Bonjour à tous, et merci d'avoir choisi de lire mon OS. Je te tenais spécialement à le dédicacer à Eva, sans qui je n'écrirai ni ne publierai pas, mais aussi à Léa, parce que je garde énormément de beaux souvenirs de ces cheveux incroyables, digne de ceux de Denmark :)

Quoiqu'il en soit, ici, nos protagonistes ne sont ni humains, ni nations. Et c'est juste une histoire parmi d'autres.


Son esprit est encore embué par le sommeil. Sa bouche, pâteuse, s'ouvre mollement, et laisse échapper un râle languissant. Il a été réveillé par la chaleur étrange et inhabituelle qui a envahi son lit. Dans la pièce, il ne règne que le son de la respiration difficile, et du souffle haletant de son compagnon. Au debut, il ne comprend pas. Alors il ouvre les yeux.

Les volets laissent passer un filet de lumière rose, jaune et rouge, et il devine que le soleil ne doit pas être totalement levé, et puis son regard ensommeillé se pose sur la tête blonde qui partage son lit. Tremblotant , le souffle court, son compagnon paraît en lutte dans son sommeil. Alors il pose une main inquiète sur son front brûlant. « For helvede… »

Il prend soin de couvrir son amant avec la couverture, et de tapoter son oreiller avec mille précautions, puis quitte la chambre sur la pointe des pieds. Jamais Nor n'avait été malade auparavant.

Le pas vif, il se précipite au salon, attrape son téléphone, et compose le numéro de Berward. Vu l'heure matinale, il ne s'attend pas vraiment à une réponse, mais une lueur d'espoir brûle en lui. Première sonnerie. Deuxième sonnerie. Troisième sonnerie. Bien sûr, Matthias ne se doute pas un instant qu'à a peine quelques kilomètres de là, Dancing Queen résonne dans toute la maison que le suédois partage avec son époux et leur fils adoptif. Il tombe néanmoins sur la boîte vocale, et y laisse un message traduisant son inquiétude.

Comme il ne peut pas rester sans rien faire, il prépare du café, énormément de café, et fouille dans les placards pour trouver quelque chose qui ferait plaisir à sa moitié. Son téléphone sonne, indiquant le numéro de Sve. « Je t'apprécie énormément Matthias, tu le sais, mais appeler un Dimanche à l'aube… » La voix de Tino résonne dans l'appareil. Il sourit légèrement, l'air contrit. « Tu m'excuseras, mais je ne sais vraiment pas quoi faire. Je m'suis réveillé et il est tout tremblotant et est bouillant !

-Commences par te calmer. Surveilles-le, et attends qu'il se réveille. Il te dira lui-même de quoi il a besoin ! Et si jamais ça ne va pas mieux, appelles, et je viendrais avec Su, okay ? »

Le danois acquiesce doucement, et il raccroche. S'emparant de sa tasse de café, il se dirige le plus silencieusement possible vers l'étage, et s'assoit sur le rebord de la fenêtre, là où il peut surveiller Nor. Il ne peut s'empêcher de remarquer son teint cireux, le contour de ses yeux violacés. Peut-être a-t-il peiné à s'endormir la veille, où bien le mal l'a réveillé dans la nuit ? Quoiqu'il en soit, il finit par entrouvrir la bouche, pour y laisser s'échapper un son d'une voix désarticuler, presque incompréhensible. « Brör. »

Il manque presque d'en renverser son café, et se précipite au chevet du norvégien, posant sa tasse fumante sur le côté. « Hej min eskelde. » Sa main vient se poser sur son front, presque instinctivement. « Je t'ai réveillé pas vrai. Désolé. » Sa voix est à peine audible, et il grimace à la fin de sa phrase, comme si parler lui avait brûlé la gorge. Alors le danois presse son front contre le sien, et l'enlace doucement. Tendrement. « Je me coucherai plus tôt ce soir, c'est pas grave. » Alors ils restent blottit l'un contre l'autre un moment.

« Tu vas finir par tomber malade, toi aussi. » Matthias sourit tendrement, et pose un baiser sur les lèvres de son compagnon. « Tu t'occuperas de moi, alors. » Il jure entendre le norvégien pouffer de rire.

Après un moment, quand il est persuadé qu'il est bien éveillé, le danois descend à nouveau, toujours en quête de nourriture. Il se rappelle alors que, à l'époque où Emil était encore petit, quand il tombait malade, Lukas lui préparait toujours des compotes maisons, avec de gros morceaux de fruits. Le petit finissait irrémédiablement par guérir aussi vite qu'il n'était tomber malade.

