Pour des soucis de facilité scénaristique, je vais prendre la liberté de replacer l'histoire de Harry Potter de nos jours. J'ai jamais vraiment compris pourquoi JKR avait pris la peine de mettre ça dans les années 90, vu qu'on ne voit que très peu les moldus et que la société sorcière est globalement coincée au 18e, mettre des marqueurs de temps me semble superflu, pour ne pas dire contraignant. Cela dit, une grosse partie de mon histoire se déroule dans le monde moldu, et j'ai assez peu de souvenirs des années 90, étant donné que j'avais 6 ans quand l'an 2000 à débarqué.

Du coup, hop hop hop, personne n'a rien vu, nous sommes en 2020, la bataille de Poudlard a eu lieu il y a deux ans, le trio a 19 ans, Ginny 18, et Charlie 27. Je fais aussi un peu ma sauce avec la manière de fonctionner de la magie, les caractères des persos, etc. Bref, j'adapte !

Si cela s'avère utile, je mettrai en haut des chapitres suivant les âges des différents personnages, je trouve intéressant de lâcher complètement le contexte de Poudlard, qui, aussi merveilleux qu'il soit, reste une école, accueillant ses gens assez jeunes. J'ai rien contre les écoliers, mais les premiers émois, la timidité, tout ça... J'ai fait le tour. Je viens d'avoir 25 ans moi-même, et j'ai rarement l'occasion de lire de bonnes histoires sur des adultes. Du coup, ceci est ma pierre à l'édifice. N'hésitez pas à laisser vos appréciations en commentaire et, si vous avez dans vos poches des jolies histoires sur des personnages adultes, n'hésitez pas à me donner les noms, ça me ferait très plaisir !

*

Cet été-là, il faisait chaud, et sec. Toute l'Europe souffrait de la canicule (les moldus appelait ça le dérèglement climatique) mais dans la réserve de dragons roumaine, les choses devenait réellement compliquées. De mémoire, en 9 ans de carrière, Charlie n'avait jamais connu une situation pareille. Mais bon, on ne choisit pas le métier de dresseur de dragon pour avoir un travail sans surprise, pas vrai ?

La réserve, située dans les carpates occidentales roumaines, avait atteint un niveau de sécheresse difficilement supportable, tant pour les dragons que pour leurs gardiens. Le patron, Grigore, avait rempli une demande d'aide au ministère de la magie roumain, et envoyé Charlie accueillir l'envoyé du ministère à la gare moldue du coin. Évidemment, quel que soit le pays, les trains semblaient être toujours en retard, du coup, Charlie se retrouvait assis sur son banc, à bouillir sous le toit en verre de la gare, et à maudire ces fichus sorciers qui ne sont même plus foutus de transplaner.

Tout à coup, un grincement familier retentit, tandis qu'une voix annonça à grand coup de cri que le train arrivait.

C'était une toute petite gare, alors parmi la dizaine de personnes qui descendirent, il ne fut pas difficile de deviner laquelle était son envoyée ministérielle : la seule qui regardait autour d'elle avec un petit air perdu, contrairement aux autres qui se dépêchait de sortir de cette fournaise.

C'était une jeune femme, peut être 25 ans, les cheveux châtains clair mêlés de blonds, des grands yeux bleus et une silhouette toute menue. Tout chez elle paraissait petit : elle ne devait pas mesurer plus d'un mètre soixante, avait une petite poitrine, elle portait une robe à fleurs qui mettait en valeur sa taille très resserrée..

Charlie ne put s'empêcher d'arborer un sourire séducteur en approchant d'elle : elle était complètement son genre. À 27 ans, il avait fini par savoir exactement ce qu'il voulait dans sa vie : travailler avec ses dragons, et ne pas se prendre la tête avec le reste. Quand il rencontrait une femme, et qu'ils sortaient ensemble, il adoptait cette philosophie, ce qui le conduisait à continuer tant que c'était sympa, et à mettre fin à l'histoire des que ça ne l'était plus. Il n'aimait pas les disputes, les drama queen (mais plus il vieillissait, moins il les subissait, dieu merci) il n'aimait pas la jalousie... Il aimait la simplicité et l'honnêteté. Résultat, il avait d'excellentes relation avec toutes ses ex, mais n'avait jamais eu l'impression que ça aurait pu durer avec aucune d'entre elle. Ça ne l'embêtait pas. Il était très bien dans sa vie.

