Titre : Sa seconde chance

Genre : Romance

Rating : T

Résumé : Après la guerre, Hermione et Drago se rencontrent par hasard et sans y prendre garde, tombent amoureux. L'histoire d'Hermione et Drago cinq ans après la guerre. L'histoire de leur rencontre fortuite, de leurs sentiments... celle d'une seconde chance. L'histoire de leur vie.

Couple : Hermione/Drago

Disclamer : Harry Potter ne m'appartient pas.

Spoiler : Les sept livres

Note : Bonjour à tous et à toutes ! J'espère que vous aimerez cette fanfiction. J'ai voulu faire quelque chose de léger et simple pour une fois. Cette période de confinement forcé m'a permis de reprendre cette fanfiction mise de côté depuis un moment. Je posterai la suite samedi et il y aura 4 chapitres et un épilogue. Bonne lecture !


Chapitre 1 : Au hasard d'une rencontre


C'était lors d'une rencontre avec un écrivain, un de ses écrivains préférés soit dit en passant. La surprise qu'elle ressentit fut tellement grande qu'elle resta à le fixer bêtement de longues secondes. Lui l'avait reconnue et venait vers elle, se délectant de l'étonnement qu'il lisait chez la Gryffondor.

Le plus naturellement du monde, il l'avait saluée.

Et il n'y avait eu ni provocation, ni froideur, ni quoi que ce soit d'autres. Il avait été neutre et poli.

Lorsque Hermione sortit de sa torpeur, il était toujours en face d'elle et affichait une expression amusée.

Enfin quelque chose de normal : le retour de l'insupportable sourire taquin. Cela la remit d'aplomb et elle le salua.

"Malefoy."

Son ton avait été détaché et après un hochement de tête, elle s'était éloignée.

Elle ne savait pas ce qui l'avait le plus étonnée. Peut-être était-ce le fait de le revoir après ces cinq ans alors qu'on n'entendait plus parler de lui ? Peut-être était-ce le sourire sincère qu'il avait en discutant avec le libraire lorsqu'elle l'avait aperçu ? Peut-être était-ce le simple fait que l'écrivain en question n'était pas un sorcier et que son pire ennemi, vêtu d'un jean et d'une chemise blanche, semblait parfaitement dans son élément au milieu de la petite librairie moldue ?

Elle ne savait pas et Hermione détestait ne pas savoir alors le temps que la rencontre débute, elle se tritura les méninges. Fronçant les sourcils, droite sur sa chaise, elle ne fit pas attention au jeune homme qui prit place à ses côtés.

"Alors toi aussi tu aimes les oeuvres de William Pears ?"

Cette question murmurée et son intonation espiègle eurent le don de la ramener les pieds sur terre. Non, elle ne rêvait pas, Drago Malefoy, l'horrible petite fouine Serpentarde, était en train de lui adresser la parole. Elle savait qu'il avait finalement combattu à ses côtés, mais il restait à ses yeux son ancien ennemi. Elle ne s'était jamais trop posé de questions sur Malefoy et sa soudaine disparition du monde sorcier.

Se rendant compte qu'elle devait avoir l'air particulièrement stupide avec son air ahuri, elle ferma la bouche et se força à répondre. Son esprit resta une demi-seconde perplexe. Quoi répondre face à une question aussi absurde ? Elle ne serait pas là si ce n'était pas le cas. Elle réalisa alors qu'il voulait juste engager la conversation.

"En effet, souffla-t-elle seulement.

- Ouf, j'ai bien cru que je n'aurais jamais de réponses."

Elle devait être particulièrement dérangée ce soir, mais son cerveau s'arrêta brusquement. Il souriait. Non ! Il lui souriait.

Assis sur une chaise, penché vers elle, il arborait un sourire et celui-ci n'avait rien à voir avec son habituel sourire en coin. C'était un vrai sourire, un qui illumine un visage, qui rend heureux et en l'occurence, qui transforme un homme. Elle en venait presque à douter de son identité. Était-ce vraiment Drago Malefoy ? Le Drago Malefoy ? Celui qui pendant cinq années s'était acharné contre elle ?

Son sourire se fana et elle vit ses yeux si clairs s'assombrir. Le gris lumineux qui les habitait encore quelques secondes plus tôt venait de devenir orage et les nuances qu'elle y discernait la laissèrent... indécise. Elle sentait une certaine tension dans ses épaules et une attente dans son regard. Son air aristocratique revint avec la disparition du sourire et elle le reconnut à nouveau. Étrangement, cela la réconforta.

Il dut le sentir car son visage froid reprit une expression plus avenante. Enfin, elle réagit. Il avait changé. C'était indéniable et tout ce qu'elle voyait le lui prouvait. Elle décida de tenter le tout pour le tout.

"Qui êtes-vous et qu'avez-vous fait de Drago Malefoy ?" questionna-t-elle en imitant le ton taquin du blond.

Son jeu d'actrice devait laisser à désirer, mais elle obtint le résultat voulu. Il recommença encore et un étrange soubresaut secoua son ventre. Drago Malefoy lui souriait.

