Deuxième partie : Severus

Où l'on se réveille avec un affreux mal de tête

31 octobre 2016

06:53

Le soleil se levait à peine, se hissant péniblement sur les toits de Londres, quand l'inconnu se réveilla. D'abord, il n'ouvrit pas les yeux. Il sentait une infâme migraine pulser tout contre ses tempes dans un rythme bien plus rapide que celui de son cœur. Il tendit un bras dans le but d'appeler à lui par un informulé un flacon de motion anti-mal de tête, mais une douleur effroyable lui déchira l'abdomen, le forçant à ouvrir les yeux. Il se redressa alors d'un bond , et dut se mordre la lèvre au sang pour s'empêcher de hurler. Il n'était pas chez lui. A bien y réfléchir, il aurait dû s'en rendre compte plus tôt. Le matelas était plus mou, l'air était plus sec. Il se trouvait dans une chambre que n'éclairait que les quelques rayons de soleil qui parvenaient à percer le brouillard extérieur, meublée simplement d'une commode dénuée de tout objet personnel, d'une armoire en pin, et du lit double dans lequel il reposait.

Il passa sa main sous son oreiller, et ses battements de cœur s'accélérèrent, se mettent au diapason du rythme de sa migraine dans une symphonie tout droit venue des tréfonds des enfers.

Il n'avait pas sa baguette.

L'homme se força à se calmer et à analyser la situation.

Il se trouvait dans une chambre, de toute évidence pas chez lui. La dernière chose dont il se souvenait était d'être rentré chez lui après avoir été chercher à emporter au traiteur du coin de la rue. Il y avait deux hommes dans son appartement. Un grand aux cheveux noirs, et un plus petit, à l'allure d'ancien militaire, tous deux blancs de peau. Ils lui avaient pointé une arme dessus, et il avait répliqué avec un petrificus. Ensuite, il ne se souvenait plus. Il baissa les yeux vers sa poitrine, entourée par un bandage, qu'il défit en partie. Il avait une blessure juste sous le sternum, qui lui arracha un sifflement de douleur au contact de l'air. La plaie était propre cependant, et le bandage était bien fait. Qui que ce soit qui l'ait amené ici, il l'avait bien soigné, et n'avait pas l'air d'avoir l'intention de lui faire du mal. Du moins, pas pour le moment. Il se relâcha un peu – rien qu'un peu par contre, restant toujours sur ses gardes.

Après avoir analysé toutes les options qui se présentaient à lui, et compte tenu de son état, il finit par décider d'aller trouver les propriétaires de la maison, ou au moins de tenter de rentrer chez lui. Au vu des soins qu'il avait reçu, il semblait évident qu'il se trouvait chez des moldus, et bénéficiait donc d'un avantage considérable sur eux.

Il se leva, tituba en sentant une explosion de douleur dans son ventre. Des étoiles naquirent et moururent derrière ses paupières. Il avança péniblement, mais toujours parfaitement silencieux, et se dirigea vers la porte, avant de se rendre compte qu'il était torse nu. Une chemise blanche, pas la sienne, était pliée sur une chaise. Il l'attrapa et l'enfila sans se poser de questions, puis ouvrit la porte. Là, un escalier. Il le descendit doucement, sans qu'aucun bruit ne s'échappe sur son passage. Au bout d'une volée de marches, il aperçut derrière une porte entr'ouverte ce qui ressemblait à un salon. Dans le couloir près de la porte, appuyé sur le mur comme s'il l'attendait, un harpon encore couvert de sang séché était posé. Il l'attrapa, tentant de ne pas penser à ce que ces moldus avaient bien pu faire avec. L'adrénaline se mit à courir dans ses veines, et la douleur dans ses tempes et sa poitrine sembla s'endormir légèrement. Sur la pointe des pieds, il s'approcha de la porte, retenant sa respiration. Et soudain, il poussa la porte et entra, brandissant devant lui son arme de fortune.