En arrivant à sa hauteur, il tendit la main en se présentant :

- Bonjour, je suis Charlie, je suis là pour t'escorter jusqu'à la réserve.

La jeune fille le regarda avec intérêt, puis sourit et lui serra la main :

- Fanny. Je suis désolée, mais tu fais erreur sur la personne, je suis juste la en vacance pour découvrir le coin !

Et flûte. Bon, au moins, il n'en avait pas trop dit et n'avait pas éventé le Secret. Elle continua :

- Mais je te connais, par contre, je crois...

- Oh, non, je n'aurais pas pu oublier ton visage !

Elle leva un sourcil circonspect devant la phrase ringarde et il grimaça :

- Ouais, j'ai déjà fait mieux comme phrase d'approche. Mais tu me connaîtrais d'où, du coup ?

- On était tous les deux au mariage de Fleur et Bill. C'est ma cousine.

Ben ça, il ne l'aurait pas deviné. Elle ne ressemblait pas du tout à Fleur ou sa sœur Gabrielle. Il l'examina un peu plus attentivement. Là où les femmes Delacour étaient grande, élancées, blonde platine, aux yeux de biche bleus profonds et à la plastique parfaite (presque trop parfaite pour lui) elle était petite, cheveux caramel, des yeux bleu gris et avait des hanches larges par rapport à sa taille, peu de poitrine et des tache de rousseur partout sur son petit nez. D'un autre côté Fleur, lui avait toujours semblé avoir l'air d'une poupée de verre, très jolie, mais très délicate et fragile (même s'il avait pu constater que sa place de champion, à l'époque du tournoi, n'avait pas été volée, et plus tard, lors des différentes batailles auquel elle avait participé, elle avait démontré une puissance magique et une aptitude au combat impressionnante) quand la jeune femme lui semblait moins féerique, mais beaucoup plus solide.

- Oh, d'accord. Je n'aurais pas cru, vous ne vous ressemblez pas du tout..

- Ah, ça, c'est parce que je n'ai pas de sang Velane ! Mon père est le fils du frère du grand-père de Fleur.

- Euh... Hein ?

Elle étouffa un petit rire avant de reprendre :

- Alors en gros un jour, un sorcier nommé Thibault a eu deux fils, François et Charles. François a épousé Jocaste, une vélane, et ils ont eu une fille, Appoline, qui a elle-même eu deux filles, Fleur et Gabrielle. De son côté, Charles a épousée une moldue, Anne, qui a eu un fils, Marc qui était cracmol et qui a épousé Élise, une moldue aussi, et ils m'ont eu, sans une goutte de magie dans les veines. Tu vois ? Avec Fleur et Gabrielle, on est cousine éloignées au 1er degré, ça s'appelle. Mais mon grand oncle François et le mari d'Appoline n'aiment pas que ça se sache, notre manque flagrant de magie fait tâche aux réunions familiales...

Charlie eut besoin d'un petit moment pour reconstituer l'arbre généalogique dans sa tête puis quand il fut certain d'avoir compris, il tenta :

- Donc vos grands-pères respectifs sont frères ?

-C'est ça !

- Wow. Dis-moi, maintenant que tu as massacré mon cerveau avec ta généalogie, et avant que je parte chercher la personne que j'étais sensé récupérer, que dirais tu de se prévoir un verre, ce soir ou demain ? Je termine mes journées vers 21 h.

Fanny sursauta :

- La vache, t'es direct toi !

- Ouaip, je trouve ça plus sympa et moins compliqué de se faire des sous-entendu nuls sans savoir s'ils seront compris. Je suis un grand garçon, si tu ne veux pas, tu dis non, mais au moins les choses sont claires.

La jeune femme eut un sourire en coin, puis jeta un coup d'œil à sa montre avant de proposer :

- On se retrouve devant la gare à 21 h 30 ?

- Vendu !

