À titre informatif :
JE REFUSE QUE MON TEXTE SOIT PUBLIÉ SUR UN AUTRE SITE/BLOG/ETC.
L'univers et les personnages ne m'appartiennent peut-être pas mais l'histoire, en elle-même, reste ma propriété et la publier sans mon consentement est du plagiat pur et simple. Le moindre d'entre eux sera supprimé.
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Bonjour à tou(te)s !
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Premièrement, j'espère que vous allez tous bien en ces temps difficiles. C'est un immense plaisir pour moi que de revenir aujourd'hui afin de vous présenter ma dernière fanfic en date ! Je sais que je suis bien moins active qu'à une époque. Néanmoins, l'écriture fait toujours partie de mes passions et, si je le pouvais, je continuerais d'écrire autant qu'avant.
Bref ! Parlons du texte : il s'agit de ma participation hors-concours à la deuxième édition spéciale de mon concours « Les Chalusse d'Ébène ». Pour cette édition, les seules contraintes imposées étaient celles-ci :
· Écrire un OS.
· Entre 500 et 7 000 mots.
Cet OS présente néanmoins une particularité : il se place dans la série « Sans Équivoque ». Cependant, pas de panique si vous ne connaissez pas la série et ne savez pas de quoi ça parle : chronologiquement, ce texte est avant tous les autres. Autrement dit, pas besoin d'avoir lu les trois autres pour comprendre celui-ci.
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Je remercie mes bêtas d'amûr : Mariye-chouchoute et Meira pour leurs conseils et corrections !
Fini le blabla ! BOOOONNE LECTURE ! :D
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Obsession
— Vous vous considérez peut-être au-dessus du règlement de cette école, Monsieur Malefoy, ou tout simplement de mon autorité dans cette classe, mais permettez-moi de vous assurer que ce n'est pas le cas !
« C'est ça, ouais ! »
— Monsieur Malefoy ! appela Aurora Sinistra, professeure d'astronomie, d'une voix toujours plus forte.
Scorpius Malefoy ne se retourna pas. La lanière de son sac à dos sur l'épaule, il s'élança vers la porte ouverte de la salle de cours. Ses camarades étaient déjà tous sortis, ce dont il leur rendait grâce. La voix sèche de Sinistra le poursuivit tout le long du couloir qu'il remonta à grands pas, la tête rentrée. Les propos étaient menaçants, mais n'attisaient rien de plus chez lui qu'une colère sourde. Elle pouvait bien lui infliger autant de retenues qu'elle le voulait, il n'en avait cure. Qu'elle débatte de son comportement avec son responsable de maison, même avec la Directrice, aucune importance ! Que son père soit prévenu, Scorpius s'en foutait royalement. De toute façon, Drago Malefoy était bien trop occupé à tenir des têtes-à-têtes quasiment religieux et surtout ininterrompus avec son whisky pour se préoccuper de la moindre lettre, et encore moins d'une comme celle-là.
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— Scorpius ? Eh, salut, ça ne va pas ?…
Scorpius ne ralentit même pas. Priya Patil ne fut certainement pas découragée et cela stimula, au contraire, sa curiosité mal placée et son éternel besoin de coller son nez dans son intimité. Ils n'étaient pas vraiment amis, mais Priya s'évertuait à attirer son attention depuis deux ans, maintenant. Elle était sympathique et Scorpius ne la fuyait pas, d'ordinaire, même si la jeune femme lui vouait une attention qu'il n'avait aucunement l'intention de lui retourner. Ce jour-là, néanmoins, fut de trop.
— Lâche-moi, ok ? siffla-t-il avec une agressivité qu'on ne lui connaissait pas.
Son coup de sang eut, sur Priya, le même effet que si elle s'était pris un mur en plein visage. Les yeux écarquillés, elle s'était immobilisée sans même parvenir à bégayer. Quand Scorpius lui jeta un regard, au moment de tourner à l'angle du couloir, elle le fixait toujours avec autant de surprise, mêlée d'une tristesse pitoyable.
Scorpius était quelqu'un de foncièrement gentil. À seize ans, il restait le plus brillant élève de l'école depuis son arrivée en première année ; il faisait partie d'un programme de tutorat pour les classes inférieures ; se portait toujours volontaire pour aider les plus démunis ou ceux qui avaient tout simplement besoin d'un coup de main… Il exécrait ses ancêtres et leurs préceptes ; luttait chaque jour pour redorer le blason des Malefoy par une conduite irréprochable, et faire tout ce qui était en son pouvoir pour être bien vu. Il se montrait aimable quand il n'en avait pas envie, et essayait de toujours répondre posément même lorsque son caractère passionné l'incitait à faire tout l'inverse.
Pour autant, la situation avait changé au cours des six derniers mois. Tout, tout dans la vie de Scorpius avait changé, et plus rien ne serait jamais pareil. Sa mère était décédée d'une infection magique foudroyante contractée durant un voyage à l'étranger. Si son père avait aussitôt sombré dans l'alcool et la dépression, Scorpius faisait son possible pour se raccrocher à tout ce qui pouvait lui procurer un peu de joie et de bonheur. Il était conscient que sa douleur lui paraissait un peu moins insupportable chaque jour qui passait et se raccrochait à cette vérité universelle.
