Diclaimer : Je ne suis à l'origine ni du monde d'Harry Potter, ni de celui de Supernatural.

Bonjour à tous ! J'étais extatique en voyant toutes les mises en favoris et en alerte, je ne m'attendais pas à un tel succès dès le premier chapitre sur un crossover. J'ai déjà remercié par message privé tous ceux qui m'ont laissé une review, mais un grand merci aux autres aussi d'avoir lu mon début et de m'avoir laissé un moyen de savoir que vous l'avez apprécié. N'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de ce chapitre, bonne lecture et à la semaine prochaine !

Chapitre 2 : Secrets de famille

La déclaration de Sirius sembla résonner un moment dans la pièce avant que quiconque ne soit en mesure de réagir.

« Sirius, d'où tiens-tu cette information ?, demanda le professeur Dumbledore d'un ton mesuré et prudent.

- De James lui-même.

- Et quand exactement t'en a-t-il parlé ?, ajouta Remus d'un air légèrement dubitatif qui laissa penser à Harry qu'il n'était pas le seul à avoir du mal à croire en la nouvelle. Je n'aurais pas oublié ce genre de détail. »

Sirius poussa un petit soupire résigné, comme s'il s'était attendu à ce qu'on ne le croie pas simplement sur parole. Harry se dit qu'il n'avait aucune raison de douter de son parrain et retint sa respiration par anticipation.

« Tu n'étais pas là Remus, c'était durant l'été après nos BUSEs. »

Cela sembla éclairer beaucoup de choses pour le lycanthrope, mais pas pour l'adolescent.

« Que s'est-il passé cet été là ?, » demanda-t-il.

Sirius se leva et avança vers la tapisserie défraîchie devant laquelle s'était tenu le professeur Dumbledore lorsqu'ils étaient rentrés dans la pièce. Il fit signe à Harry d'approcher. Les deux autres sorciers restèrent à leur place mais gardèrent une oreille attentive. Ils semblaient déjà connaître cette histoire. Ce ne fut que lorsque le jeune Gryffondor fut suffisamment près pour pouvoir distinguer les noms brodés en fil d'or sur la tapisserie qu'il comprit qu'il s'agissait d'un arbre généalogique, celui de la famille Black.

« Tu n'es pas dessus, releva Harry après avoir parcouru les noms les plus récents.

- Je l'étais, rectifia son parrain en lui indiquant un trou brûlé dans la tapisserie. Tu as remarqué le style de la maison, tu as vu le portrait de ma mère, tu dois bien imaginer dans quel genre de famille je vivais, non ?

- Tu veux dire qu'ils étaient des Mangemorts ?, s'exclama le jeune sorcier.

- Non, mais ils adhéraient à ses idées. Mon petit frère, le bon fils, s'était enrôlé parmi eux, l'idiot. Mais il a dû vouloir faire marche arrière à un moment donné, et Voldemort ne pardonne pas ce genre de chose. Servir ou mourir, c'est la deuxième option qui a été choisie.

- Je suis désolé.

- Ne le sois pas, c'est lui qui s'est fourré là-dedans, pour faire plaisir à mes parents certainement, d'autant plus après mon départ. Je me suis enfui de cette maison avec la ferme intention de ne jamais y remettre les pieds l'été de mes seize ans. »

Harry se dit que cela devait être difficile pour lui d'être bloqué dans cet endroit qu'il avait tant détesté. C'était comme s'il devait lui-même retourner vivre dans son placard quatre ans après l'avoir quitté.