Il haussa les épaules alors qu'elle sentait la tension s'évanouir. Il s'accordait quelques secondes de réflexion et elle se surprit à le détailler encore. Il avait toujours ce même soutien noble et fier. Celui-là même qui l'avait fait se tourner vers lui en entrant dans la librairie. Il avait grandi, c'était indéniable, et ses cheveux blonds autrefois si impeccablement coiffés en arrière était aujourd'hui bien plus longs et noués un catogan. Une mèche pâle reposait paresseusement sur son épaule gauche et une autre, retombait sur son front. Cependant, la perfection de son apparence lui donnait presque l'impression d'une mise en scène. Sa chemise blanche tombait parfaitement sur ses épaules carrées. L'adolescent fluet qu'il avait été avait disparu et un homme souple, plus imposant avait pris sa place. Oh, il n'était pas bodybuildé ou quelque chose comme ça. Non, il était juste plus... viril.

Elle fronça les sourcils face à ses réflexions tandis qu'il se tournait lentement vers elle.

"Je crois bien qu'il a muri... beaucoup muri."

D'amusé, son regard devint plus profond et elle y lut un éclat qu'elle reconnut. C'était le même qu'elle avait vu pendant longtemps et qu'elle apercevait encore parfois dans le miroir de sa salle de bain. L'éclat de la souffrance, de la colère. Celui de l'innocence perdue. Alors, elle avait fait ce qui lui avait semblé le plus juste.

Elle lui avait souri. Elle, Hermione Granger avait souri à Drago Malefoy. Et comme un reflet, il avait fait de même et une petite flamme s'était allumée dans son ventre.

Ce soir-là, elle eut du mal à dormir. D'abord, elle était contrariée. Oui car avec tout ça, comprenez Malefoy, elle n'avait pas suivi et participé comme elle le voulait à la rencontre avec William Pears. Elle qui l'avait attendue pendant des mois, qui avait bassiné Harry, Ron et Ginny avec ça, elle avait passé presque toute la rencontre perdue dans ses pensées et ses remises en cause.

Ensuite, ils avaient beaucoup discuté et ce dès la file d'attente pour la dédicace de leurs livres. Elle avait d'ailleurs été agréablement surprise de découvrir dans les mains de Malefoy les mêmes livres que dans les siennes. Ils étaient tout aussi abîmés par de nombreuses lectures et cela suffit à lancer la conversation.

Il pleuvait lorsqu'ils sortirent, mais Hermione était au beau milieu d'une explication philosophique sur son roman favori, L'aube grise, et comme c'était aussi le sien, il lui avait négligemment montré la devanture d'un pub d'apparence assez calme. Sans cesser de parler, elle l'avait suivi et c'est ainsi qu'ils s'étaient retrouvés autour d'une table à discuter littérature comme deux vieux amis.

Ils avaient échangé un regard gêné quand un serveur était venu leur apporter les menus, c'était donc un pub/brasserie, et finalement, vu qu'il était l'heure et qu'ils avaient faim, ils commandèrent.

Ça c'était la deuxième raison pour laquelle elle était contrariée : elle avait dîné avec Drago Malefoy.

La troisième raison, cependant, restait la pire. Tout aurait pu s'arrêter là, mais cela n'avait pas été le cas et au fil de la discussion, elle avait saisi qu'il possédait désormais sa propre librairie -elle comprenait mieux à présent la discussion joyeuse qu'il avait eu avec le libraire- et qu'il organisait une rencontre littéraire la semaine suivante. Alors naïve et passionnée, elle avait répondu présente à son invitation. Et il lui avait souri. La flamme dans son ventre avait ronronné et un sentiment de bien-être s'était emparé d'elle.

Oh, elle ne l'avait pas vu venir. Non, non ! Tout ce qu'il faisait l'avait laissée trop stupéfaite. Elle s'était toute concentrée sur cet étrange nouveau Malefoy et n'avait aucunement cherché à comprendre les sentiments qu'il provoquait en elle. Elle avait déjà bien trop à penser. Plus ils discutaient et plus la case Drago Malefoy de son cerveau se désagrégeait.

Rien, il n'était plus rien de ce qu'il avait été et dans sa tête, une révolution s'était déclenchée.

Elle dura toute la nuit et heureusement, ses recherches la journée du lendemain étaient assez passionnantes pour la sortir de ses pensées. Pourtant, le soir suivant, elles revinrent, insidieuses et entêtantes.

Elle avait eu du mal à le réaliser et à l'accepter mais la soirée qu'elle avait passé avec Malefoy avait été parfaite. Du début à la fin ! Parfaite et irréelle.

Cependant, une preuve vint le lendemain sous la forme d'un grand hibou noir. Il lui envoyait le programme de la rencontre et oublieuse du fait qu'il s'agissait de Malefoy, cela l'avait réjouit.

Le programme lui plaisait et la perspective de cette soirée l'excitait. Elle connaissait de noms les écrivains qui seraient présents et elle appréciait leurs œuvres.

Elle ne se déroulait que trois jours après et donc elle aurait le temps de réfléchir et de remettre ses pensées au clair.

C'était ce qu'elle avait prévu, mais une de ses recherches évolua et elle fut débordée malgré le soutien de ses collègues. Le laboratoire ne redevint calme que le jour même de la soirée. Elle partit plus tôt pour s'accorder une sieste bien méritée et pouvoir ainsi profiter de la soirée. Lorsqu'elle se réveilla, ses interrogations la reprirent et bien décidé à s'amuser, elle les chassa dans un coin de son esprit. Après tout ce n'était pas un rendez-vous avec Malefoy, c'était une rencontre littéraire. C'est sur cette pensée qu'elle transplana.

