«Bonjour Chloé Bourgeois. Je t'ai entendu. Tu voulais me parler?» susurra une voix dans sa tête.
La riche héritière en question cessa de mettre le chaos dans sa chambre, sous prétexte que rien ne marchait jamais comme elle l'avait décidé. Elle tourna la tête vers le grand miroir qui occupait tout un mur de sa chambre et s'avança vers lui. Un symbole de papillon pourpre couvrait son visage. Elle connaissait cette voix qui s'adressait directement à elle. Elle savait qui il était mais elle n'en avait pas peur.
«Quand même, vous en avez mis du temps! Ça fait des jours que je vous appelle! Je voudrais vous proposer quelque chose qui vous intéressera au plus haut point : le miraculous du chat noir.»
Deux semaines plus tôt
Marinette posa sa main sur la poignée de la porte de la classe. La cloche avait sonnée depuis une minute à peine mais elle était donc en retard. Ce n'était pas nouveau cependant et aujourd'hui, une autre préoccupation l'obsédait encore plus que le mécontentement de la professeure : Adrien. ChatNoir.
Elle savait. Il savait qu'elle savait.
Elle tourna la poignée et entra. Il ne tourna pas la tête vers elle, mais un grand sourire naquit sur son visage aux traits tirés et vraiment épuisés : il savait que sa princesse était là.
Il garda obstinément le regard tourné vers le tableau pendant qu'elle passait devant lui. Même si elle savait que c'était plus prudent, elle fut déçue de ne pas partager de regard complice avec son partenaire. Il était non seulement Adrien, son amour mais, aussi ChatNoir son meilleur ami.
Et cette réalisation était merveilleuse, la plus belle chose du monde. Elle avait l'impression qu'elle et lui étaient les deux moitiés d'un tout. Qu'ils s'appartenaient l'un à l'autre.
Elle aurait voulu lui dire. Elle était certaine d'avoir trouvé son âme sœur et pour sa plus grande peine, elle ne pouvait pas célébrer ce bonheur avec lui et elle avait peur que de garder ce secret ne lui coûte ce lien si précieux. Elle avait peur qu'il lui en veuille de ne pas avoir dévoilé son propre secret avec lui. De profiter égoïstement du bonheur dans lequel elle baignait sans le partager avec lui.
Peut-être avait-elle un peu aussi espéré atteindre le cœur d'Adrien à travers l'amour que ChatNoir avait pour elle?
Triste ou non, elle ne put qu'attendre et laisser se dérouler le cours de littérature.
La veille avait été une grosse journée. Ils avaient affronté une attaque akuma normale peu avant le repas du soir.
Ce que Ladybug n'avait pas vu c'était l'effet papillon qui fonçait sur elle. Une petite chose en avait entraîné une plus grande et pendant qu'elle purifiait l'akuma, c'était finalement un véritable problème qui l'aurait atteinte sans la protection de ChatNoir.
Celui-ci avait une fois de plus prit le coup pour elle. Son dos avait salement été écorché par une branche d'arbre cassée. Le coup avait traversé la combinaison à la seconde qui avait suivit le moment où les coccinelles terminaient de balayer les derniers dégâts.
Mais l'akuma était attrapé, purifié et repartit. Sans lui montré son dos, ChatNoir assura Ladybug qu'il allait bien et la salua. Ladybug avait filé, profitant de ses dernières minutes pour couvrir le maximum de chemin du retour vers son quartier et s'éloigner de l'attaque.
Le retour à la maison avait été étrange pour Adrien. Son corps ne fonctionnait pas normalement. Il avait quelque chose de coincé et certains mouvements étaient simplement trop douloureux alors que lorsqu'il était immobile, la douleur était tolérable mais présente.
Il n'arrivait pas courir ni à se pencher. Il pouvait seulement marcher, s'élever verticalement sur son bâton et se laisser tomber. Heureusement, quand il s'agissait d'atterrir avec son bâton, il retombait vraiment sur ses pattes, tout comme un chat. Il pouvait au moins compter sur cela.
Mais ses atterrissages avaient zéro en précision. Alors, pas question de passer par sa fenêtre. Il dû opter pour la porte avant du manoir.
