Bonjour Bonsoir !

Nous revoilà ! Nous sommes le 24 mars. Et ce jour est tout particulier pour moi puisqu'il est synonyme d'une jour très important : l'anniversaire de ma merveilleuse Petit Pigeon ! Best Girl, j'espère avoir fait honneur à ton ship siiiii particulier (parce qu'avoir des ships communs c'est surfait. Voyons. MDR.)

J'avoue, j'ai eu très peur. Parce que je n'avais aucune idée de la cohérence de ce que j'écrivais. Faut dire que Jabu n'est pas le personnage le plus exploité de la série (et je n'aurais pas eu l'audace de le résumer au cheval à bascule de Saori) mais j'ai fouillé, j'ai tenté de créer quelque chose de cohérent. Et ça a donné cela. Un énorme merci à Ahriall-san pour avoir corrigé ce petit monstre alors qu'elle ne maîtrise pas le fandom. Tu m'as sauvée kleine lelie bloem !

Ma Best Girl, je ne suis pas Tsutsun sur les bords, tu le sais. Je suis la niaise du duo, alors permets moi ces mots : j'espère avoir mis à l'honneur ton fichue double poney. J'espère aussi avoir réussi le défi de t'écrire un texte qui saura t'apporter douceur et bonheur. J'espère surtout que ta journée sera aussi sublime que ta personne. J'espère au final, simplement que ce cadeau saura exprimer tout l'affection et l'admiration que j'ai pour toi. Et même si les temps sont durs, n'oublie pas que tu es purement et définitivement une Best Girl. Pleine de forces et de qualités, qui mériterait bien un monde pour tout ce que tu fais pour les autres.

Breeeeeef, puisque je t'entends bégayer, je vais m'arrêter ! Joyeux anniversaire ma Lili !

Et aux autres, bonne lecture !


Disclaimer : La série Saint Seiya appartient à Masami Kurumada


Rain

C'était une bien étrange vision que celle qui faisait face en cet instant au chevalier de la licorne.

La nuit était tombée rapidement, signe que l'hiver avait pris ses aises dans les quartiers populaires du Japon. Les lampadaires brillaient d'une trop forte lumière blanche, détonnant brutalement avec le ciel sombre de nuages. Pluie ou Neige ? s'était-il demandé en sortant du petit Konbini qui longeait la rue du métro. Quelques minutes plus tard, il eut sa réponse. Ce fut pluie. Une déferlante rapide de grosses gouttes d'eau. Bien qu'il s'était préparé à dégainer son parapluie à la moindre goutte, il fut tout de même mouillé. Il avait pesté, grognement totalement inutile, mais avait relativisé en observant toutes les personnes peu précautionneuses courir pour se cacher des caprices de la météo.

Alors qu'il tournait à un croisement, s'engageant dans les rues résidentielles, là où son appartement se trouvait, son regard fut attiré par une point coloré, contrastant avec le paysage gris. Une jeune personne assise sur une balançoire. Jabu identifia très vite le point coloré comme la couleur rouge du t-shirt qu'elle portait. Un rouge qu'il connaissait très bien.

Impossible. Seiya n'était-il pas en Grèce ? Aux dernières nouvelles, c'est bien ce qu'il avait entendu. Puis, Seiya n'était pas la seule personne à porter du rouge ! Alors pris d'un doute, ignorant son cœur qui s'était mis à danser dans sa poitrine à la seconde où l'espoir lui avait frôlé l'esprit, il s'avança vers la silhouette. Elle ne bougea pas lorsqu'il ouvrit la porte de sécurité alors que le grincement qu'elle poussa s'apparentait à un véritable cri dans le silence des lieux. Il fit quelques pas et malgré l'obscurité, Jabu le vit. Il n'aurait tout simplement pas pu ne pas le reconnaître, ce foutu pégase.

Seiya sembla enfin remarquer sa présence. Il leva la tête, plissant un peu les yeux- la lumière blanche dans son dos devait l'éblouir.

« Jabu ! » Son expression songeuse se changea en un instant. A présent seule la joie étirait les trais du jeune japonais. « Qu'est-ce que tu fais là !? » D'un geste que Jabu n'eut à peine le temps de voir venir, Seiya s'était levé pour l'enlacer férocement. La licorne se sentit terriblement rougir avant de reprendre ses esprits.

« Mais c'est à moi de te poser cette question ! Qu'est-ce que tu fiches sous cette pluie ? Regarde-toi tu es trempé ! Tu n'étais pas au Sanctuaire ? »

Reprenant un peu de distance, le brun se gratta le nez, semblant très amusé par la situation.

« Héhé, ça en fait des questions. Comme tu le dis, j'étais au Sanctuaire. Je ne suis là que depuis ce matin.

- Et tu ne m'as même pas prévenu ? »

Seiya ne répondit pas tout de suite. D'abord surpris, Jabu le dévisagea en retour. Il avait dit quelque chose ? … Ah oui, en effet, il avait dit quelque chose. Il n'avait pas réalisé tout de suite la tournure particulière de celle-ci. Néanmoins, Seiya ne fit aucune remarque, juste un sourire avant de reprendre.

« Tu sais, ça s'est fait sur un coup de tête. A part Hyoga qui était avec moi quand j'ai pris ma décision, je crois que personne ne sait que je suis là. »

Un « Oh » de compréhension franchit ses lèvres. Faire un coup de folie de ce genre, ça ressemblait bien à Seiya. Mais quelque chose restait étrange.

