Bonjour à tous !
J'espère que vous allez bien ! Je poursuis la série de Et si … avec aujourd'hui l'idée que seul James est mort tué par Voldemort.
Joyeuse lecture ! Haha… non ? bon !
Quoi qu'il arrive, n'hésitez pas à me laisser un petit mot à la fin !
Et si…
Seul James était mort.
Dans un grand hurlement, un corps chuta dans l'enceinte protégée du manoir Longdubat. Dans cette masse informe, les personnes présentes ne distinguaient pas ce qui pleurait et ce qui hurlait, et la stupéfaction les empêchait d'agir. Soudain, une femme grande avec de magnifiques cheveux blonds se précipita vers le tas en criant « Lily ! ». Elle attrapa des épaules crispées et attira vers elle le corps de la femme dont elle avait crié le nom, en se rendant compte de la présence d'un petit enfant.
-Frank, vite ! Harry est là aussi !
Un sortilège vite lancé mit la femme et l'enfant dans un état d'inertie, ce qui permit de les porter jusqu'à une chambre. Puis, pendant qu'Alice administrait les premiers soins à la jeune femme et à son fils, Frank partit prévenir les membres de l'ordre du Phenix. Il fallait savoir pour James et faire venir Sirius avant qu'il ne provoque quelque chose de trop grand pour lui.
Une heure après l'arrivée inattendue de Lily Potter et de son fils, la totalité de l'ordre se tenait dans le salon des Longdubat. Ils avaient la mine grave qui convenait aux circonstances. Malheureusement, on avait trouvé le corps de James dans les débris de sa maison. Les hurlements de Sirius allaient résonner longtemps dans les oreilles des aurors présents. Il était maintenant prostré dans un fauteuil, sous le regard soucieux des Prewett. Après la mort de Marlène quinze jours avant, celle de James venait l'atteindre durement.
Alice entra dans la pièce, avec un enfant dans les bras. Sans s'attarder, elle avança et déposa presque de force le petit dans les bras de son parrain.
-Ressaisis toi, Black ! Harry a besoin de toi et Lily encore plus !
Sirius prit le temps de regarder le visage de son filleul. Il était encore si petit et pourtant, déjà témoin de la mort d'un de ses proches. Endormit, il avait le front plissé des vieilles personnes préoccupées. Alors il poussa un grand soupir et resserra ses bras sur l'enfant, avant de passer un pouce sur son front pour effacer les rides. Il le cala dans ses bras et regarda autour de lui, s'apercevant enfin qu'il n'était pas seul à souffrir.
-Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ? demanda-t-il à la ronde.
Dumbledore, qui était resté silencieux jusque-là, entreprit de proposer un plan de sauvetage des membres de l'ordre, puisqu'il y avait visiblement un traitre parmi eux.
-Où est Peter ? s'exclama soudainement Sirius. Où est-il ? c'était lui, le gardien du secret !
Les frères Prewett échangèrent un regard avant de sortir d'un pas énergique. Black se détendit un peu, sachant que les jumeaux étaient de redoutables chasseurs et qu'ils ne laisseraient pas de répit à celui qui avait été un ami. Comment avait-il pu ignorer sa traitrise ? il avait pensé le connaitre mieux que ça. Un immense sentiment de culpabilité l'envahie. C'était son idée de changer de gardien. Son idée de détourner l'attention de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom en faisant croire qu'il était le gardien tout en ne l'étant pas. Et à cause de lui, Lily était veuve, Harry orphelin. Et lui-même perdait son frère, son meilleur ami.
Il avisa Lupin, caché dans un coin, le visage sillonné de larmes.
Se tournant vers leur hotesse, Sirius demanda à Lady Longdubat s'il pouvait avoir un bureau pour parler en privé avec Rémus.
Augusta lui ouvrit une pièce confortable, ou se trouvait un grand et profond canapé brun, devant une cheminée qu'elle alluma discrètement. Un large bureau de ministre était installé dans l'angle, recouvert d'un sous-main de cuir sur lequel était disposé un ensemble de correspondance.
