Bonjour à .s !

Voici un recueil que j'avais commencé à écrire il y a quelques années et que j'ai enfin pris le temps de finir. Pour cette mini-fic, il s'agit de quelque chose de nouveau : j'ai écrit une histoire que l'on va suivre au travers de drabbles, chacun sur le thème d'un mot dans l'ordre alphabétique. Cette idée n'est pas de moi, je l'ai piquée à Raiu-chan et sa fiction "Scrabble". Pour ma part, j'ai eu l'idée de mettre des mots latins (ou grec pour le premier). Malheureusement, j'ai eu cette idée qu'à la moitié de ma rédaction, ce qui fait que j'ai dû laisser des mots en français (l'art de trouver des bonnes idées mais trop tard). Concernant les mots latins, je n'ai pas mis de traduction, mais vous pouvez tenter de les deviner ou bien les chercher directement sur google (les dico latin/fr sont facilement trouvables). Par ailleurs, me basant sur des mots latins, surtout à la fin, je me suis arrêtée à la U/V (le x, y et z étant des héritages grecs ou étrangers).

Pour la chronologie de l'histoire, les deux premiers drabbles se passent avant l'expédition au nord du mur, les trois suivants sont pendant l'expédition (dans laquelle Marcus se fait passer pour un médecin), et les autre se passent après leur retour.

Une autre précision et je vous laisse tranquilles : je me suis basée autant sur le film que sur le livre, alors vous alors voir l'apparition de certains personnages qui ne sont que dans le livre. Cottia : une jeune noble qui habite à côté de la maison Aquila et se prend d'amitié pour Marcus et Esca. Loupio : un jeune loup qu'ils recueillent. Stephanos : esclave grec de l'oncle Aquila.

Enjoy !


Au fil des lettres

Agôn :

Les nuits étaient d'une longueur assommante. Marcus n'aurait jamais imaginé que ce pays pouvait être soumis à de telles températures. Il était habitué à la chaleur, bien sûr, mais ici elle était humide, et donc étouffante.

Il passait des heures à tourner et se retourner dans son lit, essayant de trouver un peu de fraîcheur dans ses draps blancs. Mais la même lutte recommençait chaque nuit sans que Marcus ne puisse en sortir vainqueur. Même Esca, sur son matelas au sol, dans le couloir, semblait être en proie au même combat. Mais lui, c'était pire encore : il était habitué à la fraîcheur de la forêt.

Finalement, le Romain et le Celte trouvèrent la solution la même nuit : le bain de minuit dans le petit étang du jardin.

Ils passèrent ainsi cette courte mais éprouvante période de canicule dans l'eau sombre, discutant des heures durant sous la lune claire.

Balançoire :

Marcus savait qu'il allait partir, qu'il ne resterait pas ici pour toujours. Et Esca le sentait. Et bien qu'ils soient tous deux très impatients, Cottia, elle, ne l'était guère : elle n'avait qu'eux deux, et Loupio, pour égayer sa triste vie de parfaite petite romaine.

Alors Esca avait proposé de lui fabriquer quelque chose. Une sorte de jeu : il s'agissait d'attacher une grosse branche par les extrémités à un arbre pour s'y balancer. On en voyait beaucoup chez les Celtes.

Marcus, en bon soldat romain, prit l'idée et l'améliora. Alors, bientôt, Cottia put se balancer, assise sur une belle planche de bois taillée, au-dessous du chêne du domaine.

L'image de cette enfant joyeuse, et l'espoir de la retrouver aida beaucoup Marcus à tenir lors du périple qui le guida au nord du Mur.

Cataplasmus :

- On dirait que tu fais exprès de te blesser !

- Un peu plus de respect pour ton maît... Ah !

Esca venait d'appliquer son cataplasme fait maison et très froid sur la jambe à vif de Marcus. Ce dernier ne rajouta rien et regarda son serviteur s'occuper de sa blessure, puis du membre endolori. C'était lui qui se faisait passer pour un médecin, mais c'était Esca qui le soignait.

Marcus s'était toujours dit que le Celte avait un pouvoir dans ses mains, et il n'avait aucun doute quant à sa guérison lorsque les mains expertes s'affairaient sur son corps. Mais bientôt, il remarqua que ce pouvoir était peut-être un peu trop puissant : le massage avait éveillé son désir. Plein de pudeur, Esca mit un manteau sur le bas-ventre du Romain. Et celui-ci n'osa plus lever les yeux : il ne vit pas le sourire amusé de son ami.