« Ça ne m'explique pas pourquoi tu es assis sous une pareille pluie. »

Seiya grimaça, son regard fuyant vers les chevaux à bascules. Ça, en revanche, ça ne ressemblait pas à Seiya.

Comme pour venir à son aide, la pluie redoubla d'intensité. Glaçante comme il ne l'avait jamais connue. Par réflexe, Jabu s'approcha de Seiya pour le cacher dans l'ombre de son parapluie. Ça ne l'empêchera pas d'avoir froid, mais au moins, ça le protégera de l'eau.

« Ok, ok, c'est pas le moment de rester là. Tu viens ?

- Chez toi ?

- Non, chez Deathmask. »

Jabu leva les yeux au ciel alors que Seiya rit franchement alors qu'ils débutèrent le chemin vers l'appartement de la licorne.

« Tu rigoles, mais tu sais qu'il nous arrive d'y aller.

- Où ça ?

- Chez Deathmask ! »

Jabu écarquilla les yeux, si fort que cela provoqua un nouvel élan de rire chez Seiya. « Cette réaction vaut tout l'or du monde.

- Te fiche pas de moi ! » L'air boudeur, il retira rapidement le parapluie de Seiya, l'exposant quelques secondes punitives sous la pluie glacée.

« Hé !

- Tu vas pas me dire que c'est lui qui vous invite à boire le thé ?

- Presque. C'est Shiryu qui boit le thé avec lui. Généralement, Mû est là aussi, mais ces deux-là s'entendent bien. Et comme on traine ensemble, ils nous arrivent d'atterrir dans son temple. Mû a beaucoup joué au début, mais maintenant, il arrive que ce soit Deathmask qui nous invite.

- Faut croire que se taper dessus crée des liens. »

- A qui le dis-tu ! »

Le pas rapide et la discussion se faisant naturellement, les deux jeunes hommes arrivèrent devant un grand immeuble. Jabu sortit rapidement son pass' qui ouvrit la porte dans un bruit aigu déplaisant.

« Pas d'ascenseur, j'espère que t'es prêt à grimper.

- Après avoir monté les marches du sanctuaires, je pense pouvoir surmonter celles-là. »

Pour affirmer ses dires, Seiya le devança, marcha deux à deux les petites marches de l'escalier. Jabu trouva ça assez stupide – il ne connaissait même pas son appartement - mais amusé, il le laissa faire, attendant le plaisir de voir la tête penaud lorsqu'il le réaliserait.

En attendant, il le laissa s'amuser de sa démonstration d'endurance. Le Seiya devant lui n'avait rien à voir avec celui qu'il avait croisé quelques minutes auparavant. Certes son rival était une vrai tête brulée. Le genre à finir dans des situations impossibles. Mais là… là quelque chose n'allait pas. La licorne n'oubliait pas, mais en cet instant, alors qu'il entendait le rire gêné d'un Seiya revenant vers lui, se demandant lequel de ces appartements était le sien, il sentait qu'il ne valait pas mieux aborder le sujet. Chaque chose en son temps.

« Fait comme chez toi. » Lança Jabu en entrant dans sa modeste demeure.

L 'appartement ne payait pas de mine, un studio des plus simples que la licorne avait su aménager à sa convenance.

« Bon c'est assez petit, mais à deux on devrait savoir gérer. Tu veux quelque chose ?

- … Non, non rien. »

Le châtain se tourna, étonné par le temps de latence entre la question et sa réponse.

« Un souci ?

- Non, j'observe juste.

- Tu auras vite fait le tour. »

Les mains dans les poches de son jean, il s'avança vers sa décoration.

Jabu quant à lui s'était dirigé tranquillement vers le petit plan de cuisine pour déposer ses courses. Tranquillement ? Absolument pas ! S'il se faisait violence pour paraître le plus détaché possible, son esprit était actuellement en plein carnaval de Janeiro ! Seiya était chez lui ! Donc son studio ! Mais rien n'allait dans cette situation !

Maintenant seul – enfin, cela était assez relatif puisqu'il entendait clairement les mouvements de l'autre dans son salon, il prenait doucement du recul. Il ne l'aurait pas laissé seul sous la pluie, il n'était pas de ce genre, mais maintenant qu'il se retrouvait en tête à tête avec lui. Les choses étaient sensiblement complexes.

Il souffla un bon coup, espérant calmer les rougeurs qu'il savait présentes sur ses joues. Oui, si à l'époque, seul l'ennui l'aurait accablé, aujourd'hui, c'était un tout autre sentiment qui lui saisissait le cœur.

« Tu as besoin d'aide ? »

La tête brune qui apparut soudainement dans l'encadrement de la porte le fit sursauter, condamnant la pauvre boite d'œufs à finir lamentablement sa vie sur le carrelage de la petite cuisine.

« Ah merde…

- Désolé, je ne voulais pas te surprendre.

- J'étais dans mes pensées, il y a pas de mal. » Il s'accroupit à hauteur du carnage. « Quelques œufs ont survécu. Tu avais besoin de quelque chose ?

