- Il est hors de question que je porte cela !
- Allons, Anna ! Elle n'est pas si terrible, cette robe. C'est celle que mettait Athé... Saori lorsqu'elle se présentait aux Chevaliers.
- Eh bien, justement ! Je ne suis pas Saori, Jabu. Déjà, je n'ai même pas le même tour de poitrine qu'elle... non, ne me regarde pas comme ça ! Dois-je rappeler que lorsque Monsieur a découvert que j'étais une fille, il ne faisait que fixer ma dite poitrine ? Et franchement, il n'y a rien à voir. Je ne comprends pas pourquoi tu faisais une telle fixation à l'époque...
- Arrête avec cette histoire. J'étais jeune et stupide. Tu étais maigrichonne, ne portais pas le masque réglementaire, et te faisais passer pour un garçon avec tes cheveux courts. Forcément, j'ai été choqué quand j'ai appris la vérité.
- Et tu n'as pas pu t'empêcher d'en parler au Grand Pope, qui m'a punie et m'a forcée à porter ce fichu masque ! Je t'en veux encore pour cette histoire, tu sais.
- Eh bien, soit ! Tu devrais être contente ! Tu viens d'être promue Déesse et la loi sur les masques des femmes Chevaliers a été abolie par Shion. Que veux-tu de plus ?
Elle ne savait que répondre à cette question. Tout était allé si vite. Un jour, elle n'était qu'une jeune femme de 19 ans, orpheline de naissance. Le lendemain, elle était « promue », comme le disait si bien Jabu, par le grand Zeus lui-même, Déesse de la Sagesse, et sa mission était de protéger l'humanité. Bien entendu, on ne lui avait pas demandé son avis dans cette histoire. Tout ce qu'elle souhaitait après ces guerres à n'en plus finir, c'était vivre sa vie tranquille, trouver l'amour (ou convaincre son meilleur ami de l'épouser, même si elle ne l'aimait pas de cette façon), et fonder une famille de petits Chevaliers prêts à servir Dame Athéna. Non, au lieu de cela, elle serait la dite Dame Athéna, et devrait abandonner ses rêves de grande famille.
Qu'allaient en penser les femmes Chevaliers, celles qu'elle considérait comme ses sœurs, quand elles apprendraient la nouvelle ce soir ? Et pire, qu'allaient en penser les Chevaliers d'or, ceux qu'elle admirait depuis sa plus tendre enfance, pour leur ténacité et leur courage ? Remplirait-elle le rôle à la perfection, ou serait-elle encore pire que Saori ? Anna ne la détestait en aucun cas, mais elle avait toujours trouvée cette jeune fille un peu prétentieuse sur les bords. Elle ne savait pas se battre, se faisait enlever au moindre coup de vent, et appelait toujours ses cinq Chevaliers de bronze à la rescousse. C'était inacceptable pour elle ! Elle aurait donné sa vie pour Athéna, mais pas pour Saori. Elle se demandait pourquoi Zeus l'avait choisi, elle, pour remplir le rôle de cette dernière. Elle ne comprenait tout simplement plus rien à rien. Et ce soir était le grand soir ! Elle devait se dépêcher de se préparer pour ne pas être en retard et contrarier les Dieux présents ce soir. Ainsi que tous les Chevaliers, Marinas, et Spectres.
- Anna ? Ça ne va pas ? Tu es devenue toute pâle d'un coup...
- Jabu... Est-ce que tu réalises ce qu'il va se passer ce soir ? Je vais devenir l'hôtesse de Dame Athéna. Athéna, Jabu, ce n'est pas n'importe qui ! C'est elle qui dirige le Sanctuaire avec le Grand Pope ! J'en suis tout à fait incapable.
- Anna... Tu t'inquiètes trop. Tu vas voir, tout va bien se passer. Tu es une incroyable combattante. Tu as l'esprit vif et stratège. Comment pourrais-tu être incapable d'être Athéna ?
- Tu n'es pas du tout objectif, tu es mon meilleur ami ! Pour toi, je suis capable de tout et n'importe quoi...
- Surtout n'importe quoi...
- Je n'ai rien entendu, la la la la ! Je vais forcément décevoir tout le monde quand ils verront à quoi je ressemble ! Ils vont se dire « C'est elle, la future Athéna ? Nom des Dieux, nous sommes morts ! ». Non, mais sérieusement, tu m'as regardé ? Je suis une femme Chevalier, pas une future déesse.
