Regina battit doucement des paupières en se réveillant grâce aux rayons de soleil qui filtrait dans la pièce à travers les volets fermés. Elle tourna dans son lit et tendit son bras sur la seconde place de son lit en espérant y trouver le corps chaud et nues de son amante. Au lieu de ça, elle tomba sur une place vide et froide ce qui la fit grogner mais elle n'ouvrit pas pour autant les yeux. Elle attrapa l'oreiller qui se trouvait à cette place, elle le plaqua contre sa poitrine et y enfouit son visage pour respirer la douce odeur de cannelle que la jeune blonde avait laissé sur le tissu sans le vouloir. Elle resta dans cette position pendant de longues minutes, elle n'avait absolument aucune envie de bouger au contraire, si cela ne tenait qu'à elle, elle retournerait dans les bras de morphée sans aucune hésitation. Malheureusement pour Regina, elle n'était pas maitresse de son sommeil. Elle se tourna dans son lit pour s'allonger sur le dos tout en gardant le coussin contre son corps toujours nu. Elle s'étira de tout son long sans pouvoir retenir son bâillement qui aurait très bien pu lui décrocher la mâchoire. Elle était encore fatiguée. Sa nuit de sommeil avait été courte, sans doute beaucoup trop pour sa santé mentale mais qu'importe, elle ne regrettait absolument rien. Elle avait passé une merveilleuse nuit en compagnie de son amante qui, comme toujours, lui offrait des nuits d'amour sans fin, des nuits d'amour qui duraient jusqu'au lever du soleil, des nuits d'amour dont elle ne pouvait plus se passer et qu'elle attendait chaque jour avec impatience. Elle sentait bien les courbatures qui pointaient déjà le bout de leur nez dans absolument tout son corps et pourtant, elle savait bien que durant la journée elle enverrait un message à la belle blonde pour la voir le soir-même. Elle laissa l'oreiller retomber à coté de son corps et s'allongea littéralement en étoile de mer sur la totalité de son lit avant de retirer la couverture qui empêchait l'air frais d'être en contact direct avec son corps. Elle ferma les yeux et profita pleinement du contraste de la température ambiante sur ses muscles qui la tiraient comme après chaque nuit qu'elle passait dans les bras de son amante aux cheveux d'or. Après plusieurs minutes, elle se redressa dans son lit et aperçut enfin le plateau qui se trouvait sur sa table de chevet.

« Emma. » Souffla-t-elle doucement en souriant de toutes ses dents.

Son amante restait très peu dormir après leur nuit d'amour, elle savait bien que sa décision n'était pas juste envers la blonde mais pour le moment, elle voulait profiter pleinement de la jeune femme et la garder pour elle seule. Emma était son secret, elle n'était pas un vilain petit secret mais elle était tout de même son secret car, depuis le début de leur relation, Regina avait catégoriquement refusé d'en parler à qui que ce soit, même à Henry, leur fils.