- Justement, c'est ce que je te demandais. »

Ah ce qu'il était maladroit. Il avait envie de s'enterrer quelque part. Ou de se cacher sous la boite d'œufs qui dégoulinait sur le sol. N'importe quoi. Seiya quant à lui, semblait à mille lieux de ces considérations. Sans comprendre ce qui se tramait dans l'esprit du brun, il sentait son regard posé sur lui. D'une simplicité déconcertante.

« Il se fait assez tard, je ne sais pas si tu as déjà mangé, mais je ne comptais pas aller plus loin qu'une omelette … quoi que je pourrais aussi te faire un curry … »

En plein dans son dilemme culinaire, il ne remarqua pas le sourire qui avait repris ses droits sur le visage de son ami.

« Choisis, je te suis ! » S'écria-t-il en venant le rejoindre devant le plan de travail. « On commence par quoi ?

- Déjà, à te laver les mains. Ça serait un bon début. Puis tu devrais te changer, tu vas tomber malade à ce rythme-là. »

« Tu as bien dit être ici depuis aujourd'hui ? »

Seiya affirma d'une voix un peu lointaine, bien trop concentré à chercher les assiettes. Soupir. Toujours pas le bon placard.

Jabu savait parfaitement ce qu'il comptait dire. C'était évident, mais il ne pouvait empêcher une petite appréhension venir lui chatouiller l'esprit.

« Tu n'as donc nulle part où aller, là ? »


C'est ainsi que Seiya débuta son séjour indéterminé dans le petit studio de Jabu. Cela avait commencé par un « Tu peux rester ici pour cette nuit. » prenant le mauvais temps comme argument. Seiya avait tout naturellement accepté. Jabu s'était alors attelé au repas – ce fut Curry et Seiya s'émerveilla du talent culinaire de son ami qui lui répondit « C'est pas grand-chose ça, si j'avais eu des champignons, je t'aurais ajouté une sauce qui aurait été parfaite avec … »

Une jolie soirée en somme.

Une jolie soirée qui se transforma en jolie journée. Proposition réitérée, une nouvelle fois acceptée. Cela faisait maintenant six jours que Seiya vivait de manière indéterminée auprès de Jabu.

Et étrangement, leur quotidien s'était fait naturellement. Jabu n'aurait pas pu, même avec la plus grande mauvaise foi, pointer véritablement quelque chose à Seiya. Presque naturellement, les deux s'étaient adaptés à l'autre. Et Jabu devait avouer trouver cela agréable.

À un détail près.

Passer tout ce temps auprès de Seiya lui rappela la dose de bonne humeur qu'il était, de la même manière qu'il lui fit rencontrer une drôle de petite lueur. Trop sombre pour être ignorée, trop fugace pour être saisie, mais définitivement présente dans le regard parfois perdu du chevalier pégase pour être mise de côté.

Jabu ne savait pas comment aborder le sujet. Était-il seulement en droit d'en parler ? Un Shun serait mieux placé que lui. Shiryu ou encore Hyoga. Ceux qui l'avaient accompagné dans les pires situations. Lui… lui c'était différent. Il n'était qu'un camarade. Tiraillé entre l'envie d'être son écoute et la peur de dépasser les limites, Jabu s'était contenté d'être présent pour lui. Alerte à la moindre ombre de tristesse traîtresse qui lui aurait échappée.

Les jours étaient ainsi passés, avec pour chacun d'eux, son lot de chamailleries, de rires, de doutes, de réconfort, d'histoires.

Un quotidien qu'ils construisaient à deux, sous les nuages gris de pluie.


« Je tarderai pas. »

C'est ce que Jabu lui avait dit, il y a vingt-cinq minutes. Et vingt-cinq minutes, c'était beaucoup pour l'esprit actif qu'était Seiya. A présent seul dans le petit studio, il devait l'avouer, il se sentait assez impressionné. Jabu lui avait bien dit « de faire comme chez soi » mais définitivement, il ne pouvait pas se le permettre. Le garçon avait la bienveillance de l'héberger sans rien attendre en retour, il ne manquerait plus qu'il se montre irrespectueux en empiétant sur un domaine plus personnel du garçon.

C'est pourquoi Seiya était tout simplement assis sur le fauteuil du studio. La télévision ne le tentait pas réellement. Il s'y était essayé. Il ne lui avait fallu que trois minutes pour comprendre que ce n'était pas fait pour lui. Il n'arrêtait de pas de zapper à la chaine et lorsqu'il trouvait un programme qui lui semblait intéressant, il n'arrivait tout bonnement pas à se concentrer. Tout ce qui défilait sur le poste ne lui disait rien. Trop étrange. Trop décalé.

Il finit par éteindre la télévision et, déposant la télécommande sur la table basse, il se demanda ce qu'il pouvait bien faire.

Son regard glissa sur ce qu'il y avait autour de lui. Il finit par tomber sur une petite bibliothèque, juste en dessous du placard à thé de la licorne. Soudain curieux, il s'avança vers elle. Quel genre de livre pouvait intéressé Jabu. Voilà la question qui trottait à présent dans son esprit. Ses yeux parcoururent les différents tranches de livres, d'épaisseur et de matière différentes. Allant de l'histoire à l'eau de rose à l'enquête policière, en passant par du fantastique. Seiya n'y connaissait rien en littérature, il n'était même pas sûr de ses précédentes observations, mais à chaque titre qu'il lisait, il avait l'impression de découvrir un aspect de Jabu qu'il lui était inconnu. Cela était peut être étrange, mais ce sentiment n'était pas déplaisant.