Pourtant, même s'il aurait tout donné pour que ce ne fût pas le cas, il était terriblement imparfait. Parfois, comme ce jour-là, il ne parvenait tout simplement pas à demeurer rationnel, à conserver un flegme d'apparat ; à être le bon et gentil Scorpius Malefoy que cette école connaissait.
La journée avait débuté comme toutes les autres, dans l'attente et la solitude. À dix heures, néanmoins, son hibou lui avait apporté sa délivrance. Son monde avait basculé dans l'euphorie des retrouvailles et de l'extase. Charles – en hommage à Charles Perrault, l'auteur de contes Moldus – s'envolait à peine par la fenêtre entrouverte, et Scorpius était déjà prêt à arracher l'enveloppe pour lire sa lettre, quand Aurora Sinistra les avait enjoint d'entrer dans sa salle de classe. Elle avait trois minutes d'avance. Les trois minutes les plus frustrantes de la vie de Scorpius. Assis au premier rang, il n'avait eu aucun moyen de lire. Sinistra avait prévu un devoir sur table suite aux notes catastrophiques que la classe – à l'exception de Scorpius – avait obtenu lors du précédent. Durant les quarante-cinq minutes qu'il lui avait fallu pour répondre aux questions, Scorpius n'avait pas pensé aux astres, à leurs noms ou leurs particularités. Il se fichait comme de sa première robe de sorcier de la trajectoire d'Uranus. Tout ce qui lui avait importé c'était le bout de papier glissé contre son flanc, sous son pull noir. Les mots tracés à l'encre, parfaitement calligraphiés ; les phrases pleines de sagesse et d'érudition ; le message porteur d'un plaisir que son auteure ne soupçonnait pas.
Scorpius avait rendu son devoir avec quinze minutes d'avance. Son écriture à lui avait été peu soignée et les réponses bâclées, mais il n'aurait pas moins d'un O quoi qu'il se passe. Il avait cru, enfin, être libre de se plonger dans le style impeccable, de savoir ce qu'elle avait à lui dire, de savoir qu'elle allait bien. De pouvoir toucher, caresser, ce qui avait été entre ses mains.
Les premières lignes l'avait rendu fou de joie. Les nouvelles étaient excellentes. Au-delà même de tout ce qu'il avait pu imaginer. Il s'était apprêté à tourner la page pour lire les deux autres feuillets quand Sinistra l'avait interpellé. Elle avait voulu qu'il lui remette sa lettre, elle avait cherché à la lui prendre, et Scorpius avait perdu le contrôle.
Il lui avait arraché le papier des mains en retour, grondant un « Non ! » autoritaire et sans réplique. Toutes les têtes s'étaient levées vers eux. Tout d'abord interloquée, Sinistra lui avait assuré qu'elle ne lirait pas son courrier personnel, mais qu'elle ne pouvait pas accepter qu'il le fasse lui-même pendant ses cours. C'était comme ça. C'était écrit dans le règlement, un point c'est tout. « Ne touchez pas à ça ! » avait-il sifflé en rangeant sa précieuse lettre dans la poche de sa robe de sorcier. Le professeur n'avait rien répliqué de plus qu'un sévère « Venez me voir après le cours, Monsieur Malefoy. ». Après que tous les autres aient rendu leur devoir, Scorpius avait fait l'effort de s'avancer vers le bureau. Écumant de rage et de frustration, il n'avait pas tenu plus de quelques secondes avant de faire volte-face et de partir. Il avait besoin de lire. Il avait besoin de savoir ce qu'elle avait à lui dire. C'était primordial. Viscéral. Ses mots passaient au-dessus de tous les autres. Ses lettres étaient une drogue pour lui, désormais. Si douces, si pleines de bonnes intentions, de bons sentiments, si belles qu'il leur fantasmait à présent une sensualité.
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Scorpius fit l'effort ultime de s'enfermer dans les toilettes condamnées du deuxième étage où personne n'allait. Même Mini Geignarde avait fini par les déserter depuis qu'un portrait de l'auror Harry Potter avait été accroché par des filles dans celles du cinquième étage. Scorpius courut s'écrouler contre le mur du fond, lâchant son sac à dos dont les livres poussèrent de lourdes plaintes.
Il tira son trésor de sous sa cape, le déplia avec une minutie proche de la vénération, et se noya dans ses mots.
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Cher Scorpius,
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Tout d'abord, j'espère que tu vas mieux depuis notre dernier échange. Mon cœur se serre de savoir que tu es en souffrance. Même si tu ne m'en révèles pas ouvertement la cause, je pense la connaître. Il n'y a aucune honte à avoir. Le deuil est excessivement difficile à surmonter, encore plus à ton âge, encore plus dans ces circonstances. Mais, même s'il fera éternellement partie de toi, on finit par aller de l'avant, crois-moi.
Je ne souhaite pas en parler davantage dans cette lettre, car je tiens à respecter ton intimité et ton choix. Néanmoins, sache que si tu veux m'en parler, tu peux te confier à moi sans filtre et sans peur. Je ferai tout mon possible pour te conseiller au mieux et t'aider dans la mesure du possible. Si tu veux m'en parler, Scorpius, fais-le.
