Cette fiction a été écrite pour un concours sur une autre plateforme, "Et si ça avait été un Sorcier ?", qu'elle a par ailleurs remporté. Il s'agissait de choisir un personnage historique et d'en imaginer le quotidien s'il avait été un Sorcier. C'est donc pour cette raison que cette histoire est répertoriée en tant que fanfiction "Harry Potter", puisqu'elle en emprunte certains codes, mais elle a avant tout vocation à se pencher sur le personnage à la fois si célèbre et si méconnu de Jeanne d'Arc.
Je remercie tout particulièrement Bankotsu3625 (DA) pour sa magnifique illustration. Je me suis beaucoup attachée à restituer le contexte et l'environnement de la Guerre de cent ans. Allergiques aux récits historiques, aux descriptions de batailles, aux titres de noblesse, aux noms à particule, aux conflits inter et intra-royaumes, au foisonnement de personnages… fuyez ! (ou alors, restez, mais prenez votre courage à deux mains)
Les 8 chapitres qui composent mon histoire sont déjà écrits, et seront publiés à un rythme hebdomadaire, tous les jeudi (alors pensez à suivre la publication !). J'espère que ce vous plaira, ce premier chapitre est très court et dense mais il s'agit surtout d'un prologue qui vise à poser les bases historiques. Lisez au moins le second chapitre avant de vous faire un avis. Je vous souhaite une très bonne lecture !
Prologue
Jeanne la fille d'Arc
« La pitié qui était au royaume de France. » (Procès de Jeanne d'Arc, 7ème interrogatoire, 15 mars 1431)
Voilà qu'en 1413 la Guerre n'avait pas encore excédé un siècle, et que s'opposaient dans la sueur, la terre, et le sang la dynastie des Plantagenêt et celle des Valois. Les plus grandes batailles de l'Histoire se livrèrent à travers elles entre le royaume d'Angleterre et le royaume de France.
Voilà qu'en 1413 Henri IV, Roi d'Angleterre et seigneur d'Irlande, périt dans la nécrose sous les assauts répétés de la lèpre, et que son fils Henri V d'Angleterre sur le trône lui succéda.
Voilà qu'en 1413 celui que l'on appellerait un jour Charles VII, futur Roi de France, venait d'avoir dix ans. Dix printemps auparavant, dans le royaume de France, Charles VI le Fou avait mis en place un conseil de régence présidé par la reine Isabeau de Bavière, dont Louis Ier, Duc d'Orléans et de Valois, Comte d'Angoulême, de Blois, de Périgord et de Soissons, et très accessoirement cadet du Roi, fut rapidement accusé d'être l'amant par les Bourguignons, s'étant sentis lésés par la place prépondérante qu'il avait prise dans le conseil. Voilà que six ans plus tôt Louis d'Orléans fut sauvagement assassiné, haché menu à l'instigation de son cousin Jean Ier de Bourgogne — dont vous auriez sans doute quelques fois entendu parler sous le nom de Jean Sans Peur — semant pour près de trente ans les graines d'une guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons qui ravagea l'unité même Royaume. Voilà qu'en plus de la Guerre livrée aux Anglais le royaume de France se déchirait de toutes parts au gré des rivalités de pouvoirs. Voilà déjà que le Dauphin de Viennois était accusé de bâtardise, et qu'à dix ans seulement il s'était résigné à l'idée que seule une intervention divine pourrait un jour le légitimer sur le trône de France.
Voilà qu'en 1413 Jeanne d'Arc venait d'avoir un an, et que le soupçon de divin que l'on aurait pu lui trouver s'appelait sorcellerie. Celle-ci n'avait encore jamais quitté la masure dans laquelle elle était née, à même le versant de colline de Domrémy, dans le duché du Bar, en bord de Meuse, et face à l'église Saint-Rémy. Ne vous y trompez pas à la particule, car les d'Arc n'avaient pas ce sang bleu qui aurait fait d'eux des membres de la noblesse française. Toutefois, Jeanne restait fille de notable, et serait un jour de bonne éducation, y compris religieuse. Aussi coulait dans ses veines un sang sinon bleu au moins magique, et, même si Jacques d'Arc et Isabelle Rommée avaient à cœur de les dissimuler aux yeux du monde, ses pouvoirs s'étaient très tôt manifestés. Elle avait volé avant même de savoir marcher. Quarante lunes de cela, l'enfant s'était échappée telle une oie sauvage par-delà les coteaux, et elle en avait ri si fort que cela avait réveillé toute la ferme familiale. Comme elle l'avait fait avant elle pour ses aînés Jacquemin et Jean, et comme elle le ferait ensuite pour Pierre et Catherine qui ne tarderaient pas à venir, sa Sorcière de mère allait lui apprendre à canaliser ses souffles incivilisés de magie. Jeanne n'était pas la première fille de ses parents, mais elle était la première à arriver en âge de marcher, et cela importait d'autant plus aux époux de la protéger des turpitudes de l'existence, face à l'intolérance et la haine des Sans Pouvoirs. Car des pouvoirs, Jeanne en avait déjà plus que quiconque, et elle allait en conquérir davantage, bien davantage que tout ce que vous auriez pu vous imaginer.
Voilà qu'en 1413 le duché du Bar était placé sous la souveraineté du Saint-Empire mais aussi et surtout du royaume qui serait promis à Charles de France, car Jeanne un jour à corps et âme s'y dévouerait.
Plusieurs remarques pour les féru.e.s d'Histoire
*Charles ne devient Dauphin du Viennois qu'en 1417, après la mort de son aîné Jean de France, mais je voulais mettre l'emphase sur le fait que l'intrigue tournerait autour de son couronnement et de sa légitimité de Dauphin.
*Dans les faits, Jeanne portait le cognomen de sa mère et se serait plutôt fait appeler « Jeanne Rommée » comme il était d'usage (et surtout en 1413, à l'époque où elle n'était pas connue), mais j'ai choisi de passer sous silence cette subtilité comme on a pu le faire dans l'Histoire.
Notes de fin: Voilà pour le premier chapitre, qui sera le plus court, et qui avait surtout vocation à poser les premières bases historiques. J'espère qu'il vous aura plu.
Qu'est-ce que ça pourrait changer (ou non), selon vous, que Jeanne soit une Sorcière ?
Ne fuyez pas, car dans le prochain chapitre nous entrons enfin au cœur du récit avec : Jeanne l'Illuminée...
