Ce chapitre s'appuie sur des passages des tomes 9 à 13 du manga. J'ai cependant mis de côté le début de romance entre Rei et Hinata car j'ai beau apprécier les personnages polyamoureux, cela ne correspond pas à la personnalité de Rei.

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La nuit de la lune

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Je ne revis pas Soya Meijin avant de nombreux mois. Je supposai qu'il se consacrait à la préparation du championnat pour défendre son titre. Comme tout le monde, je suivis ce dernier avec beaucoup d'attention. Le suspens était intense car pour une fois, les sept matchs eurent lieu. Son challenger, Dobashi Kenji, remporta trois match, s'il gagnait le dernier il deviendrait le nouveau Meijin.

Je savais que Dobashi était le challenger du titre depuis plusieurs années. Shimada-san m'apprit qu'ils étaient rivaux depuis l'enfance et qu'ils avaient progressé en même temps, bien que Soya-san ait toujours gardé une longueur d'avance. Je commençais à comprendre pourquoi Nikaido voulait que nous soyons "rivaux éternels" en plus d'être amis : c'était une façon de se tirer vers le haut mutuellement.

De mon côté, j'avais désormais 19 ans et je venais de commencer ma troisième et dernière année de lycée. Hina-chan avait rejoint le même établissement que moi et elle s'était très vite fait une amie. Après le harcèlement scolaire qu'elle avait subi pendant sa dernière année de collège, j'étais soulagée qu'elle reparte de si bon pied. J'avais de nouveau l'esprit léger.

Finalement, fin juin, Soya-san remporta le dernier match du tournoi Meijin. Je le croisai peu de temps après. J'étais venu à l'Association de shogi pour étudier les archives et Akari-san m'avait demandé d'apporter quelques pâtisseries de la boutique tenue par les Kawamoto, le Mikazuki-do, ainsi que des prospectus car ils avaient peu de commandes ce mois-ci.

Le président commença à les distribuer aux personnes présentes et c'est là que je le vis, un pinceau de calligraphie à la main. Jinguji-san m'expliqua qu'il profitait d'un passage à Tokyo pour s'occuper des diplômes qu'il lui incombait de rédiger en tant que principal représentant du shogi. Soya-san m'aperçut à son tour et m'adressa un sourire doux : il était heureux de me voir. Moi aussi.

Sans vraiment m'en rendre compte, je restai plus longtemps que nécessaire à l'Association, guettant sa présence. Je n'osais pas l'aborder. En fin d'après-midi, ce fut lui qui vint à moi. Il me montra le prospectus qu'il tenait.

— J'aimerais bien en ramener à ma grand-mère. Est-ce que tu peux m'emmener s'il-te-plait, Kiriyama ?

Nous prîmes le métro puis traversâmes le quartier de Sangatsucho dans l'air chaud et humide. Nous étions en pleine saison des pluies et l'ondée me rappelait la première fois où nous avions marché ensemble. En chemin il me dit :

— J'ai réussi à t'entendre aujourd'hui. Tu as une jolie voix.

Ces quelques mots réussirent à me troubler profondément. Ce fut d'une main maladroite que j'ouvris la porte du Mikazuki-do.

— Kirayama-chan, bienvenue ! m'accueillit avec enthousiasme le grand-père Kawamoto. Tu m'amènes un niveau client ?

— Bonjour Kawamoto-san. Voici Soya Meijin.

— Le Meijin ? C'est un honneur de vous rencontrer !

Soya-san lui sourit avec bienveillance. On sentait qu'il avait l'habitude d'être salué par des fans. Une fois sortis, je lui demandai :

— Vous habitez bien à Kyoto, Soya-san ? Les pâtisseries traditionnelles sont très réputées là-bas, non ?

Il cligna des yeux et, un instant, j'eu peur qu'il ait de nouveau perdu l'audition, auquel cas je le mettais en difficulté en essayant de lui parler. Mais il me répondit :

— En effet. Mais celle que tu as apporté à l'Association était délicieuse.