Seiya tomba alors sur une quantité innombrable de catalogues. Curieux, il se permit d'en prendre un qu'il commença à feuilleter. Il tomba sur des pages colorés et annotés. Des flèches qui faisaient référence à une autre page ou à un autre livre. Des petits mots écrits ci et là.

Il comprit très vite qu'il s'agissait de livres traitant de la pédagogie. De la petite enfance en général jusqu'à la question plus précise de la punition, de l'angoisse enfantine aussi. Des gros ouvrages et des petits pamphlets, la bibliothèque de Jabu était assez conséquente. Alors sans se rendre compte, il s'était assis à même le sol, les jambes croisés, entouré d'une multitude de livres aux titres et couleurs différents.

Et c'est ainsi que Jabu le retrouva.

Le châtain avait d'abord cligné des yeux. Il s'était préparé à lui sortir une petite boutade sur le fait qu'il le retrouve en train de lire. C'est seulement à ce moment-là qu'il avait réalisé ce que Seiya lisait. Perdant de toute sa superbe, il s'était jeté sur lui pour ranger tous les livres. Maladroit, il ne fit qu'écraser son homologue et les nombreux ouvrages. Seiya eut le réflexe de le rattraper tout en protégeant le bouquin qu'il lisait. Le sac de course n'eut pas cette chance puisqu'il s'écrasa dans un bruit flasque sur le parquet.

« Bonjour Jabu ? » Fit-il, peu sûr de lui. Jabu rala quelques mots qu'il comprit comme une « Bonjour fichu cheval » en reprenant ses distances.

« Tu as lu tout ça ?

- Evidemment, sinon pourquoi je les garderai ? » Maugréa Jabu en rangeant rapidement les livres sur l'étagère. Il le faisait si précipitamment qu'il ne réalisait pas que certains étaient mis totalement à l'envers.

Seiya rit franchement de la situation et tout en ignorant l'attitude râleuse qu'il avait provoquée, il s'occupa de remettre les livres correctement.

« Ça serait bête de les abimer alors que tu en prenais tant soin.

- Ouais, merci.

- Je ne savais pas que la psychologie t'intéressait. »

- Pas vraiment. Enfin, c'est récent. On va dire que c'est une étape dont j'ai besoin pour réaliser un objectif. »

Jabu vit le regard de Seiya pétiller d'un seul coup. Sans totalement le réaliser, il rougit. Quelle idée de regarder les gens aussi intensément ?

« Quel genre d'objectif ? »

A nouveau, Jabu rougit. Il baissa les yeux vers le sol. « Une bêtise. C'est juste une idée qui m'est passée par la tête…

- Dis la toujours.

- J'aimerai bien devenir maitre au sanctuaire. Et tu sais, m'occuper de la future génération. Mais c'est pas quelque chose qui se décide à la légère. J'en suis conscient. Un Maitre, ou un adulte qui t'éduque de manière plus générale, il influence ta vie. Je pense qu'on a tous des souvenirs pas très joyeux de l'éducation de Tatsumi. Certains plus que d'autres. Et de l'autre côté, tu as vu le regard de Shiryu et de Hyoga lorsqu'ils parlent de leur Maitre respectif ? La joie de Kiki quand il nous parle de Maitre Mû ? C'est… j'aimerai bien devenir ce genre de personne. Être capable d'élever des futurs chevaliers, mais en les préservant en même temps… »

Jabu se sentit gêné. C'était bien la première fois qu'il s'ouvrait ainsi, surtout à propos d'un tel sujet. Lui, Jabu de la licorne. L'insolent, pour certain. Le toutou de Saori, pour d'autre. Très peu le verrait aborder l'image d'un mentor. Et il les comprenait. Même lui ne se voyait pas l'allure d'un Mû ou d'un Camus.

Silencieusement, il attendit la réponse de Seiya, mais aucune remarque ne vint faire écho à son monologue. Seiya le regardait, pensif. Une lueur étrange dans le brun de son regard. Elle lui rappela le moment du parc. Lorsqu'il était tombé sur lui sous cette pluie froide. Finalement, elle ne dura pas. Très vite, Seiya sembla reprendre ses esprits, un sourire aux lèvres.

« Moi je pense que tu seras un merveilleux maitre.

« Ça ne sert à rien de me flatter… » Marmonna un Jabu prit de cour.

« C'est sincère. » Fit-il tout simplement.

Seiya abordait cette expression de certitude absolue. Il ne décelait aucune once de doute et de sens caché. Comme toujours, Seiya était terriblement honnête. Et c'était bien le fait que le pégase croyait véritablement en ses mots qui troubla si fort le cœur de Jabu.

« De toute façon, je suis trop jeune pour ça. » Souffla Jabu en se saisissant d'un autre livre.

« Camus avait 14 ans lorsqu'il l'est devenu. Mû n'était pas spécialement vieux quand il a recueilli Kiki. L'âge ne veut rien dire !

- Ce n'est pas parce que cela leur a réussi que ce fut sans encombre.

- On pourrait leur demander leur avis.

- À Maitre Mû ?

- Oui, et Camus aussi. Aiolia pourrait également aider.

- Je ne vais pas aller déranger des chevaliers d'or pour ce genre de question ! » S'insurgea-t-il.

