Prologue
Elle fixait l'étendue grise et bruyante qui s'étalait devant ses yeux, une tasse de café fumante dans les mains Hermione appréciait le ballet incessant des voitures parisiennes. Depuis quelques jours la ville était engloutie sous un lourd nuage de pollution, rendant l'atmosphère lourde et morose. Le feu passa au rouge, seule couleur vive dans ce paysage mort, les piétons traversèrent à toute allure l'avenue Gabriel Péri, jute avant que celui des voitures ne vire au vert. Une mascarade qui se répètera toute la journée et dont Hermione ne se lassera pas.
Lentement la jeune femme ferma les yeux, elle inspira l'arôme de caféine de sa tasse essayant de faire abstraction des spasmes de douleur. Rien à faire, son dos la meurtrissait à chaque mouvement. Alors, elle porta avec peine la tasse à ses lèvres enflées, elle but trois gorgés avant de reposer nonchalamment la tasse sur le plan de travail. Hermione resserra le peignoir en soie qui la drapait, elle n'avait pas spécialement chaud, mais sa douceur lui rappelait des souvenirs doux et chaleureux. Ses pieds la portèrent à l'autre bout de son studio parisien, pas très loin à vrai dire, dans son silence habituel elle saisit ses vêtements préparés la veille. Son peignoir glissa de ses épaules fines, révélant de longues traces horizontales rouges, à certains endroits des croûtes s'étaient formées et à d'autres des bleus violacés avaient remplacé les rougeurs. Elle avait mal, horriblement mal, mais pour rien au monde Elle aurait raté un jour de fac.
Avec des gestes précautionneux elle s'habilla, revêtant des habits qui couvraient la totalité de son corps. Hermione saisit son sac de cours, y fourra son téléphone dernier cri et quitta son studio. Elle était bien en avance ce matin, son insomnie l'avait bien bien aidée d'ailleurs, elle s'élança dans le froid parisien laissant ses bottines claquer contre le sol, aujourd'hui elle irait en cours à pied. Un peu d'exercice avant d'affronter la fac ne pourrait pas lui faire de mal. Alors, elle marcha le nez dans sa lourde écharpe, son sac butant contre sa cuisse et sa petite veste en cuire sur les épaules. Autour d'elle le monde bourdonnait, rugissait et se fracassait, sur le long boulevard qui menait à la Sorbonne les gens étaient pressés, ils poussaient et râlaient. Hermione se tassa sur elle-même, finalement les transports en commun ou la rue c'était la même chose, les gens étaient toujours pareilles.
Bientôt elle se retrouva face à la Sorbonne, cette université majestueuse qui l'accueillait depuis le mois de septembre. Pris d'un soudain aplomb Hemione redressa la tête, arborant un regard fier. Elle prit une longue inspiration et pénétra dans l'enceinte de l'établissement. Seulement quelques secondes après son entrée elle les sentait déjà, ces regards curieux, haineux et mesquins. Elle s'en fichait, la petite brune avançait coûte que coûte, au milieu de cette marée humaine vicieuse. C'était ça qu'Hermione cherchait chaque jour, cette force qu'elle puisait dans leurs jugements, celle de leur montrer à chacun qu'elle était toujours vivante. Alors, elle dessina son habituel sourire hautain, mur de façade et arpenta en bombant la poitrine le campus de la Sorbonne Clignancourt.
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Drago avait un horrible mal de tête, une sacrée gueule de bois qu'il peinait à faire passer avec des médicaments, déjà son troisième cachets et rien n'y faisait. La douleur persistait. Il ouvrit lamentablement les yeux, derrière ses longs cils blonds il discerna un rai de lumière du dehors, puis le bruit singulier des oiseaux. Quelle heure était-il ? Ça il n'en avait aucune idée.
Grognant de douleur il se tourna dans son lit, saisit maladroitement le smartphone entrain de charger, il pressa son pouce sur le bouton et la lumière vive de l'écran jaillit. Drago cligna plusieurs fois des yeux, essayant de distinguer l'heure malgré sa sévère myopie. 15 h 49. Et quelques messages de Blaise.
Le jeune Malfoy s'était finalement levé au alentour de 18 h, il avait précautionneusement éteint son téléphone, préférant jouer au mort. Quelques fois il aimait s'accorder des week-ends de trois jours, ayant trop abusé les autres soirs.
Drago bue une gorgée de café, soupirant de satisfaction face au goût âcre du café, son mal de tête passait lentement, trop lentement à son goût, mais il arrivait à marcher et se tenir debout, c'était déjà un grand exploit. Il finit par s'avachir sur l'un des tabourets du bar, renversant au passage du café sur le marbre.
- Merde, lâcha-t-il non sans oublier de nettoyer sa bêtise.
Drago renversa la tête en arrière essayant maladroitement de se rappeler ce week-end d'enfer. Des lumières vives, de la musique forte et de l'alcool. C'était tout, rien qu'un vague ramassis trompeur de flash-back. Encore un week-end où l'alcool avait coulé à flot dans ses veines et où sa mémoire en pâtissait. S'il continuait à cette allure, il était certain qu'il n'allait pas finir l'année. Drago ne s'occupait plus de ses cours de droit, il régressait à vu d'œil et sans Blaise il était totalement perdu. Il fallait absolument qu'il fasse quelque chose, ça en devenait vitale, Lucius Malefoy n'accepterait sous aucun prétexte que son fils unique rate sa licence de droit.
On sonna à l'interphone.