Le jour où elle était entrée dans la librairie de Rolf pour la rencontre avec William Pears, il n'avait pas été surpris et pour cause, il savait déjà qu'elle serait là. Il avait vu son nom sur la liste de son ami. Un tas de souvenirs lui étaient revenus à l'esprit. Il n'en était pas très fier, pas fier du tout à vrai dire et avouait sans problème qu'il avait effectivement fait bien des conneries pendant sa jeunesse. Il ne s'était rendu compte que tard de tout ce que ses opinions impliquées, opinions qui étaient celles de son père. Un père qu'il avait toujours écouté et respecté. La réalisation de ses erreurs avait été dur, mais ce n'était rien à côté de la souffrance qu'il avait ressenti en comprenant que son père était pleinement conscient et d'accord avec ces idées.

Il l'avait cru, longtemps. Très longtemps il avait pensé que les enfants nés de parents Moldus étaient inférieurs à eux. Cela lui semblait même logique. Après tout, ses deux parents étaient des sorciers donc il était normal qu'il soit plus fort ?

Et puis, elle était arrivée. Elle et son intelligence, sa vivacité. Elle était brillante. Il le savait, il l'avait toujours su et c'est pour ça qu'il l'avait tant détestée. Déjà, elle remettait inconsciemment en cause ses convictions. À cette époque-là, il s'était acharné contre elle plutôt que de voir l'évidence. Il avait tort. Et c'était drôle. La guerre n'avait pas éclaté. Il n'y avait pas de morts, pas de trahison, plus de seigneur des ténèbres. En soi, rien n'allait très loin. Il l'embêtait, la provoquait et la mettait en colère.

Mais ce n'était qu'un juste retour des choses car elle aussi l'énervait. À brillante, il avait dû amèrement rajouter belle à la liste de ses qualités lorsqu'elle était arrivée dans la grande salle au bras de Victor Krum. À partir de ce jour, il n'avait eu d'autres choix que de la regarder différemment.

Puis, les choses sérieuses avaient commencé. D'abord, il avait été fier, immensément fier du rôle que lui donnait son père. Il lui faisait confiance et il allait lui prouver qu'il était bien son fils. Il l'avait fait, à sa hauteur en cinquième année. Ça restait un jeu de cache-cache. Empêcher les Gryffondors et leur petit club de se réunir. L'embêter elle, toujours et encore. Déjà cependant, il se voilait la face. Il voyait ce qui se passait. L'expression de folie de son père, la peur de sa mère.

C'est ce sentiment qui l'avait mis sur la voie. Sa mère était inquiète, même plus, elle était terrifiée. Si son père était son modèle, son héros, sa mère était un ange. Il l'aimait, profondément, sincèrement et elle lui rendait bien. Malgré sa peur, elle avait suivi son père. Pourquoi ? Par conviction, par amour ou par crainte ? Il ne savait pas. L'été après sa cinquième année avait été décisive. Il avait participé à sa première mission en tant que mangemort et il n'avait pas pu fermer les yeux plus longtemps. Il avait vu des hommes, des femmes et des enfants mourir. L'expression neutre qu'il avait appris à conserver en toutes circonstances depuis son plus jeune âge l'avait aidé à s'en sortir. Il était ressorti indemne de cette mission, mais son innocence, elle, s'était envolée.

Ce soir-là, quand il était rentré au manoir, sa mère l'attendait dans sa chambre. Elle lui avait jeté un tel regard que son masque s'était fissuré et il s'était retrouvé blotti dans ses bras, pleurant à chaudes larmes, comme des années auparavant lorsqu'il se réveillait après un cauchemar.

Depuis ce jour, tout avait changé dans sa vie et elle s'était complexifiée par la même occasion. Au début, il avait vainement essayé de voir jusqu'où son père croyait en ses idées absurdes. Et il avait compris. Lui était perdu et avec, l'image d'un père qu'il avait tant adoré.

Son monde s'était écroulé. Tout ce en quoi il croyait venait de s'effondrer comme un château de cartes. Alors, il avait cherché la vérité et elle lui avait donné la réponse. Le jour de la rentrée, avec cette mission ignoble à accomplir, il l'avait croisé et à son regard déterminé, il avait compris. Il avait tort. Elle avait raison.

Impulsif comme un Gryffondor, il avait rapidement trouvé le moyen de voir Dumblerdore. Lui pourrait l'aider. Il l'avait fait certes. Pas de la façon qu'il aurait aimé, mais il l'avait aidé.

Son implication était telle que la neutralité n'était pas envisageable et le vide que son père avait laissé en lui se transformait lentement, mais sûrement en haine. Alors il avait accepté -encore une action digne d'un Gryffondor- et il était devenu, à l'instar de son parrain, espion pour l'Ordre du phœnix.

Rien n'avait été simple. Dumbledore et quelques privilégiés étaient les seuls à connaître son double jeu. Il avait cependant arrêté ses moqueries envers les enfants nés de parents moldus. Eux au moins avaient un père sain d'esprit ! Sa mère en revanche, n'était pas au courant. Il ne voulait pas l'inquiéter et ainsi ils avaient pu monter leur plan, leur horrible plan avec Severus et Dumbledore. Il lui avait semblé fou, encore plus fou que Voldemort peut-être. Néanmoins, il l'avait appliqué. Il ne l'aimait pas mais après l'avoir froidement analysé, il admettait qu'ils n'avaient pas d'autres choix.