- Moi, je te dis que tu vas épater tout le monde. Choisis la robe qui te convient le mieux dans cette maudite garde-robe. Laisse-moi m'occuper de tes cheveux, et tu verras : tout le monde n'aura d'yeux que pour toi !
Anna n'était pas vraiment d'accord. Ce n'était pas une robe blanche qui allait rendre jolie le petit bout de femme d'un mètre soixante qu'elle était. Néanmoins, Jabu avait raison. Ses longs cheveux blonds ne ressemblaient à rien. Il était peut-être judicieux qu'il s'en occupe en effet. Anna regarda la chambre autour d'elle à la recherche d'un peigne. Cette chambre était immense comparée aux cabanons qu'elle occupait avec ses sœurs. Un énorme lit était situé au milieu de la pièce. Les draps étaient fait de soie blanche. Tout n'était que pureté dans cette chambre. Que ce soit la couleur crème recouvrant les murs, ou les meubles en bois sculpté parsemant ci et là la pièce. Le plus impressionnant restait la coiffeuse blanc cassé dans un coin. Elle était ornée de toutes sortes d'arabesques en or représentant des nymphes. Il lui reflétait son visage pâle, ses yeux marrons, ses longs cils blonds, et les quelques tâches de rousseur qui parsemaient ses joues. Elle ne se trouvait pas belle à proprement parler, mais elle savait qu'elle avait son charme, bien qu'elle n'en ait jamais usé pour les garçons. Son but était de protéger Dame Athéna, pas de courir après le premier beau gosse qu'elle croisait.
Ayant repéré de quoi se coiffer, elle jeta un coup d'œil à la garde-robe pleine à craquer. Comment allait-elle bien pouvoir trouver une robe à sa taille et qui cache le plus possible son corps ? Elle pensa à sa combinaison mauve qu'elle mettait sous son armure d'argent. Si elle se rendait habillée ainsi, est-ce qu'on lui retirerait ses devoirs de déité ? Non, ça l'étonnerait. Perdu pour perdu, elle choisit une robe simple, assez longue pour cacher ses petites jambes, et assez recouverte pour ne pas avoir à crever des yeux un peu trop baladeurs à son goût. Elle partit se changer dans la salle de bain attenante, où elle se sentait aussi peu à sa place tant le luxe qui se dégageait de la pièce était intolérable à ses yeux. Certes, les cabanons de femmes Chevaliers avaient été rénovés récemment, mais ils ne possédaient que le strict minimum. Ils étaient confortables à leur façon. Chacune de ses sœurs avaient décoré le leur d'une façon différente, ajoutant des fleurs ou plantes ci et là, pour un rendu magnifique à ses yeux.
Non, il ne fallait plus penser à tout cela, se morigéna-t-elle. Ce soir, elle deviendrait l'hôtesse d'Athéna. Il ne fallait surtout pas qu'elle se rate devant autant de monde. Elle devait se montrer digne d'Athéna, digne du Sanctuaire, et digne de ses Chevaliers. Elle se changea rapidement, ajustant bien sa robe pour ne pas qu'un seul bout de peau ne dépasse. Elle rejoignit ensuite Jabu dans sa nouvelle chambre.
- Pourquoi avoir choisi une telle robe ? Non, ne me dis rien ! Je parie que c'est pour que personne ne voit à quoi tu ressembles. Anna, tu es une jolie jeune femme, voyons. Tu n'as aucunement besoin de te cacher. D'autant qu'une bonne moitié des Chevaliers d'or est homosexuelle, alors bon...
- Tu me dis ça depuis des années, mais je n'ai jamais rien vu de tel au Sanctuaire.
- C'est sûr qu'avec Saga comme Grand Pope tyrannique, les Chevaliers n'avaient pas vraiment le temps de roucouler entre eux. Mais je te jure sur tous les Dieux ici présents, que j'ai vu des regards s'attarder sur les fesses de certains.
- Qui !?
- Doucement, jeune fangirl, rigola-t-il quand elle l'attrapa par les épaules pour le secouer comme un prunier. Je ne te le dirai pas ! Tu pourras le constater par toi-même quand tu deviendras Athéna.