Heureusement, le costume parti, ses vêtements étaient intacts. Sa blessure était donc bien camouflée. Il devait seulement se dépêcher de regagner sa chambre avant que le sang passe au travers du tissu de sa chemise.
Il croisa bien Nathalie qui lui demanda d'où il arrivait. Il répondit qu'il était simplement descendu dans la cour sans même s'arrêter pour lui répondre. Il poursuivit son chemin calmement, étouffant chacune des sensations de déchirures dans son dos.
Au moins, profitait-il encore du choc et de l'engourdissement pour être capable d'avancer.
Mais arrivé dans sa chambre, il montra la blessure à Plagg et celui-ci décréta qu'ils avaient absolument besoin d'aide. En aucun cas, Adrien ne pourrait arriver à soigner toutes ces plaies seul, même si Plagg l'aidait.
Adrien ne pouvait absolument pas demander de l'aide à son père. Il aurait bien voulu partager sa vie secrète de super-héros avec lui. Une partie de lui était encore un enfant qui avait besoin de ses parents. Mais c'était le fardeau de la vie d'Adrien. Il ne pouvait pas compter sur son père même s'il sentait que l'homme d'affaire bourru l'aimait vraiment sans le dire. Adrien savait qu'en aucune façon, il ne pouvait dévoiler que le danger était présent dans sa vie.
Parce qu'alors, il n'aurait simplement plus de vie.
Même sans dévoiler ses exploits et sa vie héroïque, si Adrien allait simplement voir son père pour lui dire qu'il avait été frappé par une branche d'arbre brisée comme n'importe quel citoyen aurait pu l'être, Adrien se retrouverait confiné à l'intérieur du manoir encore plus qu'il ne l'était déjà.
Et c'est comme cela qu'il atterrit sur le balcon de Marinette, juste après le coucher du soleil.
Ce n'était pas la première fois qu'il se présentait sur le balcon de sa camarade mais en général, il ne restait pas assez longtemps pour descendre à la chambre. Ils ne faisaient que discuter un peu, échanger des nouvelles sur leurs vies respectives et se confier l'un à l'autre les sentiments et les secrets qu'ils ne pouvaient partager à personne d'autre.
Le pire problème, celui qui préoccupait vraiment ChatNoir au point de le faire baver de douleur, c'était que la combinaison s'était recréée intacte par-dessus la blessure lorsqu'il était redevenu ChatNoir pour ressortir de chez lui.
Après de vagues salutations et s'être assuré qu'elle était seule, il laissa tomber l'uniforme avec empressement. Il retira bien vite son chandail devant son amie rougissante sans trop faire de manière et s'étendit immédiatement sur le plancher, gardant son visage caché dans ses bras, exposant sa blessure et camouflant du même coup quelques gémissements.
«Chat… c'est… c'est… pourquoi n'as-tu rien dit à Ladybug?» éclata-t-elle en sanglot. Elle cacha sa propre peur panique dans ses paumes en se couvrant le visage pour ne pas voir son dos en charpie. Assise sur ses talons près de lui, elle s'en voulait. Elle s'en voulait tellement de ne pas avoir regardé pour vrai. De s'être fier seulement à sa parole. Elle aurait dû prendre le temps de s'assurer qu'il allait vraiment bien.
Elle s'était dit que cette branche n'était pas assez grosse, ce n'était pas quelque chose qui aurait dû blesser ChatNoir. Mais toutes les éclisses enfoncées dans sa chair prouvaient qu'elle avait eu tort.
La main du garçon chercha la sienne à l'aveuglette sur son visage. «S'il-te-plaît, princesse, j'ai besoin de toi. J'ai besoin que tu te reprennes. Je n'ai personne d'autre vers qui me tourner.»
Marinette regarda la main de ChatNoir et un détail la dérangea. Elle fut attirée par la bague d'argent. Pourquoi était-elle surprise qu'il ait une bague ou cette bague?