Tout avait commencé une année plus tôt, Henry avait douze ans à l'époque ce qui signifiait donc que la malédiction avait été brisée depuis déjà deux ans. Contre toute attente, tout allait bien. Regina avait appris à s'ouvrir peu à peu aux autres habitants de la ville de StoryBrooke et, avec un peu de temps, elle avait même appris à supporter Mary-Margaret et sa voix beaucoup trop aigue. Les habitants avaient fini par lui pardonner ses actes grâce à Emma qui avait fait son possible pour qu'elle soit entièrement accepté de tous. Et puis un soir, Henry passait sa soirée chez ses grand-parent et la blonde était venue toquer à la porte du manoir. A l'époque, elles n'étaient pas amie mais elles n'étaient pas ennemies non plus. Regina avait donc été très étonnée de la voir sur son perron alors qu'elle devait prendre soin de leur fils, elle l'avait tout de même laissé entrer et avait attendu des explications de la part de celle-ci. Mais elle n'avait pas eu de raison, du moins pas sur le moment, Emma s'était simplement jetée sur ses lèvres pour l'embrasser comme personne ne l'avait encore embrassé. Elle n'avait pas pris bien longtemps avant de lui rendre son baiser et, avec plus ou moins de difficulté, elles étaient arrivées à l'étage et avaient passé la nuit dans les draps de la brune à se gouter et à se découvrir. Cette nuit avait marqué le début de leur relation. Les deux femmes s'étaient par la suite souvent revues pour partager de langoureux baisers, de désireuses caresses ou des heures charnelles mais toujours loin des yeux curieux de tout le monde. Regina avait refusé que qui que se soit sache pour leur aventure et Emma s'était gentiment pliée à sa demande pour lui faire plaisir, pour la faire sourire, pour ne pas la faire fuir. Et depuis, elles n'avaient rien changées. Elles se voyaient toujours autant pour faire l'amour que se soit le soir chez la brune ou durant la journée dans le bureau du maire ou dans la cellule de post. La seule différence était que parfois, Regina laissait la blonde dormir auprès d'elle alors qu'au début de leur relation, elle la jetait presque en dehors de son manoir après être redescendu de son dernier orgasme. Aujourd'hui, elle la laissait de plus en plus dormir dans les mêmes draps qu'elle juste pour profiter un peu plus longtemps de la chaleur de son corps musclé. Chaque fois qu'elle dormait au manoir, Emma fuyait le matin peu après le réveil du soleil pour que ses parents ne se rendent pas compte de son absence dans l'appartement, pour qu'Henry ne se rende pas compte de sa présence chez lui. Mais, avant de prendre la fuite, elle prenait tout de même le temps de préparer le petit déjeuné de son amante, elle faisait en sorte de faire le moins de bruit possible pour ne réveiller personne et elle remontait déposer le plateau remplie sur la table de chevet avant de quitter le manoir par la porte arrière dont elle avait la clé depuis maintenant quelques mois. Dès qu'elles dormaient ensemble, dès qu'elles passaient la nuit blottie l'une contre l'autre, Regina avait le droit à son petit déjeuner préparé avec amour à coté de son lit. Ce n'était pas une exception, la belle blonde le lui préparait à chaque fois qu'elle dormait au manoir et pourtant la mairesse de StoryBrooke ne parvenait pas à s'habituer à cette douce attention. Elle se redressa totalement dans son lit, colla son dos à la tête de lit et amena le plateau sur ses cuisses. Son sourire étira un peu plus ses lèvres et elle croqua à pleine dents dans les pancakes froids approximativement réussis. Elle attrapa le verre qui reposait dans le coin du plateau et bus tranquillement le jus de pomme qui se trouvait à l'intérieur. En attrapant sa tasse de café froid qu'elle prévoyait de réchauffer à l'aide sa magie, elle fit s'envoler une petite feuille qui se trouvait sur le plateau et qu'elle n'avait pas encore vu.

« Mais… Qu'est-ce que ? » Souffla-t-elle en regardant le papier qui se trouvait au sol.

Elle se dandina dans son lit et ramassa la petite feuille qui était soigneusement pliée en veillant à ne rien renverser. Elle réchauffa rapidement sa tasse de café noir grâce à ses pouvoirs et déplia la lettre avec attention.

« Regina,

Tu dors encore à l'heure où j'écris ces quelques mots pour me vider l'esprit. Je n'arrive pas à trouver le sommeil, mon cerveau préfère t'observer, enregistrer chaque petit détail de toi plutôt que dormir.

Tu es si belle que je peux te regarder pendant des heures sans me distraire pendant une minute. Ta beauté a le don de me fasciner. Tu es extraordinairement magique.

Tu es entrée dans mon existence, soudainement, brusquement, comme une invitée surprise, une main tendue de mon destin.

Sur le point de renaitre, j'ai ressuscité entre tes bras, lavée de tout par ton regard, allégée par tes mots, adoucie par tes caresses.

Dès que je t'ai vu, quelque chose en moi a changé. Mon sourire, ma façon de toucher mes cheveux, ma façon de voir la vie. Quand nos mains se sont touchées, un sentiment d'apaisement m'a saisie. Ce même sentiment étrange continue à se produire en moi quand je te vois. J'avais envie de l'amour et je sais que maintenant je l'ai trouvé au creux de tes bras.