Dumbledore était mort, lui en disgrâce et Rogue éloignait de tout soupçon. Il y avait eu des représailles bien sûr. De douloureuses représailles. Selon le plan de Dumbledore, il aurait dû s'abriter derrière l'ordre suite à cela. Or, il savait très bien qu'il serait devenu inutile. Juste bon à se cacher et il ne le supportait plus. Malgré les protestations de son parrain, il était resté un agent double et pendant cette sombre dernière année, il avait effectué les missions qu'on lui confiait. Surveiller les Serpentards surtout. Ça avait été dur. Il avait perdu son statut de prince et donc les membres de sa maison s'éloignaient de lui. Cependant en un an et avec l'aide de Pansy et Blaise, peut-être les deux piliers de sa vie pendant la fin de la guerre, il avait réussi. Une liste complète avait ainsi été remise à l'ordre avec les noms des partisans de Voldemort.

Soutenu par McGonagall et Kinglsey au courant de son double jeu, il s'était battu du côté du bien pendant la grande bataille de Poudlard. Son côté, celui qui lui correspondait.

Oui, comme Severus, on avait reconnu son rôle. Perdu au milieu des remises de médailles ou autres, peu y avait fait attention et à vrai dire, lui voulait juste oublier. Tout oublier. La guerre, les morts, celle de son propre père de sa main, l'emprisonnement de sa mère, tout !

Son nom restait taché et même si les gens savaient parce que les rumeurs avaient couru, ils le fuyaient. Peut-être ressemblait-il trop à son père ? Les regards haineux qu'il sentait dans son dos n'avaient de cesse de lui rappeler cette période horrible.

Alors, il avait fait quelque chose de fou. Jamais il n'aurait imaginé vivre un jour chez les modlus, et pourtant... Il avait vendu le manoir Malefoy, souillé à jamais, prit le strict minimum et avait disparu du monde des sorciers.

Il avait gardé contact avec Pansy et Blaise, mais c'était tout. Dégoûté, il n'avait pas touché l'argent de ses parents. Il n'en voulait pas et le laissait dormir à Gringotts.

Et là, enfin, il s'était demandé ce qu'il voulait faire de sa vie. Il avait pensé mourir l'année précédente et maintenant que tout était fini et qu'il allait vivre, il s'était senti plus perdu que jamais. Ses convictions ne le poussaient plus en avant. Le bien ayant triomphé, elles n'en avaient plus besoin et il avait passé un été amorphe dans le Londres moldu. Son boulot de serveur lui prenait heureusement beaucoup de temps et ça l'avait empêché de trop ruminer. Finalement, il s'était inscrit dans une école de commerce avec une spécialisation en littérature. Il savait qu'il voulait être son propre patron et gérer son entreprise comme il l'entendait.

Après trois ans et sitôt diplômé, il avait ouvert sa librairie. Il refusait toujours d'utiliser l'argent des Malefoy et avait emprunté à la banque. Associé avec Blaise la première année, il l'avait ensuite remboursé et depuis, sa librairie prospérait. Finalement, il écoulait l'argent de sa famille en diverses dons au gré de ses envies. Peu à peu, il vendait leurs possessions à travers le monde. Tout était de toute façon trop clinquant à ses yeux maintenant.

La guerre était bel et bien derrière lui et il s'était pardonné ses erreurs de jeunesse. Blaise et Pansy l'avaient beaucoup aidé là-dessus.

La deuxième année, il avait pu embaucher un employé pour l'aider, bientôt suivi d'un deuxième. Il avait agrandi sa librairie, créant un pendant côté sorcier. Ça avait en effet été la condition de Blaise. Il l'aidait mais alors il lui promettait de ne pas se fermer au monde sorcier.

La discrétion dont il avait fait preuve pendant cinq ans avait calmé les cœurs et il avait accepté d'ouvrir sa librairie au monde sorcier.

C'était ainsi que du haut de son bureau, il l'avait aperçu. De son côté, il avait vu sur la librairie à l'étage en dessous. Vu d'en bas, les clients ne voyaient que les étagères de livres. Il venait de finir ses comptes et s'accordait une pause quand son regard s'était de lui-même posé sur la jeune femme.

Il l'avait tout de suite reconnu. Ses boucles brunes et sauvages qui encadraient son visage fin, son air passionné, ses mimiques. C'était Hermione Granger.

Il avait senti son cœur s'affoler dans sa poitrine avant de se reprendre. Une librairie sur le chemin de traverse, il était évident qu'elle pousserait la porte un jour.

Il l'avait observée déambuler dans la librairie. Elle était bien restée une demie-heure et il ne l'avait pas quittée des yeux.

Il l'avait reconnue aussitôt et pourtant, tout lui semblait différent. Elle ne portait pas de cape en ce mois d'août et sa démarche assurée ondulait sur le parquet. Son geste délicat pour remettre en place une mèche rebelle, le mordillement de sa lèvre inférieure lors de ses hésitations et surtout son sourire envoûtant, tout cela lui paraissait nouveau. Après, il avait compris. Elle était devenue une femme voilà tout.

Après son départ, il avait tenté d'oublier ce moment et il avait merveilleusement bien réussi jusqu'à ce que Rolf, un ami de l'association des libraires côté moldu, ne l'invite à sa rencontre littéraire. Il connaissait son attrait pour William Pears et Drago n'avait pas cherché à résister. Il était arrivé plus tôt pour l'aider et il avait lu son nom sur la liste. Il était allé directement vers elle en la voyant, chassant alors les souvenirs qui revenaient dans son esprit.