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Pour poursuivre sur une note plus joyeuse, je t'annonce officiellement avoir retenu ta proposition ! Un club de lecture verra le jour au sein des locaux du Ministère dès le mois prochain ! Cette idée dont tu m'as fait part est absolument brillante, et je ne t'en remercierai jamais assez. Nombre de mes collaborateurs se sont déjà inscrits. Et je dois t'avouer que je songe moi-même à le faire. Toutes les discussions que nous avons eues, toi et moi, qu'elles soient épistolaires ou non, autour de nos lectures communes, me donnent envie de confronter mon opinion à plus grande échelle. Oui, je vais m'inscrire !
Encore une fois, tu me vois profondément navrée que tes camarades n'adoptent pas ce même club à Poudlard. J'oserais même te confier être assez agacée et révoltée face à leur refus d'adhérer à ton idée. J'espère que savoir qu'elle sera menée au Ministère te fera plaisir. À ta…
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Cette fois-ci, Scorpius attrapa le deuxième feuillet avec avidité.
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… place, cela serait le cas, mais je me sentirai également très frustrée de savoir que je ne peux pas y participer. C'est pourquoi…
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C'est pourquoi… ? Scorpius dévora les mots suivants, les yeux écarquillés. Son corps se contracta violemment avant de se relâcher d'un coup. Il fut alors parcouru d'un frisson et ferma les yeux quelques instants.
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… j'ai obtenu que tu te joignes à nous une fois par mois, à l'occasion de la réunion du club qui aura lieu le jeudi soir. Si le projet t'intéresse et si cela n'empiète pas trop sur ton travail scolaire, tu pourras me retrouver dans mon bureau via le réseau de Cheminette en te rendant dans celui de la Directrice McGonagall. Elle a signé ton autorisation après que j'ai obtenu celle de ton père. J'espère sincèrement que ma prise d'initiative à ton égard, et mon immixtion dans ta vie personnelle, ne te dérangent pas. Si c'est le cas, pardonne-moi. Je pensais que tu aurais peut-être besoin de te changer un peu les idées et de prendre l'air… Si tu es effectivement intéressé, tu trouveras, jointe à cette lettre, la liste des lectures à mener pour la première réunion. Tu reconnaîtras Vol-de-mort, la dystopie de Jeanne Edgecombe que nous avons tous deux adorée. Je suis persuadée que tous les membres du club seraient impressionnés par l'analyse que tu sais en faire.
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Enfin, en réponse à ta précédente lettre, je vais très bien, je te remercie de t'en préoccuper. Comme tu le sais, je n'ai que peu d'occasions de souffler, mais cela me convient parfaitement. Je dois d'ailleurs me rendre à Poudlard demain pour le déjeuner.
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Fais-moi parvenir ta réponse pour le club de lecture et, surtout, n'hésite jamais à me faire part de tes préoccupations qu'elles soient personnelles ou non. Je ne prétends pas être une psychomage ou tenir un rôle particulier pour toi, mais je suis ton amie et tu sais que je t'écouterai et t'aiderai comme je peux le faire avec mes propres enfants.
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Avec toute mon affection,
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Hermione
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Hermione Granger,
Ministre de la magie
Ministère de la magie britannique, Londres.
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Longtemps, Scorpius ne bougea pas. Son corps était parcouru de ces mêmes picotements qu'il ressentait à chaque fois qu'il lisait l'une de ses lettres. À chaque fois qu'il la voyait. Qu'il l'entendait. Ce depuis qu'il avait cinq ans et qu'il était tombé en véritable vénération devant Hermione Jean Granger, rencontrée chez Fleury et Bott.
Elle l'avait toujours considéré comme un enfant. Comme le fils de Drago Malefoy, un gosse de l'âge de sa fille Rose Granger-Weasley. Scorpius ne l'avait jamais considérée comme plus, ou moins, que la plus belle femme qu'il n'ait jamais vue. La plus intelligente, la plus forte, la plus attirante, la plus charismatique et, depuis quelques années, la plus séduisante femme sur laquelle il n'ait jamais posé les yeux. Leur relation épistolaire s'était établie depuis que Scorpius avait pris son courage à deux mains et avait envoyé une première lettre à la mère de sa meilleure amie, Rose, dans laquelle il lui parlait de lecture. Il n'aurait jamais pu croire, du haut de ses onze ans, que la Ministre lui réponde, et encore moins avec autant de passion et de gentillesse. Alors Scorpius avait envoyé une deuxième lettre. Et elle avait répondu une deuxième fois.
Hors de Poudlard, il la voyait rarement, mais mettait toutes les chances de son côté pour la croiser au moins une fois à chaque vacances. Parfois, il se trouvait profondément malchanceux et ne la voyait pas. Parfois, pendant qu'il était chez Rose, elle était là, prenant quelques jours de repos elle aussi. Alors il la voyait quotidiennement. Il la voyait, l'entendait mais ne la touchait pas. Ô grand jamais ! Plus jeune, elle se laissait aller à lui caresser la joue avec une tendresse maternelle. Elle ne le faisait plus depuis bien longtemps. Bien trop longtemps. Scorpius ne comprenait pas vraiment pourquoi il n'était pas attiré par les filles de son âge comme les autres adolescents, garçons ou même hommes de son entourage. Il ne comprenait pas pourquoi son corps et son cœur lui dictaient une telle conduite, mais c'était ainsi. Il aimait Hermione Granger. Il avait l'impression d'avoir toujours été amoureux d'elle, même sans savoir ce qu'était l'amour.
Et, pour elle, il était un ado de seize ans. Le meilleur ami de sa fille. Intelligent, brillant, mais juste un gamin un peu paumé depuis que sa mère était morte.