J'aimerais passer ma vie dans le creux de tes bras, me sentir forte, forte d'être auprès de toi. Je n'aurais jamais cru ressentir ça un jour, mais aujourd'hui j'ai la sensation que sans toi, ma vie serait une boite creuse et vide. On avait passé l'aspirateur dans mon cœur, et voilà que tu as recollé toutes les miettes. Je me suis retrouvé grâce à toi.

Tu as transformé ma vie grise et terne en quelque chose de coloré, de magnifique. Ce que je ressens pour toi est plus grand que tout ce que j'ai pu ressentir jusqu'à aujourd'hui.

Je ne pensais pas que quelqu'un pourrait me rendre si heureuse. Tu es absolument extraordinaire. Tu me remplis d'amour et tu donnes un véritable sens à ma vie.

Le plus beau mot que j'ai pu prononcer c'est ton nom. Chacun de tes sourires, chacun de nos baiser, chacun de nos contacts me rendent encore plus certaine de la force de mes sentiments pour toi.

J'aime tes yeux, ton sourire, tes éclats de rire, ta spontanéité, tu es la joie de chaque instant, l'espoir du futur, l'inspiration du présent. Ton rire est mon oxygène quotidien, ma bouffée d'air frais. J'aime tellement t'entendre rire, je pourrais passer ma journée à ne faire que ça.

Tu es le rôle principal dans mon film, tu es la chanson préférée de mon âme, tu es la joyeuse fête de mon cœur.

La force d'avancer, d'affronter les soucis du quotidien et de sourire à la vie, je la puise dans ton sourire, dans ce que je lis au fond de tes yeux.

A chaque fois que je te vois, mon âme se remplit de bonheur et du désir de t'offrir le monde entier rien que pour ton sourire.

Comment te décrire le bonheur que je ressens de te connaitre ? C'est pour moi une chance, chaque jour, entièrement savourée, que tu m'aies fait une place dans ta vie. Merci d'être là pour moi, à mes côtés. Merci d'exister pour donner sens à ma vie. Merci de correspondre aux rêves de mon cœur et aux aspirations de mon âme.

Quand je pense à toi, je deviens pleinement moi. Tu as sur me révéler, me sublimer, me transformer. Grâce à toi, je suis heureuse. Mercie de tout ce que tu m'apportes, merci d'être à mes côtés.

Je te remercie d'être dans mon destin, merci de ta confiance inébranlable en moi car parfois je cesse de crois mais toi tu n'abandonnes jamais.

Je ne suis pas ton véritable amour, je ne suis pas l'homme au tatouage de lion que Clochette t'a prédit mais je t'aime. Je n'ai pas fait exprès, j'ai même essayé de ne pas y penser mais la vérité est là, je suis tombée pour toi.

Je t'aime bien plus qu'un chocolat chaud avec de la cannelle.

Emma Swan. »

