Enjoy!


Alors que durant toute son existence elle n'avait commit aucun crime condamnable, elle se répétait en quoi toute cette mascarade pouvait être la punition d'une vie remplie de bonne conscience et de tolérance. La pluie tombait à grosse goutte, il pleuvait des cordes, c'était le déluge, toutes ces expressions étaient véridiques et ce qui l'était encore plus était le fait que toute cette eau provenant du ciel s'accrochait aux vêtements de Cosette.

Cette dernière avait été dupée, piégée, enfermée dans la petite serre à ciel ouvert. L'eau pénétrait dans ses vêtements et lui mordait la peau en même temps que le vent se déchaînait sur elle et ses cheveux en piteux état. Son petit cadre tremblait fortement alors qu'elle s'était assise, appuyée contre la porte de la serre après avoir vidé ses poumons d'air pour avoir autant crié à l'aide. Elle ne pouvait que se blâmer elle même, être assez stupide pour tomber dans la gueule du loup, se faire piéger dans le miel comme la mouche...elle se sentait tellement stupide !

-Cervelle de dinde !

Non, elle n'avait pas trouvé meilleur expression pour décrire sa bêtise.

Avant qu'elle ne puisse ajouter '' tu t'es faite avoir comme une dinde '' ou bien '' tu t'es faite plumer comme un pigeon '', la porte contre laquelle elle s'était appuyée s'est ouverte avec rapidité et force. Surprise, apeurée et presque morte de froid, Cosette avait suivi le mouvement, sans son consentement, et se retrouvait dos à la boue, étalée par terre de la tête aux chevilles. Le choc passé, elle clignait des yeux, éberluée, le regard rivé vers le visage d'un certain prince aux cheveux bleus...au moins son visage était couvert de la pluie grâce au parapluie que portait Niji. Elle ne pouvait rien apercevoir derrière ses lunettes et son expression resté de marbre alors que Niji avait baissé sa tête pour la regarder de haut.

Cosette n'eût pas le courage de se relever, elle restait là n'osant ni cligner des yeux, ni respirer et la gorge serr...

-Qu'est-ce que tu fous là cuisinière de merde ?

Habituée à ce surnom, elle ne réagit pas directement sauf quand il commençait à cogner sa chaussure contre son épaule comme si il vérifiait qu'elle était toujours une chose vivante. Cosette se releva aussi vite qu'elle le pouvait, remplie de gêne cependant comme on s'y attendait tous, elle plus particulièrement, elle glissa sur la boue et se retrouva à quatre pattes. Derrière elle, Niji explosait d'un rire moqueur qui couvrait presque le bruit de la pluie et Cosette ne pensait pas pouvoir atteindre un tel degré d'humiliation de toute sa vie. Alors qu'elle priait pour que la boue devienne sable mouvant, Niji la contourna pour se diriger vers l'un des casiers de la serre. Il l'ouvrit d'un coup sec avant de récupérer un paquet enveloppé dans un tissu bleu roi. Il se retourna pour sortir mais s'arrêta à la hauteur de Cosette.

-T'attends quoi pour me tenir ce parapluie idiote.

Interdite, elle attrapa l'objet et murmura des excuses et étant la petite femme qu'elle était, elle dut lever le bras pour ne pas embêter le grand garçon sous le parapluie. Elle se retrouvait bien sûr toujours sous le déluge escortant le prince jusqu'à l'entrée principale.

Niji ne s'était pas plus préoccupé du pourquoi elle était enfermée dans cette serre mais il n'était pas idiot non plus. Il avait entendu les roturiers du château discuter au sujet de la nouvelle martyre de Cosette. Pas qu'il s'en souciait mais l'étrange sentiment qui faisait que personne à part lui ne pouvait s'en prendre à la cuisinière de merde revenait avec force...c'était tordu,oui tout à fait.

Il avait ignoré la gêne mais elle persistait et il était à deux doigts d'aller se faire ausculter par le médecin du n'était familier qu'avec les sentiments liés à la colère et à la violence, il n'avait pas besoins de ces autres faiblesses mais il craignait le fait que si il exposait son problème, on le traiterait d'échec, échec, ECHEC! Il frémit à la pensée. Il voulait la fierté de son paternel, pas être considéré comme ce bon à rien de Sanji. La pensée même le rendait il entreprit d'ouvrir le paquet qu'il tenait à la main sans la gêne du parapluie. Ses yeux couverts s'illuminaient alors qu'il salivait devant la sucrerie précieuse entres ses mains, du chocolat qu'il avait réussi à acquérir de l'île des hommes poissons, dans l'une des usines de Big Mom! Etre lié à la pègre avait certainement ses avantages, le paquet lui a été livré hier soir après plusieurs semaines d'attente. Il ne perdit pas de temps avant de commencer la dégustation.