« Je me suis réfugié chez les Potter, poursuivit Sirius sans s'appesantir sur l'ironie dramatique de la situation. Ils m'ont accueilli comme leur deuxième fils. C'est à ce moment que ma mère a brûlé mon nom sur la tapisserie, mais on ne l'a pas pour autant laissée me déshériter complètement. L'année suivante, mon oncle Alphard m'a légué toute sa fortune et je me suis acheté ma propre maison. C'est probablement la raison pour laquelle lui aussi a été retiré de l'arbre généalogique. »

Harry contempla un instant la nouvelle trace de brûlure que lui indiqua son parrain en parlant. Intérieurement, il était tout de même heureux que Sirius ait eu quelques membres de sa famille pour veiller sur lui. En laissant son regard parcourir les lignes dorées, il tomba sur d'autres noms qui lui étaient sinistrement familiers, comme Malefoy, Lestrange ou Crabbe, mais également Potter ou Longdubat. Il n'eut pas le temps d'interroger son parrain à leur propos car celui-ci reprenait déjà ses explications, à l'intention de tous les occupants de la pièce cette fois-ci :

« Cet été-là, j'ai demandé à James comment ses parents pouvaient aussi facilement m'accepter chez eux, et c'est le moment où il m'a expliqué être lui-même adopté. Ses parents le lui avaient avoué le jour où il avait reçu sa première lettre de Poudlard et lui avaient demandé d'en garder le secret, car l'héritage des Potter ne pouvait pas être remis en question si cela s'apprenait.

- Et tu as gardé ce secret pour lui toutes ces années, dit Remus. C'est incroyable, je n'aurais jamais pu l'imaginer.

- Je n'ai pas vraiment eu l'occasion d'en parler après sa mort, et lorsque je me suis échappé et que l'on m'a expliqué que le sacrifice de Lily protégeait Harry, je n'ai pas jugé utile de le faire non plus. Je ne pensais pas que cela pouvait avoir une quelconque importance. Lunard, tu ne dois pas lui en vouloir de ne rien vous avoir dit.

- Vous avez toujours été plus proches l'un de l'autre et ce secret ne concernait pas que lui, mais aussi ses parents. Alors je comprends, répondit Remus avant d'ajouter avec un petit rire. Et il m'a avoué ses sentiments pour Lily des mois avant de te mettre au courant, alors je ne m'estime pas lésé. »

L'idée sembla scandaliser Sirius, mais le regard qu'adressa le directeur aux deux vieux amis les ramena à la situation présente. Harry, lui, ne put empêcher un petit sourire de fendre le coin de sa bouche, autant à cause du comportement de son parrain qu'à l'idée que s'il disait vrai, il avait encore une chance de pouvoir retourner à Poudlard avec ses amis. Il aimait aussi l'idée que Sirius et son père aient été si proches, et se dit que ce qu'il ressentait pour l'animagus devait être ce que l'on ressentait véritablement pour un oncle, ou un père. Il en allait de même pour Remus.

« Si ce que tu dis est bien la vérité, et qu'il reste de la famille de sang suffisamment proche de James pour reforger le lien, notre façon d'agir pourrait en être bouleversée, déclara le professeur Dumbledore. Les conséquences pour les temps à venir sont cependant imprévisibles pour le moment.

- C'est la vérité !, répondit un peu sèchement Sirius avant de se reprendre, agacé que l'on doute toujours de lui. James n'avait jamais voulu en savoir plus sur sa famille biologique car il était heureux avec celle qu'il avait déjà. Il supposait être orphelin, mais rien n'exclut qu'il ait eu un frère ou une sœur qui n'ait pas été en âge de prendre soin de lui à l'époque. Et s'il avait eu le projet de participer à un rituel de magie du sang pour protéger Harry, il serait retourné chercher l'information. Il n'aurait pas laissé cela au hasard.

- Mais comment le savoir ?, intervint Remus. Si les Potter ont souhaité garder le secret sur cette adoption, et avec les moyens dont ils disposaient, il nous sera difficile de trouver une trace de ce qui s'est passé, et encore moins de savoir s'il lui reste de la famille en vie.

- Il ne sert à rien d'espérer trop de ces suppositions, il faut réfléchir pour le moment à ce que l'on sait, afin de pouvoir établir notre stratégie, » conclut le directeur.