Il avait croisé son regard surpris et un sourire taquin s'était épanoui sur ses lèvres. Il l'avait saluée simplement et le temps qu'elle sorte de sa torpeur, il avait découvert deux prunelles noisettes. Les reflets chocolats qu'il y voyait l'avait intrigué. Ses yeux étaient tellement expressifs et ne lui indiquaient que la surprise. Un étonnement sincère et spontané. Son sourire amusé était revenu de plus belle.

Elle lui avait alors rendu son salut, neutre et poli, et après un signe de tête, s'était éloignée. Il l'avait suivie du regard et un sentiment de regret l'avait pris. Il regrettait beaucoup de choses dans sa vie et même si la guerre était loin de lui à présent. Même si ses années à Poudlard restaient entachées de noir, elle était là. À portée de main. Et il prit sa décision. Cela ne changerait rien, mais il s'excuserait. Elle le méritait et lui aussi certainement.

Il ne pouvait pas être trop direct non plus alors il s'était assis à côté d'elle. Elle réfléchissait apparemment activement. Il lui avait posé la première question qui lui venait par la tête, leur point commun. Ce n'est qu'après qu'il avait réalisé ô combien stupide elle pouvait être. Bien sûr qu'elle aimait les oeuvres de Pears puisqu'elle était là. Il ne dit rien cependant, attendant sa réponse, car elle allait lui répondre, n'est-ce pas ?

Après un second regard perplexe, elle l'avait fait et il s'était un peu détendu. Sa réponse restait laconique et ses yeux fixés sur lui. Elle l'observait comme pour être sûre qu'il était vraiment là.

Il perdit son sourire peu à peu, inquiet de cet air suspicieux. Il la savait intelligente et dotée de beaucoup de qualités humaines. Si elle le repoussait, il pouvait d'ores et déjà abandonner son retour dans le monde sorcier.

Cependant et à son plus grand soulagement, elle avait quitté son expression sceptique et une lueur avait brillé dans ses yeux. Un peu de nostalgie, de confort.

"Qui êtes-vous et qu'avez-vous fait de Drago Malefoy ?"

Son ton faussement taquin l'avait fait sourire à nouveau. Hermione Granger et son don d'empathie. Elle avait perçu ses sentiments et tentait maladroitement de le mettre à l'aise.

Néanmoins, il s'agissait là d'une vraie question. Elle le trouvait différent. Il avait détourné son regard. Bon, ses excuses devraient attendre un peu.

Il sentait ses yeux sur lui alors qu'il réfléchissait à sa réponse. Elle le détaillait curieusement et il ressentit un étrange soubresaut dans son estomac. Ainsi, elle ne le repoussait pas et elle était prête à le connaître, un peu tout du moins.

"Je crois bien qu'il a muri... beaucoup muri."

Finalement, il avait dit ce qui lui semblait le plus vrai. S'il voulait s'excuser, autant commencer par être sincère. Drago Malefoy n'était pas mort. Il ne reniait pas son passé, mais il l'avait accepté.

Cela lui avait convenu comme réponse, il le lisait dans ses yeux. Lentement, ses lèvres s'étaient étirés en un doux sourire et le soubresaut dans son estomac était revenu. Il n'avait pu que lui sourire en retour.

La rencontre littéraire avait été totalement effacée de son esprit et l'heure passa très rapidement. Ils étaient tous les deux perdus dans leurs pensées. Puis, ils avaient discuté à nouveau en attendant une dédicace. Il l'avait écoutée lui parler de ses lectures et sans trop savoir comment, ils s'étaient retrouvés dans un pub en train de dîner.

Le courant passait définitivement très bien et il avait vécu là une de ses plus belles soirées depuis le début de l'année. Naturellement, il l'avait invitée à sa prochaine rencontre littéraire. Elle avait dit oui, il en avait été heureux.

Il lui avait envoyé le programme. Il savait qu'elle viendrait et le jour J, il la vit effectivement entrer dans sa librairie côté moldu.

"Malefoy. Je pensais que tout serait prêt.

- Granger. Eh bien non, je n'ai pas eu le temps. Je viens juste de fermer la librairie. Tu m'aides ?"

Il lui restait une demi-heure avant la rencontre. Elle leva les yeux au ciel et acquiesça. Rapidement et d'un sort discret, ils créèrent une illusion sur la vitrine, trompant les moldus. Puis, il se chargea de pousser les meubles massifs sur les côtés, dégageant un espace au milieu. Hermione avait ramené les chaises, la table comportant les livres des auteurs à vendre. Tout fut prêt à temps et ils rompirent l'illusion juste avant que la porte s'ouvre. Les baguettes rangées, ils saluèrent le premier auteur et peu à peu, les invités arrivèrent.

Cette fois-ci, ils restèrent concentrés sur la rencontre qui se déroula merveilleusement bien. Elle s'acheva aux environs de vingt heures. Hermione discutait toujours avec un des auteurs et ce dernier prit finalement congé.

"Merci Drago pour cette soirée. C'était vraiment très bien", déclara-t-il en lui serrant la main.

Puis il se tourna vers Hermione.

"Mademoiselle."

Elle lui sourit et une fois seuls, se tourna vers Drago. Il eut un sourire amusé qui la fit soupirer.

"Je t'aide ?

- Avec plaisir."

Cela ne leur prit que quelques minutes pour tout remettre en place et elle était en train de prendre son manteau quand il l'avait interpelée.