Bizarrement, je pris le compliment pour moi et je me sentis flatté.

Après quelques pas, il s'arrêta devant un salon de thé et se tourna vers moi avec un air interrogateur. Je lui souris et nous entrâmes. Nous commandâmes tous les deux du thé glacé et nous le bûmes en silence. C'était un silence confortable. Il regardait autour de lui avec curiosité tandis que moi je lui jetai régulièrement des coups d'oeil furtifs. Est-ce que j'étais en train d'avoir un rendez-vous avec Soya Meijin ? La nuit que nous avions passé à Sendai me revenait en tête avec tous ses détails et cela me remuait le ventre.

Il me laissa ensuite l'accompagner jusqu'à la station de métro et me dit au-revoir.

— J'espère que nous nous reverrons bientôt.

— Moi aussi, murmurai-je en baissant les yeux.

Deux mois s'écoulèrent à nouveau. Fin août, l'Association de shogi de Tokyo accueillit le tournoi Toyou. J'avais passé les qualifications et j'étais dans les seize participants. Comme il s'agissait d'un tournoi ouvert et non d'un titre, Soya-san jouerait l'ensemble des matchs. Hélas, nous n'étions pas dans le même pool alors il fallait que j'arrive en final pour pouvoir de nouveau l'affronter sur un shogiban.

Mais j'eus beau y mettre toute mon énergie, je perdis dès le premier match. Tsujii-san était dans un de ses bons jours. Il était 9ème dan, c'était de base un joueur de bon niveau, mais en plus il avait parfois des éclats de génis et il était alors imbattable. Il avait même vaincu Soya-san une fois grâce à ça.

Nikaido de son côté passa le premier tour et, lors du second, il affronta le Meijin. Le match était sublime et intense. Je dois bien avouer que j'étais rongé par la jalousie en y assistant. J'aurais tellement souhaité être face à Soya-san à la place de mon ami. Ce dernier était comme transporté, son shogi était incroyable. Mais, alors qu'il avait l'avantage, sa santé fragile le trahit et, comme cela lui était déjà arrivé, il s'évanouit avant que la partie s'achève. Soya-san avait l'air bouleversé. Ce qui ne l'empêcha pas de gagner le tournoi.

J'accompagnai Nikaido à l'hôpital avec les autres membres de l'atelier de shogi ainsi que Hanaoka-san, son majordome. En début de soirée, le président apporta le rapport du match entre Nikaido et Soya Meijin. Ce dernier l'avait complété avec les mouvements qu'il aurait joué si Nikaido ne s'était pas évanouit. Cela aurait été un match de toute beauté. Bien que ce soit une étrange façon de faire, il exprimait ainsi son souhait de pouvoir à nouveau l'affronter un jour.

Jinguji-san me transmit en même temps une petite enveloppe. Il me tourna autour dans l'espoir de voir ce qu'elle contenait mais j'étais trop occupé à lire le rapport de match et je ne l'ouvris qu'après qu'il fut parti. Elle renfermait une carte d'hôtel avec, écrit à la main, un numéro de chambre. Moi aussi j'avais reçu une invitation mais elle était plus immédiate.

Dès que nous fûmes congédiés de l'hôpital, je me rendis à l'adresse indiquée. Le réceptionniste m'interpela :

— Vous êtes Kiriyama-san ? Soya-san nous a demandé de vous transmettre ceci.

Il me tendit un badge magnétique avec le même numéro que celui indiqué sur la carte. Après avoir pris l'ascenseur jusqu'au 8ème étage, je toquai à la porte de la chambre. Il n'y eut pas de réponse. J'utilisai la carte et entrai avec hésitation. La pièce était un peu plus spacieuse que ma chambre à Sendai et elle mélangeait style traditionnel et occidental.