Et Charlie parti d'un pas guilleret vers la sortie, estimant que si l'envoyé du ministère était dans ce train, il l'aurait déjà repéré. Sur le chemin de la Réserve, il réfléchit à beaucoup de choses : son cerveau fonctionnait mieux quand il était à fond, alors il pensait à Sahrotaar, la femelle magyar a pointe dont les œufs devaient bientôt éclore, et à Norberta, dont il devait prendre des photos pour les envoyer à Hagrid, et à la sécheresse, il fallait trouver une solution, d'abord parce que même un dragons a besoin d'eau, et surtout parce que les dragons, ça crache du feu.

Ils avaient dû expliquer aux stagiaires de cette année que non, un aguamenti n'était pas la solution : ce sortilège ne faisait pas apparaître de l'eau de nulle part, il la puisait dans l'humidité présenté dans l'air alentours. Sauf qu'évidemment, en période de sécheresse, il n'y a pas d'humidité.

Il réfléchit aussi à quel cadeau il pourrait offrir à Harry et Ginny, qui devaient se marier en octobre prochain : ils ne manquaient de rien, entre la fortune de Harry, leurs salaire respectifs, et Molly qui s'arracherait un bras plutôt que de voir sa petite manquer de quoi que soit à nouveau,il était donc ardu de trouver quelque chose qui leur ferait plaisir. Ron et Hermione, eux, venaient de se séparer, alors il fallait qu'il pense à envoyer un hibou à son petit frère pour prendre de ses nouvelles.

Il y avait aussi Grigore, son patron, qui réfléchissait à la retraite et lui avait proposé de passer chef du secteur des reptiles (La réserve était immense et accueillait d'innombrables animaux magiques (et certains animaux moldus en voie de disparition) ), les dragons ne constituait qu'une seule partie du complexe.

Enfin, il y avait donc cette jeune femme, Fanny. Il hésitait sur l'endroit où l'inviter ce soir, est-ce qu'elle serait plutôt restau ou bar, plutôt ciné ou balade sur la rive de la rivière ? Elle avait dit descendre d'un cracmol et d'une moldue, du coup, quel était son statut ? Et qu'est-ce qu'elle connaissait de la magie ? Est ce que la visite d'une réserve remplie de créature mythologique pourrait l'intéresser ?

Ah, bah tiens, il y arrivait, à la réserve.

Charlie se dirigea vers le bureau de Grigore, et se fit immédiatement alpaguer par celui-ci :

- Ah, te voilà ! Je suis désolé, apparemment il y a eu un problème de communication avec le ministère ! L'agent qu'ils ont envoyé à tout bêtement pris la cheminée...

Un peu vexé, il bougonna en se dirigeant vers les vestiaires pour se changer : il était 11 h 15, il avait encore plusieurs heures devant lui avant d'aller à son rencard, et il voulait aller voir comment allait Alfie, un bébé boutefeu chinois tout juste éclos, qui s'était fait repousser par sa mère.

Les boutefeux chinois étaient des dragons assez petit et léger (2 à 4 tonnes) qui faisaient des petites portées, généralement pas plus de deux œufs à chaque gestation. Cette fois, cependant, la mère avait mis au monde 5 œufs. Seuls 4 avaient éclos, et deux bébés n'avaient pas survécu plus de quatre jours, atteint de sérieuses malformations. Restait donc Écho, dont la mère s'occupait fort bien, et Alfie, un petit dragonneau faiblard à l'aile gauche atrophiée, qui manquait de se faire bouffer par sa mère et son frère à chaque fois qu'on tentait un contact.

Alfie était tout petit, à peine la taille d'un labrador, et avait plusieurs handicaps : son aile, évidemment, atrophiée et donc le cuir était troué, mais aussi une de ses pattes arrières dont l'os était difforme. Après des examens plus poussés, ils avaient également constaté que son gosier à feu était trop petit pour créer quoi que ce soit d'autre que des étincelles. Alfie ne pourra jamais voler, courir ou cracher du feu.

Les boutefeux étaient intelligents : sa mère ne l'avait repoussé que parce qu'elle sentait qu'il n'était pas viable.

