Hey ! Nouveau chapitre ! Je tenais à rappeler avant toute chose que les avertissements du dernier chapitre tiennent toujours (en particulier ceux concernant le suicide et l'auto mutilation).Aussi, excusez moi si mon style d'écriture paraît un peu étrange et changeant ; cela fait quelques années que je n'ai plus écrit des fictions, et donc je dois reprendre l'habitude et me retrouver un peu . Aussi si vous avez quelconques remarques, critiques ou conseils, n'hésitez pas. Je sais que j'ai encore beaucoup de chose à améliorer.Sur ce, je vous laisse avec le chapitre.
Prenez soin de vous (surtout en cette période de Corona) :).
Froid. Il faisait froid. C'est la première chose qui lui vint à l'esprit lorsqu'il reprit conscience. Tout était confus. Ses yeux s'ouvrirent soudainement. Mais il faisait si sombre. Il ne voyait rien. Quelque chose n'allait pas… Il se souvenait chuter. Sa chute ! Il n'était pas censé être… mort ? à moins que ceci ne soit la mort ? Froid et sombre… Mais quelque chose n'allait pas. Il se sentait vivant. A chaque respiration, une sensation bizarre traversait son corps. Comme si ses poumons n'avaient plus l'habitude de respirer. Comme si cela faisait des jours qu'il n'avait plus respiré, et qu'il devait s'y réhabituer. Et même si cette fraîcheur ne le dérangeait surprenamment pas tant que ça, la sensation qu'il éprouvait paraissait bien trop réelle. D'un geste prudent, Izuku tâta l'environnement qui l'entourait. Un grand drap recouvrait tout son corps, mais il n'avait pas l'impression que c'était pour le protéger de la température. La preuve, il était allongé sur une plaque métallique gelée. À sa droite et à sa gauche se trouvaient deux parois, elles aussi en métal, assez rapprochées de son corps. En s'étirant légèrement, il constata la même chose avec ses pieds. Le plafond était si proche de lui. Il ne pouvait même pas s'asseoir. Le jeune homme remarqua soudain un détail qu'il lui était passé inaperçu de prime abord. Il lui semblait qu'une ficelle était attachée à son doigt de pied. Tout lui semblait… si étrange. C'est comme si on l'avait entreposé, comme un vulgaire objet, dans une boite. Même s'il n'avait jamais été claustrophobe, il commença à paniquer. Le jeune essaya de pousser les parois de ses mains, mais rien à faire. Il essaya de pousser avec ses pieds. Il lui semblait entendre un roulement. Alors il essaya plus fort. D'un coup, il se sentit partir en arrière.
La lumière, si faible fut-elle, le surpris. Il faisait toujours sombre, mais moins qu'avant, et il parvint à distinguer des formes dans l'obscurité. Izuku sentit un grand espace autour de lui. Il put enfin s'asseoir. Le silence pesant lui parut étrangement apaisant. La température était toujours aussi froide. Il prit soudainement conscience de son état. Si la température, bien que non dérangeante, semblait aussi mordante, c'était parce qu'il était complètement nu. Sa confusion augmenta encore, cette situation lui paraissant irréelle au possible. Il enleva de son pied la ficelle, qui était en fait rattaché à une étiquette. Malgré ses efforts, il ne parvint pas à lire ce qui était marqué dessus, faute à l'obscurité. Le jeune homme prit enfin la décision d'explorer, et se leva. Ses pieds rencontrèrent la froideur du sol, et après un petit temps d'adaptation, il avança à l'aveugle. Ses pas le dirigèrent vers ce qui lui semblait être une porte. Son hypothèse se révéla correcte lorsqu'il sentit une poignée. Ses mains cherchèrent alors un interrupteur. Ses yeux se fermèrent instinctivement lorsqu'une lumière vive illumina la pièce. Izuku cligna quelque fois des yeux pour s'y habituer, avant de pouvoir enfin observer son environnement.
Tout son corps se figea lorsqu'il se rendit compte de l'endroit où il se trouvait. Des dizaines de tiroirs métalliques étaient alignés contre les murs. Au milieu se trouvaient deux brancards, eux aussi en métal.
Il se trouvait dans une morgue. La situation le frappa enfin. Il était censé être mort. Si on l'avait mis là c'est qu'on le pensait mort ! Comment est-ce que le corps médical aurait pu se tromper ? La panique s'empara peu à peu de lui. Pourquoi n'était-il pas mort ? Il entendit un bruit lointain, de l'autre côté de la porte. Quelqu'un était là ! Il s'empara d'une blouse blanche accrochée pas très loin de la porte afin de se vêtir un minimum, et se dirigea vers la petite fenêtre de l'autre côté de la pièce. Il déplaça un des brancards pour s'en servir comme support. Sa panique augmenta encore lorsque le bruit se rapprocha. Ses mains tremblantes arrivèrent tant bien que mal à ouvrir son passage vers le monde extérieur, par lequel il se faufila sans trop de difficultés étant donné sa petite taille et sa maigre silhouette. Le jeune homme se retrouva dans une ruelle non éclairée mais moins glaciale que la chambre froide. En entendant la porte de cette dernière s'ouvrir, ses réflexes prirent le relais. Ses jambes l'élancèrent plus profondément dans l'obscurité, avec comme unique objectif de s'éloigner le plus possible de la pièce mortuaire.