« Je ne pense pas que ça les ennuierait, ils sont plutôt cools… quand tu comprends comment ils fonctionnent ! » Rit-il franchement.

Jabu, quant à lui, le dévisagea. On parlait de chevaliers d'or ! Des douze plus puissants chevaliers d'Athéna ! Et Seiya parlait d'eux comme des camarades de classe. Le chevalier avait déjà remarqué qu'il n'usait pas des titres honorifiques. Seiya avait également passé énormément de temps en Grèce, auprès de Saori, de ce fait, forcément, il avait dû côtoyer la cavalerie dorée.

Par ces anodins mots, Jabu réalisait à nouveau le monde qui le séparait de Seiya. Il n'était qu'un chevalier de bronze, son ami, lui était un chevalier divin. Une oppressante angoisse lui brouilla l'estomac.

« Jabu ? »

Non, pas maintenant. Il secoua ses cheveux châtains dans l'espoir de reprendre contenance. Pas devant Seiya.

« Ok, Ok… mais je ne sais pas. C'est une vie quand même. Si je me foire, c'est lui qui souffrira.

-Et pourquoi tu ne réfléchis pas dans l'autre sens ? »

Jabu leva les yeux vers Seiya, l'air interrogateur.

« Plutôt que penser aux potentielles erreurs. » Expliqua Seiya. « Réfléchis à ce que tu peux lui apporter. Tu as ta propre expérience. Et en plus, tu as lu et travaillé tous ces livres ! Je me demande si tous les maitres actuels ont donné autant de leur temps pour s'améliorer, comme toi tu peux le faire. Je pense que quelqu'un qui met autant de force dans ce qu'il fait ne peut qu'être un bon maitre. Parce que sans même les connaitre, tu as déjà leurs besoins à cœur. Donc j'en suis sûr : tu seras un maitre du tonnerre ! »

Jabu ne répondit pas. Touché comme il ne l'avait jamais été. Chaque mot s'était déposé sur ses doutes avec une délicatesse qu'il n'aurait jamais pensé trouver chez le brun.

Mais.

Il grimaça, son regard troublé trouvant refuge sur la couverture du livre qu'il tenait entre les mains. Ce n'était pas juste une idée. Chaque jour passé était un jour où l'envie de suivre cette voie devenait plus forte. Pourtant, en serait-il vraiment capable ? Seiya ne m'était-il pas trop d'espoir en lui ?

Une nouvelle fois, Seiya vint taire ses doutes. Pas avec des mots, cette fois-ci.

Jabu sentit les deux mains du brun se déposer de part et d'autre de son visage. Doucement, mais fermement, il le poussa à relever le visage. Il fit face au visage confiant du pégase. Encore une fois. Comme toutes les fois.

« Aies confiance en toi Jabu. »

Quatre mots. Son prénom prononcé comme s'il était un être précieux. Trop. C'était trop pour Jabu qui ferma les yeux sous l'intensité de son regard. Avait-il vraiment le droit de se sentir aussi bien ? D'y croire avec la même force que lui ?

Ils restèrent ainsi quelques temps dans le silence du salon. Et alors que Jabu entendait les premières gouttes d'eau taper contre la fenêtre, il profita de la sensation des bras de Seiya glissant contre son corps pour l'attirer contre lui.


C'était une bien étrange vision que celle qui faisait face en cet instant au chevalier de la licorne.

Caché dans l'ombre de son parapluie, il distingua deux silhouettes devant son appartements. Il reconnut sans peine Seiya, portant toujours le sweat qu'il lui avait prêté. Ce fut plutôt la présence du chevalier du Cygne qui l'interloqua.

Comme pour le brun, Jabu n'hésita pas quant à l'identité du second. Ils étaient bien trop particuliers pour être confondus. Alors que le paysage arborait ses plus tristes nuances de gris, seul leur aura brillait. Le blond trop pur des cheveux du russe, le mat agressif de la peau du japonais. Tout ce qui composait leur allure était un rappel de leur existence naturellement différente. Eux qui avaient connu ce que lui-même ne s'aurait imaginer.

En cette soirée pluvieuse, le contraste de ces garçons avec le monde lui semblait encore plus évidente, violente aussi.

Le cygne et le pégase étaient en grande discussion. Pas des plus amicales, s'il en jugeait à l'air ennuyé du blond. Seiya n'était pas mieux, l'expression fermée, les mains dans les poches, toute une gestuelle qui hurlait à son homologue qu'il était en désaccord avec ce qui semblait se dire.

Devait-il agir ? Attendre qu'ils se calment ? Bonne question à laquelle Jabu n'avait décidément pas la réponse.

Finalement, il n'eut pas à la prendre. Hyoga sembla enfin le voir. Par un réflexe de politesse, il se hâta d'un salut qui se voulait détendu. Le russe répondit, ce qui eut l'effet d'attiser la curiosité de Seiya. A son tour, il le vit. Le mécontentement soudainement remplacé par un trouble que la licorne eut du mal à définir. Seiya se tourna, échangeant rapidement avec le blond qui retrouva son air septique.

Non décidément, ça commençait à l'ennuyer cette histoire !

D'un pas décidé, il s'avança directement vers le duo. Découvrant que chaque pas semblait augmenter le stress du pégase - et il jurerait que Hyoga s'en amusait.

« Bonjour Jabu.