Scorpius haïssait cet état de fait. Il haïssait n'être que cela aux yeux d'Hermione. Il voulait être un homme. Il voulait lui offrir tout ce qu'il savait que Ronald Weasley, son époux, ne lui offrait plus depuis longtemps. Il voulait lui offrir plus que tout ce qu'elle n'avait jamais connu. Il voulait s'offrir lui, entièrement, sans filtre, sans peur. Il n'avait pas honte de l'aimer, mais il était encore trop tôt. Il était trop tôt pour se déclarer, peut-être serait-il éternellement trop tôt pour le faire, mais Scorpius sentait sa résolution se fracturer à mesure que les années passaient. Ces derniers temps, c'était pire. Hermione répondait plus vite qu'avant, s'enquerrait de sa santé, ne lui parlait plus comme s'il était un enfant, mais de plus en plus comme à un adulte. Même si elle disait le traiter comme Rose ou Hugo, son vocabulaire et ses propos évoluaient, les plaçant tous les deux un peu plus sur un pied d'égalité à mesure qu'il vieillissait et à chaque lettre qu'elle écrivait.
Si elle savait, Scorpius était prêt à parier qu'elle cesserait tout contact. Si elle savait à quel point il la trouvait sexy, si elle savait à quel point il l'aimait, elle romprait toute relation entre eux. C'était ce qui le faisait tenir. Il se refusait à lui avouer ses sentiments pour profiter de sa proximité, d'elle. Même s'il n'était pas un adulte, il n'était plus un enfant et il avait bon espoir de la faire succomber. Oui, il ne se contenterait pas de l'aimer, il voulait qu'elle l'aime. Il voulait qu'elle le voie comme un homme, le sien, pas comme un gosse pris sous son aile. Tout comme lui à son égard, il voulait qu'elle le trouve beau, il voulait susciter son désir de femme. Alors, depuis un an et demi déjà, il s'adonnait à diverses activités sportives. Contrairement à son père, Scorpius n'était pas habile sur un balai et ne pouvait donc pas se reposer sur le Quidditch pour se tailler un corps d'athlète. Mais il n'était pas aussi bête que Drago l'avait été, et il avait trouvé son bonheur en se tournant vers le sport Moldu. Il s'était inscrit à une revue et suivait leurs conseils à la lettre. Le résultat était à la hauteur de ses espérances, mais avait également apporté son lot de tracas tels que Priya Patil…
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Scorpius rouvrit lentement les yeux, profitant quelques derniers instants de la première vague d'intense plaisir que la lettre d'Hermione, et sa grande nouvelle, avaient insufflé en lui. Bien sûr qu'il acceptait de s'échapper de Poudlard une fois par mois pour la retrouver ! Bien évidemment qu'il ne lui en voulait pas de s'ingérer dans sa vie ! Au contraire ! Euphorique, il se dit qu'il l'aurait pris dans ses bras pour la remercier si elle avait pu se trouver sous ses yeux en cet instant...
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Toutes ces heures passées à façonner ses abdominaux et les muscles de ses jambes, toutes ces douleurs quotidiennes lui semblèrent n'avoir eu qu'un but : lui permettre de se redresser d'un bond et détaler sans perdre une seconde supplémentaire. Maintenant. L'effort lui avait coupé la respiration, mais Scorpius ne s'arrêta pas. Pliant sa lettre d'une main, il effleura de l'autre la balustrade en marbre du grand escalier qu'il dévalait. L'affluence était grande. Midi venait de sonner, déversant dans les couloirs une marée d'élèves affamés. Scorpius joua des coudes pour finalement émerger dans le grand hall d'entrée de l'école. Bondé, les lourdes portes en chêne massif n'étaient ouvertes que pour accueillir deux classes de troisième année qui revenaient du parc, crottés jusqu'aux mollets. Plusieurs filles coulèrent vers le beau jeune homme blond des regards amourachés. Lui n'avait d'yeux que pour une autre qu'il ne voyait pourtant pas.
Scorpius rebroussa chemin. Il savait qu'il était en retard et cela ne servait à rien de rester là plus longtemps. S'il avait été plus perspicace, il ne serait même pas descendu au rez-de-chaussée. Il aurait mené sa course le long du couloir du deuxième étage. Soudainement, Scorpius s'insulta. Quel con ! Il avait été au bon endroit ! Il n'y avait qu'une seule personne avec laquelle la Ministre pouvait déjeuner à Poudlard, et il n'y avait qu'un seul endroit où cela pouvait se passer.
Serrant des dents, Scorpius sentit son visage se contracter en une expression de haine profonde. S'il ne lui restait pas une once de chance d'arriver avant qu'il ne soit trop tard, il se serait littéralement flagellé pour son erreur.
— Bougez de là !
Sa voix siffla tendit qu'il tentait à grand peine de se frayer un passage dans le sens inverse, remontant deux par deux les marches du grand escalier.
— Scorp ! Scorpius !
Scorpius reconnut instamment la voix masculine qui l'interpellait. Il se retourna si vite que son buste craqua. En essayant de parvenir à sa hauteur, Hugo Granger-Weasley manqua de dévaler les marches dans l'autre sens, bousculé par un groupe de filles de cinquième année. Scorpius le rattrapa in extremis par la manche.
— Wow ! Merci ! souffla le jeune adolescent. Ça va ?