«Ok.» se reprit-elle, en oubliant ce détail insignifiant. «Il y a des éclats de bois de toutes les tailles à toutes les profondeurs.» autant se concentrée sur les aspects plus terre à terre. «Et tu as aussi une grande coupure ouverte aussi large qu'une bouche. Des tas de plus petites coupures et toute la surface de la peau est couverte d'éraflures.»
«Ça va prendre des points j'imagine. Tu crois que tu pourrais les faire?» Il ne pouvait pas se présenter aux urgences d'un vrai hôpital, ils appelleraient tout de suite son père et si le personnel médical ne le faisait pas, d'autres patients pouvaient sans problème prévenir les médias.
«Si tu me fais confiance, j'ai quelque chose de mieux, de la colle chirurgicale. Mais ce n'est pas très… hum» Avec une paire de pince tirée d'une trousse de premier soin, elle avait déjà commencé à retirer les échardes les plus superficielles. Elle s'arrêta pour aller chercher une serviette et un bol rempli d'eau pour éponger le sang dès qu'elle le pouvait.
«Ce qu'il y a» ce reprit-elle «c'est qu'ici, il n'y a que les médecins qui sont supposés l'utiliser. Mais un cousin m'en a acheté en Chine, dans une clinique et me l'a fait parvenir. Je l'ai un peu utilisé sur moi-même déjà. Si tu peux rester calme quelques jours, ça laissera encore moins de cicatrice que des points.»
«Ce serait mieux pour mon identité secrète.» commenta ChatNoir en pensant à sa carrière de mannequin sans la mentionner. Son père ne lui avait encore jamais fait faire de séances photo sans qu'il ne soit complètement habillé mais peut-être qu'un jour, il le lui demanderait.
«Le hic c'est que si tu bouges trop, ce sera douloureux, remarque qu'avec des points aussi. Mais avec la colle…» Elle arrêta ce qu'elle disait et s'appuya sur son éviter pour soupirer, toujours sans le regarder. «Le problème, c'est qu'il n'y a pas de solution miracle, tes blessures vont se voir d'une façon ou d'une autre. Tu vas devoir mettre beaucoup de crème réparatrice pour camoufler les cicatrices.»
Elle changea de gants et termina de rincer un morceau de gaze avec de l'eau stérile au-dessus du lavabo avant de revenir vers lui. «Il n'y a véritablement que le miraculous de Ladybug qui aurait pu faire quelque chose…» déplora-t-elle en serrant les dents.
À nouveau, il déplaça la main pour la poser sur elle, cette fois, il trouva son genou posé au sol en premier.
«Ce qui est fait, est fait. Je ne te demande pas un miracle. Juste que tu m'aides de ton mieux. Arrête de t'en vouloir, d'accord? Personne ne pourra faire plus pour moi que ce que tu pourras faire. D'abord, parce que je ne peux faire confiance qu'à une seule autre personne et ensuite parce que de toutes les personnes que je connais, c'est toi qui as les mains les plus habiles.»
Forte de la confiance qu'il plaçait en elle, elle nettoya à fond la grande blessure puis la referma avec la colle. Somme toute, les blessures auraient pu être bien pires. La magie de l'uniforme avait bien fait son travail et l'avait protégé.
Une heure plus tard, Adrien était exténué. Il avait tout donné pour venir se faire soigner et réussir à ne pas alerter les parents de Marinette par ses plaintes de douleur aussi légères les mains de Marinette furent-elles pendant qu'elle le soignait.
Il s'évanouie d'épuisement en succombant au sommeil et elle le laissa se reposer sur le sol. Elle descendit lui préparer un repas léger pour lui redonner des forces et remonta le plateau.
Elle n'avait juste pas pensé qu'il se retournerait et se déplacerait autant pendant qu'il était évanouie!
Elle avait beau ne pas vouloir regarder, en soulevant la trappe, elle était arrivée nez à nez avec le visage d'Adrien toujours évanoui.
Elle retint de justesse le cri de stupeur qui lui montait à la gorge. Prenant sur elle, elle termina de monter l'escalier et le contourna. Avec des mains tremblantes, elle déposa le plateau sur le bureau et prit le temps de respirer profondément.
Adrien.
ChatNoir était Adrien.
Et par sa faute, il était blessé.