Un gros fauteuil moelleux sous une lampe à pied faisait face à une très imposante bibliothèque, que pourtant Sirius savait petite face à celle qui remplissait une pièce entière du manoir.
Il entra, avec Harry qu'il déposa dans le canapé en le recouvrant d'une couverture de laine auparavant posée sur l'accoudoir.
Puis il se retourna et attrapa le bras de Rémus pour l'attirer dans une étreinte puissante.
Augusta ferma la porte et lança un sort d'intimité qui ne permettrai à personne d'entrer à l'exception de Lily.
Les sanglots des deux hommes s'apaisèrent après quelques minutes. Lupin regarda l'enfant avec peine, sachant qu'il était né dans un monde dur et cruel. A présent, il se ferait un devoir de l'aider à grandir avec le plus de joie possible.
Ils décidèrent de rester là, dans le bureau, au calme, sans les regards tristes des autres pesant sur leurs dos. Tant que Harry ne se réveillait pas, ils étaient aussi bien à l'abris de la vraie vie.
Finalement, ce fut Lily qui vint les trouver. Minuscule, perdue dans ses vêtements froissés, respirant avec de gros sanglots contenus, elle referma la porte derrière elle et s'arrêta là, ne sachant même pas comment se comporter face aux deux meilleurs amis de son mari. Ils avaient le visages pale, défait, de grands cernes noirs et le dos vouté. Mais lorsqu'ils la virent, ils sourirent et s'approchèrent d'elle pour la serrer dans une large étreinte.
Harry ouvrit les yeux à cet instant. Il tendit les bras vers sa mère, les yeux secs et la bouche fermé.
Mais elle détourna le regard, étouffant un nouvel accès de larmes et laissa Sirius s'en occuper.
Remus la fit asseoir dans le fauteuil.
-Que s'est-il passé ? demanda-t-il.
-On avait décidé… on savait…
Elle prit son souffle et ferma les yeux, passant sa main dans ses cheveux comme pour vérifier qu'ils étaient toujours là.
-On avait décidé que peu importe lequel d'entre nous serait en première ligne, l'autre devrait fuir avec Harry. Mais il n'a pas suivi le plan. Pas du tout.
Elle eut un sanglot.
-J'ai entendu quelqu'un frapper à la porte et j'ai aussitôt compris qu'il y avait un problème. Personne ne frappe à la porte !
Sirius et Rémus échangèrent un regard lourd.
-J'étais la plus proche, mais il m'a tiré par le bras. Il m'a embrassé et puis il m'a poussé dans les escaliers, en me faisant signe de partir et d'aller vite. Après…
Rémus posa ses mains sur les épaules de Lily, pour l'empêcher de s'écrouler en avant de douleur. Il laissa sa tête reposer sur son épaule et il écouta impuissant son amie pleurer. Sirius retenait ses larmes en serrant un peu trop fort Harry, mais le petit garçon ne disait rien, sa petite main jouant avec la barbe mal rasée de son parrain.
-Il a ouvert la porte, j'ai pris Harry dans les bras, je me suis avancé vers l'espace de transplanage, il a crié « va-t'en ! » et je savais que c'était pour moi. J'ai entendu un bruit sourd et j'ai su que c'était son corps qui tombait sur le sol. Et puis IL est arrivé juste derrière moi, juste au moment ou j'ai amorcé le transplanage. Il a essayé, vraiment essayé de nous tuer. Et il a été à deux doigts de réussir cette fois.
La colère avait pris la place des larmes. Elle était raide, les poings serrés, les joues rouges.
-Si nous n'avions pas prévu une zone de transplanage, je serais morte, mon fils serait mort ! Pourquoi est-ce qu'il fait ça !?
Elle hurlait et Harry serra la chemise de Sirius en se mettant à pleurer, mais Lily ne le voyait pas, aveuglée par les émotions.
-Où est Peter ? OU EST PETER ?
Elle hurlait encore plus fort et le bébé à son tour hurlait de panique, malgré les bras de son parrain et les murmures de réconfort à son oreille.
