Cassiopée, observa depuis la fenêtre de sa chambre, le départ de ses oncles et de son grand-père. Ils partaient en expédition ce matin-là pour chasser une hydre qui avait élu domicile dans la forêt du clan. La jeune femme en voyant le dernier des hommes entrer dans les bois soupira. Elle était inquiète, le monstre avait blessé un de ses cousins assez gravement. Il était rare de voir ce genre de créature dans les parages, les seuls dangers qui nécessitaient de sortir les épées étaient lors de querelles de clans, et il n'y en avait pas eu depuis au moins trois ans.
On frappa à la porte, Cassiopée se retourna, c'était sa mère Léandra.
« Bonjour ma chérie » dit-elle en s'approchant. Elle regarda par la fenêtre ce qui retenait l'attention de sa fille. « Oui, c'est toujours inquiétant de les voir partir. D'ailleurs c'est pour ça que je venais te voir, pour parer à toute éventualité tes tantes et moi en avons discuté et le mieux serait que ta grand-mère et toi puissiez préparer le maximum de remèdes et vous tenir prêtes s'il y a des blessés. »
La jeune femme regarda sa mère dans les yeux, elle pouvait y lire la même angoisse que celle qu'elle ressentait. « Mais mère… » Voulut-elle réagir. Elle n'était pas prête, certes elle avait des connaissances en plantes et potions mais elle n'était pas guérisseuse. Elle pouvait soigner un rhume mais des blessures ouvertes.
« Non Cassie, tu sais bien qu'il n'y a que vous deux qui avait le don de soigner, même notre druide n'a pas vos connaissances. Allez, viens ! »
Cassiopée ne sut pas quoi rétorquer, elle suivit alors docilement sa mère et toutes deux descendirent dans la salle commune de la forteresse.
Ses trois tantes étaient déjà présentes et discutaient avec animation autour de la grand-mère de Cassiopée, dame Isabeau qui restait silencieuse. La mère de la jeune femme intervint alors « Silence, mes sœurs ! Je crois que rien ne sert de polémiquer, nous ne pouvons rien faire d'autre qu'attendre pour le moment. Alors, nous allons continuer nos tâches habituelles et nous allons laisser mère et Cassiopée, s'occuper de préparer de quoi soigner les éventuels blessés. »
«Et tu crois que ta fille sera mieux que nous aider nos hommes ! Elle n'a que dix-sept ans Léandra, notre druide serait plus à même de… » Commença à rétorquer Clarisse, l'aînée de la fratrie.
« Assez de ses bêtises, ta sœur à raison ! J'ai formé ta nièce depuis son plus jeune âge, elle est tout aussi compétente que moi pour ce qui est de soigner. Et tu oublis que notre cher druide n'est pas un guérisseur, c'est un bon prêtre mais il ne saurait pas faire la différence entre deux sous catégories de champignons ! » S'exclama dame Isabeau. « Maintenant Cassiopée, il est temps d'aller à l'atelier, nous avons des herbes à infuser et des onguents à préparer. » Puis sans faire attention aux protestations de ses filles elle sortit de la pièce, sa petite fille sur les talons.
Après avoir traversé la salle d'arme, elles arrivèrent au fameux atelier de sa grand-mère. Cassiopée aimait beaucoup cet endroit. Depuis toute petite elle avait été attirée par ce qui se faisait. Et après moult réprimandes à force de se faufiler dans cette pièce normalement réservée, Isabeau avait fini par accepter que sa petite-fille l'observer et depuis plus de dix ans elles travaillaient tous deux ensembles.
Dame Isabeau était une femme très secrète. Cassiopée ignorait beaucoup de choses de son passé. C'était son grand-père et elle qui avaient créés leur clans une quarantaine d'années auparavant, l'homme était alors au service du roi Uther et avait rencontré sa future femme sur les champs de batailles où elle exerçait en tant que guérisseuse. Pour ses loyaux services son grand-père avait été anoblit et une terre lui avait été donnée en Calédonie. Il s'y était alors établit avec quelques-uns de ses frères et son épouse, ils avaient retapé la vieille forteresse qui s'y trouvaient et avaient bâti un petit hameau autour. Dame Isabeau et son mari avait alors fondé leur famille. Aujourd'hui le clan comptait une soixantaine de membre, une vingtaine faisait partie de la banche principale et regroupait les descendants du couple. Isabeau était en plus d'être la femme du chef de clan, devenue médecin du clan. Soignant les malades, accouchant les enfants, réparant les blessures. Jamais elle n'avait dit à personne d'où elle venait ni si elle avait de la famille. Son mari l'avait accepté avec ses secrets et elle les emmènerait avec elle dans la tombe.
Mais sans le vouloir sa petite fille avait percé certains de ses secrets, jamais elle n'aurait pensé enseigner son art à quelqu'un. Ses filles étaient nées et avaient grandi sans éprouver la moindre curiosité sur ce qu'elle faisait. Seule Cassiopée avait eu cet attrait.
Isabeau sourit en voyant sa petite-fille regarder avec ce même regard passionné ces armoires remplis d'une montagne d'ingrédients divers. Oui cet enfant était décidément spécial peut-être que lorsqu'elle deviendrait pleinement femme, ses dons qui inconsciemment étaient déjà présent se révèleraient. Elle pourrait alors commencer à lui enseigner la dernière part de son savoir et sûrement le plus important.
Passés leurs réflexions personnelles, elles se mirent toutes deux au travail sans se concerter avec une symbiose d'action que trahissait une décennie de collaboration. Cassiopée travailla sur diverses potions d'antidouleur et de régénération sanguine. Tandis qu'Isabeau se mettait sur les onguents à appliquer sur les blessures.
La matinée était très avancée lorsque l'on frappa à la porte, elles n'eurent pas le temps d'aller ouvrir que Léonore la sœur de Cassiopée apparut sur le seuil et s'exclama « Ils sont rentrés sain et sauf ! Apparemment deux chevaliers avaient déjà tué le monstre lorsqu'ils sont arrivés. Grand-père a ordonné l'organisation d'un grand-banquet en leur honneur ! »
Au même moment les Seigneurs Perceval et Caradoc se retrouvèrent à la forteresse du clan MacBel. Il s'avéra qu'ils avaient parcouru plus de 200 lieux traversant la Carmélide et arrivant en Calédonie. Le chef de clan était un homme âgé Lord Fowl qui leur expliqua que la bête avait fait de très nombreux dégâts sur leur terre et qu'ils étaient leurs débiteurs. Les chevaliers furent donc accueillit comme des rois dans la forteresse du clan. Ils furent installés dans deux chambres d'invités très spacieuses avec une vue imprenable sur la forêt alentour on leur précisa qu'un banquet en leur honneur allait avoir lieu dans peu de temps. Des personnes leur apportèrent de quoi se rafraichir ainsi que des tenues.