"J'ai quelque chose à te montrer."

Intriguée, elle l'avait suivi dans l'arrière boutique. Ils avaient traversé une grande salle encombrée et en ouvrant la porte du fond, elle avait été surprise de voir une autre librairie. Il alluma la lumière et elle réalisa qu'elle connaissait cet endroit.

"Le chemin de traverse ?" souffla-t-elle en regardant l'extérieur.

Il l'avait observée se promener dans les rayons et elle était finalement revenue vers lui.

"Tu possèdes une librairie du côté moldu et une librairie du côté sorcier ? C'est..."

Encore une fois, elle lui lançait ce regard de doute. La question était lisible dans ses yeux. Qui était-il ?

"Je t'explique, promit-il, tu viens dîner ? Je connais un bon restaurant pas loin."

Cela l'avait étonnée et elle avait prit quelques secondes à lui répondre : un oui balbutié. Elle était bien trop curieuse et il proposait des explications. C'était trop tentant.

Lorsqu'elle avait relevé les yeux, il souriait. Le sourire qui change un homme et celui qui retournait son estomac.

Ils revinrent du côté moldu et elle récupéra son manteau et son sac. Ils sortirent en silence.

Il paraissait heureux. Lentement, il la guida dans les rues adjacentes. Elle était replongée dans ses pensées. Des fois, elle sentait son épaule la frôler et une main dans le bas de son dos, la ramena à la réalité. Ils étaient arrivés.

"On entre ?

- Ok."

Elle reconnut à peine sa voix. En une semaine, ça faisait déjà deux fois qu'elle dînait avec Malefoy. Heureusement que le week-end arrivait, elle pourrait réfléchir sérieusement à cette situation.

Un serveur vint vers eux avec un air ravi.

"Dray ! Bon sang, ça fait une éternité non ?"

Sous son regard ébahi, l'homme étreignit rapidement Malefoy.

"Oui, ça c'est sûr, Jeff. Je vois que rien ne change ici."

C'était un restaurant français, petit et clair. Il ne payait pas de mine de l'extérieur, mais l'intérieur était accueillant. Hermione sursauta presque à l'entente de son prénom. Jamais elle n'aurait pensé que Malefoy l'appellerait par son prénom un jour. C'était pourtant tout ce qu'il avait dit pour la présenter, son prénom. Jeff l'avait poliment saluée avec un sourire radieux et il les avait installés à une table tranquille.

Hermione n'avait absolument rien suivi de leur conversation et elle devinait qu'il le savait.

"Je me rends compte que je ne te l'ai pas demandé, mais tu t'appelles toujours Granger ? Je ne savais pas comment te présenter à Jeff alors..."

Il avait un regard hésitant et un rire la prit. Si on lui avait dit qu'elle verrait Malefoy avec cet air-là ! Il fronça les sourcils et soudain, un sourire amusé gagna ses lèvres. Cela la calma quelque peu. Il garda son regard sur elle. Ses yeux étaient d'un gris très clair comme le ciel après la pluie.

"Non, murmura-t-elle. Je ne suis pas mariée ni même en couple et je m'appelle toujours Granger. Tu suis à ce point l'actualité sorcière ?"

Il tressaillit involontairement à sa réponse. Sans savoir pourquoi, il aimait sa voix agréable et ce qu'elle venait de lui dire. Bien sûr, il savait ce qu'elle sous-entendait. Elle s'interrogeait sur sa disparition du monde sorcier et sa connaissance du monde moldu.

"Ah oui, les explications. J'ai travaillé ici après la bataille de Poudlard", déclara-t-il de but en blanc.

Elle parut surprise, mais elle ne dit rien, l'encourageant par son silence à continuer.

"Tu sais, je ne pensais pas m'en sortir vivant et quand j'ai réalisé que... qu'il y aurait un lendemain, j'étais vide. Je ne savais pas quoi faire et avec un nom aussi souillé que le mien, j'ai décidé d'aller au seul endroit où je passerais inaperçu. Chez les moldus."

Il n'était plus aussi assuré, mais son regard restait posé sur elle. Un regard limpide et sincère.

"J'ai travaillé dans ce restaurant pendant trois ans. L'été, durant les vacances, le soir après mes cours. J'ai fait une école de commerce avec une spécialisation en littérature. À la fin de mes études, j'ai ouvert ma librairie côté moldu. Blaise m'a aidé, mais il tenait à ce que je réapparaisse dans le monde sorcier.

- Et donc tu as ouvert une librairie communiquant avec les deux mondes, compléta Hermione. C'est... impressionnant."

Il apprécia le compliment.

"Merci. La première année était assez dure, j'ai attendu la deuxième année pour que ça décolle vraiment.

- Il y a quelque chose qui m'intrigue. Tu es riche, non ? Pourquoi travailler pendant tes études ? Pourquoi travailler tout court d'ailleurs ?

- Les Malefoy sont riches, corrigea-t-il, et les investissements de mon père ne me convenaient pas. Je les ai tous arrêtés. J'ai vendu le manoir et je donne petit à petit l'argent sale qu'ils ont amassé."

Si elle le regardait maintenant avec surprise, il avait perçu l'étincelle de souffrance dans ses yeux. Il n'oubliait pas qu'elle avait été torturée au Manoir Malefoy.

"Mauvais souvenir, hein", souffla-t-il doucement.