Cela laissa un sentiment d'impuissance à Harry, qui se laissa retomber dans le canapé. Etant donné l'air contrarié de Sirius et la façon dont il se rassit brutalement à ses côtés, son parrain devait ressentir la même chose. Le jeune Gryffondor avait senti un nouvel espoir s'emparer de lui. Au-delà de la possibilité de pouvoir rester aux côtés de ses amis, il avait toujours voulu une famille. Il avait renoncé depuis longtemps à recevoir de l'affection de la part des Dursley, mais il avait pu se réconforter avec l'idée que ses parents l'avaient suffisamment aimé, au point de se sacrifier pour lui. Il s'était dit ensuite que l'affection de ses amis, des Weasley, de Sirius et de Remus lui suffisait. Mais il découvrait à présent que cela ne pourrait pas égaler d'avoir une personne partageant son sang et se souciant véritablement de lui pour celui qu'il était et les liens qu'ils partageaient, quelqu'un qui l'accepterait dans sa vie sans condition et sans connaître sa célébrité.

« C'est ma famille, opposa-t-il donc au directeur avant d'avoir soudain une autre idée. Et si nous parvenons à rétablir la protection offerte par mes parents, Voldemort n'aura aucun moyen de le savoir, et il me pensera à tort vulnérable.

- Cela pourrait le pousser à commettre des erreurs par excès de confiance, renchérit Sirius en échangeant un regard de connivence avec son filleul. Cela nous donnerait un avantage. »

L'argument sembla plonger le professeur Dumbledore dans une profonde réflexion. Harry ne s'était pas attendu à ce que cela suffise à lui faire reconsidérer leurs options, mais il se passait visiblement beaucoup de choses qu'il ignorait dans la tête du directeur. Ce dernier sembla finir par se ranger à leur avis, contre toute attente.

« Les gobelins, dit-il finalement.

- Quoi, les gobelins ?, demanda Remus qui était laissé aussi perplexe par cette déclaration que par le changement de résolution de leur mentor.

- S'il doit subsister quelque part une trace de l'adoption de James par les Potter, les gobelins l'auront probablement en leur possession, explicita celui-ci. Les Potter n'auraient pas risqué une mise en doute de leur succession et ont dû probablement mettre en règle tout ce qu'il fallait avec les gobelins. Ces êtres aiment leur indépendance, leurs secrets et conserver la discrétion de leurs clients, quels qu'ils soient. Les coffres des Mangemorts n'ont jamais pu être touchés, même par décision du Ministère, car les gobelins ne l'ont pas laissé faire. Pour eux, nous nous valons tous. Les Potter devaient savoir que leur secret serait à l'abri du reste de la communauté sorcière avec eux, mais aussi qu'ils ne pourraient pas passer outre de dire la vérité aux gobelins.

- Pourquoi est-ce qu'il était si important de garder le secret ?, demanda Harry que ce fait rendait confus depuis le début de la conversation. Un testament aurait été suffisant pour transmettre leurs biens.

- Pour leurs biens, oui, mais pas pour leurs titres, répondit Sirius.

- Leur titre ? »

Remus et Sirius échangèrent un regard surpris avant de se tourner vers le professeur Dumbledore en fronçant les sourcils, puis vers Harry.

« Tu n'es pas au courant du statut de la famille Potter ?, lui demanda son parrain d'un air assez contrarié.

- Non. Je veux dire, je sais qu'ils étaient sang-purs si c'est ce que tu entends par là. »

Harry espérait vraiment que ses grands-parents, même adoptifs, n'aient pas été des bigots comme les Malefoy, à croire en la supériorité d'un sang pur, au point de renier son origine à leur fils pour garder leur place dans la société. Sirius secoua la tête, comme s'il refusait de croire ce qu'il entendait. Remus jeta un regard interrogateur au directeur, mais comme celui-ci ne semblait pas résolu à vouloir intervenir sur le sujet, il en prit lui-même la responsabilité :

« Ton père était un Lord : Lord Potter. »

Il laissa un instant à Harry pour lui permettre d'emmagasiner l'information. L'adolescent en avait bien besoin. Il comprenait que cela le liait d'une certaine façon à un titre de noblesse, mais surtout, cela sonnait bien trop comme Lord Voldemort à son goût.