Soya-san, en yukata d'intérieur, dormait sur le tatami, à côté d'un shogiban. Il était allongé sur le côté et sa tête reposait sur son bras. La fenêtre ouverte laissait entrer la lumière de la lune qui l'éclairait d'une douce lueur, lui donnant une aura fantomatique, tandis qu'un courant d'air agitait les rideaux. Je m'approchai silencieusement pour ne pas le réveiller. Sur le shogiban les pièces étaient disposées conformément à la fin de match qu'il avait envoyée à Nikaido.

Ne sachant pas trop quoi faire, je finis par m'asseoir sur le divan sans faire de bruit. Le temps passa et je commençais à m'assoupir moi aussi quand il se réveilla. Il se releva partiellement en se frottant les yeux, les cheveux légèrement ébouriffés, puis il me vit.

— Kiriyama ? Je suis désolé, je crois que je me suis endormis. Je suis toujours très fatiguée après avoir joué.

— Ce n'est pas grave, répondis-je timidement.

— Est-ce que Nikaido va mieux ?

Je hochai la tête. Il semblait vraiment concerné par la question. Je me demandai si c'était par altruisme, parce qu'il se sentait responsable, ou s'il était inquiet à l'idée de perdre un adversaire prometteur.

— Je suis désolé de ce qui lui est arrivé.

A priori c'était la deuxième option.

— Son shogi était magnifique.

Ainsi que la troisième.

Il se leva alors et passa derrière un paravent. Il dissimulait probablement un frigo d'hôtel puisqu'il ramena deux bouteille de thé glacé et il m'en tendit une. Au citron vert, comme celui que j'avais commandé à Sangatsucho.

Il alla ensuite s'asseoir sur des coussins, devant de la fenêtre. Je le rejoignis et nous contemplâmes longuement la lune tout en buvant lentement. Nous étions très proches l'un de l'autre et nos bras se frôlaient.

Je ne savais pas ce qu'il fallait faire pour engager un contact plus approfondi. J'aurais bien aimé avoir un manuel sur la question. Finalement, après une longue réflexion, je posai ma tête sur son épaule. Il passa alors un bras autour de ma taille et me serra contre lui.

Il portait un parfum qui sentait très bon, comme une brume poudrée sous une lune d'argent. Curieux, je lui demandai de quoi il s'agissait. Il se tourna vers moi et fronça légèrement les sourcils en penchant la tête sur le côté. De nouveau, il avait perdu l'ouïe. J'avais oublié que cela pouvait arriver.

Je désignai donc son cou du doigt, puis mon nez.

— Oh. Il s'agit d'un parfum français à base d'iris. Je ne me rappelle plus son nom. C'est le président qui me le fournit.

Jinguji-san était vraiment aux petits soins avec son joueur fétiche.

— Aujourd'hui, contre Nikaido, j'entendais, me dit-il en regardant à nouveau la lune. Cela m'a surpris, c'est rare pendant les matchs. Mais après qu'il soit parti le silence est revenu.

Il parlait d'un ton détaché mais j'avais l'impression qu'il s'excusait pour sa surdité. Pourtant ce n'était pas grave. Le silence me convenait. Je me penchai vers lui et je posai un baiser sur la joue. Il prit alors mon visage et m'embrassa longuement. J'étais comme dans un rêve. Le rêve d'une nuit d'automne.

Nos mains se mirent en mouvement, caressant, fouillant à l'intérieur de nos vêtements. Bientôt nous nous retrouvâmes nus, allongés sur les coussins. Un souffle d'air automnal me fit frissonner. Soya-san se leva pour aller fermer la fenêtre et, quand il se rallongea, il me couvrit de son corps afin de me réchauffer. Que j'aimais sentir sa peau contre la mienne !

On ne pouvait pourtant pas dire que j'étais quelqu'un de tactile. Quand une personne me prenait dans ses bras en signe d'affection, je me sentais agressé, c'était trop intime. Je préférais garder une distance minimale de 36 cm, à savoir la taille d'un shogiban. Mais la proximité de Soya-san ne m'avait jamais été désagréable. Elle me troublait, oui, mais je ne sentais pas la crispation habituelle. Il avait une présence si sereine, c'était sans doute pour cela que je ne me sentais pas en danger.