Sirius fit apparaitre un patronus et Augusta arriva dans l'instant. Elle immobilisa Lily et lui administra un filtre de paix. Frank apparut à son tour, se saisit d'elle et la porta dans une chambre.
OoO
-Harry ! laisse ton parrain tranquille et viens ranger ta chambre !
Lily était fatiguée, elle en avait marre. Son fils avait très visiblement hérité du caractère frondeur de son père et elle ne pensait pas avoir la patience de supporter une alliance du parrain et du filleul.
Depuis que Harry avait reçu la lettre d'intégration à Poudlard, il n'avait plus arrêté de poser des questions sur l'école, et de guerre lasse, Lily avait appelé Sirius à l'aide. Et elle était en train de le regretter. Il n'avait pas pu s'empêcher de faire l'éloge des maraudeurs et bien sur cela avait emballé le petit sorcier.
C'est dans ces moments là que l'absence de James était la plus cruelle. Elle aurait voulu qu'il gère l'excitation de son fils, qu'il les accompagne pour acheter les fournitures. Ne pas pouvoir compter sur lui pour calmer Sirius était aussi un problème. C'était vraiment encore un enfant sur bien des aspects. La mort de son meilleur ami avait comme stoppé son évolution, le laissant à l'état de grand adolescent. Il avait été extraordinaire avec Harry. Il avait dormi avec lui jusqu'à ce qu'elle se soit assez remise pour s'en occuper. Il l'avait consolé, avait séché ses larmes. S'était levé la nuit pour apaiser les angoisses et chasser les cauchemars. Il avait été un adulte tout le temps qu'il avait fallu et puis quand elle avait repris pied, il s'était effondré, et ne s'était en quelque sorte jamais remis.
Il avait vaguement surmonté un état dépressif profond au moment du procès de Peter. Et encore. Il avait mis très mal à l'aise le Magenmagot en dévisageant pendant trois longues minutes celui qui avait été l'un de ses meilleurs amis. Pour ensuite lui tourner le dos et ne plus jamais ni le regarder, ni lui parler.
C'était un mauvais souvenir, un de plus.
Lily poussa à nouveau un profond soupir. C'était vieux maintenant. Elle avait appris à vivre avec un trou au cœur. Et la culpabilité.
Elle regarda son fils, si semblable à son père. Elle n'avait pas pu le prendre dans ses bras pendant un an. Elle avait quitté son petit garçon, ses amis et la sécurité de l'ordre, animé par une colère tellement envahissante qu'elle avait dû trouver une échappatoire. Elle avait dirigé toutes ses capacités vers la traque du monstre qui l'avait privé de son âme sœur. Et curieusement, elle n'avait même pas eu besoin de tout ses talents.
Elle savait qu'Alice et Frank s'occuperai bien d'Harry, parce qu'ils avaient un enfant du même âge.
Mais quand elle avait trouvé Jedusor, elle avait soudain pris conscience de ce qu'elle faisait. Elle traquait un fou au lieu de chérir son fils. Tout ce qui lui restait de son mari. Alors elle avait appelé Rémus. Qui était venu avec Sirius.
Ils avaient très bien su le contenir. Et les langues de plomb avaient fini par comprendre qu'il ne pouvait pas mourir car il avait déchiré son âme. Mais elle, elle n'avait rien su de ce combat-là, parce qu'elle avait appris à connaitre son fils et son fils avait apprit à la connaitre. Avec l'aide de Sirius donc. Et Rémus lui avait avoué que si elle n'était pas revenue, il n'était pas certain que Black ait relevé la tête.
En entendant un éclat de rire plus fort que les autres, elle sortit de ses souvenirs.
Rémus devait arriver sous peu et elle savait qu'il mettrait un peu d'ordre. Alors elle s'assit et regarda ses « enfants » s'amuser en laissant paraitre un léger sourire sur ses lèvres.
Tout irait bien, il suffisait qu'elle respire à fond et qu'elle se prépare à recevoir à intervalles plus ou moins régulier de la part du directeur des lettres de plaintes à propos du comportement du mini-maraudeur en puissance à qui elle avait donné le jour. Tout irait bien.
Alors ?
Dites moi tout !