« Les anciennes familles sorcières sont parvenues il y a longtemps à se positionner dans la noblesse britannique, expliqua son ancien professeur. Sirius est lui-même Lord Black depuis la mort de son père, puisqu'il n'a jamais été pleinement déshérité. Tu deviendras Lord Potter à ta majorité officielle, à dix-huit ans, mais tu en auras déjà les prérogatives dès tes dix-sept ans du côté sorcier.

- Quel genre de responsabilités est-ce que cela implique ?, demanda Harry un peu paniqué à l'idée que cela allait lui tomber dessus d'ici deux ans et que personne ne lui en avait parlé jusqu'à présent.

- Concrètement, répondit cette fois Sirius puisqu'il était possiblement le mieux placé pour en parler, cela te donne une place au Magenmagot et à la chambre des Lords britannique, à moins que tu ne sois recherché ou que tu fasses procuration. Je dirais bien que je t'apprendrai tout cela en temps voulu, mais je n'ai jamais pu jouir de mes privilèges auparavant et ne connais donc que ce que mes parents ou James et sa famille m'en ont raconté. Ces titres ont été obtenus de longue date. Tu as dû le remarquer en regardant mon arbre généalogique, toutes les familles sang-pur finissent par se mêler les unes aux autres. Je suis apparenté à la fois à Molly et à Arthur Weasley par exemple, bien qu'aucun Black avant moi ne se serait donné la peine de l'indiquer dans cette maison.

- Cela fait qu'au fil des alliances et des décès non anticipés, de nombreux titres ont fini par disparaître, ou par fusionner, reprit Remus. Parfois, un sorcier de première génération portant un titre moldu arrive, et son titre est transposé également dans le monde de la magie, mais c'est assez rare.

- Le titre Lord Black disparaîtra probablement avec moi, pour le peu d'importance que j'y attache. Sans descendance directe, mon héritier sera Drago Malefoy. Je ne le laisserai pas toucher un seul de mes gallions cela dit, et comme il héritera déjà du titre de son père, le mien disparaîtra. Il n'est pas étonnant que les Potter aient cherché une solution pour préserver leur titre. Si James n'avait pas été là, la fortune des Potter aurait été donnée aux McKinnon, probablement à Marlene, et le titre perdu. Elle faisait partie de l'Ordre du phénix avant, mais elle et toute sa famille ont été massacrées par des Mangemorts. Elle était la filleule du père de James. »

Harry y voyait plus clair à présent et comprenait pourquoi l'adoption de son père aurait pu constituer un secret si important. Il avait toujours du mal à se faire à l'idée qu'il obtiendrait un titre de noblesse, s'il vivait assez longtemps pour le voir, et se fit un instant la réflexion qu'il aurait aimé voir la tête de sa tante à l'annonce que son neveu si encombrant était noble. Puis il se souvint que Pétunia était morte et que cela n'avait pas la moindre importance dans la situation présente. Comme le silence s'étirait un peu après toutes ces révélations, le professeur Dumbledore reprit la main.

« Bien. Nous contacterons les gobelins le plus tôt possible pour savoir ce qu'il en est. Si comme l'a supposé Sirius, James avait fait des recherches sur le sujet avant de pratiquer le rituel, il en restera probablement des traces également. Cela nous permettra d'établir si la protection peut être recréée. Dans l'attente, agissez tous avec la plus grande prudence. Je vous demanderai également de garder le plus grand secret sur cette affaire. Je vais réfléchir à envoyer un représentant pour l'audience d'Harry, car je doute que tout cela soit résolu d'ici là. »

Sur ce, le directeur se leva pour prendre le départ. Il inclina légèrement la tête en guise de salut pour chacun des trois autres sorciers. Il évita de croiser le regard d'Harry cependant, bien qu'il sembla hésiter un instant à ajouter quelque chose à son intention. Mais quoi que cela ait pu être, il se ravisa et quitta la pièce, et bientôt la maison également. Harry ne savait pas trop quoi en penser et se dit que cette retenue soudaine était peut-être due à l'excès de colère qu'il avait eu précédemment. Lui-même avait du mal à comprendre comment il avait pu s'emporter de cette façon contre le directeur. Après tout, le professeur Dumbledore avait toujours été de son côté et près à le soutenir, ce n'était probablement pas de gaieté de cœur qu'il avait choisi d'éloigner Harry de Poudlard et de ses amis. D'une façon étrange cependant, cela lui laissa un léger picotement au front, au niveau de sa cicatrice, mais il avait ce genre de démangeaison quasiment en permanence depuis le retour de Voldemort.