Dague :

Il arrivait souvent à Marcus de contempler la dague d'Esca, celle héritée de son propre père, ou de la toucher, pour vérifier qu'elle était bien là. Il n'avait pas apporté grand chose au nord, mais cette dague, il la gardait précieusement contre lui.

Il lui avait déjà rendu sa liberté avant leur quête, mais pas de manière officielle.

Marcus regarda Esca : il était concentré sur le feu. Le Celte releva soudain la tête, offrit un sourire à son compagnon, et retourna à ses braises.

Marcus se dit que, s'ils rentraient vivants, il devrait lui faire une belle cérémonie où il l'affranchirait et lui rendrait sa dague.

Ellipsis :

- Tu ne m'as jamais raconté comment tu t'es fait cette brûlure... Sur ta jambe.

Esca s'empressa d'enfiler sa tunique propre. Il n'était pas pudique, mais il n'aimait pas quand le regard de Marcus parcourait son corps librement.

- C'n'est pas intéressant, marmonna le Celte.

Au cours de leur périple, ils s'étaient raconté leurs vies. Et Esca avait beaucoup à dire : son corps était couvert de cicatrices, plus ou moins grandes. Mais cette brûlure, il n'en parlait jamais.

La nuit arriva et les températures chutèrent. Les deux compagnons décidèrent de dormir l'un contre l'autre, pour éviter de mourir de froid. Marcus, ayant le visage paisible d'Esca à quelques centimètres du sien, ne résista pas.

- Alors, cette brûlure ?

Esca souffla, se retourna, et se renfrogna.

- Je me suis renversé de l'eau bouillante. En voulant faire cuire du gruau.

Fascinatio :

Esca avait un corps à se damner. De cela, Marcus en était sûr. Il se plaisait à l'observer chaque fois que son esclave lui en donnait l'occasion; il avait été heureux de constater que le Celte affranchi ne prenait pas plus de précautions à cacher sa nudité.

- Arrête de me mater Marcus, ça en devient gênant.

Cette après-midi-là, Esca s'était vautré dans une flaque de boue, et le temps clément et ensoleillé lui permettait de laver ses habits à un point d'eau. Aussi était-il nu devant son compagnon romain.

- On pourrait croire que tu es homosexuel, rajouta Esca.

- Ça te gênerait ? Tu ne veux pas qu'un homme te fasse des avances ?

- Nous n'avons pas la même culture, Marcus.

Pourtant, Esca ne précisa pas en quoi consistait sa propre culture sur ce genre de pratiques, et il se contenta de son sourire en coin.

Griffure :

- C'est la pleine lune ce soir, tu t'occupes de faire sortir Loupio s'il-te-paît ?

Esca acquiesça vaguement et appela le jeune loup. La tête pleine de soucis, il ne vit pas la souris filer entre ses pieds. Et l'instant d'après, Loupio le renversait, et lui passait dessus toute griffe dehors. La tunique fut éventrée et la poitrine marquée.

On ne revit pas Loupio avant deux jours.

Esca, allongé dans l'herbe sous la pleine lune, la peau commençant à saigner, se dit que cette griffure contrasterait brillamment avec les nombreuses cicatrises de la morsure du fouet sur son dos.

Hypocauston :

- Il y a un feu sous le sol et il diffuse sa chaleur par les murs et le sol. Parce qu'on est surélevé sur des petits piliers de briquettes. C'est ça l'hypocauste. Et la fumée est év...

Esca soupira bruyamment, faisant taire Marcus.

- Tu m'as perdu au moment où t'as commencé à me parler grec. Sérieusement Marcus, ce n'est pas parce que j'ai accepté votre culture que j'ai signé pour que tu me noies sous les informations.

Marcus sourit, rouge de honte et de chaleur. Il bafouilla quelques excuses et décida de profiter des thermes en silence aux côtés de son ami.

Inobsequens :

- Eh le Celte ! Viens me brosser les pieds !

Esca vit rouge. Un simple coup d'œil à son corps à moitié dénudé montrait sa nature d'indigène, et cela suffisait aux romains pour supposer une condition d'esclave. Pire que supposer… ils en étaient certains. Ils ne pouvaient pas admettre dans leur petite tête étriquée qu'un Celte puisse être l'équivalent d'un Romain, un homme libre et profitant des bienfaits des thermes.