Une nouvelle et immense vague de culpabilité l'envahie. Mais celle-ci fut suivie par une autre. Et une autre suivit encore pour toutes les fois où elle l'avait repoussé ou celles où elle s'était enfuie stupidement plutôt que de lui déclarer son amour. Pourquoi n'avait-elle pas été plus courageuse? Pourquoi n'avait-elle pas été plus vigilante plus tôt?
Une telle blessure était une souffrance pour n'importe qui, mais dans la vie d'Adrien Agreste, elle devenait en plus un problème.
Elle décida qu'elle ne pouvait plus se permettre de faire d'erreur. Jamais. Elle devait être forte et infaillible autant dans la vie de Marinette que comme elle l'était déjà dans la vie de Ladybug.
Prenant une dernière grande respiration, elle décida qu'il valait mieux qu'elle termine de le soigner au plus vite avant que la douleur ne s'installe.
Il se réveilla en sentant ses mains revenir sur sa peau lorsqu'elle recommença à nettoyer encore quelques écorchures simples mais elle se mit alors à bafouiller lorsqu'il lui demanda s'il y en avait encore pour longtemps.
«Tu as vu mon visage, n'est-ce pas?» demanda-t-il tout à coup lorsqu'elle lui eut expliqué ce qui restait à faire.
«Oui.» soupira-t-elle. «Tu t'es plus déplacé que je l'aurais cru pendant que j'étais en bas. Tu m'as- tu m'as surprise. J'aurais peut-être dû fermer les yeux pour monter l'escalier. Ou te trouver quelque chose pour te masquer. Tout est encore de ma faute.»
«Arrête de t'en vouloir.» réclama-t-il une nouvelle fois avec tout le sérieux de sa personnalité de super-héros. «Personne ne devrait être obligé d'être parfait. J'en sais quelque chose. Seules les machines ne font pas d'erreurs, mais les machines n'ont pas de sentiments, ni de compassion, ni de cœurs.»
«D'accord. Adrien. Je vais simplement faire de mon mieux dans ce cas.» s'adoucit-elle.
«Merci. Tu ne peux pas savoir combien je te suis reconnaissant pour tout ce que tu fais pour moi.» soupira-t-il. «Tu as toujours été une personne très précieuse pour moi.»
Ils retombèrent un instant dans le silence mais Adrien demanda tout à coup : «Puisqu'on a l'occasion de vraiment se parler seul à seule pour une fois, je voudrais te poser une question qui m'intrigue depuis longtemps. J'aimerais savoir, s'il-te-plait, pourquoi ton comportement est différent avec moi de celui que tu as avec d'autres personnes? Avec ChatNoir aussi tu peux parler vraiment. Tu ne rougis pas et tu ne t'enfuis pas. Tu ne bafouille pas non plus. Est-ce qu'il n'y a qu'avec moi que tu agis comme ça?»
«Ouiiishhh. Euh j'imagine que tu en devineras la raison dès que, dès que, que tu relèveras la tête et que tu verras les murs de ma chambre. De toute façon, je ne vois plus véritablement de raison de te le cacher, pas que j'ai essayé avant mais, enfin, bon. Alors, hum, et bien, j'ai euh, enfin, un béguin pour toi, hum, et on peut-peut-être, peut-être même que c'est plus qu'un béguin.»
Durant tout son discours, elle n'avait plus retiré d'éclat de bois. Elle se reprit pour terminer en silence ceux qu'elle avait prévu de faire et recouvrit les plaies d'une nouvelle couche de pommade antiseptique et de bandage.
Lui non plus, n'avait rien dit durant tout ce temps. Il était occupé à se traiter d'idiot. Pour avoir posé la question, pour avoir eu besoin de la poser pour comprendre, parce qu'ils étaient dans une bien délicate situation, maintenant.
Il restait encore deux gros morceaux de bois mais elle savait qu'ils auraient tous deux besoins de plus d'énergie pour qu'elle les lui retire. Ils étaient coincés trop profondément.
En supportant son poids sur elle, elle l'aida à s'asseoir sur le divan dans le but de l'aider à manger un peu même s'il était toujours préférable qu'il garde la poitrine en appui. Mais plutôt que de la laisser glisser pour qu'il s'appuie sur le dossier, il se pencha davantage sur elle pour la serrer dans ses bras et même l'étreindre.