- Ouais, c'est ça. Parce que tu penses que je n'aurais que ça à faire, m'occuper des affaires de couples de mes Chevaliers. C'était déjà assez compliqué comme ça avec mes sœurs, je ne veux pas retenter l'expérience, merci bien...
- Qui sait ce que tu auras à faire en tant que future Déesse ? Bon aller, il ne nous reste plus beaucoup de temps là. Pendant que tu te changeais, j'ai trouvé quelques bijoux dans un tiroir. Choisis ceux qui te plaisent pendant que je natte tes cheveux.
Pendant ce temps, dans le Temple du Poisson
- Sérieusement, vous pensez que c'est qui la future Athéna ? J'espère qu'elle aime les roses, parce que si elle est jolie, je compte lui en offrir.
- T'es pas sérieux, Aphrodite ?! Tu comptes la tuer avant qu'elle ne prenne ses fonctions, la gamine ?!
- Angelo, chéri... Je ne vais certainement pas lui offrir des roses mortelles, voyons. Je pensais plutôt aux roses blanches aux bords violets que je cultive dans mon jardin. Vous en pensez quoi, les gars ?
A vrai dire, ils n'en pensaient pas grand chose. Tous les Chevaliers d'or étaient réunis dans le salon du Temple du Poisson, excepté Shion, le Grand Pope, et Dohko, le Chevalier de la Balance. La pièce était vaste, munie de plusieurs canapés bleus avec des cousins rouges sang, et parfaitement décorée de roses en tout genre, ainsi que de cadres. Il était loin le temps où le temple était inaccessible à cause de ses roses mortelles. Tout avait été dégagé au profit d'un jardin derrière le temple où son hôte s'amusait à croiser différents types de roses, et autres fleurs. Aphrodite avait lourdement insisté sur la décoration murale de chaque temple. Ainsi, tous les temples étaient partiellement recouvert de lierre grimpant et de roses pour leur donner un aspect plus chaleureux, selon les dires du Poisson.
Mais l'heure n'était pas aux discussions de cadeaux fleuris à offrir à la future déesse Athéna. Si les Chevaliers avaient été surpris par la nouvelle, ils n'en avaient rien montré, mais s'étaient lancés des œillades pour juger la réaction de leurs confrères, avant d'en discuter tous ensemble. Les avis étaient partagés. Ainsi, Mu, Milo, et Aiolia avaient crié au scandale. Aldébaran semblait être ailleurs. Aioros, n'ayant pas connu Saori, était un peu bouleversé d'être mort pour sauver une vie, qui au final avait été balayé d'un coup de cosmos. Saga partageait ses pensées et culpabilisait quant au devenir de la jeune fille (bien qu'elle soit issue d'une famille riche, et n'ait besoin de rien). Son jumeau, Kanon, essayait de le réconforter, mais était tout de même soulagé de ne plus avoir à faire à celle qu'il avait trahi. Seuls Shaka et Camus restaient mystérieux dans leurs pensées, et réfléchissaient aux conséquences que leur apporteraient une nouvelle Athéna. Quant à Angelo, dit DeathMask, Shura et Aphrodite, ils semblaient avoir pris la nouvelle du bon côté. Une Athéna plus forte voulait dire plus de guerre à l'horizon. L'idéal pour les trois hommes, qui après bien des carnages, n'aspiraient qu'à une vie pénarde.
Ce fut, à l'étonnement de tous, Shaka qui répondit à la question d'Aphrodite :
- Je trouve que c'est une très bonne idée, Aphrodite, mais ne veux-tu pas d'abord apprendre à la connaître avant de lui offrir des roses ? Peut-être l'interprétera-t-elle de la mauvaise manière...
- Comme une déclaration d'amour, ajouta Camus, le Chevalier du Verseau. En France, on offre des fleurs à la personne qui nous est chère.
- Oh alors, tu comptes m'offrir des fleurs mon Camus chéri ? Surenchérit Milo, avec un clin d'œil prononcé.
- Milo... Je t'ai déjà d'arrêter de m'appeler comme ça. Et quand je parle de personne qui nous est chère, tu as bien compris que je ne parlais pas de meilleurs amis, mais plutôt de petite amie.
- Roh, t'es pas drôle, mon Camus. Ceci dit, Shaka et Camus ont raison, Aphrodite. On ne sait même pas à quoi ressemble cette jeune fille. Mu, Shion ne t'a rien dit ? T'es comme son fils, il a pu laisser passer quelques informations d'une manière détournée.
