Combien de temps s'était écoulé lorsque le son retentit dans le manoir ? Ça, elle ne le sut qu'une fois que tout fut achevé. Étonnement fermer les yeux en laissant ses pensées affluer comme bon leur semblaient avait fait écouler le temps beaucoup plus vite qu'elle ne le pensait . En attendant Lorsqu'elle rouvrit les yeux elle était loin de se douter qu'une heure s'était écoulée depuis le moment où elle les avait fermés ; la seule chose qui importait fut le bruit différent et tant attendu qui avait enfin émergé de la chambre.

Un nouveau-né poussait ses premiers cris.

La première chose que Narcissa constata c'est qu'il n'était pas très vif. Quand Drago était venu au monde il s'était époumoné si fort et si longtemps que ces oreilles sifflaient quand elle avait réussi à le calmer. Ce bébé là en revanche avait poussé quelques petits cris peu bruyants avant de redevenir calme.

Mais ce qui l'étonna le plus ne fut pas le manque de vigueur du nourrisson. Ce qui le fut en revanche c'est qu'à peine deux minutes après que le petit ait poussé ses premiers cris la porte de la chambre s'ouvrit sur Euphemia qui en sortit avec le bébé emmailloté dans les bras.

Tout ensuite se passa si vite que Narcissa eu à peine le temps d'apercevoir le crâne pourvu d'un duvet brun du nouveau-né qu'il avait déjà disparu. Euphemia avait donné le petit à Anthéa qui n'avait pas perdu une minute pour filer à l'anglaise, comme on dit. En à peine une seconde elle avait disparu dans les escaliers, sans un mot, rien. Elle avait juste disparu avec ce bébé étonnement silencieux. En tout, l'affaire n'avait pas duré plus de quelques minutes, voir secondes.

Narcissa savait que cela devait se passer ainsi. Le bébé devait être confié aux Rosier d'Irlande, éloigné de tout danger qui pouvait subvenir, c'était les ordres du seigneur des Ténèbres... Mais elle imaginait qu'on laisserait au moins un peu de temps à sa sœur avec son enfant. Là c'était extrême ! Sitôt sa nièce ou son neveu né, on l'avait éloigné. Sa mère n'avait même pas eu le temps de le tenir dans ses bras qu'il avait disparu. Elle était sûre que sa Mangemort de sœur ne connaissait même pas le sexe de son bébé.

Elle était tellement stupéfaite qu'elle ne s'était même pas rendu compte qu'Euphemia était reparti dans la chambre sans un mot. Ce fut un bruit de rangement magique dans cette dite chambrée qui la fit sortir de sa torpeur.

Encore légèrement abasourdie Narcissa était rentré dans l'antre. C'était une petite chambre simple et austère avec juste une grande fenêtre, une penderie, un petit bureau et un immense lit qui rappelait que c'était une chambre. Au bord du lit en baldaquin d'acajou Euphemia rassemblait le linge ensanglanté où gisait le placenta et le mena à ses pieds pour ensuite les jeter dans la cheminée qui crépitait légèrement.

Quant à sa sœur aînée, bien que la Rowle se soit occupé certainement de son entre jambe, à en juger par l'arrêt de l'afflux sanguin sur les draps nettoyés, elle avait toujours les jambes écartées, recouvertes par un linge immaculé. Elle avait tourné sa tête vers l'intérieur gauche du coussin, de sorte que Narcissa ne pouvait voir son visage.

Alors qu'elle constatait la main tremblante que Bellatrix conservait sur son ventre encore arrondi de sa grossesse, la sage-femme se dirigea vers le petit secrétaire lugubre qui gisait à côté de la Malefoy, afin d'y ranger ses affaires médicales. Narcissa s'approcha d'elle alors qu'elle était sur le point de finir de se préparer au départ.

-Alors ?

Demanda Narcissa le plus doucement possible.

La Rowle la regarda quelques secondes avant de se diriger vers la porte en faisant signe à la maîtresse de maison de la suivre. Narcissa jeta un dernier coup d'œil à Bellatrix qui n'avait pas bougé puis elle suivit Euphemia qui l'attendait à l'extérieur, en fermant délicatement la porte derrière elle.

-Alors ?

Répéta Narcissa froidement.

- Elle est épuisé après 5 h de travail mais elle devrait se remettre vite.

Dit Euphemia en enfilant son manteau noir corbeau.

Narcissa fronça les sourcils en comprennent qu'elle parlait de son aînée.