Cosette observait silencieusement le prince et elle fut surprise par ce qu'elle avait vu. Elle voulait lui dire qu'il n'était pas sain de grignoter avant le déjeuner mais elle savait mieux que d'ouvrir sa bouche à ce moment là. Elle ne voyait pas le visage du prince mais par ses mouvements et l'air légèrement joyeux (et perturbant) qui l'entourait, elle n'avait pas le cœur à le couper de son monde. De plus c'était la première fois qu'elle le voyait comme ça, cela lui réchauffait à la fois le cœur et la déroutait en même temps.

Elle était au courant de ce que Judge Vinsmoke avait fait à ses enfants et malgré les lourds et douloureux traitements qu'elle recevait de ses fils, elle s'efforçait de se rappeler à quel point leur mère était douce et plein de bon cœur durant son vivant et à quel point ils auraient été différents si ils étaient nés naturellement. Elle n'était pas masochiste mais elle affectionnait légèrement les frères et sœur Vinsmoke, elle éprouvait parfois de la pitié et du regret pour eux. Même si elle ne pouvait leur apporter l'amour d'une mère, elle espérait toujours apercevoir un jour chez eux, un sourire ou même un regard sincère lorsqu'ils goûteront à ses plats et c'est pour cela qu'elle mettait toute sa passion dans sa cuisine. Elle voulait le voir en eux, cet éclat et cette once d'humanité. Et elle savait que c'était toujours possible car elle était témoin de la personnalité de Reiju qui avait profité de l'amour que pouvait lui apporter sa mère.

Ses pensées avaient tellement envahies son esprit qu'elle fut surprise quand ils arrivèrent devant les portes et que la pluie avait même cessée. Niji était rentré tout sec et les chaussures un peu boueuses alors que de son côté, Cosette ruminait sur son état et sur le fait qu'elle allait passer un sale quart d'heure après avoir ramené toute cette boue.

-Ne pense même pas à ramener ton état dégueulasse à l'intérieur.

Niji la regardait le nez plissé de dégoût.

-J...Je le sais.

Cosette plia le parapluie et regardait timidement le prince. Elle se pinça rapidement les joues pour ne pas rire face à sa bouche barbouillée de chocolat , un chocolat légèrement bleu qui sentait...La myrtille. Niji fronça légèrement les sourcils mais ne dit rien.

-Je voulais vous remercier de m'avoir sortie là-bas...Je me suis bêtement enfermée à l'intérieur et...

- Ça ne m'intéresse pas et je suis allée là-bas car j'avais l'intention d'y aller mais si je savais que tu y étais je serais revenue bien plus tard pour t'apprendre à être autant stupide. Ne t'imagines pas des choses.

Décidant qu'il ne voulait plus perdre son temps, Niji se retourna pour aller retrouver son idiot de petit frère. Il fit quelques pas avant de jeter le tissu derrière lui, ce dernier atterrissant sur la tête de Cosette.

-Débarrasse moi de ce torchon il ne me sert plus à rien.

C'était subtile très subtile mais Cosette vue là, un très, très , très rare geste d'infime gentillesse de la part du Vinsmoke. Niji disparaissait dans le couloir alors que Cosette portait le doux tissu bleu à son visage afin de s'essuyer et elle en oubliait même ses quelques mésaventures.

Un son brute sortit de sa gorge alors qu'elle rigolait devant les portes, toute couverte de boue, mouillée jusqu'aux os et une longue séance de nettoyage qui l'attendait mais à cet instant là, toutes ces choses n'avaient pas une aussi grande importance car le geste inattendu avait effacé tout le reste.

OMAKE:

Cela faisait deux heures après que Cosette soit sortie de la serre et tout le personnel s'exclamait et parlait au sujet du renvoi impromptu et inattendu d'Agathe.


ET VOILA! la deuxième partie était sacrément plus longue que la première *riiiire* mais je me suis tellement amusée à écrire ce petit two-shots...L'idée m'était venue hier de plein fouet! Et je ne pouvais laisser passer cette occasion et avec ce format de recueil d'OS, j'ai de quoi m'occuper! Alors qu'en pensez vous?

See ya next!