Le cœur de Regina rata plusieurs battements dans sa cage thoracique, elle eut besoin de relire la lettre plusieurs fois pour se rendre compte, pour comprendre les mots qu'Emma avait choisi, les mots qu'Emma avait écrits. Son souffle s'était coupé pendant la lecture, elle était incapable de faire quoi que ce soit pour le moment. Elle avait bien trop de mal à croire en ce qui état écrit. La belle blonde ne s'était pas trompée de personne ? Elle ne pouvait évidemment pas parler d'elle dans cette merveilleuse lettre. C'était tout bonnement impossible. Elle était la méchante reine après tout, elle était crainte de tous, elle avait ruiné la vie de centaines de personne et surtout, elle avait séparé la belle blonde de ses parents alors qu'elle n'était encore qu'une toute petite enfant, alors qu'elle venait tout juste de naitre. Elle ne pouvait pas être idéalisée à ce point, absolument personne ne pouvait penser une telle chose d'elle. C'était impossible et pourtant, elle ne pouvait ignorer cette douce chaleur qui venait de naitre dans son cœur meurtri par la vie. Elle ne pouvait ignorer le léger tremblement de ses mains. Elle ne pouvait pas faire comme ci les muscles de son ventre ne se tendaient pas de manière très agréable. Elle lâcha la lettre sur le lit et baissa le regard vers son corps toujours aussi nu, elle contempla pendant quelques instant les marques qu'elle gardait de cette folle nuit d'amour. Elle avait la marque des dents de la sauveuse, des suçons ici et là alors qu'elle détestait ça et de longues traces de griffures le long de ses cuisses. Habituellement, elle aurait râlé pendant de longues minutes avant de tout faire disparaitre d'un simple mouvement de poignet avant d'en tenir deux mots à Emma. Elle n'était pas un objet, elle était encore moins un vulgaire bout de viande, elle n'appartenait à personne d'autre qu'elle-même et donc personne n'avait le droit de la marquer de cette façon. Habituellement, elle n'aurait pas hésité une seule seconde avant d'effacer, d'un revers de manche, les différentes traces qu'elle gardait sur le corps mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui, elle n'avait pas envie. Aujourd'hui, elle ne voulait pas. Elle laissa sa main tracer le contour de ses hématomes qui montraient fièrement, non pas la violence de leurs ébats, mais la passion et le désir qui les consumaient doucement. Après plusieurs minutes passées à ne rien faire si ce n'est qu'observer son corps, elle quitta son lit. Elle était bien décidée à comprendre, à avoir des réponses à ses questions. Pourquoi elle ? Après tout, Emma ressemblait parfaitement à un ange tombé du ciel, elle pouvait avoir qui elle voulait à ses pieds alors pourquoi l'avait-elle choisi elle ? Depuis quand nourrissait-elle des sentiments à son égard ? Pourquoi maintenant ? Rapidement, elle enfila un ensemble de sous-vêtement avant de se glisser dans somptueuse sa robe bleu nuit qui moulait à la perfection ses formes, elle entra dans la salle de bain qui était attenante à sa chambre et se coiffa rapidement en ajustant son pied dans son escarpin. Elle releva le visage pour attraper son maquillage, après tout, elle n'avait que très peu dormi de la nuit, les cernes commençaient déjà à se dessiner sous ses yeux chocolat et elle ne pouvait se permettre de sortir ainsi dans la rue. Elle pouvait croiser n'importe qui sur le trajet qui séparait son manoir du poste de police, elle avait tout de même une certaine prestance à garder en tant que Reine. Elle tendit la main pour attraper son fond de teint mais son regard fut attiré un peu plus loin, dans le coin de son miroir se trouvait un tout petit post-it jaune. Elle s'approcha, le décrocha et le lut.

« Ne te maquille pas, tu es tellement plus belle au naturel ma reine. »

Elle ne put empecher ses lèvres de s'étirer dans un merveilleux sourire alors que les battements de son cœur s'accéléraient dans sa poitrine. Elle ne comprenait pas pourquoi elle agissait de la sorte, elle n'était plus une adolescente et puis ce n'était pas la première fois qu'Emma lui disait ou lui faisait comprendre qu'elle préférait lorsqu'elle n'avait pas de maquillage, ou alors très peu. Finalement, elle abandonna l'idée de se maquiller, elle se passa de l'eau sur le visage pour se rafraîchir et rajouta une toute petite touche de rouge à lèvres clair et très peu voyant sur ses lèvres pulpeuses. Elle attrapa la lettre qu'elle avait laissé sur son lit et quitta sa chambre sans prendre la peine de descendre le plateau dans lequel se trouvait toujours de nombreux pancakes auxquels elle n'avait pas touché et sa tasse de café, toujours remplie, qu'elle avait réchauffée avant de l'abandonner. Elle descendit rapidement les escaliers et tomba nez à nez avec Henry qui se trouvait dans le salon. Il releva la tête de son livre en entendant le bruit des talons de sa mère.

« Tu as mangé mon chéri ? » Questionna Regina en cachant le morceau de papier derrière son dos.

« Oui. M'man a dû faire trop de pancakes ce matin avant de partir, elle en a laissé une assiette pleine sur le plan de travail, j'ai juste eu à les réchauffer. » Répondit-il naturellement.

« Quoi ? Attend. Qu'est-ce que tu as dit ? » Fit la brune en fixant son fils à la recherche d'une quelconque réaction négative.