— … Oui. Et toi ?
— Oui, oui.
— Qu'est-ce qu'il se passe ? s'enquit innocemment Scorpius qui s'impatientait d'entendre les mots qui sortiraient de la bouche du fils d'Hermione.
— On te cherchait, tout à l'heure, avec Rose. Ma mère est là, à Poudlard, pour un déjeuner professionnel avec McGonagall, et elle est arrivée plus tôt pour nous voir. Elle était surprise que tu ne sois pas avec ma sœur dans la Grande Salle, comme t'avais pas cours, toi non plus, apparemment. Elle voulait te parler d'un truc à propos d'une lettre qu'elle t'a envoyée, et savoir comment tu vas… Bref, Rosie a arrêté de te chercher en voyant qu'ils servent de la tourte aux rognons et je t'ai vu passer devant la Grande Salle, donc… voilà, résuma-t-il en haussant les épaules.
Hermione était arrivée plus tôt. Pour le voir, lui, entre autres. Scorpius retint un sourire tandis que, dans son ventre, ses tripes se contractaient avec plaisir. Il posa une main sur l'épaule d'Hugo.
— Merci. Je vais essayer de trouver ta mère avant son déjeuner.
— À mon avis, elle y est déjà. Elle est partie avant que tout le monde descende manger pour ne pas être dérangée dans les couloirs.
Scorpius se contenta d'un hochement de tête, remercia derechef son informateur et tourna les talons.
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Il n'avait certainement jamais couru aussi vite de toute sa vie. Tout le sport du monde n'aurait pu lui empêcher d'avoir un point de côté au bout d'une minute à peine. Ses poumons lui semblaient se déchirer à chaque pas. Il ne ralentit qu'à l'abord de la gargouille de pierre, au cas où Hermione ne serait pas encore montée dans le bureau. Il la chercha partout, et la déception fut incommensurable lorsqu'il dut se rendre à l'évidence : il était arrivé trop tard.
Le cœur battant, les mâchoires contractées, il appuya ses mains à plat sur le mur le plus proche, se courbant jusqu'à y faire reposer son crâne. Le coup fut vif, brutal et extrêmement douloureux. Du plat de sa main droite, le Serpentard avait frappé la pierre lisse et froide. Ses paupières s'étaient contractées au point de lui faire mal également. Mais rien, aucune douleur physique ne pouvait jamais équivaloir à celle qui torpillait son cœur, son ventre, son esprit. Sa haine de lui-même venait d'atteindre un degré plus aigu que jamais encore par le passé.
Pour la première fois, elle lui incombait entièrement. Hermione avait été là, allant au-delà de toutes les espérances qu'il n'aurait jamais pu avoir. Elle était arrivée en avance, elle voulait le voir, s'enquérir de son état, lui parler simplement. Elle avait été là, elle l'avait prévenu, et il était resté comme le pire des cons, assis sur le sol glacé de toilettes désertées et délabrées.
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Qu'importe le déjeuner, qu'importent les heures de cours de l'après-midi. Scorpius se détourna uniquement pour se hisser, à la force de ses bras, dans une niche du couloir. Assez grande pour que son mètre quatre-vingt-cinq y tienne assis sans se tordre la nuque, Scorpius y installa son sac à dos et ramena ses longues jambes contre son buste. Il avait besoin de souffler et de se recentrer. Il voulait être maître de lui-même lorsqu'elle quitterait le bureau de la Directrice. Si elle le quittait par la porte… L'idée qu'Hermione emprunte la poudre de Cheminette pour retourner au Ministère le rendit fou. D'emblée, il fut repris d'une envie irrépressible de se fustiger avec violence. Scorpius était conscient de l'excès de ses réactions, mais, lorsque cela touchait à Hermione Granger, il ne parvenait pas à les contenir.
Il avait chaud, il avait froid, il était furieux et euphorique. Les mains jointes en prière contre son visage, il ouvrit les yeux pour se focaliser sur une pierre érodée par le temps, sur le mur d'en-face.
Peu à peu, ses vives émotions refluèrent pour laisser place à un calme précaire mais agréable. Scorpius ferma les yeux un court instant, puis décida d'abîmer son attention dans la liste des lectures à réaliser pour la première réunion du Club du Ministère. Comme indiqué par Hermione, il avait déjà dévoré Vol-de-mort de Jeanne Edgecombe. Il s'étonna de constater qu'il connaissait également les quatre autres titres, bien qu'il n'ait jamais lu les ouvrages. Scorpius replia la liste, satisfait. Il irait emprunter les romans ce soir-là à la bibliothèque de l'école. Mrs Pince ne se ferait pas prier pour distiller quelques commentaires sur chacun d'entre eux, dont Scorpius prendrait mentalement note. La vieille femme était une source de savoir certainement aussi prodigieuse que les livres qu'elle gardait avec assiduité depuis tant d'années. Le jeune homme n'hésitait jamais à faire appel à ses connaissances pour déchiffrer une formule complexe, une langue inconnue, ou bien tout simplement pour lui demander des compléments d'informations.
Cette lecture qui n'était pas de la main d'Hermione apaisa ses pulsions. Finalement et comme toujours, Scorpius reporta sa frustration sur son travail scolaire. Cynique, il se demandait parfois s'il était aussi brillant à cause de la frustration permanente qu'il accumulait depuis tant d'années.
