Cette fic, ou plutôt mini fic devrais-je dire n'est qu'une vaste connerie. J'avais la tête dans le cul, à moitié réveillée quand l'idée s'est imposée à moi, les yeux encore encroûtés de sommeil. Je voulais en faire un OS, mais me rendant compte qu'il allait sans doute être très long, j'ai décidé de le couper. Il y aura, je pense, 3 ou 4 parties, peut-être cinq, mais pas plus. Le premier pose le décor, dans les suivants on aura plus de « sentiments » si je puis dire. Excusez le côté WTF de l'histoire, clairement, c'est un délire d'une meuf endormie, mais je ne pouvais pas ne pas l'exploiter.

Ceci se passe après la saison 15. Une fin fictive puisqu'à ce jour, personne encore ne peut se targuer de connaître la fin. Pour l'instant, Jack ne fait pas partie de l'histoire, veuillez m'excuser, mais jusque là, je ne lui ai pas trouvé de place dans ce SPN 2.0. J'essaierai quand même de le faire apparaître tôt ou tard, parce qu'on l'aime, ce nephilim. J'espère tout de même que malgré le côté perché, mon histoire vous plaira ! Ne soyez pas avares sur les reviews, j'adore avoir des retours sur vos impressions !


SERVICE D'IMMIGRATION ANGELIQUE - PARTIE 1

Ces derniers temps la vie des Winchester était étrangement calme. Quoique dire que c'était étrange serait revenu à dire qu'ils avaient mal faits leur boulot puisque cette fois, tout s'était déroulé comme prévu sans rechute cosmique. Ou quel que soit le nom qu'on puisse donner au karma, aux coups du sort et autre… tout allait bien. Pour la première fois depuis toujours, la vie était normale. Cela allait faire un an que la vie était normale, et étrangement… aucun d'eux n'avait eu le temps de s'ennuyer.

Avec l'aide de Jody, Sam et Eileen avaient décidé de s'installer ensemble dans une ville sans histoire. Ils vivaient une vie sans histoire et semblaient heureux comme ça. Pour la première fois en plus de quinze ans, les deux frères étaient séparés sans avoir besoin de se faire un ulcère d'angoisse. Sam avait repris les études là où ils les avaient arrêtés, bien décidé à décrocher son diplôme de juriste. Repartir sur la voie avocat à son âge n'était pas immédiatement dans ses plans, quoi que connaissant Sam, rien n'était impossible. Il avait toujours eu envie de défendre la veuve et l'orphelin, ça reviendrait, assurément.

Castiel, devenu pleinement humain avec la fin de l'apocalypse et l'anéantissement de tout ce qui pouvait bien être magique depuis la nuit des temps avait dû lui aussi dû s'adapter à cette nouvelle existence. Pour faire simple, il avait repris l'identité de Jimmy Novak, abandonné l'ancienne carrière de comptable, et avec l'aide de Jody, une fois encore s'était fait une place dans l'humanité puisqu'il travaillait désormais comme bibliothécaire et partageait un appartement avec Dean. Selon l'aîné des Winchester, Castiel n'était pas encore prêt à voler de ses propres ailes. De fait, il n'avait même pas compris l'ironie dans les paroles de l'ancien chasseur.

Dean finalement avait fait comme les autres, s'étant rangé. Un garage au rez-de-chaussée, l'appartement du dessus partagé avec Castiel, il passait ses journées les mains dans le cambouis, ses soirées, bière à la main à refaire une culture humaine digne de ce nom à Castiel. L'ancien ange faisait des progrès - à vrai dire, il n'avait pas le choix - et tout allait bien dans le meilleur des mondes. Les factures et la paperasse laissaient Dean assez incertain, l'empêchant parfois de dormir, mais pour le reste… la vie était telle qu'il avait toujours voulu la voir. Paisible. Sammy n'était plus en danger et tous pouvaient dormir sur leurs deux oreilles.

S'il restait une arme dans la boîte à gants de l'Impala, le coffre avait perdu de son piège à démon, les armes brûlées pour la plupart, abandonnées au bunker qui restait plus là par nostalgie que par nécessité. Aucun d'eux n'y était retourné depuis des mois, exception faite de Castiel qui avait dévalisé la bibliothèque. La vie était simple pour la première fois depuis toujours. Personne n'avait de souci à se faire pour personne.

Et nul ne se doutait cette fois que la seule chose qui allait s'acharner cette fois sur leur sort n'était autre que l'humanité elle-même. L'humanité et ses lois.


Ce soir-là était un vendredi soir comme un autre dans leur nouvelle vie. Sam et Eileen s'étaient joints à Dean et Castiel pour un dîner préparé par ce dernier, Castiel s'étant pris de passion pour la cuisine pour le plus grand bonheur de Dean qui, en bon macho qu'il était parfois, aimait rentrer chez lui et n'avoir qu'à glisser les pieds sous la table pour se régaler. Les vendredis soir étaient donc réservés aux soirées en famille. Une fois chez Dean et Castiel, une fois chez Sam et Eileen. De temps à autre, Jody et les filles se joignaient à eux, et bien que tous regrettaient ceux qu'ils n'avaient pas pu sauver, ils savaient profiter de cette nouvelle existence.