« J'ai dit que m'man a fait trop de pancakes se matin, elle les a sans doute oubliés avant de partir mais du coup je les ai mangés. Qu'est-ce qui te perturbe ? Ce n'est pas comme ci je ne voyais rien. » Souffla Henry en lui souriant doucement. « Et puis, en dehors de grand-mère, tout le monde en ville a bien vu que tu souriais bien plus en présence d'Emma et qu'Emma rayonnait de bonheur en ta présence. Je ne sais pas trop ce qu'il y a entre vous mais c'est cool, si vous êtes heureuse c'est cool. » Reprit-il rapidement en voyant sa mère froncer des sourcils.

La mairesse de StoryBrooke du se retenir de toutes ses forces pour ne pas laisser échapper un léger soupir de soulagement après la réponse de son fils. Celui-ci aurait pu mal réagir en apprenant qu'il y avait un lien étrange, ambiguë entre ses deux mères et au lieu de crier et de faire un caprice, il trouvait ça cool. Elle s'approcha de lui, passa délicatement sa main de libre dans ses cheveux aussi sombres que la nuit et lui déposa un doux baiser sur le front avant de marcher, sans trop se précipiter, vers le hall d'entrée.

« Dépêche-toi d'aller la rejoindre. » S'exclama Henry sans bouger du salon.

Regina sourit un peu plus et attrapa sa veste qu'elle enfila pour ne pas attraper froid, après tout elle avait mis une robe sans manche. Elle ne prit pas la peine de prendre son sac à main, elle faisait simplement l'aller-retour entre son manoir et le poste de police, elle n'en avait pas pour très longtemps. Elle quitta donc son manoir et ferma la porte derrière elle pour être certaine qu'Henry serait en sécurité. Elle glissa sa main dans la poche de son manteau pour y trouver ses clés de voiture mais sa main buta contre une petite boite qui, dans ses souvenirs, n'avaient rien à faire dans sa poche. Elle la prit donc en main et la sortit, elle observa la petite boite noire sous tout les angles avant de se décider à l'ouvrir. Elle prit délicatement en main l'objet qui se trouvait à l'intérieur et admira avec beaucoup d'attention le petit porte clé en forme de pomme dans lequel était dessiné un majestueux cygne qui portait une royale couronne que sa petite tête. A l'interrelier de la boite restait un petit morceau de papier plié de nombreuse fois sur lui-même, elle le délia avec précaution et scanna rapidement l'écriture petite mais soignée.

« Peut-être qu'on pourrait y ajouter la clé du manoir et celle de mon futur appartement ? »

Son cœur bondit littéralement dans sa poitrine, Emma était-elle vraiment sérieuse ? Envisageait-elle vraiment un quelconque futur ? Était-elle vraiment en train de sous-entendre qu'elle allait enfin franchir le pas et quitter l'appartement de Mary-Margaret qui commençait vraiment à être petit pour trois adultes surtout lorsque les trois adultes sont en réalité des parents qui prévoyaient de faire un autre enfant et leur fille qui, pour le coup, était majeur et elle-même maman d'un adolescent. A cette idée, elle ne put s'empecher de sourire un peu plus, si Emma venait à quitter le nid familial, elles pourraient passer encore plus de nuit dans les bras l'une de l'autre. Car si Regina refusait de parler de sa relation avec la blonde pour pouvoir la garder rien que pour elle pendant quelques heures, Emma refusait que la brune mette les pieds dans l'appartement de ses parents – même juste pour une nuit calme avec des câlins inoffensif – de peur que le merveilleux parfum à la pomme de celle-ci n'envahisse l'appartement tout entier. Si Mary et Davis n'étaient plus dans les pattes de la blonde, elles pourraient ainsi se voir librement et aussi souvent qu'elles le voulaient sans avoir à constamment être au manoir Mills. Elle ferma son point autour du petit porte clé et sourit un peu plus, elle invoqua sa magie et se téléporta en face du poste de police. Elle avait promit à Henry de ne plus utiliser ses pouvoirs à tout va, de ne plus les utiliser pour faire quelque chose qu'elle pouvait faire elle-même sauf en cas d'extrême urgence et là, c'était clairement un cas d'extrême urgence pour son cœur qui ne se calmerait pas tant qu'il n'aurait pas de preuve que tout cela était bel et bien réel et non un doux rêve qu'elle était en train de faire – ou une très mauvaise blague de la part de la blonde qui était de plus en plus joueuse ses derniers temps. Elle se nota mentalement de passer par le Granny's pour acheter quelque chose à son fils avant de rentrer au manoir, elle le connaissait par cœur et savait pertinemment que les douces viennoiseries de Granny avait constamment raison de lui et que, si elle lui en ramenait quelques-unes, il ne lui en voudrait pas bien longtemps. Devant le poste de police, elle prit une profonde inspiration. Elle se redressa de toute sa hauteur, gardant le dos aussi droit que possible. Elle entra dans le poste et traversa le couloir d'un pas décidé, elle ne fit pas attention à savoir si qui que se soit se trouvait dans la pièce, elle entra directement dans le bureau du Sheriff – donc le bureau qu'occupait Emma – et ne put s'empecher de sourire en la voyant la regarder de haut en bas, avec une pile de dossier dans les mains. Elle ne put résister plus longtemps. Elle parcourut la courte distance qui séparait encore leurs deux corps, elle donna un vif coup avec la paume de sa main sur la pile de dossier qui échappa à la blonde pour venir s'écraser et s'éparpiller au sol. Ne perdant pas une seconde de plus, elle prit le visage de la jeune femme en coupe et fondit sur ses lèvres qu'elle n'avait pas encore gouté depuis son réveil. Dans son baiser, elle tenta de lui faire passer tout ce qu'elle ressentait secrètement pour elle, toutes ses choses sur lesquelles elle ne savait pas mettre de mot, sur lesquelles elle ne pouvait pas mettre de mot, sur lesquelles elle ne voulait pas mettre de mot de peur de les rendre encore plus réel qu'elles ne l'étaient déjà. Emma lui rendit évidement son baiser, elle n'allait certainement pas se faire prier pour embrasser la mairesse, puis elles se séparèrent lorsque le souffle se fit manquant.