Il voulait lui montrer qu'il savait et qu'il compatissait. Elle opina. Parfois elle revivait cette scène dans ses cauchemars. Elle se réveillait en pleurs, couverte de sueur et les jours qui suivaient n'étaient franchement pas agréables. Elle peinait à laisser le sommeil la gagner de peur de cauchemarder à nouveau.

Sans qu'elle ne sache pourquoi, son regard doux sur elle l'apaisa. Elle réalisa qu'il devait également être encore hanté par la guerre. Il savait certainement ce que c'était d'être torturé. Heureusement, Jeff réapparut pour prendre leurs commandes.

"Et alors, vous avez choisi ?" demanda-t-il, professionnel.

Ils échangèrent un regard gêné.

"Non pas vraiment, répondit Hermione d'une petite voix.

- Pas de soucis, vous devez avoir beaucoup de choses à vous dire. Faites-moi signe."

Et il repartit. Beaucoup de choses à se dire ? Elle se rappela qu'elle n'avait pas suivi sa discussion avec Malefoy. Il avait dû la présenter rapidement.

"Le bœuf bourguignon est excellent", fit savoir le blond.

Elle ouvrit la carte.

"Qu'est-ce que tu veux ? questionna-t-il en reposant la sienne. Viande, poisson ? Végétarien ?

- Quelque chose de léger. Peut-être une salade ?

- La salade du chef est ma préférée."

Elle lut la description et referma la carte avec un sourire.

"Ok, je prends ça alors."

Drago rappela Jeff et ils commandèrent.

"Et en boisson ?"

Il se tourna vers elle.

"Un vin ? proposa la brune. Je n'ai pas de préférence."

Il demanda un vin rouge et Jeff fila en direction des cuisines.

"Tu es déjà allée en France ? interrogea Drago.

- Oui, avec mes parents. Ce sont de bons souvenirs. Et toi ?

- Oui, avec mes parents aussi, mais les souvenirs ne sont pas aussi bons. C'était pour une réception je crois. Je me souviens m'être mortellement ennuyé cette soirée-là.

- Il faudra que tu y retournes. La France est magnifique et tellement diversifiée."

Il approuva et Jeff revint avec leur plat.

"Tu as raison, Malefoy. C'est parfait", avoua la jeune femme après une bouchée.

Elle s'attendait à une remarque du genre : j'ai toujours raison. Mais à la place, elle le vit reposer sa fourchette.

"Je comprendrais si tu ne voulais pas, mais je préférais que tu m'appelles Drago. Malefoy c'est... ça me rappelle des années d'erreurs dans un château en Écosse."

Le ton de la fin de sa phrase était rieur et badin, mais la demande était sincère.

"D'accord, Drago. Je ne veux plus entendre de Granger alors", fit-elle avec un clin d'œil.

Il acquiesça alors qu'un sentiment de bien-être s'emparait de lui. Son prénom semblait tellement différent dans sa bouche. Les sonorités dures étaient adoucies par sa voix.

Elle avait recommencé à manger et à ses mimiques, il devinait qu'elle se régalait. C'était tellement étrange de la voir si détendue en face de lui. Étrange, mais plaisant. Très plaisant.

"Tu ne manges pas ? demanda-t-elle, une pointe d'inquiétude dans son regard.

- Si, je... Tu sais pourquoi je t'ai abordée à la rencontre littéraire ?"

Pour le coup, c'est elle qui arrêta de manger. Il lisait toujours l'inquiétude sur son visage.

"Non, ça m'a intriguée, avoua-t-elle d'un air soupçonneux. Tu vas me le dire ?

- Oui, je savais que tu serais là à cette soirée. J'ai vu ton nom sur la liste de Rolf."

Elle reposa ses couverts, l'écoutant attentivement.

"Quand je t'ai vu, je suis venu te saluer et j'ai... Je voulais m'excuser", souffla-t-il finalement.

Il plongea ses yeux dans les siens. Ses pupilles chocolats brillaient étrangement dans la lumière du restaurant.

"Enfin, non, reprit-il brusquement, plutôt te demander pardon. Je sais que mes actions sont difficilement excusables, mais mon comportement pendant ses cinq ans me fait honte et..."

Il s'interrompit en sentant une petite main se poser sur la sienne. Ça avait été un geste parfaitement naturel. Il le devina à la surprise qu'il lisait dans son regard. Comme lui, elle ne s'y attendait pas. Elle continua cependant sans enlever sa main chaude.

"Drago..."

Nouveau frisson.

"... si je ne t'avais pas un minimum pardonné, je ne serai pas là en face de toi en train de manger..."

Il fut ému et une boule se bloqua dans sa gorge. Elle lui sourit et il comprit qu'il était perdu. La flamme dans son ventre ronronnait de bonheur et réchauffait son corps tout entier. Il retourna sa main et accueillit sa paume contre la sienne.

"Merci..."

Sa voix était un peu étranglée, mais il ne s'en préoccupa pas.

"Ça veut dire beaucoup pour moi... C'est...

- Une seconde chance, dit-elle, serrant sa main dans la sienne. Tout le monde y a le droit Drago et toi tu l'as méritée."

Elle aimait le contact avec sa main. Bien plus grande que la sienne, cela lui plut. Ils se séparèrent après de longues minutes et mangèrent en silence. Elle le coupa cependant parce qu'en bonne curieuse, elle avait d'autres questions.

"Et tu as vécu dans le monde moldu pendant trois ans ? Complètement coupé du monde sorcier ?