Pourtant, Esca fut étonné de ne pas être le premier à réagir : il s'était à peine levé de son banc que Marcus était déjà sur le Romain irrespectueux, lui fichant son poing dans le visage. Le Celte ne put retenir un sourire de déformer son visage et son cœur de battre plus vite.

Jeux :

Cela faisait déjà une ou deux heures qu'ils s'affrontaient à ce jeu d'adresse avec les pierres. C'était un jeu typiquement romain, pourtant Marcus se faisait battre par Esca : il n'avait pas la moindre chance face à un Celte entraîné à chasser pour sa survie, à construire pour son confort…

Et finalement, son orgueil de Romain en eut assez : il jeta toutes les petites pierres sous le rire amusé et triomphant d'Esca. Mais le gloussement ne dura pas : Marcus sauta sur lui pour l'affronter comme un homme – à la lutte. L'un usant de sa force, l'autre de son agilité, ils se battirent de longues minutes jusqu'à se retrouver presque joue contre joue. Leurs regards se croisèrent, Marcus se figea. Esca en profita pour faire une prise de main et étaler le Romain à terre. Le même rire triomphant flottant encore sur ses lèvres, il se releva et s'éloigna : il voulait à tout prix cacher le rouge qui lui montait aux joues.

Khôl :

Cottia arriva dans la maison sans se donner la peine de demander la permission. Elle salua l'oncle Aquila, caressa Loupio qui passait par là et sortit sur la terrasse de derrière.

- Marcus !

Celui-ci, surpris, sortit de sa contemplation pour se retourner vers la nouvelle arrivante.

- Cottia, que nous vaut l'honneur de ta visite ?

Plus loin dans le jardin, Esca leva la tête de son ouvrage botanique pour saluer la petite Romaine, avant d'y replonger.

- J'ai reçu du khôl de ma grand-tante, expliqua la jeune fille. C'est une sorte de fard pour se maquiller les yeux. Ça vient d'Orient, je crois.

Et le reste de l'après-midi fut consacré à une sorte d'atelier maquillage duquel Cottia ressortit plus belle que jamais, Marcus le visage tâché de noir, et Esca beau à couper le souffle d'un certain Romain.

Lares :

Marcus, comme tous les jours, priait ses dieux. Esca le regardait faire, trouvant une certaine beauté dans le rituel. En vérité, il prenait plaisir à voir Marcus se pliait si sagement à ses rituels et mettre toujours autant de dévotions à prier ses dieux tout en étant aussi ouvert aux autres cultes. Les Romains étaient connus pour absorber les cultures étrangères et en faire les leurs, Mithra lui en soit témoin. Mais Marcus n'avait pas cet esprit. Certes, il vouait aussi un culte à Mithra, tradition hérité de son passé de soldat romain, comme en témoignait la cicatrice entre ses yeux. Mais il s'intéressait aussi aux cultes celtes, posait souvent à Esca des questions sur ses dieux, sans pour autant jamais cherché à se les approprier. Il était romain dans son âme et son cœur, mais il était aussi très ouvert aux autres, et à Esca.

Esca sentit un sourire prendre possession de ses lèvres tandis que Marcus finissait sa prière aux Lares, les divinités protectrices du foyer. Finalement, peut-être que le Romain avait réussi à prendre possession du cœur du Celte.

Monstruosus :

Depuis leur retour d'expédition au nord du Mur, depuis l'affranchissement officiel d'Esca, le Celte avait droit à sa propre chambre. Elle n'était pas grande ni luxueuse, mais elle convenait parfaitement au jeune homme. A part sur un point : elle se trouvait loin de la chambre de Marcus. Esca avait pris l'habitude de dormir par terre à l'entrée de la chambre de Marcus pendant son année de servitude, ce qui lui avait permis de prendre soin de lui. Mais avec la distance, il était moins présent. Heureusement, il avait le sommeil léger et l'ouïe fine, ce qui lui permettait, les soirs comme celui-ci, d'accourir assez rapidement aux côtés du Romain : Marcus criait dans son sommeil.

Esca commença par le réveiller comme il put. Marcus s'accrocha à lui : il était en sueur, il souffrait. Le Celte savait exactement où il avait mal : le Romain lui disait souvent voir les démons de son passé venir le hanter par le biais de sa blessure à la jambe. Alors Esca massa la jambe, doucement mais fermement. Marcus se calma au fil des minutes, mais il s'accrochait toujours à son ami.

