Yo les bro
Jour 7 du confinement, je crois qu'on a presque tous compris la règle. Restons chez nous.
Les personnages ne sont toujours pas à moi mais à J.K. Rowling. L'histoire est mienne.
J'espère que vous apprécierez
Tchou
« Le patronus est un esprit protecteur. C'est un bouclier contre certaines créatures comme les détraqueurs. Il peut aussi faire office de messager. » Hermione
Flashback
30 juillet 1987
Le soleil, éblouissant. Le silence, envahissant. La solitude, étourdissante.
Aujourd'hui il a sept ans. Aujourd'hui c'est son anniversaire. Contrairement aux autres enfants il n'a pas de fêtes pour lui. Sa famille n'est pas libre aujourd'hui. Il n'y aura pas de gâteau partagé, de chansons et de rire, ni de cadeaux. Ce n'est pas grave, il se rattrapera l'année prochaine.
Ce matin il s'est réveillé seul, à l'aube. Il a regardé le soleil se lever et il s'est demandé si ses parents aussi, le voyaient.
Ce soir il se couchera seul, au crépuscule. Il regardera la lune prendre sa place, haut dans le ciel et se demandera si ses parents, aussi, la verront.
Aujourd'hui il ne va pas voir ses parents, sa grand-mère ne peut pas l'emmener, elle est trop occupée. Plus tard, quand il sera grand il pourra y aller tout seul. Il est sûr que ça fera plaisir à ses parents.
En attendant il compte les emballages vides de Ballongommes du Bullard donnés par sa mère, l'ensemble forme son bien le plus précieux et il a hâte que sa mère lui en offre de nouveaux. Avec ça, il n'a pas besoin de cadeau d'anniversaire.
« C'est un acte de magie très avancé mais je suis sûr qu'avec de l'entraînement vous arriverez tous à faire apparaître un patronus. Peut-être pas aujourd'hui, ni demain. Dans dix ans peut-être. Mais vous y arriverez, quand vous en aurez besoin et surtout, quand vous serez prêt. » Harry
Flashback
17 octobre 1997
Il a trop traîné. Il le sait.
Il aurait dû rentrer directement en sortant de sa retenue avec Alecto Carrow. Il le sait.
Il ne devrait pas être dans les couloirs à cette heure-ci, surtout pas avec la Brigade Inquisitoriale 2.0 qui rôde dans le château. Il le sait.
Il sait tout ça et pourtant ça ne l'empêche pas de continuer sa propre ronde dans les couloirs.
Il tourne à gauche, longe un couloir, prend à droite, monte une volée de marches, à droite, d'autres marches, un couloir. Il se dépêche. Il a presque fini sa ronde et il sent d'ici la douceur de ses draps et la texture de son matelas. Ce soir il va dormir comme un bébé. Il le sait.
Deux escaliers. Il ne reste plus que deux escaliers.
Du bruit. Il espère que c'est le vent. Il entend des pas. Ce n'est pas le vent.
Faites que ce soit des élèves irrespectueux du couvre-feu. Il ferait tout pour que ce soit ça. Comme lui en première année où avec Hermione, Ron et Harry ils s'étaient retrouvés face à Touffu.
Il se fige.
Face à lui se trouvent trois serpentards. Il n'a pas besoin de regarder sur leur robe pour savoir s'ils font parti de cette foutue brigade. Il le sait.
Des regards, des sourires. Neville les voit venir mais il ne réagit pas. Il n'a plus assez de forces. Sa retenue l'a vidé.
Cassius Warrington. Millicent Bulstrode. Graham Montague.
Il se répète leurs noms. Il faut qu'il se concentre pour ne pas penser à la douleur qu'il ressent.
Les sorts fusent. Il entend des rires. Il se laisse faire de toute manière ils vont bien finir par se lasser. Il le sait.
Il reste allongé au sol une fois que tout est fini. Il attend. Il ne peut pas encore se relever. Il s'en veut. Il est trop faible.
Demain, il s'entraînera deux fois plus avec les membres de la résistance, de l'Armée de Dumbledore reformée. Il ne se laissera plus avoir comme ça. Il doit devenir plus fort. Fort pour pouvoir se défendre mais aussi protéger les autres, ceux auxquels il tient. Il le sait.
« Concentrez-vous. De la concentration, c'est tout ce qu'il vous faut. Faites le vide dans votre tête, dans votre esprit. Pensez, concentrez-vous sur un souvenir heureux, particulièrement heureux. Quand vous y êtes, lancez-vous et dites Spero Patronum. » Williamson, auror
Flashback
30 juillet 1997
Il s'assoit face à eux, ses parents.
Il se souvient de son anniversaire, il y a dix ans. Il n'avait pas pu venir. Aujourd'hui, il est là.
Il pense à Harry, son ami.
Que fait-il en ce moment ? Que fait-il en ce jour ? Où fête-t-il son anniversaire ? Avec qui ? Est-il entouré ?
Il pense à ce que son ami a perdu à cause de la guerre, à ce qu'on leur a arraché, à tous les deux. Il pense à ce qui risque d'arriver maintenant que Voldemort est de retour et qu'Albus Dumbledore est mort.
Il partage ses pensées avec ses parents. Ça fait longtemps qu'il n'entretient plus l'espoir de les entendre formuler une réponse mais ce n'est pas grave. Il est habitué.
Avec le temps ils ont appris à communiquer d'une autre façon. Sa mère ne manque jamais de lui donner un emballage de Ballongommes du Bullard quand il vient. Ça lui réchauffe le cœur. Il sait qu'elle ne fait ça qu'avec lui, alors peut-être qu'elle sait. Elle sait qu'il est spécial. Ça lui suffit pour avoir envie de revenir.