Harry se retrouva donc seul avec Sirius et Remus. Le premier se tourna vers Harry.

« Il y a tant de chose dont je ne t'ai pas encore parlé, je le réalise, dit-il. J'essaie de t'aider, mais parfois j'ai l'impression d'être inutile. »

Harry eut le sentiment qu'il ne disait pas cela seulement par rapport à leur relation, mais également au fait de devoir rester enfermé quand d'autres prenaient les risques à sa place. Le concernant, en tout cas, son parrain était l'un de ses piliers.

« Sirius, tu as toujours répondu quand j'avais des problèmes. Tu t'es même mis en danger l'année dernière en revenant quand j'en ai eu besoin.

- Il a raison, renchérit Remus. Ce n'est pas tout le monde qui pourrait associer cavale et conseiller.

- Et quoi que l'on découvre par rapport à la famille biologique de mon père, quand la guerre sera finie et que tu auras été innocenté, je voudrais toujours venir vivre avec toi. Même dans cette maison. »

Cela tira au moins un sourire à son parrain qui lui ébouriffa les cheveux de la même façon que se l'était permis Remus un peu plus tôt. Harry rouspéta en essayant de réordonner ses mèches de cheveux de toutes façon indomptables et les deux Maraudeurs éclatèrent de rire. Harry eu le sentiment que ce ne serait pas la dernière fois qu'ils se le permettraient.

Comme il avait donné rendez-vous à Ron et Hermione, et qu'il ne doutait pas qu'avec le départ du directeur ils avaient déjà probablement rejoint la bibliothèque pour l'attendre, Harry annonça son propre départ en gardant volontairement un air excessivement renfrogné et en laissant derrière lui ses deux oncles de substitution s'amuser à ses dépens. Intérieurement, il sourit lui-même à la situation.

La bibliothèque de la maison des Black n'avait rien de celle de Poudlard. Les ouvrages qu'elle contenait étaient bien plus controversés, et d'une certaine manière, Harry avait l'impression de se retrouver dans la réserve. Elle était aussi bien plus confortable et ce furent lovés dans de confortables fauteuils que l'adolescent retrouva ses amis. Ron avait saisit l'opportunité pour avancer ses devoirs, une idée d'Hermione probablement, tandis que cette dernière était plongée dans le nouveau manuel de métamorphose, où celui qu'elle pensait être le suivant après l'avoir pris dans les affaires des jumeaux. Ces derniers étaient si absorbés par leurs expérimentations qu'ils n'avaient visiblement eu aucune objection à prêter leurs affaires à Hermione.

Ron fut le premier à remarquer l'arrivée de leur camarade. Il se leva aussitôt, abandonnant plume et parchemin, pour venir à sa rencontre.

« Alors ? Qu'à dit Dumbledore ?

- Le professeur Dumbledore, corrigea Hermione distraitement avant de marquer sa page et de les rejoindre. Il a dit quelque chose à propos de l'audience ?

- Il a dit qu'il enverrait quelqu'un à ma place pour me représenter, répondit simplement Harry en se demandant si le directeur avait inclus ses amis dans les personnes à qui cacher la vérité.

- Comment ?, s'étonna Hermione. Mais tu devrais pouvoir plaider l'affaire toi-même, non ? Tu es le seul témoin recevable pouvant raconter ce qu'il s'est passé. Je t'ai même préparé une liste d'arguments juridiques pour te défendre.