- Esca… souffla le Romain, les yeux clos, le visage proche de celui d'Esca. Reste avec moi…

Esca releva la tête et, sans vraiment se contrôler, il approcha ses lèvres déjà proches de celles du Romain. Ce fut Marcus qui provoqua le baiser.

Nuces :

Cottia enjamba le muret pour rejoindre la demeure des Aquila. Elle entra joyeusement dans la maison les bras pleins et trouva Marcus et son oncle dans l'atrium. Elle les salua et déposa sur la table son paquet, l'ouvrant fièrement à la vue des deux hommes.

- Ce sont des noix ! Elles viennent directement de Gaule ! J'ai pensé que nous pourrions les partager.

- C'est une excellente idée mon enfant, approuva Aquila.

- Esca n'est pas là ?

Cottia put alors voir l'oncle jeter un regard lourd de sens à son neveu qui, gêné, s'empressa de détourner le regard.

- Non. Il est parti. En… balade.

- Depuis deux jours, rajouta Aquila sur un ton de reproche. Avec Loupio. Dans la forêt.

- A la chasse. Il est parti à la chasse. Et il doit chasser un gros gibier. Oh et puis je ne suis pas son maître ! Il est grand, il fait de qu'il veut ! Bon, allons-nous les manger ces noix ? Stephanos, apporte-nous donc des assiettes !

Oceanus :

Assis sur sa terrasse de marbre blanc, Marcus regardait l'horizon. Quelque part, au loin, s'étendait l'océan. Il avait toujours été émerveillé face à cette étendue d'eau salée, et il avait été ravi de pouvoir traverser l'Océan Britannique pour rejoindre ce pays qui l'avait finalement adopté. L'océan lui manquait parfois, tout autant que la chaleur de sa Rome natale. Mais il était heureux ici. Et, de temps à autre, un effluve d'eau salée arrivait jusqu'à ses narines…

- A quoi penses-tu Marcus ? lui demanda son oncle, l'interrompant dans ses pensées.

- Hm… à l'océan.

- Ah ? Et moi qui aurais juré que tu pensais à ton ami celte qui est parti depuis une semaine…

Marcus soupira – finie la tranquillité. Il se leva et rentra.

Paedor :

Marcus dormait mal ces temps-ci – depuis qu'Esca était parti précipitamment après leur baiser, l'inquiétude le rongeait. Et si Esca était parti pour de bon ?

Une main sur son épaule le réveilla. Son cœur battait à tout rompre, mais il n'aurait su dire si c'était à cause du réveil abrupte ou du visage du Celte qui se tenait au-dessus de lui.

- Esca, murmura-t-il dans le secret de la nuit, ne pouvant croire à cette apparition.

- Désolé d'être parti longtemps, Marcus. J'avais besoin de réfléchir… Ce baiser, c'était inattendu. Je ne savais pas quoi en penser. Marcus, je te l'ai déjà dit : je hais le peuple romain et tout ce que vous représentez. Mais toi… Toi, tu m'as obligé à revenir sur mes convictions, tu m'as forcé à aimer mon ennemi. Marcus Flavius Aquila, je te le dis ici et maintenant, je veux vivre à tes côtés. C'est aussi simple que ça.

Marcus sentit son cœur se compresser dans sa poitrine : soulagement, joie, excitation, et amour. Beaucoup d'amour. Alors il s'approcha pour poser son front contre celui d'Esca, et il ferma les yeux. Dans un coin de sa tête, il remercie Vénus d'avoir entendu ses prières.

- Faisons notre vie ensemble, Esca. Mais avant, peux-tu faire quelque chose pour moi ?

- Quoi donc ?

- Va te laver, tu pues.

Querimonia :

L'oncle Aquila arriva dans l'atrium en soupirant fortement, attirant l'attention de Marcus, Esca et même Loupio qui releva la tête.

- Tu as mal dormir mon oncle ?

- Mal dormi est un faible terme : depuis que tu es revenu Esca, il m'est impossible de fermer l'œil. Même Loupio ne fait pas autant de bruit ! Voyons mes enfants, empêcher un vieillard de dormir pendant une semaine, ce n'est pas raisonnable ! Il faut cela cesse ! Je comprends bien que vous êtes heureux de vous retrouver mais tout de même…

Le reste du déjeuner se déroula dans un silence quasi-total, les deux amants trouvant refuge dans leurs assiettes, le visage rouge, et l'oncle appréciant ses fruits avec un petit sourire vainqueur.