Il ne savait pas depuis combien de temps il courait. Peut-être cinq minutes, peut-être une demi-heure. Cette situation lui avait complètement retourné le cerveau, lui faisant perdre tout sens du temps en plus de le plonger dans une confusion et une panique épaisse. Au fond de lui, il savait bien que ce qu'il faisait était insensé : s'enfoncer, lui, un petit maigrichon de quatorze ans à peine, dans des ruelles sombres et sans doute mal famées… Mais sa vie ne lui importait plus vraiment. Elle ne lui importait plus depuis sa décision de sauter. Par contre il savait que si quelqu'un l'avait découvert, elle aurait été mille fois pire. Il aurait été obligé de retourner à sa vie. Devoir supporter le regard de sa mère, de ses tourmenteurs, des autres, il ne pouvait pas. Et même en admettant qu'il soit placé dans un hôpital ou un asile pour sa tentative…. non, pour son suicide… Une vie comme celle-là ne valait pas non plus la peine d'être vécue. Izuku s'arrêta à côté d'un bâtiment qui lui paraissait abandonné. Il passa par une fenêtre brisée et s'enfonça dans les lieux. Des tags pouvaient être distingués un peu partout, et les fournitures étaient en mauvais état. Mais l'épaisse poussière sur laquelle il marchait et les toiles d'araignées qui se démarquaient à droite à gauche lui laissèrent penser que cela faisait un bout de temps que l'endroit était vide depuis un petit moment. Ça ferait l'affaire pour la nuit. Pris d'une fatigue accablante dont il n'avait pas pris conscience jusqu'à présent, il se laissa glisser le long d'un mur pour s'allonger sur le sol. Il s'endormit peu après, son corps frêle emmitouflé dans la blouse blanche trop grande pour lui.
Ce furent les rayons de soleil qui le réveillèrent. La ruelle peu fréquentée ne lui laissait parvenir aucun bruit. Le jeune s'assit doucement, prenant son temps pour s'éveiller et se remettre les idées en place. Il put enfin observer son environnement qui baignait dans la lumière du jour. C'était peut-être pour cela que personne : malgré sa localisation, il était bien trop exposé. Le lieu semblait être un ancien office. De petits bureaux séparés par des parois en plastique occupait le fond de la salle. Izuku remarqua proche de lui un canapé sali qui ne lui inspirait aucune confiance au vu de son état. A côté de ce dernier se trouvait une plante qui avait sans doute été verte autrefois. Des déchets joncheaient le sol en mauvais état. Ci et là, des tags offraient des touches de couleurs qui rendaient la salle à peine plus accueillante. Plusieurs portes pouvaient être aperçues, menant sûrement à d'autres salles ou pièces du bâtiment. Izuku ne voulait pas vraiment rester ici, ni explorer plus.
Un éclat de lumière attira son attention. Prudemment, un ramassa le morceau de verre d'où provenait ce rayon. Après en avoir enlevé la poussière d'un coup de manche, il contempla son reflet. Ses cheveux verts étaient, comme à leur habitude, complètement emmêlés et sauvage. Ses yeux était toujours aussi lumineux, même si très fatigués. Mais ce n'est pas cela qui l'hypnotisait. Non. C'était les deux cicatrices qui barraient son visage enfantin. La plus grosse démarrait de sa joue droite, traversait son nez avant de frôler son sourcil gauche et de finir sur son front. La deuxième semblait l'accompagner : elle aussi barrait sa joue droite mais, en revanche, elle s'arrêtait juste avant son nez. Autre élément bizarre : la petite tâche de rousseur apparue comme par magie sur son visage, en dessous de son œil. Il ne lui fallut pas beaucoup de réflexion pour déduire que ces marques provenaient de sa chute, même s'il n'avait aucune idée de l'origine de sa nouvelle tâche de rousseur. Ce qui le rendait perplexe, c'était de ce qu'elles attestaient. Ces cicatrices étaient bien la preuve que son suicide n'était pas imaginaire, et que sa chute avait fait de sérieux dégâts. Mais alors, rien n'expliquait sa "survie", le fait qu'il ne ressente aucune fracture, et sa présence à la morgue. Sans oublier son étrange immunité au froid. Pourquoi n'était-il pas mort ? Il avait déjà accepté cet état, et même dans l'état actuelle des choses, il ne souhait aucunement être en vie. D'un geste décidé, il empoigna le morceau et le dirigea vers son poignet. Le jeune avait déjà réussi involontairement à tromper la mort, cette fois il allait s'assurer que tout se passe comme il le souhaitait. D'un geste assuré, il trancha l'artère de de son bras. Sa vision se troubla peu à peu alors qu'il observait le liquide rouge s'écouler et tomber par terre, créant une flaque qui s'agrandissait de secondes en secondes. Puis, le noir arriva, et ses pensées se stoppèrent.