«Merci encore de faire tout ça pour moi. Je suis désolé que tu sois en danger par ma faute, maintenant que tu connais mon identité. J'aurais voulu pouvoir t'éviter cela.»
Elle lui retourna l'étreinte et répondit à son oreille.
«Je n'ai pas peur tu sais, du danger. J'ai peut-être l'air fragile mais je ne le suis pas. Je sais me cacher, je sais me défendre. J'ai rencontré ma part d'akumatisés. Évidemment, c'est plus simple avec un grand protecteur comme toi.» blagua-t-elle. «Ne va surtout pas croire que tu m'es redevable pour ce que je fais aujourd'hui. Je suis heureuse de pouvoir être celle qui t'aide pour une fois. Il y a longtemps que je cherchais le moyen de faire quelque chose pour toi.» confia-t-elle. «Tu m'as sauvé si souvent. En tant que ChatNoir, mais aussi à l'école. Alors, moi aussi je veux te remercier. Et je suis si heureuse que tu me fasses confiance.»
«Marinette» fit-il sérieusement désolé. Resserrant légèrement l'étreinte mais très délicatement pour ne pas se blesser de nouveau. «Je, je ne peux pas te retourner tes sentiments amoureux, tu le sais, n'est-ce pas? Et tu sais pourquoi? Je veux vraiment que tu me comprennes. Si- si- si les choses étaient différentes, si je n'étais pas ChatNoir, que je n'avais jamais rencontré Ladybug…» s'ému-t-il. Il aurait tellement voulu qu'il y ait une solution toute prête et facile.
Elle lui retourna son câlin avant de répondre : «Ne parles pas comme ça. Je suis heureuse que tu sois ChatNoir. Je suis contente de vous connaître tous les deux. Il est un bon ami pour moi et toi aussi, tu es important dans ma vie. Tes deux moitiés occupent une grande part dans mon cœur. J'aimerais que tu viennes me voir plus souvent. J'aime bien lorsqu'on est juste toi et moi en toute amitié. Je suis heureuse de passer du temps seule avec toi et tes blagues. Et je suis heureuse que tu ais rencontré Ladybug si cela te rends heureux de l'aimer.»
«Merci. Je veux simplement que tu saches que tu es la seule fille que j'ai jamais regardé à part elle!» Il rigola un peu à cause de la folie de toute cette histoire mais arrêta bien vite à cause de la douleur.
«Alors, soyez heureux toi et elle et je serai heureuse aussi.»
«Tu veux bien me laisser continuer d'être ChatNoir pour toi? J'aime bien que tu sois ma princesse. Tu ne prends pas Adrien dans tes bras.»
«Désolée de te contredire mais, c'est pas mal ce que je fais présentement.»
Avec un soupir, il avait oublié la douleur pour se concentrer sur le bien-être qu'il ressentait à être contre elle.
Un peu plus tard, elle avait terminé de soigner le dos d'Adrien après l'avoir aidé à prendre de la soupe puis, l'avait de nouveau laissé souffler dans ses bras avant de le laissé rentrer chez lui pour qu'il prenne un peu de repos.
Elle-même était trop épuisée et trop bouleversée pour que son sommeil n'ait vraiment été réparateur cette nuit-là.
À la première pause de l'avant-midi le lendemain, une légère pluie tombait dans la cour intérieure. D'un accord tacite, ils prirent ce prétexte pour rester en classe.
«Comment tu vas aujourd'hui?» s'enquit Marinette timidement en prenant la place de Nino.
Adrien était arrivé très tôt à l'école et s'était installé à sa place pour éviter que son meilleur ami ne le salut d'une claque sur l'épaule ou que Chloé le serre dans ses bras.
«J'ai mal. Et il vaut mieux que les gens ne me voient pas marcher. Ce serait trop facile pour eux de deviner que je suis blessé.»
«Tu crois que tu peux trouver un prétexte pour rester assis ce midi? Je pourrais revenir avec un pique-nique et les onguents et vérifier ta blessure.»