« Tu sais qu'on n'est pas au manoir là ? » Fit doucement Emma pour la ramener à la réalité.

« Tu m'aimes vraiment autant qu'un chocolat chaud avec de la cannelle ? » Questionna la brune de but en blanc.

« Je t'aime bien plus qu'un chocolat chaud avec de la cannelle fait avec tout l'amour de Granny. Tu ne vas pas me détester hein ? » Souffla la blonde en grimaçant légèrement.

« Dans ses cas-là, moi je t'aime bien plus qu'un chausson aux pommes fait avec les fruits de mon pommier. » Répondit Regina en caressant doucement sa joue à l'aide de son pouce.

« C'est vrai ? » S'assura la Sheriff de la ville.

L'ancienne méchante reine hocha doucement de la tête de haut en bas en souriant de toutes ses dents. Cette fois-ci, ce fut Emma qui se jeta littéralement sur ses lèvres pour un langoureux baiser. La bulle dans laquelle les deux femmes se trouvaient éclata bien rapidement lorsqu'elles entendirent un bruit sourd provenant de derrière elles, elles sursautèrent toutes les deux et la blonde se plaça rapidement devant Regina pour la protéger d'un quelconque danger. Les deux jeunes femmes tombèrent sur David qui leur souriait doucement, d'un sourire forcé et bien trop gêné pour être vrai. Regina baissa son regard vers le sol pour savoir ce qui avait causé un tel bruit et elle dut mordre dans sa joue pour ne pas éclater de rire en voyant Mary-Margaret, allongé au sol, les yeux fermés. Venait-elle vraiment de faire un malaise à cause de leur baiser ? David ne semblait pas des plus paniqué quant à l'état de santé de sa femme qui était inconsciente donc cette hypothèse était la plus probable. Elle attrapa doucement le bras d'Emma et retint au mieux son sourire, elle déposa un délicat baiser sur la joue de la blonde et posa sa tête sur l'épaule de celle-ci.

Emma n'était certainement pas son véritable amour, elle n'était pas l'homme au tatouage de lion que lui avait prédit Clochette plusieurs années avant sa malédiction mais elle s'en fichait royalement. Elle n'avait pas besoin de véritable amour, elle avait simplement besoin de la blonde et de l'amour que celle-ci avait à lui donner. Et puis, si elle pouvait avoir la chance de voir son ex belle-fille faire des malaises dès qu'elle poserait ses lèvres sur celle de l'ancienne garante de caution, elle s'en sortait gagnante sur tous les plans.