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Sa baguette à la main, Scorpius commandait sa plume qui grattait le parchemin depuis deux heures, tandis que lui-même décryptait les effets secondaires d'une recette pour agrémenter son devoir de potion. Concentré, il capta pourtant sans mal le roulement de la pierre. La gargouille libéra enfin Hermione Granger. Scorpius ne lui jeta qu'un regard. Mais son cœur s'emballa. Ses tripes se contractèrent. La fièvre s'empara de lui, rendant ses mains moites et son corps brûlant.
En l'espace d'un regard, il avait eu le temps de la voir, de la détailler et de l'admirer. Avant de s'attacher à son tailleur pantalon gris ; avant de loucher sur ses hanches arrondies, sur sa taille, sur son décolleté ; avant d'apprécier son visage aux rides qu'il ne voyait pas, à son chignon toujours parfait ; avant de se perdre en admiration, ses yeux perçants se fixèrent sur l'alliance qu'elle portait irrémédiablement. C'était la seule douleur qu'il s'infligeait avant de s'offrir le privilège de la regarder, elle. Complètement. Jusqu'à connaître la moindre de ses expressions, la moindre nuance de ses iris, la moindre courbe de son corps.
Un seul regard suffit pour que sa beauté, la sensualité qu'il percevait sans cesse chez elle, ne l'atteignent en pleine poitrine et le comble d'un bonheur cruel.
Et un seul regard dut suffire, car Hermione n'était pas seule, et il ne voulait pas se révéler à la Directrice qui avait accompagné son ancienne élève.
Scorpius les écouta échanger quelques derniers mots en rangeant fébrilement ses affaires.
— Je vous remercie de vous être déplacée, Miss Granger, dit finalement la vieille McGonagall qui n'avait rien perdu de sa prestance.
— C'est toujours avec plaisir que je reviens ici, Professeure. Vous savez à quel point je suis attachée à cette école et l'éducation des générations futures. Je vous souhaite une bonne fin de journée.
— Pareillement.
Alors que la gargouille s'enroulait de nouveau sur elle-même, élevant la Directrice jusqu'à son bureau, le claquement régulier de talons se fit de plus en plus net aux oreilles de Scorpius. À l'affut, il lui était désormais impossible de contenir ses émotions, et cette terrible excitation mêlée d'angoisse qui le tenaillait. D'un geste fébrile, il passa une main dans ses mèches blondes, les ramenant vers l'arrière. Il s'accroupit près du bord de la petite corniche, fixant sa proie sans ciller. Sa bouche était sèche, son souffle court, rapproché mais silencieux. Il se sentait comme le reptile qui ornait chaque recoin du manoir familial. Celui qui ondulait sur sa poitrine, symbole de sa maison. Hermione était là, tout près, lionne marchant d'un pas souple, irradiant sa beauté autour d'elle. Et lui, vil serpent, attendait de pouvoir frapper. Scorpius n'aurait pas menti s'il avait poussé la comparaison à l'extrême et avoué qu'il voulait la mordre et infiltrer son venin sous sa peau qui semblait si douce. Non, cela n'aurait pas été mentir.
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Il sauta avec la souplesse d'un chat, se réceptionnant en pliant les genoux, son sac à dos sur l'épaule. Il se redressa, ferma les yeux et inspira. Et expira.
— Madame la Ministre ?
Intérieurement, Scorpius remerciait son « gène paternel », son « côté Malefoy », comme il l'appelait, de lui permettre un sursaut de flegme et de contrôle apparent sur sa personne, tel que celui qu'il venait de manifester. Sa voix n'avait pas tremblé. Il se tenait droit, fier et fort lorsqu'Hermione Granger fit volte-face. Son expression mi-agacée mi-intriguée changea instantanément lorsqu'elle le vit. Son visage s'éclaira aussitôt, et elle abandonna derrière elle un rictus professionnel pour lui offrir un sourire tout simplement magnifique qui le heurta en pleine poitrine. Finalement, c'était elle qui le frappait, elle qui le mordait et infiltrait involontairement son venin sous la peau du jeune homme. Il en était fou. Elle le rendait littéralement fou d'elle.
— Scorpius ! Depuis quand tant de formalités ? rit-elle en revenant vers lui.
Scorpius eut un sourire en coin et haussa les épaules.
— Ça me fait tant plaisir de te voir ! Comment vas-tu ?
Elle était parvenue à sa hauteur. D'emblée, le Serpentard s'abreuva de son parfum à la fois délicat et si puissant. Il en nourrit chaque tissu de son corps et voulait hurler son bonheur de la voir si heureuse de leurs retrouvailles dans ce couloir désert.
— Je suis très heureux de te voir également, admit-il sans détour. Je vais… mieux. Et toi ?
Elle sembla réfléchir un instant avant de confier :
— « Mieux » s'applique aussi dans mon cas.
Il était évident que ses raisons divergeaient de celles de Scorpius, mais cela lui importait peu. Une complicité s'était dès à présent installée entre eux, permettant de faire dériver la conversation sur leur passion commune pour la lecture, et plus précisément le Club du Ministère. Hermione fut enchantée de recevoir une acceptation de vive-voix.
— Merci d'avoir obtenu cette dérogation, ajouta Scorpius.
L'opportunité de quitter Poudlard pour se rendre au Club de Lecture grâce à elle le touchait plus que nul autre geste que quiconque n'avait jamais pu avoir envers lui.