Castiel en maître des lieux à la cuisine s'activait aux fourneaux tandis que Dean posait en tas désordonné les couverts sur la table quand on frappa à la porte. Sam avait quitté le canapé, reposant sa bière sur la table basse pour aller ouvrir. Quelques secondes plus tard, sa voix raisonna dans l'appartement, faisant tomber sur l'ambiance détendue un silence de plomb.

« Jimmy ? Viens ici tu veux ? C'est pour toi, c'est… l'immigration. »

Si Eileen n'entendit rien et ne réagit pas les deux frères échangèrent un regard tendu tandis que Castiel quittait la cuisine sans s'en faire plus que ça. À se faire appeler Jimmy partout, sauf entre eux, il ne comprenait pas exactement ce qu'on pouvait lui vouloir, mais ne semblait pas vouloir s'en inquiéter au contraire des trois autres véritables humains dans la pièce. L'agent de l'immigration entra alors, invité par l'ancien ange, et il déballa rapidement ce pour quoi il était là.

« Monsieur Novak… vous êtes arrivé en Amérique il y a de ça vingt-cinq ans avec un visa de travail pour une durée de trois ans. Celui-ci n'a pas été renouvelé, et pour cause, vous avez épousé Amélia Daniels, ce qui vous a donné le droit de rester ici le temps que durerait votre union. Or madame Novak est décédée depuis un peu plus de douze ans maintenant, votre fille, Claire étant majeure depuis quelques années maintenant… vous n'avez plus aucune raison légale de demeurer sur le sol américain. À vrai dire vous êtes dans l'illégalité complète depuis presque cinq ans. Je ne sais pas comment vous avez fait pour rester introuvable aussi longtemps… mais vous avez à compter de ce jour, un mois pour rentrer chez vous en Tchéquie. »

Si jusque là le silence autour de la conversation avait été de plomb, il semblait s'alourdir encore. Sam pris un air ennuyé, expliquant à gestes hésitants ce que sa compagne n'avait pas pu comprendre, lui faisant écarquiller les yeux d'embarras, et après une très longue seconde de panique… Dean se remit en mouvement, étrangement assuré, s'arrêtant aux côtés de Castiel, non sans passer le bras à la taille du brun qui se raidit instantanément à ce contact. Ne perdant pas le nord et étrangement spirituel, il souffla alors, faisant les gros yeux à l'ange redevenu humain, essayant de lui faire comprendre qu'il avait intérêt à se ranger de son côté.

« Je t'avais dit qu'ils finiraient par te retrouver, Jim. Il serait peut-être enfin temps d'arrêter de te préoccuper de ce que pense ta fille par rapport à nous deux. Elle n'est pas idiote, le coup des colocs ça ne fonctionne pas… tu devrais assumer que tu m'aimes devant elle et accepter enfin de devenir mon mari ! Je t'ai dit cent fois au moins qu'elle s'en fiche. Elle comme tous les autres. »

Si derrière eux Sam offrait un regard surpris, Castiel lui n'en menait pas large non plus. Dean n'était pas stupide, pourtant. C'était bien connu. Le seul moyen d'empêcher Castiel de repartir dans le pays natal de son véhicule, c'était de jouer la carte du mariage. Et comme dans l'immédiat il n'avait pas de meilleur plan pour sauver son crétin de meilleur ami de l'immigration… ça lui semblait être la seule chose à faire. Ils pourraient toujours réfléchir plus tard à quelque chose de plus subtil.

« Je…. » fut la seule réponse émise par un Castiel perplexe, particulièrement empourpré. Au moins, sa réaction collait avec sa fausse déclaration.
« Vous êtes ? »

Il allait devoir continuer de la jouer fine, maintenant. Continuer de mentir de manière parfaite. Et prier pour que Cas le suive dans son délire. Mais la finesse n'avait jamais été son truc alors…

« Dean Winchester. Je suis le compagnon de cet empaffé. »

Et là, le mensonge et les questions débutèrent. Heureusement, Dean reçut un peu d'aide de Sam qui lui, avait compris bien plus vite son manège que Castiel. Pierre par pierre, le mensonge prit place. Quatorze ans plus tôt, Jimmy Novak avait croisé la route de Dean Winchester et celui-ci avait remis en question toute son existence. Il avait quitté femme et enfant pendant plus d'un an, pétri par la honte jusqu'à apprendre la mort de son épouse. Il avait prétexté le boulot pour accompagner Dean sur les routes si longtemps, mais avait enfin décidé de se poser quelque part un an plus tôt. Très fermé sur son histoire avec Dean, Jimmy n'avait jamais révélé à sa fille qu'il aimait un homme, ce qui expliquait que depuis tout ce temps, ils n'étaient pas encore mariés et vivaient ici tels des colocataires aux yeux de tout le monde ou presque.

Le gars de l'immigration avait fini par tourner les talons, à moitié convaincu seulement, disant avoir des choses à vérifier, et était parti en claquant la porte, promettant de revenir dans la semaine une fois tout ça « vérifié », et il avait laissé les quatre amis ensemble dans un étrange silence que Sam enfin avait coupé, se moquant cette fois-ci ouvertement de son frère et de son ami.

« Eh bien… mes félicitations à l'heureux couple. À quand le mariage ? »


Alors ? Verdict ? Qu'en pensez-vous ?

Prochain chapitre, promis, on décortiquera davantage les impressions et ressentis des personnages, mais celui-ci, très clairement était un placement de décor !