Cela était déjà plus ou moins une confirmation en soit. Le général était tellement secret que presque aucun no-maj ne devait connaître son existence. Ils avaient tous les deux le même grade dans leurs pays respectifs, à peu près, mais Hiver était bien plus porté sur le secret.
"Peut-être" répondit-elle finalement, et il le prit comme une confirmation. "J'en ai fini."
Cela devait faire dix minutes qu'ils étaient dans la pièce. Il chercha une cheminée du regard mais il n'y en avait pas. De plus, il se sentait faiblir – il fallait qu'il ne se mette à l'abri avant que sa magie, alimentée par sa colère, ne s'épuise. Au même moment, des cris d'alarme se mirent à retentir et ils se tournèrent vers la porte encore close. Il tenta de transplaner, sans succès, et ferma les yeux.
"Je peux nous évacuer si nous sortons du terrain" informa-t-il d'une voix rauque.
Un sourcil levé lui répondit mais la no-maj tendit la main, ramassant un objet sur le bureau avant de le remonter. Il reconnut un pistolet no-maj et se demanda ce qu'il faisait là, avant de comprendre qu'il devait être étudié pour savoir de quoi son peuple était capable. Elle semblait parfaitement savoir s'en servir cependant et le remonta soigneusement avant de le glisser à sa ceinture, chargé et prêt à l'emploi.
"Nous devons juste sortir du terrain ?" s'enquit-elle.
"Je l'espère, du moins."
"Bien. Il y a une forêt à moins de cinquante mètres de ce côté."
Son doigt avait pointé une direction perpendiculaire aux fenêtres et il acquiesça. Les bruits étaient de plus en plus nombreux et forts dans le bâtiment. Sans se concerter plus, ils se ruèrent vers les fenêtres et il les fit exploser avant qu'ils ne sautent en même temps, se réceptionnant souplement au sol un étage plus bas, puis de déguerpir. Rapidement les cris se firent entendre. Quelqu'un devait les avoir vus depuis une fenêtre et les portes s'ouvrirent à la volée alors que des sortilèges commençaient à pleuvoir. Il jeta quelques sorts derrière son épaule, se repérant au bruit sans prendre le risque de se retourner, et un cri d'agonie lui retentit. Les bois se rapprochaient : ils pourraient plus aisément y semer leurs poursuivants et les troncs leur fourniraient une couverture.
Le souffle commençait malgré tout à lui manquer. Sa magie s'affaiblissait rapidement, conséquence de sa malnutrition des jours passés, et son corps était définitivement déshydraté et affamé. Elle jeta un œil par-dessus sons épaule en le sentant ralentir et sortit son revolver, le pointant droit vers lui. Il sentit son cœur se serrer et la détonation retentit. Avec surprise, le coup le manqua… mais un bruit de corps chutant au sol retentit juste derrière lui.
"Cours" ordonna-t-elle en faisant à nouveau feu.
Ses mouvements s'étaient à nouveau emplis de cette grâce. Elle offrait une cible idéale, en terrain découvert, et pourtant tous les sortilèges la manquaient, glissant autour d'elle dans ses incessantes esquives. Il accéléra son pas de son mieux, profitant de la diversion qu'elle offrait, et jeta un œil en arrière lorsqu'il fut à la lisière. Le bon sens exigeait qu'il fuie maintenant et rejoigne le Macusa au plus vite.
La silhouette rousse qui bondissait à plus de deux mètres de haut le fit changer d'avis et il lança à nouveau un sortilège, abattant l'un des sorciers. Il tenta de lui dire de le rejoindre mais sa voix était trop rauque pour porter et il porta deux doigts à sa bouche, sifflant pour lui confirmer qu'il était à couvert. Avec souplesse, elle retomba au sol et déguerpit. Bien plus vite que lorsqu'elle courait à ses côtés, sautant en tous sens, esquivant les sortilèges, et il finit par lever sa baguette.
"Bombarda Maxima !" ordonna-t-il d'une voix sèche.
Le rayon jaillit, fila au-dessus de son épaule et frappa le sol. Il y eut un geyser de terre et de pierre, masquant entièrement la vue et projetant trois sorciers en arrière. A nouveau, il vacilla. Le sortilège avait peut-être été un peu ambitieux vu son état. La rousse était déjà à sa hauteur et prit son bras libre d'office, le passant autour de ses épaules avant de s'enfoncer dans les bois, le traînant en avant. Il n'eut pas la force de protester, se concentrant sur son prochain sort. Le transplanage d'escorte était une chose délicate.
Vers un lieu inconnu, sans connaître le point de départ, c'était du suicide. Cela leur offrait cependant plus de chances de survie que de rester là, où ils seraient retrouvés tôt ou tard par les fanatiques de Grindelwald. Il sentit l'atmosphère changer autour d'eux et ferma les yeux.
"Prenez ma main" demanda-t-il d'une voix rauque.
"Pardon ?"
"Prenez ma main" répéta-t-il. "Nous devons partir."
Elle hésita une seconde, puis prit sa main désarmée avec fermeté. Il s'arrêta, souffla un bon coup, puis soudain transplana cinquante kilomètres au sud, à plus d'un mètre de hauteur, priant Merlin pour ne pas se retrouver au-dessus d'une mer ou dans un rocher.
Ils réapparurent pourtant au-dessus du sol, au bord d'un champ, avec un énorme craquement sonore. Le reste de sa magie vacilla, puis s'éteignit et il tituba avant de tomber au sol, vomissant de la bile. Ne jamais user de magie lorsqu'on était épuisé. Ce n'étaient pas pour rien que les jeunes sorciers étaient interdits de classes et de sortilèges pendant des périodes qu'ils jugeaient bien trop longues. Il sentait déjà la fièvre monter et un frisson parcourut sa colonne vertébrale. Même s'il s'était échappé, il n'était qu'à cinquante kilomètres et beaucoup trop faible pour faire quoi que ce soit par lui-même. Il ne pourrait même pas contacter le Macusa pour les prévenir.
Il ne sentait plus la présence de la no-maj, son esprit cherchant à sombrer dans une transe régénératrice. S'il en avait eu la force, il aurait sursauté lorsqu'un bras fort le prit et le souleva. Elle passa à nouveau son bras autour de son épaule et commença à marcher sans qu'il ne se rende compte de la direction, la fièvre montant de plus en plus, et il finit par totalement sombrer.