— C'est normal, répondit-elle d'une voix très douce.
Tous auraient dit qu'elle était maternelle. Objectivement, Scorpius lui-même aurait pu l'admettre. Mais il ne voulait pas se montrer objectif. Son timbre glissa moelleusement à son oreille. Il ne s'en aperçut pas tout de suite, mais il avait interrompu tout mouvement. Elle seule put le lui en faire prendre conscience en déposant un à un les doigts fins et parfaits de sa main droite au niveau de son biceps, par-dessus sa cape noire. Toute la tendresse qui émanait d'elle se répercutait en de violentes décharges électriques chez Scorpius. Ses muscles se contractaient avant de se relâcher, déversant dans ses veines un torrent de sang chauffé à blanc. La sensation était exquise. Depuis plusieurs années, elle se produisait chaque fois qu'Hermione le touchait. Chaque fois, il était plus dur de résister. Elle, Hermione, était comme une drogue. La voir, sentir son odeur et la toucher… Le jeune homme en voulait toujours plus. Il la voulait, elle, et elle lui apparaissait si… saisissable, en cet instant. Palpable. Réelle. Là. Il ferma les yeux de nouveau et s'imagina saisir ses doigts fins dans les siens, tirer dessus et s'emparer d'elle. Il la voulait à lui, pour lui, aujourd'hui, demain. Tout de suite ! Il la voulait et ça faisait mal. Tellement mal ! Sur ses paupières closes, sa silhouette ondoyait, sa voix parlait à son oreille, son odeur chatouillait ses narines et sa langue voulait goûter la sienne. Elle l'obsédait.
— Scorp ?
L'entendre l'appeler ainsi, presque gémir un surnom avec tant d'affection, était abominable. Insoutenable. Et Scorpius ne tint pas. Il s'agrippa à elle.
Il fut si vif, si fort qu'elle n'avait pu se défiler, même si elle l'avait voulu. Scorpius lui-même fut profondément surpris de son élan. Il… serrait… contre lui… Hermione Granger. Il ouvrit les yeux, sous le choc.
L'étreinte dura. Elle dura longtemps et fut pourtant si courte que lorsqu'elle remua légèrement son corps plaqué au sien pour se dégager, Scorpius aurait juré qu'une seule seconde s'était écoulée.
À mesure qu'elle s'éloignait, il réalisa ce qu'il venait de faire, la manière dont il s'était trahi. Il baissa le regard. À ce stade, il n'avait même plus envie de s'insulter ou de se flageller. Subir le baiser du Détraqueur, être une coquille vide sans cette âme qui se mourait de recevoir le baiser d'Hermione Granger, lui paraissait bien. Oui, c'était même parfait. Plus d'âme, plus d'Hermione, plus de douleurs et surtout plus cette érection naissante…
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Il écouta une porte grincer près de lui, des bruits de pas et puis cette même voix douce qui lui donnait des frissons.
— Entre.
Entre ? Comment ça « entre » ?
— Scorpius ?
Lentement, l'appelé redressa sa nuque tendue par l'angoisse. À deux mètres de lui, Hermione l'invitait à entrer dans une salle de classe vide. Elle ne paraissait pas sous le choc, comme c'était son cas, et encore moins furieuse. Au contraire. Avec une méfiance paradoxale, Scorpius s'approcha et investit la salle poussiéreuse où les toiles d'araignées étaient bien plus nombreuses que le mobilier. D'un coup de baguette, il les ôta. La saleté le dérangeait.
Il se retourna. Hermione déposait son sac à main sur le bureau près de la porte, appréciant visiblement le coup de propre.
— Je suis désolé.
— Tu n'as pas à t'excuser, répliqua-t-elle aussitôt en lui accordant son entière attention.
Scorpius était perdu, incapable de savoir quoi faire ou dire, et encore moins maintenant qu'elle venait de lui répondre… ça. Saisissant son incompréhension, Hermione s'approcha. À ses belles lèvres était accroché cet éternel sourire qui tournait la tête du jeune homme.
— Je comprends.
Scorpius fut saisi d'une panique étrange. D'un côté, il redoutait qu'elle comprenne ; de l'autre son cœur bondissait de joie de voir qu'elle ne se départait pas de son air serein.
— Tu comprends ? répéta-il, les sourcils froncés.
— Bien sûr, et je ne t'en veux pas. Je t'ai dit que je voulais t'aider dans cette épreuve et te conseiller au mieux. Mais il me paraît tout aussi concevable que tu n'aies pas besoin de paroles, mais d'actes. Et je suis là pour toi, assura-t-elle avec force. Je n'ai pas la prétention de pouvoir t'apaiser, et je ne veux surtout pas que tu aies l'impression que je cherche à prendre la place de ta mère. Mais, Scorpius, comme mentionné dans ma lettre, je te connais depuis que tu es enfant, tu fais partie de la vie de ma famille depuis que tu es devenu ami avec Rose et tu te confies à moi depuis des années.
Scorpius n'aurait su dire s'il était soulagé ou anéanti. Il ne répondit rien, ce qu'elle dut interpréter comme un aveu honteux.
— Tu as envie de parler ?
— … Non, confessa-t-il finalement d'une voix rauque.