Pourtant personne n'avait jamais été plus près de moi qu'il l'était actuellement. Ses jambes enserraient les miennes, son ventre reposait sur mon ventre, ses bras m'enlaçaient et sa bouche m'embrassait. Très vite je n'eus plus froid du tout.

Il se détacha de moi pour se lever et m'invita par ses gestes à m'asseoir sur le divan. Il s'agenouilla alors à mes pieds avec la même élégance que lorsqu'il le mettait en seiza devant un shogiban et, de sa main, me fit entrouvrir les jambes. Il n'allait tout de même pas..?

Je manquai de crier de stupeur quand il posa ses lèvres sur mon sexe. Tout ceci était tellement irréel. Il se mit alors à le caresser avec la pointe de sa langue. Les vagues de plaisir que je ressentais ressemblaient à des impulsions électriques qui remontaient tout le long de mon corps. Mais ce n'était que le début. Quand il me prit dans sa bouche, je dus me cramponner au rebord du divan.

De là où j'étais, je le voyais, les yeux fermés, enfoncer sa tête entre mes cuisses puis s'éloigner, aller et venir, aller et venir. Sa bouche douce et humide aspirait mon sexe et chacun de ses mouvements me faisais monter un peu plus haut. Mon rythme cardiaque accéléra tellement que je cru qu'il allait lâcher. Je n'aurais jamais cru que des sensations pouvaient être aussi intense.

L'orgasme me prit par surprise. Je voulus le repousser afin de ne pas me répandre dans sa bouche mais c'était déjà trop tard. Alors que mon corps entier était traversé par le plaisir, il resta sans bouger. Quand j'eus fini, il attrapa simplement une boîte de mouchoirs qui était posée non loin et il s'essuya.

Toujours agenouillé, il me contempla de ses yeux pures et un peu troubles à cause de la myopie tandis que je reprennais mon souffle. Je ne pouvais détacher mon regard du sien. Je n'étais pas hypnotisé, plutôt fasciné je dirais. On dit que les yeux sont le miroir de l'âme, les siens menaient vers un univers inconnus. Même s'il s'ouvrait totalement à moi, je ne pouvais percer ses mystères.

Il se leva enfin et se dirigea vers ce que je supposai être la salle de bain. J'entendis l'eau couler. Quand il revint, je m'étais à mon tour agenouillé au pied du divan. Il s'arrêta en me voyant ainsi.

— Es-tu sûr ? me demanda-t-il. Tu n'es pas obligé.

— J'en ai envi, répondis-je en hochant la tête.

Il prit alors la place que j'avais occupée un peu plus tôt.

Je caressai d'abord le fin duvet qui couvrait ses jambes, me préparant mentalement à ce que j'allais faire. Je me demandais si j'aurais du mal à respirer pendant l'acte.

Ne connaissant rien sur le sujet, je m'efforçai de reproduire ce qu'il avait fait. Je commençai par lécher son sexe. Le goût sur ma langue était étrange, je ne saurais le décrire. La peau était fine et douce comme de la soie. Une fois que je me fus habitué, je fermai fortement les yeux et ouvrit grand la mâchoire afin de le prendre dans ma bouche. Mais j'y étais allé avec trop d'enthousiasme : son organe avait touché le fond de ma gorge et j'avais l'impression d'étouffer. Je me retirai précipitamment afin de tousser.

Il se leva rapidement pour me ramener ma bouteille de thé glacé que je n'avais pas finie. Je bus lentement afin d'apaiser l'irritation. Il était accroupi à côté de moi, une main sur mon dos, et il me regardait avec inquiétude. Je lui fis signe de retourner sur le divan. Il fronça les sourcils et secoua négativement la tête.

— Si, insistai-je. Je veux réessayer.

Il ne pouvait pas m'entendre mais il voyait ma détermination. Avec hésitation, il m'exauça et se rassit.