-Je sais que ma sœur se remettra ! Dit-elle avec vigueur. Si elle a pu survivre à Azkaban et à la colère du seigneur des ténèbres elle peut survivre à un accouchement, je parle du bé…

- Et bien il y a des moments où j'en doutais Narcissa ! La coupa la vieille fille alors que la maîtresse du manoir ouvrait la bouche. Mais bon, c'est pas le plus grave encore. Beaucoup de femme fatigue vite, surtout quand comme ta sœur c'est leur premier. Ce qui était Ahurissant c'est ce qu'il s'est passé à la fin de l'accouchement. Crois moi tu vas pas me croire..

-Euphémia, si tu le permet je ne tiens pas à savoir ce qui s'est passé dans l'entre jambe de ma sœur, tu peux le comprendre j'imagine ?

-Mais non, écoute c'est en rapport avec le bébé. C'est un truc de dingue tu ne vas pas en revenir ! Dit Euphémia toute excitée comme une enfant. Bon, écoute. Au début tout était normal. Le bébé allait bien et son activité était tout à fait normal. Mais vers la fin, il a commencé a être en détresse fœtale ce qui est normal après un accouchement aussi laborieux. Je m'apprêtais à faire une césarienne, et puis, j'ai vu que l'activité du bébé augmentait. Il a commencé à forcer le passage, sa tête à commencé à sortir de manière extrêmement rapide.. Il.. Je sais pas.. Il semblait scintiller comme s'il utilisait une forme de magie, sa propre magie !

- Je ne comprends pas... De quoi tu parles?

- Je te dis que le bébé a utilisé la magie pour sortir ! Je n'en sais pas davantage je te dis juste ce qu'il s'est passé ! Quand il a senti sa détresse il a utilisé la magie pour débloquer la situation. Il faut que je décrive cela aux autres. J'ai peut-être découvert un nouveau phénomène magique ! Dit Euphemia manifestement plus intéressée par l'étrangeté de la naissance, qui pourrait potentiellement lui faire remporter un prix, que par le petit en lui-même. Narcissa souffla du nez en décidant de ne pas se plonger sur le sujet, surtout pas en pareil compagnie.

- Et le bébé ? Qu'est-ce que c'est ? Es ce qu'il va bien ? Voilà ma question d'origine Euphemia, veux-tu bien y répondre s'il te plaît ?

-Oh oui. Dit Euphemia comme si le petit n'était que secondaire à son histoire. C'est une fille. En bonne santé. Bellatrix lui donnera sans doute le nom d'une étoile c'est tradition dans votre famille non ?

-Tu ne lui a pas demandé ? Demanda Narcissa stupéfaite.

-Non. J'ai suivi les ordres du seigneur des Ténèbres à la lettre Narcissa. La petite est née, J'ai coupé le cordon, l'ai nettoyé un peu, emmailloté dans une couverture chaude et l'ai donné à Anthéa.

-Tu n'as rien dit à ma sœur ? Comment as-tu pu ne rien lui dire ?

- Et bien J'ai pu. Ça ne faisait pas partit des ordres que J'ai reçu. Le seigneur m'a ordonné de remettre l'enfant à Anthéa le plus vite possible et c'est exactement ce que J'ai fais. Je n'ai pas de blâme à recevoir de toi Narcissa. Maintenant si tu veux bien m'excuser, si tu as eu tous les renseignements que tu voulais de moi, ma cousine, la femme de Mulciber, à des contractions, je dois aller m'occuper d'un autre bébé à venir. Dit-elle en désignant la lettre qu'elle tenait à la main.

Sans ajouter quoi que ce soit Euphemia s'en alla laissant seule Narcissa dans l'antichambre. La mère Malefoy était plus que perturbée. Tout s'était passé si vite ! Après tant de temps d'attente, que l'affaire soit aussi vite bouclée c'était comme recevoir un seau d'eau froide en pleine figure. Il lui fallut quelques instants pour se remettre de ce choc temporel. Mais une fois qu'elle fût partiellement remise elle se dirigea vers la chambre où sa sœur gisait.

Bellatrix n'avait pas bougé. Le seul changement apparent chez son aînée était auditif. Sa respiration était saccadée.

Il fallut quelques secondes à Narcissa pour réaliser que c'était parce qu'elle pleurait. Cela l'étonna étrangement. Elle n'aurait pas imaginé qu'elle pleurerait pour ce bébé dont elle ne voulait même pas. Un bébé qui ne faisait que lui rappeler le « déshonneur » qu'elle avait enduré le soir de la mission du ministère.

Tout à coup le souvenir la submergea. Elle se souvenait de ce jour maudit qui avait débuté le cycle cauchemardesque dans lequel elle, son mari, son fils et même sa sœur se trouvait à présent.