- Salut Hyoga, Seiya. » Il salua les deux, remarquant à peine la grimace du brun qui gigotait aux côtés du blond.

« C'est rare de vous voir dans le coin.

- Je passais dire bonjour. » Fit simplement le russe. « Je ne vais pas tarder à rentrer.

- Tu as un appart' dans le coin ?

- Oh ? Non du tout, je logeais chez Shun. Shiryu et moi allons au Sanctuaire rendre visite à nos maîtres. »

D'un geste du bras, il se saisit de la lanière de son sac qu'il passa sur son épaule.

« Et j'en connais qui devrait en faire autant. » Glissa-t-il sans jeter de regard en particulier. Pourtant, il ne rata pas le geste fuyant de la part de son rival éternel.

« Ce fut un plaisir de te croiser, Jabu. » Reprit le blond, sans laisser le temps à quoi que ce soit.

« J'espère qu'on aura l'occasion de se revoir un peu plus longtemps la prochaine fois.

- Quand tu veux, où tu veux. »

Il salua le brun qui grogna en guise de réponse. Sans s'arrêter là-dessus, il se tourna vers Jabu.

« Prend soin de lui. Têtu comme il est, faut bien quelqu'un comme toi pour lui faire entendre raison. »

Sur ces mots, sans attendre une quelconque réponse, le chevalier des glaces s'en alla.

Seuls les clapotis énervés de la pluie qui tombait se faisaient entendre alors que les deux japonais regardaient l'ombre du voyageur disparaitre.

« Bordel, Hyoga...

- Est-ce qu'il vient de sous-entendre que je suis plus têtu que toi ? »

Un haussement d'épaule pour l'un, un soupir pour l'autre. Le bruit de la pluie qui perdurait toujours aussi forte, perturbée par le vent qui la titillait de plus en plus fort. L'obscurité du mauvais temps les entourait et pourtant, Jabu n'avait pas spécialement envie de rentrer à l'intérieur.

« Ça va ? »

- Ça ne sert à rien que je dise oui, je suppose.

- Tu supposes bien.

- Juste …un désaccord. En quelque sorte. »

Jabu attendit. Mais rien, Seiya se murait dans le silence, une nouvelle fois.

« Quelle sorte de désaccord ?

- C'est compliqué. »

La piste se refermait tout doucement. Il devait faire attention. Laissant le silence de la pluie animer l'ambiance, il réfléchit à une autre solution s'avancer vers lui, mais sous un autre angle. Un autre angle. Une autre ouverture. Moins directe, tout aussi importante…

« Pourquoi Hyoga faisait référence à Maitre Marine ?

- Ah ça ! » Seiya soupira, l'hésitation avait fait un peu de place à de l'ennuie. « Il est persuadé que Marina saura m'aider puisque dans son cas, Maitre Camus l'a aidé. Shiryu, forcément, pense pareil.

- Et ça ne pourrait pas être une solution ? »

Pas de réponse. Un regard qui fuit. « Ça te ressemble pas. » Finit par dire Seiya.

« Pardon ?

- Ça ne te ressemble pas d'être aussi à l'écoute de mes jérémiades.

- Je vais me vexer là.

« Hein ? Non c'est pas ce que je voulais- Arg ! » Il poussa un cri, totalement dépité, prenant sa tête entre ses mains.

Jabu se contenta de l'observer. Il se retient de soupirer, ce n'était pas le moment.

« On va dire que là, je juge que c'est important de t'écouter.

- Pourquoi ?

- Parce que j'aime pas te voir aussi renfermé. »

Si les mots avaient été prononcés dans un baragouinage incompréhensible, ils furent parfaitement entendus par Seiya. Il se releva, tournant son visage vers celui cramoisi et fuyant de Jabu. Il peina à soutenir son regard, ayant véritablement envie de se cacher et de ne plus jamais sortir ne serait-ce qu'une mèche de cheveux.

« Le Seiya que je connais, il en a fait des choses. Incroyables, souvent stupides aussi. Mais il les a faites en donnant 100 % de lui-même. Il a toujours tendu la main et n'a jamais lâchée celle qui trouvait la sienne. Il a toujours tout dit, même si parfois il aurait dû réfléchir avant. »

Un coup de coude, un sourire maladroit à peine perceptible dans cet air de souffrance qui lui tirait le visage.

« Je ne dis pas que ce Seiya-là ne peut pas avoir des coups de blues. Ou faire des erreurs. Ou je ne sais quoi d'autre. Ça reste un homme, aussi incroyable et insolent qu'il est. Mais si ce Seiya pouvait voir le monde qui s'inquiétait pour lui et … je sais pas, attraper la main qu'on lui tendait à son tour… Comme celle d'un chevalier de la licorne, par hasard … ça pourrait l'aider.

- Et ce chevalier de la licorne l'aiderait ?

- Il fera tout ce qu'il peut pour.

- Sans se moquer de lui ?

- C'est pas son genre.

- Sans perdre de l'estime pour lui ?

- Ah ! Tu connais ma réponse, pégase ! »

Seiya baissa la tête, cherchant visiblement sa réponse. Il y avait quelque chose de presque trop fragile dans cette scène qui l'émut. Parce que ces derniers jours, il avait découvert un Seiya différent. Un Seiya plus humain. L'expression était peut être maladroite, mais c'était pourtant bien ce sentiment qui lui chatouillait le cœur en cet instant. Seiya était impressionnant. Il aurait été de mauvaise foi de le nier. Seiya était un chevalier Divin. Seiya avait combattu des Dieux. Seiya avait fait tant de choses qui l'avait menées sur une route différente de la sienne.