Son érection était retombée alors je commençai par le prendre dans ma main afin de la faire revenir. Il me regarda faire avec curiosité. Puis je repris là où je m'étais précédemment arrêté. Cette fois, j'avançai avec précaution. Son sexe emplissait complètement ma bouche, c'était déstabilisant. Je tentai quelques mouvements en resserrant mes lèvres et en l'aspirant, comme il l'avait fait sur moi.

Je sentis alors sa main se poser sur mes cheveux et les caresser. Je levai le regard dans sa direction : il avait la tête appuyée contre le mur, les yeux fermés et la bouche entrouverte. C'était moi qui était la source de ses soupirs et je trouvais ça merveilleux.

Je m'appliquai du mieux que je pus et, si j'en croyais les sons qu'il produisait, je ne m'en sortais pas trop mal. Quand son sexe se mit à palpiter à l'intérieur de ma bouche, il me repoussa gentiment et attrapa un mouchoir qu'il pressa sur lui tandis qu'il se vidait de sa semence. Il se laissa ensuite tomber sur les coussins et il m'invita à le rejoindre.

Je m'assis au fond du divan et il posa la tête sur mes genoux. J'enfonçai mes doigts dans sa chevelure très douce et lui massai le crâne en effectuant de petits cercles. Sa respiration ralentit et je crus qu'il s'était endormi à nouveau. Mais quand je voulu retirer ma main de sa tête, il murmura dans un souffle :

— Continue, s'il-te-plait.

Shimada-san l'avait comparé une fois à un grand oiseau blanc volant dans le ciel, inatteignable. Cet oiseau était maintenant niché contre moi, s'abandonnant à mes soins. J'étais le plus heureux des hommes.

Comme il commençait à se faire tard, il proposa que nous allions prendre une douche. Nous pénétrâmes dans la baignoire et, debout, nous nous lavâmes réciproquement comme la dernière fois. Cette fois cependant je ne réprimai pas mon désir de la caresser. Il me répondit et bientôt nous fûmes de nouveau durs.

Il s'était adossé au mur et agrippait mes fesses afin d'imprimer un mouvement de va-et-vient entre sa chair et la mienne. J'avais posé les mains sur les carreaux de faïence derrière lui et mon front reposait sur son épaule. Nos halètements emplissaient la petite pièce autant que la vapeur d'eau. Dans cette atmosphère moite, je découvrais à quel point j'étais un animal de chair et de sang guidé par ses sens, moi qui m'étais toujours reposé sur mon intellect.

Nous sortîmes rassasiés de sexe mais le ventre vide. Soya-san fouilla le mini bar et dénicha quelques snacks. Nous nous en contentâmes. Il se dirigea ensuite vers un dressing dont il sortit un yukata d'intérieur fourni par l'hôtel et me le tendit. Il souhaitait que je reste dormir avec lui. Je ne vis aucune raison de refuser.

Quand je me réveillai, Soya-san dormait encore. Ses cheveux s'étalaient en auréole sur son oreiller et son visage immobile était encore plus lunaire que d'habitude. J'aurais dû me presser, je devais me rendre chez Shimada-san pour l'atelier de shogi, mais je n'avais aucune envie de sortir du lit. Les oiseaux chanter dehors dans l'air tiède d'un matin d'été, le drap nous cachait du monde, j'étais dans un cocon de douceur.

Un téléphone, posé sur le matelas à côté de lui, se mit à vibrer. Il l'éteignit d'une main avant d'ouvrir les yeux. Quand il me vit, son regard s'éclaira.

— Bonjour, le saluai-je.

Il s'approcha de moi et déposa un léger baiser sur mes lèvres.

— J'ai un train dans une heure, me dit-il sur un ton d'excuse.

J'étais un petit peu déçu de ne pas pouvoir rester plus longtemps avec lui mais au moins je ne serais pas trop en retard à l'atelier.

Avant de sortir de la chambre d'hôtel, après que nous fûmes préparés, il prit mon visage en coupe et m'embrassa plus intensément. Il posa son front contre le mien et murmura :

— A bientôt.

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Petit jeu : saurez-vous deviner quel parfum porte Soya ?