- Oui, Blaise et Pansy ont été mes seuls attaches. Je dois avoir un peu de retard dans l'actualité, plaisanta-t-il. Au fait, tu fais quoi comme métier alors ?

- À ton avis ?" retourna-t-elle avec un air taquin qui le charma.

Il fit mine de réfléchir, buvant gorgée de vin.

"Le ministère ?

- Non."

Ah, ce serait plus dur que prévu.

"Si tu ne travailles pas au ministère... peut-être à Gringotts ?"

Elle nia une nouvelle fois avec un sourire amusé. Il la vit porter son verre à ses lèvres roses et boire sans le quitter des yeux.

"Hum... mais peut-être que nous partageons le même métier ?

- J'aurais bien aimé, déclara-t-elle doucement.

- Et professeur ? Poudlard doit être en manque de personnel."

Cela la fit rire.

"Minerva me l'a bien proposé, mais j'ai refusé, répondit la brune.

- Alors tu dois travailler dans la recherche ?"

Si ce n'était pas ça alors il ne voyait pas. Son regard changea et il devina avoir juste.

"Exact.

- Littérature ?" proposa-t-il aussitôt.

Il avait lui-même hésité.

"Ça aussi, ça m'aurait plu, mais non.

- Métamorphose ?"

Elle nia.

"Médicomagie ? Sortilèges ? Créatures magiques ?"

Elle continuait de nier et un éclair lui traversa l'esprit.

"Potions ?"

Nouveau sourire. La flamme ronronna.

"Je suis chercheuse en potions pour le laboratoire Médic'magie.

- J'avais presque raison en proposant médicomagie, souleva le blond.

- Presque, concéda-t-elle, mais je suis spécialisée en potions.

- C'est surprenant."

Il repensait à son parrain. Que dirait-il s'il savait cela ?

"Tu sais, c'est le professeur Rogue qui m'a poussée dans cette voie.

- Severus ?!"

Elle fut amusée de son air surpris.

"Oui, je ne sais pas pourquoi, mais il m'a légué plusieurs livres. Des livres très intéressants.

- Tu n'étais pourtant pas là à la lecture de son testament.

- Non, en effet. On me les a apportés après. Ils étaient passionnants. Ça m'a décidée.

- Et tu as fais des études de potions. Severus ne l'aurait jamais dit, mais il en aurait été ravi.

- Permets moi d'en douter, fit-elle avec un sourire amusé.

- S'il t'a laissé ses livres, ce n'est pas par hasard, assura Drago. Severus ne faisait jamais rien par hasard."

Elle ne dit rien, respectant les sentiments qu'elle sentait dans sa voix.

"C'était ton parrain, c'est ça ? demanda-t-elle d'un ton presque tendre.

- Oui, et peut-être l'homme que je considérais le plus comme un père les deux dernières années de la guerre.

- Je suis désolée."

Il lui sourit, haussant les épaules. C'était derrière lui tout ça à présent. Elle le comprit et sans transition, aucune, se mit à lui parler de la France. Cela l'amusa. Son passion était contagieuse car à la fin du repas, il savait déjà où il passerait ses futures vacances.

Lorsqu'ils sortirent du restaurant, il faisait encore très bon.

"Je te raccompagne ? proposa-t-il d'un air joyeux. À part si tu as envie d'aller boire un verre quelque part ?

- Non, je vais rentrer. Je travaille demain."

Elle prit négligemment le bras qu'il lui offrait.

"Et ce week-end ? souffla-t-il après quelques pas. Tu viendrais boire un verre avec moi ? Ou autre chose ?" ajouta-t-il la faisait sourire.

Il lisait l'hésitation dans ses yeux et se raccrochait à l'espoir qu'il sentait dans son sourire timide.

"Je ne sais pas, minauda-t-elle soudainement. Peut-être, si tu me laisses payer la prochaine fois."

Cela le fit rire. Elle sentit son cœur s'emballer en l'observant. Une mèche blonde tombait sur son front, adoucissant ses traits. Elle aimait l'entendre rire.

"Je ne vais pas te laisser payer, Hermione. Je t'invite, c'est normal de...

- Macho, corrigea-t-elle. J'apprécie, mais ça fait macho."

Il rit de plus belle.

"Ok, et cette nouvelle exposition au British Museum ?"

Il lut tout de suite l'intérêt dans ses yeux.

"C'est me prendre par les sentiments, grommela-t-elle avec néanmoins un léger sourire sur les lèvres.

- Alors, ça te va ? Samedi après-midi ?

- D'accord."

Elle lui indiqua une rue en perpendiculaire et ils s'arrêtèrent devant un immeuble ancien.

"À 14 heures ? Je viendrai te chercher.

- Ça me va. Merci de m'avoir raccompagnée Drago."

Ils se sourirent et doucement, Hermione s'éloigna. Elle lui fit un signe de main, et entra dans le bâtiment.

Il resta là un moment, jusqu'à ce qu'il voit la lumière s'allumer à un étage. Alors elle habitait dans le Londres moldu ? Il haussa les épaules et repartit vers chez lui.

Il ne savait pas trop pourquoi il l'avait invitée. Enfin, si, il en avait eu envie. Ça faisait longtemps qu'il ne s'était pas senti aussi heureux et il avait égoïstement eu envie que cela continue. Et elle lui avait dit oui. Ce simple fait le plongeait dans un étrange état d'euphorie.

Il ne chercha pas à en savoir plus et rentra, le sourire aux lèvres.