S'emparant des quelques pommes que Norge gardait pour plus tard, il s'attèle à les éplucher, à les couper en de tout petits morceaux, et à les mettre dans une casserole chaude. Un peu d'eau, un peu de sucre -beaucoup de sucre- comme il s'en souvient. Il faut néanmoins attendre, et il finit par remonter discrètement pour s'assurer que son compagnon aille bien.

Il le trouve assit sur le lit, le regard tourné vers la fenêtre. Il porte une main à sa poitrine douloureuse, soupir, et se laisse surprendre par une quinte de toux. Pendant un moment, il reste figé à le regarder tousser, se calmer, puis tousser à nouveau. Quand il parvient finalement à s'apaiser, en laissant retomber sa tête contre son oreiller, Matthias redescend surveiller sa compote, la peur lui remuant les tripes.

Il finit par rapporter le plat encore chaud, ainsi que du café. Le blond l'observe, confus de devoir le forcer à s'occuper de lui. « Tu m'as fais de la compote. » Il a l'air surprit, sans doute touché. L'émotion se lit davantage dans ses pupilles améthystes.

N'y tenant plus, le danois le rejoint sous la couverture, et l'enlace précautionneusement. Et c'est toujours blottit contre lui qu'il finit par manger un peu, et boire le café qu'il lui a apporté. Comme à son habitude, Matthias se charge de faire la conversation. Sa voix résonne dans la pièce vide, et le norvégien ne lui répond plus que par de brefs hochements de tête, ou des sons gutturaux qu'il est le seul à pouvoir interpréter. Il évoque les banalités qu'il a déjà répété des milliers de fois, et dont Norge ne se lasse jamais.

Finalement, il sent le corps tendu par la maladie se relâcher, alors que sa tête dodeline contre le torse du danois. Il dort. Matthias le serre doucement contre lui, et embrasse ses mains avant de le couvrir avec la couette. Ils restent ainsi pendant une bonne partie de la matinée, le silence de la pièce seulement entrecoupé par le souffle profond du norvégien.

Quand le soleil est finalement à son zénith, Lukas s'éveille à nouveau, l'air groggy. Ses mains froides se posent d'elles-même sur le torse du danois, qui lui embrasse le front avec inquiétude. « Ta température descend un peu. » constate t-il, avant de le regarder à nouveau. « Tu te sens mieux ? » Il acquiesce, mais Matthias se doute que ce n'est pas forcément vrai.

Décidé à faire en sorte qu'il aille mieux, il finit par le porter avec précaution hors de la chambre. Il descend les escaliers avec prudence, et emmène son compagnon dans le jardin. Dehors, il fait bon, et une brise légère porte l'odeur de l'herbe coupée. Il lui apporte également un grand verre d'eau, et quelques médicaments contre la fièvre, avant de s'asseoir à côté de lui. « Merci. » glisse le norvégien en se tassant contre lui, en quête de chaleur.

Pour le danois, c'était différent des formes d'affections qu'ils pouvaient s'offrir d'ordinaire. Norge paraissait si fragile qu'il craignait que la moindre chose ne le brise entièrement, quand bien même ce n'était qu'un rhume, et qu'il irait mieux le lendemain.

Sans faire attention, il resserra son emprise sur l'épaule de son compagnon, qui leva la tête vers lui, l'air interrogatif. Il ne fallu pas longtemps avant qu'il ne saisisse le sombre cheminement de ses pensées. « Je n'vais pas mourir tu sais. C'est juste une mauvaise journée. » Ses lèvres s'étaient légèrement fendue, en ce qui était un sourire apaisant. Et pour le rassurer davantage, il se leva, et fit quelques pas sur la terrasse.

Ils restèrent encore un moment sur la terrasse, profitant de la chaleur du début de l'été, et décidèrent de rentrer quand l'estomac de Matthias se mit à crier famine.

« Il a l'air d'aller bien mieux. » fait Matthias au téléphone. « On a été dans le jardin, et il mange, mais un peu. J'aurais aimé lui faire une soupe de poisson, mais c'est déjà un miracle que j'ai réussi à n'pas foutre le feu à la cuisine en faisant de la compote.