«Oh oui! S'il-te-plaît! Je suis mal placé pour dire non à une joli fille qui offre de me chouchouter!» plaisanta-t-il à moitié.
Le rouge envahie les joues de Marinette. «Je ne suis pas une jolie fille. Je ne porte pas de vêtements de haute couture, je ne me maquille pas et je ne consacre pas beaucoup de temps à soigner mon apparence. Je suis très banale. Tu, tu, tu l'as souvent dis toi-même ''Je suis juste une amie.''»
«D'abord, ton amitié est infiniment précieuse pour moi. Indépendamment de tout ce qu'il y a ou qu'il n'y a pas d'autre entre nous. Je pourrais facilement dire que si je n'avais pas ton amitié dans aucune des facettes de ma vie, je serais une personne malheureuse. Ensuite, tu es une jolie fille. Personnellement, je trouve que la rougeur de tes joues te vas mieux que tous ce que les meilleurs maquilleurs pourraient réussir et crois-moi, j'en connais des bons! Et de mon point de vue de mannequin, je trouve que les vêtements que tu te confectionne valent autant que ceux des grandes marques. Ils sont aussi bien dessinés et aussi bien réalisés. Tu n'as rien à envier à Chloé ou une autre. Ces filles-là ne t'arrivent pas à la cheville.» Adrien avait commencé à grimacer sous la douleur dans son dos.
Marinette l'attira contre elle en plaçant le menton du garçon sur son épaule pour qu'il y prenne appui. Elle caressa la peau surchauffée dans le contour des blessures du bout des doigts pour calmer les élancements. Elle se déplaça doucement et apprenait l'espacement entre les plaies.
Adrien relaxa ses muscles et se détendit complètement contre elle en se laissant aller en soupirant.
Malheureusement, les élèves, Chloé et Sabrina, les premières, revinrent dans la classe et Adrien ne bougea pas assez vite pour éviter qu'ils ne soient surpris dans cette position.
«Maritrash! Qu'est-ce que tu fais à Adrien?»
Pour qu'Adrien n'ait pas à expliquer son état, Marinette laissa tomber un faux sanglot étouffé et frotta très fort ses yeux avec le talon de ses mains. Sa gêne acheva de colorer ses joues. «C'est juste que, hier…» commença-t-elle à expliquer en hoquetant «J'ai vu un chaton se faire blesser et ça m'a bouleversé. Je me suis mise à pleurer et Adrien à voulu me consoler.»
«Et c'était avant ou après que tu te sois assise à la place de Nino?» demanda encore la blonde.
En effet, tous les élèves étaient revenus dans la classe et Nino attendait qu'elle se lève pour reprendre sa place. Mais elle ne pu répondre, la professeure de langue seconde les pressa de s'installer pour le cours.
Marinette fit des pieds et des mains pour accomplir tous ses objectifs de ce midi-là. À la cloche, elle fila à la boulangerie prit des sandwichs pour elle et Adrien et des desserts pour eux-mêmes, Alya et Nino. C'était son prétexte pour se détour. Elle prit aussi les onguents pour le dos du blessé.
Elle apporta son sandwich à Adrien, retourna faire acte de présence auprès de leurs amis pour qu'ils ne le cherchent pas. Les envoya se balader dehors et fila dans la classe où elle soigna nerveusement le dos d'Adrien en gardant une oreille sur la porte.
L'état de certaines blessures l'inquiétait. Elle avait pris le temps de tout désinfecter mais quelques écorchures s'étaient tout de même infectées.
Il aurait besoin de crème plus puissante.
Il eut encore une fois besoin de son aide à la quatrième période lorsqu'on leur donna du temps pour poursuivre un travail d'équipe. Nino se retourna sur son banc comme à l'habitude mais ce geste tira des larmes à Adrien qui les chassa en clignant furieusement des paupières.
Prétextant le désagrément des hauteurs différentes de pupitre pour lire les feuilles des autres, Marinette demanda à Alya la permission de déplacer leur banc en face de la table des garçons. C'était un banc lourd et plutôt massif mais Marinette le souleva aisément très haut pour qu'Adrien n'ait pas à se pencher.