Et pourtant, aujourd'hui, ils étaient là. Sous le même petit pavillon, à regarder la pluie. Lui le cœur serein, l'autre le cœur en peine.

Alors Jabu avait l'impression que pour la première fois depuis bien longtemps, il pouvait à nouveau atteindre Seiya. Juste trouver les mots. Juste être là. Juste l'atteindre.

« Marine est enceinte. »

Un murmure que la pluie avait presque écrasé, mais qui avait atteint par miracle l'ouïe de Jabu. Quelques secondes, avant qu'il écarquille les yeux.

« Vraiment ?! »

Seiya se laissa à rire. « Tes réactions sont toujours incroyables. » Il reporta son attention sur le sol. « Je l'ai su il y a peu aussi. Tu te souviens du jour à tu m'as trouvé sur la balançoire ? C'était cette journée-là.

- Ça t'a surpris ?

- … Je crois. Enfin, je connaissais sa relation avec Aiolia. Depuis le temps qu'elle dure. Puis ils sont mariés.

- Mais ? »

« Je n'aurais jamais imaginé ça… » Seiya se releva soudain. « Ne vas pas croire que je ne suis pas heureux pour elle ! Je l'étais terriblement ! Et je jure de toujours être là pour cet enfant ! »

Sous l'aplomb de sa tirade, il s'était relevé, la main solennellement sur le cœur. Jabu s'en amusa.

« Mais ? »

Une simple question qui ébranla la droiture de sa stature. Il sentait bien que cette faiblesse avait du mal à sortir. Ce n'était pas étonnant, en réalité. Jabu le savait, tout le monde le savait. Seiya était le héros. Seiya était le cheval ailé qui sauva leur déesse. C'était Seiya qui encourageait les autres. Il avait tellement abordé cette posture héroïque qu'il était aujourd'hui incapable de s'en détacher.

« Tout le monde avance sauf moi. Cette paix, elle est magnifique. Nous la voulions depuis si longtemps… On s'est battus pour elle. Certains nous ont quittés pour elle… Mais maintenant… je me sens perdu. Je n'y trouve pas ma place. Je ne sers plus à rien et cette idée, elle me fait peur. »

Ils avaient dû tous ressentir ce drôle d'écho. Reprendre une vie d'homme lorsqu'on a côtoyé le divin d'aussi près, cela devait laisser des traces. Cela avait été également difficile pour lui et les autres orphelins. Une vie conditionnée par leur destin de chevalier. Une vie qui n'existait qu'au nom de la déesse Athéna. Une vie qui n'avait jamais envisagé de durer très longtemps.

« J'ai peur car je ne sais plus quoi faire, ni comment gérer… comment revenir dans … dans le présent. Dans le moment. »

Ils n'étaient que des bronzes. La paix revenue, les missions s'étaient amoindries. S'ils restaient des chevaliers, ils jouissaient aujourd'hui de beaucoup plus de liberté. Certains étaient restés sur le domaine sacré du sanctuaire, d'autres avaient pris de la distance pour voyager, vivre tranquillement. Et il y avait ceux qui s'étaient perdus entre les deux. Ceux qui s'étaient retrouvés perdus, projetés sans sommation dans un quotidien qui ne faisait plus sens.

Et Seiya en faisait partie.

« Faut que tu réapprennes, tout ça. »

Seiya n'avait pas relevé les yeux. Il semblait à peine avoir entendu ces mots.

« Comment ? » finit-il par demander.

« Je t'ai dit qu'un chevalier de la Licorne pouvait t'aider, non ?

- Pourquoi ?

- T'en poses des questions !

- Tu me l'as déjà dit.

- Bah c'est qu'il y a une raison !

- Jabu, tu ne m'as pas répondu. »

Sa réponse, il l'eut dans la sensation timide et moite de doigts frôlant à peine les siens.

« Je te l'ai déjà dit, j'aime pas te voir te renfermer. Je veux retrouver le Seiya de d'habitude. Ça prendra peut-être du temps, mais tu la trouveras, ta place. »

Jabu vint le rejoindre. A son tour, il laissa son dos glisser contre le mur afin de s'assoir, juste à ses côtés. Ses yeux bleus s'en alla à nouveau observer la pluie tombante. Le vent s'en allait doucement tandis que la pluie, bien que toujours présente, tombait avec beaucoup plus de douceur sur le goudron du sol. Jabu se sentit étrangement entouré. Comme si le rideau de pluie formait une bulle qui les protégeait, lui et Seiya.

« Donne-toi le temps de réapprendre à être un homme. »

Un élan d'un petit quelque chose qu'il ne saurait nommer lui donna alors le courage de bouger. Ses doigts tremblant légèrement, il approcha sa main de la sienne. Le regard toujours rivé vers l'horizon pluvieuse, il bougea doucement sa main vers celle du brun. Courage se mêlant à la crainte. Il ne l'a saisit pas.