-Ouah, tu lui a vraiment préparé de la compote ? C'est vraiment adorable ! Et pour la deman-

-Ne dis rien, il pourrait t'entendre avec ses pouvoirs mystiques je suis sûr. » Suspicieux, le danois porta son attention sur son compagnon, qui finissait péniblement sa soupe en boîte. « Vu son état, je devrais attendre, non ?

-Fait comme tu le sens ! Ce soir on t'apportera de la soupe de poisson, et du hareng, okay ?

-Merci Tino, on se voit plus tard. » Il raccroche, et se tourne, pour heurter son compagnon, qui le regarde en haussant un sourcil. « Tu parlais avec Tino ? » Demande t-il sans véritable intérêt. La panique pulse dans ses veines, et il sent qu'il doit faire un effort hors du commun pour garder son calme. « Ah oui ! » Il rit. « Il va surement venir avec Ber' ce soir, ils amèneront de la soupe de poisson. Oh mais regarde, tu t'es sali en mangeant ! » Il s'attribua mentalement dix points supplémentaire pour son incroyable faculté à détourer l'attention de son interlocuteur.

Ils marchèrent jusqu'à la salle de bain, et le danois fit couler un bain pour son compagnon, qui se contenta de le regarder faire. Il ne put rien en dire, mais le voir si inquiet et aux petits soins pour lui avait quelque chose d'agréable. Beaucoup plus qu'il ne pourrait jamais l'admettre. « Brör. » fait-il alors qu'il s'apprête à quitter la petite pièce. Il se retourne, ses grands yeux clairs brillant d'inquiétude. Alors il l'embrasse gentiment. « Reste avec moi. » Le danois acquiesce avec un sourire.

La baignoire est petite, mais les deux blonds parviennent à y demeurer confortablement pendant un moment. Matthias dépose parfois un baiser sur la nuque de son compagnon, et apprécie de le voir frissonner. Il peut presque deviner l'expression ingénu et délicate qui doit apparaître sur son visage.

Ils restent silencieux. Le danois lui frotte doucement le dos, dans un mouvement circulaire et délicat, et lui lave les cheveux. Ils échangent ensuite, et Matthias savoure la sensation des doigts de son compagnon sur son cuir chevelu. Et il songe avec tendresse comme il serait agréable que le temps suspende son cours, et qu'ils demeurent tous les deux ainsi, pendant des siècles et des siècles.

Les cheveux propres, le danois s'assit en face de son compagnon, dans la petite baignoire pleine. Ses joues avaient prit une teinte rose à cause de la chaleur du bain, et il ne put s'empêcher de poser une main sur son front. « Tu te sens mieux ? » Il acquiesce, encore. Pourtant l'éclat de ses yeux est moindre, et il devine qu'il est épuisé. « Nor, tu veux qu'on aille se coucher ? » Il reste silencieux un instant, considérant sans doute le pour et le contre, et finit par répondre un « D'accord. » à peine audible.

Ils quittèrent donc la baignoire, et prirent un instant pour se sécher. Le norvégien lui frictionne doucement les cheveux, et il doit se pencher un peu, un sourire idiot sur les lèvres. Après ça, ils enfilent quelques vêtements, histoire de dire, et se couchent à nouveau, blottit l'un contre l'autre. La tête reposant sur le torse du danois, Lukas laisse traîner ses mains sur son torse, savourant la chaleur rassurante, quant son compagnon lui caresse le dos. « On devrait se marier. » Un silence. Le danois cligne des yeux, et pose un regard circonspect sur le blond, qui n'a pas bougé d'un pouce. La demande qui le hante et qu'il n'arrive pas a formuler depuis des mois est sortie si naturellement de la bouche du norvégien qu'il en reste pantois. « Tu penses pas ? » ajoute le norvégien en relevant légèrement la tête vers le danois.

Il pose une main fébrile sur le front de son amant, et paraît presque insulté de n'y trouver presque plus de trace de fièvre. Lukas n'a pas bougé d'un pouce, accoudé sur son torse. Alors qu'il n'y tient plus, le danois sent les larmes monter à ses yeux clairs, ce qui arrache un air surprit à Norge. Il se lève, quitte la pièce un moment, et revient, tout aussi larmoyant qu'il était partie, une petite boite entre les mains. Le norvégien finit par s'asseoir sur le rebord du lit, un sentiment d'inquiétude palpable l'enveloppant. « Je voulais te le demander, depuis des mois, mais j'ai jamais réussi à le faire. » Il attrape doucement la main droite de son compagnon de toujours, et y dépose la boîte qu'il tenait, un air désolé apparaissant sur son visage.