- Je suis désolé, Milo. Shion n'en sait pas plus que moi. Je lui ai posé la question, et tout ce que j'ai lu dans son regard était de la confusion et de l'inquiétude. Il m'a dit qu'il ne sentait plus le cosmos d'Athéna depuis la fin de la guerre.
- Cela veut donc dire qu'elle réapparaîtra bien ce soir alors, fit Aiolia, la mine pensive.
- D'après les Bronzes, seul Jabu de la Licorne connaîtrait son identité. Shun m'a dit qu'Ikki avait essayé de le cuisiner, mais rien n'y a fait. Il a refusé tout net de dévoiler son identité, dit Kanon.
- Ah ! Et depuis quand tu discutes avec Shun, toi ? On pourrait savoir ? Vous êtes ensemble, c'est cela ? Le taquina Aphrodite.
Kanon rougit violemment, mais c'est Saga qui reprit pour lui :
- A vrai dire, il est venu discuter avec nous, il y a quelques jours. Il voulait savoir si nous allions bien, et si on pouvait l'aider à surpasser sa période « Hadès ». Il s'en veut terriblement de ce qu'il nous a fait. Comme nous avons tous les deux fait des erreurs, Kanon et moi, je pense qu'il voulait avoir notre avis sur la question. Une chose en entraînant une autre, on s'est mis à discuter de l'identité de notre déesse. Et il nous a raconté cette histoire. Apparemment, ce serait une ancienne femme Chevalier.
- Et il y a une ribambelle de femmes Chevalier !, constata Aioros. Avec 'Lia, on a croisé Marine et Shaina, hier. Elles n'en savent pas plus que nous.
- Il paraît que les Bronzes sont drôlement en colère. Enfin, surtout Seiya, Hyôga et Shiryu, de ce que j'en sais... J'ai essayé de discuter avec Shiryu ce matin, je ne l'avais jamais vu autant en colère, le petit, dit Shura.
- J'en ai marre de ces foutus secrets ! Déjà, on nous change de déesse. Je dis pas , la Saori, je pouvais pas la blairer avec ses « Seiya, Seiya, mon preux Chevalier ». Et nous, on compte pour du beurre, c'est ça ? On se sacrifie pour elle, et qu'est-ce qu'on obtient ? La mort ! Elle a intérêt à avoir plus de caractère, la nouvelle, sinon je ne réponds plus de rien, je vous le dis.
- Du calme, Death. J'ai le pressentiment que cette fois-ci, ce sera une femme forte avec du caractère qui nous épaulera !, finit Aphrodite, avec un air béat sur le visage.
Il est vrai que Saori n'avait pas vraiment été appréciée pour son caractère. Cependant, en tant que Chevaliers d'or, et elle, en tant que représentante de la Déesse Athéna, ils devaient faire avec.
Une énorme quantité de cosmos jaillit dans la salle du Trône d'Athéna, cette immense pièce où se trouvait la statue (et armure) de la déesse. C'était celle des Dieux, d'un Dieu en particulier.
Zeus.
Ensuite, plusieurs vagues arrivèrent de façon sporadique. Cela voulait dire que les Marinas et les Spectres les plus importants étaient présents en compagnie de leur Dieu. Poséidon et Hadès.
Les Chevaliers de Bronze et d'Argent allaient commencer à se présenter au Sanctuaire. C'est là qu'Aldébaran, resté silencieux tout le long de la discussion, annonça :
- Je crois qu'il est temps pour nous de rejoindre le Sanctuaire. Il ne faudrait pas faire attendre les Dieux.
Plus vite cette cérémonie sera terminée, plus vite nous saurons qui est notre nouvelle déesse, et plus vite on aura enfin la paix, ne put s'empêcher d'ajouter Angelo, sous les regards compréhensifs de ses frères d'armes.
Voilà ! Qu'en avez-vous pensé ? N'hésitez pas à me dire en commentaire ce qui vous a plu ou non, ou ce qui ne va pas, par exemple. Je suis preneuse de toutes critiques constructives.
Cette histoire est terminée. Je publierai chaque samedi, dès que je le pourrai.
Bonne journée à tout le monde. A la semaine prochaine !
Yacchan
(Publié le 21/03/2020)