Rudimentum :

L'arc ne faisait pas partie de l'arsenal romain : arme de distance, elle était considérée comme lâche et peu digne de l'armée romaine. Les peuples bretons en revanche s'en servaient beaucoup et Esca était très adroit au tir. A tel point que Marcus, très ouvert aux autres cultures, avait demandé à son compagnon de lui apprendre à se servir d'un arc.

Sans grande surprise, Marcus s'avéra plutôt mauvais. L'exercice demandait certes des muscles, mais aussi patience, finesse, précision, adresse… autant de qualités qui n'étaient pas dans les plus importantes du bon soldat romain. Et Marcus était un bon soldat romain.

Esca soupira une énième fois.

- Non, pas comme ça. Ton coude doit être relevé, et ton dos droit. Comme ça…

Et le Breton vint se mettre derrière Marcus pour rajuster sa position. Mais le Romain en avait un peu marre d'échouer, et la proximité avec Esca réveillant certains désirs en lui… Il fit un dernier effort pour tirer cette maudite flèche puis posa l'arme et se jeta sur Esca pour l'embrasser à pleine bouche, lui laissant à peine le temps de dire « pas ici !... au fond du jardin… »

L'après-midi se termina beaucoup mieux que Marcus ne l'avait escompté.

Susurrium :

Marcus, agacé, leva les yeux de son parchemin. A quelques pas de là, Cottia et Esca riait sous cape, s'occupant du pelage imposant de Loupio. Mais le Romain avait la farouche intuition que ce n'était pas les poils du loup qui provoquaient ces rires.

- Puis-je savoir ce que sont toutes ces messes basses ? tonna-t-il.

Cottia et Esca levèrent des yeux innocents vers lui, feintant de ne pas savoir de quoi il s'agissait.

- Ne me prenez pas pour un idiot, je vous entends chuchoter depuis tout à l'heure. Que se passe-t-il à la fin ?

- Oh pas grand-chose, éluda Esca en reprenant son travail sur la fourrure du loup. J'expliquais juste à Cottia pourquoi tu as l'air si fatigué ces temps-ci…

Thermae :

Marcus, enlève ta main de là, le rabroua Esca en sentant la main avide du Romain remonter sur sa cuisse.

- Il n'y a personne… susurra Marcus à l'oreille du Breton, lui provoquant un frisson.

En effet, cela faisait un moment qu'ils étaient dans le bain chaud et, à cette heure avancée de la soirée, il était peu probable que quelqu'un arrive encore. Pour autant, Esca n'appréciait que moyennement l'idée de faire l'amour dans l'eau. Il soupira et pria Marcus de le laisser profiter de l'eau chaude en paix.

Mais, une fois sorti du caldarium, il était maintenant lui aussi très échauffé et ce lieu publique désert avait quelque chose de grisant…

- Loupio sera probablement insupportable lorsque nous rentrerons et nous ne pourrons pas profiter de notre temps ensemble, lança innocemment Esca comme si c'était l'excuse du siècle.

- Ce serait donc dommage de manquer une telle occasion, dans ce cas, lui répondit Marcus sur le même ton.

Ils trouvèrent donc un coin reculé et mal éclairé dans la palestre pour s'adonner à des pratiques intimes et sensuelles.

Ultio :

Marcus avait du mal à dormir. Il était pensif. Et l'attitude d'Esca dans ses bras ne l'aidait pas à sortir de ses réflexions : le Celte gémissait et frissonnait en dormant. Il n'avait pas froid – il faisait des cauchemars.

Marcus savait qu'Esca avait en lui un désir de vengeance véhément, il rêvait d'avoir du sang romain sur les mains, pouvoir tuer ceux qui avaient massacré sa famille et réduit en esclavage son peuple. Et pourtant, par ouverture d'esprit, par tolérance et avec beaucoup de patience et de souffrance, il avait fini par aider un Romain, par tuer des hommes de son propre peuple pour une cause romaine, et il avait même fini par en aimer un. Il ne pouvait qu'imaginer le dilemme qui faisait rage dans l'esprit d'Esca.

Son cœur se serrait pour lui, mais il ne pouvait rien faire, sinon le remercier de l'aimer, le comprendre, l'écouter et le réconforter. Marcus serra Esca un peu plus fort contre lui.


J'espère que ça vous a plu ! En tout cas, j'ai pris plaisir à l'écrire. Merci pour votre lecture !