- Rassure toi, Hermione. D'après le professeur Dumbledore, cette audience n'est plus qu'une formalité, probablement conservée pour sauver la face du Ministère. »

L'argument sembla souffler les inquiétudes de son amie, mais aussi augmenter sa confusion. Harry lui vint en aide rapidement.

« Il dit que c'est pour ma sécurité, admit-il.

- C'est sûr qu'avec Tu-Sais-Qui dans les parages, il faut mieux prendre des précautions avant de pouvoir retourner à Poudlard. J'espère tout de même qu'il te laissera venir sur le Chemin de Traverse avec nous.

- Ce n'est même pas certain qu'on nous laissera, nous, aller sur le Chemin de Traverse, Ron, fit remarquer Hermione. Je suis bien contente que la situation soit prise au sérieux, surtout après ce qu'il s'est passé chez ton oncle et ta tante… »

La sorcière laissa sa phrase en suspend, comme pour tester si elle s'était aventurée en mauvais chemin. Harry lui envoya un petit sourire pour lui faire comprendre qu'il n'y avait pas de mal, avant de prendre finalement sa résolution.

« A vrai dire, le directeur pense que je ne devrais pas retourner à Poudlard l'année prochaine, que Voldemort s'y attendrait trop. »

A cela ses amis blêmirent significativement, en particulier Ron qui avait toujours du mal à s'habituer à entendre le nom du mage noir. Si ses amis ne lui avaient pas déjà expliqué les raisons du manque de nouvelles données au début de l'été, Harry leur aurait pardonné rien qu'en voyant leur réaction.

« Mais tu as besoin d'étudier la magie, rétorqua Hermione. Tu as besoin de savoir la contrôler et d'apprendre à te défendre, encore plus maintenant. Tu-Sais-Qui ne laissera plus une chose telle que le Priori Incantatum se produire de nouveau.

- Sans compter que Poudlard est l'endroit le plus sûr qui soit, à part peut-être cette maison, » renchérit Ron.

A cela, Harry eut un rire amer.

« Ni l'un ni l'autre ne semble satisfaire les standards du directeur pour protéger l'ennemi n°1, » répondit-il un peu trop sèchement.

Devant le désarroi de ses amis, il prit la décision de ne finalement pas les mettre dans la confidence de ses secrets de famille. Il ne voulait pas leur donner un faux espoir si l'enquête auprès des gobelins ne donnait rien. Au lieu de cela, il adopta un sourire un peu plus indulgent.

« Vous m'écrirez cette fois si je suis tenu à l'écart ? »

Ses amis purent au moins l'assurer de cela.

Dès le lendemain, les Aurors Kingsley Shacklebolt et Nymphadora Tonks, qui faisaient partie de l'Ordre du Phénix et avaient aidé Harry à rejoindre son quartier général, escortèrent Harry jusqu'à Gringotts. Aucun des deux sorciers n'avaient été mis au courant de l'affaire qui devait y mener si urgemment Harry et ils restèrent monter la garde à l'entrée de la banque pendant que celui-ci allait s'adresser aux gobelins.

Ces derniers furent plutôt coopératifs, estimant que leur client avait le droit d'avoir accès à l'historique des propriétaires de ses coffres. Et il s'agissait bien de ses coffres, comme l'adolescent le découvrit. Celui auquel il avait eu accès jusqu'à présent contenait uniquement ce que ses parents avaient mis de côté pour ses études, mais il en existait un autre dont les gobelins lui fournirent également l'inventaire. Devant la liste des fonds, des objets de valeurs stockés et des titres de propriété auxquels il aurait accès à sa majorité, Harry se dit que s'il avait pensé être riche auparavant, il se sentait comme Crésus à présent. Il était d'autant plus content de ne pas avoir gardé les mille gallions de récompense du Tournois des Trois Sorciers et de les avoir donné aux jumeaux, qui en avaient bien plus besoin que lui.

Mais ce qui intéressait véritablement Harry n'était pas l'étendu de ses richesses, mais le contenu de l'enveloppe en parchemin qu'il tint bien contre lui durant le trajet du retour et qui renfermait tout ce qu'il aurait besoin de savoir sur les origines de son père.