Il leur parle. Il leur confie ses peurs, ses joies, ses peines, ses espoirs, ses doutes. Pas besoin de journal intime, ni de meilleur ami, ses parents ont l'oreille attentive. Il en est ravi. Il n'aurait jamais assez de courage pour confier ça à quelqu'un d'autre. Pas encore. Pour l'instant il garde ses sentiments bien enfouis. Plus tard, quand le temps ne sera plus à la guerre mais à la paix et à la réconciliation peut-être qu'il parlera.
C'est certain, il le fera.
Il commencera même avec Harry.
« Je vois la loutre d'Hermione qui se balade avec le cheval de Ginny. Le jack russell terrier de Ron chasse joyeusement le cygne de Cho pendant que les pies de Fred et George ennuient le corbeau de Daisy qui épie le saumon de Dean. Ce dernier semble danser autour du renard de Seamus qui se prélasse et garde un œil rivé sur la loutre, comme pour la protéger. Je vois le cerf d'Harry qui observe tout ça d'un air majestueux. Je vois la lumière briller au bout des baguettes de Luna, d'Ernie, d'Hannah et de Lee. Je vois une forme vague se dessiner pour Parvati et Padma. Michael et Alicia. Zacharia et Angelina. Anthony et Justin. Denis et Colin. Je les vois réussir tandis que je continue à échouer. Tout ce qu'il me manque, c'est un souvenir heureux papa. » Neville
Flashback
12 juin 2004
Il se prélasse au soleil. Il profite du calme. Il se complaît dans le silence. Son silence.
Dans quelques jours, ses vacances seront finies. Il repartira au travail. Il reprendra la routine agréable qu'est sa vie.
Il est allongé sur l'herbe d'un parc français. Il est venu là suivant les conseils d'Hermione. Il la remerciera la prochaine fois qu'ils se verront. C'était exactement ce dont il avait besoin.
Il écoute les enfants courir et crier, la musique venant des groupes de jeunes, les chiens qui aboient, les oiseaux chanter.
Il sent le soleil caresser sa peau. Il le réchauffe.
Il sent la brise, douce et légère. Elle l'enveloppe.
Il ferme les yeux et se laisse bercer par la vie qui l'entoure. Une vie pour laquelle il s'est battu. Une vie pour laquelle il a gagné après avoir tant perdu. Bientôt son souffle s'apaise et se régule. Il s'endort.
De la bave le réveille. C'est mouillé. Ça ne sent pas très bon. Il ouvre les yeux et découvre un chien à quelques centimètres de son visage. Il semble heureux, assis à ses côtés. Il se demande comment il est arrivé ici.
- Par Merlin, Peggy reviens ici !
La voix est reconnaissable, la personne aussi.
- Hannah ?
Ils sont tous les deux étonnés. Ils ne se voient pas souvent. Il est loin le temps où ils vivaient dans le même château et partageaient les cours.
Elle aussi est en vacance. Elle loge chez une amie et lui garde son chien.
Ils sont contents de se voir. Lors des réunions entre anciens dans les pubs, pour les anniversaires, les crémaillères, ils n'ont jamais le temps de parler avec tout le monde.
Elle lui pose tout un tas de questions. Elle l'écoute parler pendant des heures. Neville est surpris. Généralement c'est lui qui écoute les autres. Il se demande si cela l'intéresse vraiment. Il a des doutes et pourtant il le voit dans son regard. Il n'est pas habitué.
Le soir arrive et la nuit tombe. Ils sont surpris. Il faut rentrer.
- Tu es libre demain ?
Elle lui sourit. Il n'avait jamais remarqué que son visage était aussi doux.
Il hoche la tête. Son souffle se coupe quand elle dépose un baiser sur sa joue en guise d'au revoir. Il la regarde s'éloigner. Il ne bouge pas tant qu'elle n'a pas disparue.
Il sourit doucement. Demain n'arrivera pas assez vite.
« Tu me le diras quand tu auras réussi ? J'aimerais savoir quel animal prendra forme. Je vais faire une hypothèse. Bien sûr, si j'ai raison, je veux un cadeau. Tu sais ce que je pense de toi alors je vais te dire ce que je pense. Ce sera un lion. Tu es un digne représentant de ta maison, alors pourquoi pas ? Tu es fort, tu as appris à avoir confiance en toi avec les années, tu es courageux et même si tu n'exprimes souvent tes sentiments, je sais que tu ressens toutes les émotions avec force sans chercher à les canaliser. Tu sais quoi ? Je vais même parier. Je suis sûre que ce sera un lion. » Hannah
Flashback
20 mars 2015
- Neville, c'est le moment !
Il se presse.
Sa femme va accoucher.
C'est leur premier enfant.
Tout se passe très vite.
La maternité.
L'accouchement.
Tout se bouscule.
Neville ne voit pas le temps passer et enfin les voilà. Il entre dans la chambre et contemple sa femme et son fils, tous deux endormis.
Il ressort quelques instants pour prévenir ses amis et sa famille. Il est si heureux. Une fois fait il rentre de nouveau dans la chambre.
On peut voir une forme argentée se déplacer dans le ciel. Un lion majestueux et plein de grâce se dessine dans la nuit. Il va répandre la nouvelle. Gabriel Abbot-Londubat est né.
« En cours de Défense Contre les Forces du Mal on a étudié les patronus. Après les vacances on va passer à la pratique. Dis papa, je peux voir le tien ? » Gabriel Abbot-Londubat
Un peu plus léger que d'autres.
Un peu plus long que d'autres.
Si vous souhaitez apercevoir le patronus de Neville, n'hésitez pas à me le demander.
Tchou