«Calme-toi, Marinette! Tu vas te froisser un muscle à soulever de telles charges.» lui fit remarquer Nino.
«Mais non, ce n'est pas si lourd.» banalisa-t-elle.
Encore une fois, Adrien fut reconnaissant à Marinette et il l'appela Princesse plusieurs fois devant Alya et Nino et elle en fut toute gênée, ce qui ne fit que redoubler son désir de la taquiner.
Au milieu de la nuit, le téléphone de Marinette sonna.
«Bonsoir, c'est Adrien. Je ne vais pas bien. Ma blessure me fait très mal et mon kwami m'a poussé à t'appeler…»
«Ne t'en fait pas. Tu as bien fait de m'appeler, je m'occupe de ça.» Et elle raccrocha.
Elle réveilla Tikki, se transforma en Ladybug sans trop ruminer ce qu'elle faisait. Puis, elle attrapa le tube d'antiseptique qu'elle était allée chercher à la pharmacie après les cours et fila par les toits.
Une surprise extrême remplit le visage d'Adrien en voyant sa Lady entrer par sa fenêtre.
«Toi-toi-toi! Tu es ici, chez moi, dans ma ch-ch…bre.» bafouilla Adrien, nerveux.
«Marinette m'a demandé de venir te voir et de m'occuper de toi.» répondit-elle calmement.
«Mais, tu, tu sais qui je-, que je suis-» bafouilla-t-il encore.
«Oui, je sais.» fit-elle doucement en allumant une lampe de bureau. Elle lui fit signe de s'allonger et s'occupa de la blessure comme le pharmacien lui avait conseillé.
«Ce n'était pas nécessaire d'aller à de tels extrêmes. J'ai trop mal pour dormir mais j'imagine que c'est normal. J'aurais bien finit par m'endormir de toute façon. C'est ce qui est arrivé hier. C'est Plagg qui a insisté pour que je demande de l'aide. Tu n'aurais pas du te déranger pour moi.»
«As-tu réalisé, une seule seconde que cette blessure, tu l'as prise à ma place, chaton?» Effectivement, Adrien n'y avait même pas songé. «Je te suis grandement redevable et je te dois bien plus qu'une visite de nuit.»
Elle termina de placer des pansements frais sur son dos et lui demanda s'il avait de la glace. Un petit kwami noir lui indiqua un petit réfrigérateur remplit de fromage et avec des sacs de glace médicales dans la partie congélation.
Elle plaça la glace sur son dos et se coucha sur l'oreiller d'à côté pour pouvoir le regarder en face.
«Je te dois aussi des excuses. Je me sens vraiment ridicule. Il faut que je t'avoue quelque chose. Simplement, ne soit pas trop en colère contre moi. Je sais que tout est ma faute et que tu aurais le droit de te fâcher mais j'ai peur que tu te blesses si tu te mets en colère. La raison pour laquelle je t'ai repoussé si souvent, c'est parce que je suis amoureuse.»
«Ouais, tu me l'a dit.» fit-il amère.
«Mais ce que je n'ai pas pu te dire à l'époque.» reprit-elle en soupirant «C'est que c'est de toi que je suis amoureuse. Je ne supporte pas les sentiments que j'éprouve pour ChatNoir parce que j'ai toujours considéré que ces émotions devraient être réservées pour Adrien.»
Il tendit la main et déposa sa paume sur sa joue. Il la caressa avec le côté du pouce. Elle ferma les yeux de bonheur et attrapa son poignet pour glisser son visage dans sa paume.
«Tu m'avais dit que tu ne pouvais pas me dire le nom de ton béguin parce que ce serait trop dangereux pour ton identité. Mais je ne vois pas pourquoi ton admiration pour moi mettrait ton identité en danger. Tu es certaine que tu n'avais pas plutôt peur que je fasse une crise de jalousie?»
«Non, je faisais tout de même assez confiance à ChatNoir pour savoir qu'il ne s'attaquerait pas à Adrien, tout de même.» répondit-elle en roulant des yeux. «La véritable raison de mon silence, c'est mon identité. Mais vu que c'est toi-même, je trouvais injuste de ne pas te le dire.»