Il ne parla pas. Mais elle, si. Elle le rassura, lui affirma qu'il n'y avait aucune honte à vouloir être entouré d'un amour maternel arraché contre son gré. Elle s'approcha, prit l'initiative de l'étreindre pour lui fournir ce qu'elle pensait être l'ombre de cet amour filial.
Pressé contre elle pour la deuxième fois en quelques minutes, Scorpius ne savait plus où il en était. Parler de sa mère décédée, de l'amour qu'elle ne pouvait plus lui fournir, faisait remonter des besoins aussi primaires que ceux qu'Hermione Granger lui faisait éprouver. Abandonné à un carrefour émotionnel, Scorpius resta de longs instants sur le bas-côté à essayer de tout absorber. Il essaya de prendre ce qu'elle lui donnait sans en pervertir le sens. Astoria lui manquait, son père, à-demi vivant depuis que sa femme était morte, lui manquait. Mais rien n'y faisait. Il essaya de pleurer pour sa mère, de refermer ses bras sur Hermione Granger comme il aurait pu le faire autour d'elle. Mais c'était impossible. Inconcevable. Il se sentait dégueulasse, pervers de penser à Hermione comme à sa mère. Le monde entier le voulait, Hermione le voulait, mais il ne pouvait pas. Jamais plus elle ne pourrait lui offrir ce genre d'attentions sans qu'il leur donne son propre sens.
Son corps contre le sien ne le rassurait pas. Sa main qui lui administrait de petites caresses circulaires au milieu du dos ne le détendait pas. Sa voix ne l'apaisait pas. Elle l'excitait. Elle l'obsédait.
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S'admettre cela changea tout, encore une fois. Le corps de Scorpius s'enfiévra bien plus que lorsqu'il l'avait seulement vue. Il ne put garder la tête froide. Elle était là, contre lui, dans ses bras. Il avait le droit de la toucher, de la sentir, de la caresser même ! Scorpius ferma les yeux et perdit pied. Du point de vue d'Hermione, il s'accrochait à elle et lui retournait tout bonnement son affection tel un enfant triste en manque d'amour. Du sien, il cédait à ses fantasmes. C'était mal. Si elle avait su, elle l'aurait vivement repoussé, mais aussi décent qu'il puisse être depuis sa naissance, Scorpius était un ado de seize ans qui tenait là l'objet de toutes ses convoitises sexuelles.
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Le temps s'alanguit. Hermione finit par se reculer, mais pas avant d'avoir glissé un doux baiser aimant sur sa joue et l'avoir serré une dernière fois. Scorpius parvint à réagir convenablement. Il la remercia, lui promit de lui écrire vite et ils se donnèrent rendez-vous trois semaines plus tard, pour l'ouverture du Club de Lecture du Ministère.
Il était effondré qu'elle parte déjà. Et soulagé. C'était trop.
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Il l'accompagna dans le couloir, ne faisant qu'un pas au-dehors. Il ne put même pas s'accorder le luxe de laisser ses yeux courir une dernière fois sur la cambrure de ses reins. Sur ses jambes. Sur son cul.
La porte se referma sur Scorpius sans bruit. Sa main gauche percuta le mur tandis que l'autre se perdait dans les replis de sa robe de sorcier. Il ne pouvait plus attendre, pas même pour gagner un quelconque toilette. Il ne pouvait plus attendre. Plongé dans le noir, il vit Hermione. Sa femme. La chaleur était intenable. L'envie, infernale. La frustration, colossale. Son obsession grandit. Toujours plus. Et encore…
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Hermione…
Hermione…
Hermione…
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Enfin, trouva sa délivrance.
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Haletant, Scorpius laissa aller son front brûlant contre le mur glacial.
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Tenir Hermione Granger dans ses bras avait été une victoire. Et surtout un sentiment éphémère terrible. À la fin de la journée, celle-ci comme beaucoup d'autres avant, il n'avait pas ce qu'il désirait. Il était perdu, dégoûté de cette différence avec laquelle il vivait depuis toujours. Il éclata en pleurs amers.
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Hééé oui, pour ceux qui ne le savaient pas, la série Sans Équivoque parle de Scormione… Pour ceux qui la connaissent, nous nous plaçons donc ici, comme annoncé, avant tous les autres textes puisque Scorpius était encore à Poudlard.
J'espère que vous avez aimé ce nouveau morceau d'ignominie made in myself ! ) N'hésitez pas à venir découvrir le reste de la série (liste des OS dans ma bio) qui se compose de trois autres OS longs (voire très longs ^^).
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Comme d'habitude : je vous invite à présent à me dire tooooout ce qui se passe et s'est passé dans vos petites têtes durant votre lecture ! En bref : n'oubliez pas la review avant de partir ! )
Merci ! :*
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*** Qui dit concours dit également participants et, surtout, résultats !
Je vous convie toutes et tous à me retrouver sur ma page Facebook (lien dans la bio) pour découvrir/être avisés de toutes les informations sur le sujet :
Liste des participants & participations, résultats, bilan, prochaines éditions, etc. ***
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Je vous fais plein d'énormes bisous décontaminés et je vous dis à bientôt avec un prochain texte !
Love !
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Comme toujours, je précise que JE REPONDS AUSSI BIEN AUX REVIEWS DES LECTEURS INSCRITS SUR LE SITE QU'AUX REVIEWS ANONYMES. Si j'en reçois, j'updaterai un "chapitre" afin d'y intégrer mes réponses. ;)