« Juste un homme. »

Il sentit Seiya tourner la tête vers lui, puis sur ses doigts hésitants qui frôlaient pudiquement les siens. La gêne et le doute alarmaient déjà l'esprit de la licorne de milles et une suppositions. Mais il ne reculerait pas. Seiya avait ouvert une porte. Difficilement. C'était dur d'être honnête, de dévoiler une part de soi aussi bancale. Alors à l'inverse, pour le remercier de s'être ouvert à lui. Pour lui partager aussi son envie d'être à ses côtés. Pour toutes ces choses et bien d'autres. Il devait également être honnête. Dans ses mots et dans ses gestes.

Coupant court aux doutes, Jabu sentit l'autre main l'enlacer tendrement.

« Merci Jabu. »

Les minutes étaient passées. Chaque gouttes tapant dans une irrégulière mélodie sur le bitume.

Cela devait être un bien étrange tableau qu'ils représentaient à deux, en cet instant, mais ce n'était pas le plus important.

S'il n'avait pas encore trouvé sa place dans ce nouveau monde, Seiya réalisait qu'il en avait une, juste là, aux côtés de Jabu. Et ça, c'était ce qui lui importait le plus.


La pluie gouvernait le sanctuaire. Le ciel sombre offrait au lieu sacré une atmosphère lourde et menaçante. Pourtant, Jabu était captivé par son allure. C'était la première fois qu'il découvrait un sanctuaire sous la pluie. Très dense, les gouttes tombaient rectilignement sur la pierres, rien ne faisait obstacle à leur chute. Elles s'écrasaient sur la roche pour ensuite continuer leur incessante descente. D'énorme nuage grondait au-dessus du domaine.

Si la pluie au Japon avait ce côté parfois triste, le chevalier trouvait qu'ici, dans la chaleur de la Grèce, elle avait ce quelque chose de salvateur. Comme le caresse réconfortante après le dur labeur.

Jabu trouvait cet horizon impressionnant.

Deux maints virent alors écraser son visage sans aucune forme de délicatesse. Il grimaça en ressentant toute l'humidité présente sur les dites mains. Non mais cet âne ! Il s'extirpa de la prise pour lui envoyer un regard plein de reproches.

« Tu as fini de faire l'enfant ?! »

Seiya laissa échapper un amusé « héhé » avant de le dépasser. « Tu semblais perdu.

- J'observais seulement.

- Juste observer ? »

Jabu se tourna vers lui, comprenant ce que Seiya lui demandait à demi-mot. Il hésita, puis soupira. Seiya le connaissait bien à présent. « Oui j'appréhende un peu… »

Comment ne pourrait-il pas ? Il était sur le point de discuter avec deux chevaliers d'ors. Deux chevaliers connus pour leur qualité d'apprentissage. Et lui qui n'était personne était sur le point de prendre le thé avec eux.

Il sentit la main de Seiya se glisser dans la sienne. « Tu réfléchis trop. »

Son cœur loupa un battement devant le naturel de la situation. Malgré tout, il ne s'en dégagea pas. « Et toi pas assez.

- On se complète décidément, bien toi et moi. »

Jabu pouffa et le tira vers lui pour se mettre en route, mais ils ne firent que quelques pas. Alors qu'ils s'apprêtaient à monter les célèbres marches qui les mèneraient au premier temple, Seiya l'arrêta.

« Jabu. »

« Hum ? »

Le brun sera sa prise sur leurs mains liés, puis prit une grande inspiration sous le regard totalement inquiet de Jabu. Qu'est-ce qu'il allait lui sortir là ?

« Est-ce que … enfin si tu es d'accord… » C'était rare de voir Seiya chercher autant ses mots. Par respect pour Seiya, il ne dit rien, attendant qu'il trouve ses mots. A la place, il ramena Seiya à lui sous le parapluie qu'il tenait. La proximité partagée sembla aider Seiya. Alors ses yeux ancré dans les siens, il reprit la parole.

« Est-ce qu'après tout ça, tu ne voudrais pas partir avec moi ? »

« Partir ? » Répéta un peu hésitant Jabu.

« Oui… » Encore une fois, il prit le temps de chercher ses mots.

« Je ne connais rien de ce monde et je n'ai que 17 ans. Et tu disais qu'il me suffisait de réapprendre tout ça … n'est-ce pas ? »

Jabu hocha la tête. « C'est ça. »

« Nous resterons présent si Athéna nous demande, mais juste un temps, juste voyage… L'Europe me tenterait bien. Et… »

« Et bien tu as dit que tu serais à mes côtés, non ? Alors je me disais, juste avant que tu te lances en tant que maitre… Tu pourrais m'accompagner ? »

Jabu écarquilla les yeux, quelques secondes de latences. Entendre ces mots et réaliser ce qu'ils représentaient réellement réchauffa le cœur de la licorne. Son cœur n'allait décidément pas tenir face à tout ce bonheur.

« Bien sûr que je t'accompagne ! Te connaissant, tu réussirais à t'attirer des ennuis. »

« Dit surtout que tu te sentirais bien seul sans moi ! »

Jabu piqua un fard et après un coup de parapluie bien placé, il le tira la main qu'il n'avait jamais lâché. Et d'un pas rapide, sous la pluie et le rire de Seiya, il commença à monter les escaliers sacrés, un sourire que peu lui connaissait collés aux lèvres.

« Ça, tu as bien raison. »


Buvez du Coca

Jpp le double poney

Joyeux anniversaire Best Girl !