Cependant, le bébé dragon commençait déjà à montrer des grands signes d'intelligence. Ils réfléchissaient à en faire un régulateur, un dragon dressé et élevé pour répondre aux ordres des humains qui permettait d'aider à gérer ceux qu'on laissait sauvage.

Arrivé devant son enclos, Charlie sourit en voyant le tout petit dragon lézarder au soleil. Il avait été placé du côté des magyars, et Sahrotaar, la femelle qui avait pondu récemment, se redressa en l'entendant arriver, et darda sur lui un regard méfiant.

Les magyars étaient très protecteurs avec leurs petits, et si on s'y prenait bien, on pouvait facilement leur faire adopter un autre bébé. Cela semblait particulièrement fonctionner avec Sahrotaar, qui s'était prise d'affection pour Alfie, mais aussi pour Doudou, le gros chien de garde de la réserve.

Lorsque qu'il était chiot, il était rentré par mégarde dans l'enclos de la dragonne. Elle avait aussitôt décidé qu'il faisait partie de ses bébés, et s'était défendue farouchement contre les humains qui avaient tenté de le récupérer. Pour une obscure raison, le lait de dragon avait eu sur le chiot des effets exceptionnel, et le labrador faisait à présent la taille d'un poney. Entre temps, on l'avait récupéré, dressé, et il faisait son travail de chien de garde tous les jours. Mais toutes les nuits, Doudou délaissait sa niche et allait se pelotonner contre sa môman dragon, qui l'attendait pour s'endormir. C'était adorable à observer, même en prenant en compte le fait que Sahrotaar était un gigantesque dragon tout en dents, griffes et flammes.

C'est pour cette raison qu'ils avaient placé Alfie dans un enclos juste à côté d'elle. Elle s'habituait à sa présence, et si elle ne le considérait pas encore comme son petit, elle avait déjà un solide instinct protecteur.

Satisfait, Charlie se dirigea vers son bureau : il avait un rapport à rédiger.

Vers 18 h, alors qu'il montrait à un nouveau comment utiliser l'équipement, ils virent Alfie se placer tout au bord de la barrière magique de son enclos, et s'allonger. De l'autre côté, Sahrotaar se mit en position d'allaitement. C'était gagné !

Charlie et son apprenti entreprirent alors de lever petit à petit la barrière qui séparait les deux dragons.

Alfie couinait, malheureux comme les pierres de ne pas pouvoir se coller à Sahrotaar. Et puis la barrière magique céda, Sahrotaar fondit sur le petit, l'attrapa par la peau du cou comme un chaton, et le mis près de ses œufs, avant de cracher une longue gerbe de flammes vers le tout.

Charlie dut retenir son apprenti, qui, inquiet, s'était précipité pour sauver le bébé dragon.

- Non, non ! Reste là, tout va bien ! C'est sa manière de le nettoyer, il est largement capable de l'encaisser !

- Mais elle est en train de le brûler !

- C'est rien, je te dis. C'est comme ça qu'ils nettoient leur petit, ils brûlent toutes les saletés.

Ils restèrent tous les deux à surveiller ce petit monde le reste de la soirée. Quand Charlie vérifia sa montre, il grimaça. Il était 21 h 15, il avait donc 15 minutes pour se doucher, se préparer et faire le trajet jusqu'à la gare. C'était jouable, mais il ne faudrait pas traîner !

Malheureusement, Grigore apparut à ce moment, et réclama l'aide de Charlie pour régler l'administratif avec l'envoyé du ministère. Charlie eu beau argumenter et râler, son patron fut inflexible. Il n'eut pas d'autre choix que de le suivre pour aller remplir de la paperasse.

Il termina à 22 h 45. Il avait une heure et quart de retard. C'était fichu.

Dégoûté, il décida, pour passer ses nerfs, d'aller prendre un verre dans le centre-ville. Pour ne pas se faire repérer, il transplana dans un placard de la gare, se prit les pieds dans un seau et sorti en direction de la rue des bars.

À la minute où il fut dehors, l'air enfin un peu rafraîchit le détendit. Il entama un pas vers la rue des bars quand une voix agacée retentit derrière lui :

- Hé ! Je t'ai déjà attendu plus d'une heure, tu ne vas pas en plus partir sans moi ?!