Le norvégien, surprit, le tire doucement vers lui pour qu'il prenne place et, posant la petite boîte de velours sur ses genoux, attrape entre ses mains le visage éploré de Matthias. Il essuie d'un geste du pouce les larmes qui perlent à ses yeux azurins, et embrasse le coin de sa bouche. « Espèce d'idiot. » lâche t-il, un sourire étirant le coin de ses lèvres. « Tu ne peux pas toujours tout faire par toi-même. Tu as fais de ton mieux, maintenant laisses moi essayer jusqu'à ce qu'on y arrive tous les deux. » Et comme les larmes ne se tarissent pas, il embrasse les paupières rougies par les pleurs de son compagnon, qui le serre avec tendresse.

Lentement, les pleurs se mêlent aux rires, et le danois finit par être saisit d'une excitation enfantine quand il réalise qu'il va finalement épouser l'homme qu'il aime.

En ouvrant les yeux, quelques heures plus tard, Lukas constate que le lit est vide. Sa vision est claire, et il ne se sent plus groggy. Il suppose que la fièvre l'a quitté. Il se redresse avec lenteur, et ses pupilles améthystes s'accrochent sur l'éclat de la bague qu'il porte au doigt. Un anneau argenté, fendu de runes. Il se met à sourire.

Les draps sont froids, et il se met à penser que son compagnon doit être parti depuis un moment, alors il se lève, s'habille et descend lentement, craignant que la migraine ne le frappe à nouveau. Une odeur de poisson lui grimpe aux narines, et il finit par distinguer les silhouettes longues de Tino, Berward et Peter, tous assit autour de la table.

Le Finlandais est le premier à le remarquer, et se lève pour l'enlacer chaleureusement. Il parle, et si vite que le norvégien ne saisit pas entièrement ce qu'il lui dit, et pose une main sur son front pour constater de l'absence de fièvre. Ils sont rejoint par le petit garçon. Tino tire presque son ami par le bras pour l'emmener autour de la table, où Berwald le salut poliment.

Mais s'il est ravi de voir ses camarades, il ne peut s'empêcher de se demander où Matthias s'est sauvé.

« Tadaaaa ! » C'est le danois qui sort de la cuisine, une marmite bouillante entre les mains. Il dépose le fruit du labeur collectif sur la table, et s'enfonce à nouveau dans la cuisine pour en ressortir quelques secondes plus tard, en poussant devant lui une autre tête blonde bien connu du groupe. « Lillebrör ! »

Emil, la mine déconfite, s'assoit à côté de son frère. « Ils m'ont dit que tu étais malade, tu pensais quand même pas que j'allais pas venir… » Il détourne le regard, l'air gêné, alors qu'une étincelle s'allume dans le regard du norvégien. A côté de lui, le danois ne peut s'empêcher de sourire, une joie incommensurable brûlant dans sa poitrine.

Silencieux pendant un instant, il savoure le bonheur rare de voir toutes les personnes auxquels il tient réuni autour d'une table. Sa main vient gagner celle du norvégien, qui glisse ses doigts entre les siens. « Allez mangeons, j'ai faim ! » annonce t-il finalement, alors que Berwald s'attèle à remplir les assiettes. Matthias échange un regard avec le norvégien, qui lui adresse une de ces expressions qu'il est le seul à pouvoir interpréter. Un mélange de tendresse et d'amour qu'il ne connaît que de lui.

Epilogue

Quand il s'éveille ce matin là, Lukas est enveloppé par la chaleur corporelle du danois sur lequel il est avachi. Il s'apaise en suivant le rythme lourd de sa respiration quand il dort encore, et finit par se redresser, posant un baiser sur le front de son compagnon. Qui est brûlant de fièvre. « Helvete. » Ses lèvres se fendent en un léger sourire. « Je t'avais dis que tu serai malade aussi, idiot. »

Il profite du fait que le danois semble encore dormir paisiblement pour l'observer un instant, puis finit par attraper sa main. « Jeg elsker deg. » marmonne t-il à son oreille.

Puis il recouvre le corps de son amant avec la couette, et descend pour préparer le café qui leur sera nécessaire pour affronter cette journée. « UH ! Norge, je suis malade ! » entend t-il crier depuis l'étage. Alors avec un sourire, il s'empare d'une tasse fumante et remonte « Je sais, idiot. »


Merci encore, des bisous.