Il retomba dans le silence et finit par dire «Tu pourrais me laisser seul, s'il-te-plaît?»
«Tu es fâché?» s'inquiéta-t-elle.
«Aucune idée. Mais je n'arrive pas à penser quand tu es près de moi comme ça.» s'excusa-t-il.
Elle se releva, lava la glace dans la salle de bain, la rangea et vint le saluer. «Tu te ménageras aux cour des prochains combats d'accord? Même si tu m'en veux. S'il-te-plaît, passe par-dessus ta colère pour faire ça pour moi. Je m'inquiète pour mon chaton quand il ne va pas bien.»
Et avec un clin d'œil, elle ferma la lampe de bureau et sortie par la fenêtre. Adrien essayait de se concentrer sur le fait que Ladybug l'aimait. Que ses sentiments étaient réciproques. Mais, il avait beau faire, cette nuit-là, il rêva de Marinette.
Le lendemain matin, une jeune fille aux yeux lourds de sommeil s'extirpa très tôt de son lit. Elle arriva la première dans la cours d'école et fit son possible pour rester éveillée. Comme de fait, Adrien arriva aussi très tôt. Elle le laissa s'appuyer sur son épaule pour aller jusqu'à la classe et comme ils étaient les premiers, elle en profita pour remplacer les pansements collants qui avaient capturé le mucus depuis la veille. Elle alla jeter le tout dans la salle de toilettes pour éloigner les soupçons. Et lorsqu'elle revint, elle n'eut pas le temps de passer la porte qu'elle entendit Alya annoncer une alerte akuma.
Marinette aida Adrien à trouver un endroit pour se transformer puis disparue pour revenir le chercher en tant que Ladybug.
Mais durant tout le combat, il ne fit que rester caché sur un toit pour observer. Se tenant prêt à intervenir si sa Lady était en danger.
Lorsqu'elle eu besoin de son cataclysme, elle vint se placer près de lui pour qu'il s'agrippe à elle et l'amena à l'endroit stratégique qu'elle avait déterminé. Ils combattirent pratiquement sans se parler.
Elle le ramena ensuite dans une classe vide sur le même palier que son prochain cours et voulu filer mais il la retint par le poignet.
«Attends, je dois te parler. Je veux te dire ce que j'ai sur le cœur. Je pense que je mérite le droit de m'exprimer à ce sujet.»
Elle se tourna vers lui, le regard baissé et attendit en silence.
«Tu m'as blessé. Souvent.» débuta-t-il. «Et je t'en veux pour ça. Et aussi, aussi, mon cœur à envie de crier que tu as privé ChatNoir de ce qui lui revenait pour le donner à Adrien et je ne trouve pas ça juste. J'ai été, pour toi, un ami fidèle et loyal et jusqu'ici, je t'ai toujours gardé mon amour et toi, plutôt que de me retourner mes sentiments, tu les as offert à une idole que tu trouves sur les affiches plutôt qu'au garçon devant toi et… voilà. J'avais besoin de te le dire et maintenant, je ne veux pas t'en garder rancœur. Je veux laisser ma colère derrière et avancer. Et j'espère que tu ne m'en voudra pas d'avoir dit ça.»
Il avait laissé tomber la transformation immédiatement en arrivant mais la dernière minute s'annonçait pour Ladybug.
Elle avança la main pour la placer sur sa joue, le bout des doigts jouant avec les mèches.
«Adrien, tu n'es pas une idole que je ne vois que sur les affiches, je suis beaucoup plus près de toi que ça.»
« Vraiment? » fit-il surpris « Alors, tu dois partir rapidement, je ne dois pas avoir d'indice sur ton identité! »
Comme de fait, le dernier avertissement résonna à sa boucle d'oreille et sur un : « Je t'aime » elle sauta par la fenêtre. Elle revint par l'entrée avec le look de Marinette et continua toute la journée son manège pour soigner Adrien.
Wow! Cauchemar est finalement publiée! J'ai commencé l'écriture de cette histoire il y a deux ans, je dirais. Ça fait du bien d'y mettre un point final!
