Hop, allez, "chapitre 2" :

J'espère que la suite va autant vous plaire que la première partie :)

N'hésitez pas à me laisser votre avis n_n

Tekilou : Saaaaluuuut ! Trop heureuse de te revoir ici !

Amlou : Salut ! Bienvenue à toi et merci pour ta review, je croise les doigts pour que la suite te plaise :)


Hermione soupira en regardant sa montre. Les déménageurs étaient en retard. Pour elle qui mettait la ponctualité au dessus de beaucoup de choses, c'était un comble. Heureusement, ils arrivèrent dans le quart d'heure et elle put rapidement récupérer toutes les affaires qu'elle avait fait transféré d'Australie. Carlisle et Maddison étaient actuellement avec Luna et Neville, qui les gardaient pour le week-end. Ils étaient ravis d'enfin rencontrer l'amie de leur mère, et Hermione n'avait nul doute sur le fait que son côté fantasque allait à la fois dérouter et enchanter ses enfants. Habitués à la rigueur de leur mère, son comportement évaporé allait les changer.

Les déménageurs ne comprirent jamais pourquoi Hermione insista pour que tout soit livré dans le hall d'entrée de l'appartement, mais c'était elle qui payait, donc il se contentèrent d'obéir. Une fois la porte fermée et les rideaux tirés, Hermione s'arma de sa baguette pour déplacer les meubles, vider les cartons et remplir chaque placard, armoire et bibliothèque qui meublaient maintenant l'appartement. Elle avait trouvé cet appartement de grand standing, dans une résidence sécurisée et arborée, et l'avait aussitôt pris tant la disposition ressemblait à celle de leur logement australien. D'une certaine manière, c'était un stress en moins pour tout le monde de se retrouver dans un environnement un tant soit peu familier. Même les chambres des enfants étaient des copies conformes, jusqu'au moindre poster.

En moins d'une heure, tout était à sa place. Hermione ne récupérant les jumeaux que le lendemain, Luna ayant proposé de les garder pour que leur mère puisse se reposer, elle se demanda ce qu'elle allait faire de son week-end. Ce n'était pas comme si elle avait du travail sur lequel elle pouvait s'avancer, puisque que Tibus lui avait retiré toutes les affaires qu'elle avait encours pour les redispatcher au reste de l'équipe. Celle-ci ne s'était pas privée d'engueuler Hermione quand ils avaient découvert ses problèmes de santé. Trois collègues avaient même fondu en larmes, refusant d'accepter le funèbre destin qui l'attendait. Bien que triste, elle était partie le cœur léger de savoir que tout se passerait bien pour eux et qu'elle ne laissait personne dans l'embarras.

Finalement, la jeune femme attrapa son sac et son manteau et sortir de l'appartement. Elle n'avait pas de destination précise en tête mais un peu d'air frais ne pouvait pas lui faire de mal. Le parc arboré de la résidence était grand et bien entretenu. Pas autant que celui du Manoir Malefoy mais les moyens n'étaient pas les mêmes. Hermione avait toujours aimé se promener au bord du lac, en tête à tête avec Drago. Elle secoua la tête, se maudissant. L'heure n'était pas au regret sur sa vie sentimentale inexistante. Enfonçant le cou dans les épaules pour se protéger du vent, elle ne vit pas un passant qui arrivait face à elle et le heurta de plein fouet. Heureusement pour elle, elle avait de bons réflexes et se remit d'aplomb aussitôt, prête à s'excuser pour sa maladresse. Les mots se figèrent dans sa gorge quand elle croisa le regard gris acier de Drago.

- Salut.

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Drago se serait donné une baffe s'il avait été seul.

Salut.

C'est tout ce qu'il avait trouvé à dire ? Des fois, il était vraiment un boulet. Depuis que Luna leur avait annoncé qu'Hermione était mourante, il n'avait pas dormi une seule nuit complète. Au bout de trois jours, ça commençait à se voir. Il savait qu'il avait les yeux cernés et le teint encore plus pâle que d'habitude. Finalement, c'était plutôt lui qui avait l'air en fin de vie, alors que la jeune femme rayonnait littéralement. Le vent faisait voler ses cheveux, qui ondulaient dans la brise. Elle ne les avait pas lissés ce matin et cela lui donnait un air beaucoup moins hautain. Son imperméable beige, serré à la taille par une large ceinture, marquait la finesse de sa taille tout en soulignant la courbe de ses hanches. Elle avait toujours été belle à ses yeux, mais là, c'était presque trop. Rien dans son attitude ou son visage n'indiquait qu'elle allait mourir. En brave Gryffondor, elle avait probablement pris la nouvelle avec un calme olympien, élaborant immédiatement la meilleure solution pour ses enfants.

Non.

Leurs enfants.

Inconsciemment, il se pencha légèrement sur le côté pour regarder derrière elle, mais elle leva les yeux au ciel.

- Ils ne sont pas là.

- Oh.

Silence. À se regarder en chien de faïence, ça n'allait pas avancer, leur histoire. Enfonçant les mains dans ses poches, il désigna d'un geste du menton une brasserie de l'autre côté de la rue.

- Un café ?

- Oui, répondit-elle après une seconde d'hésitation.

Ils entrèrent dans le café et Hermione se dirigea immédiatement vers une table côté verrière. Drago aurait plutôt pris une table dans le fond, à l'abri des oreilles et regards indiscrets. Il soupira en souriant. Les habitudes ont la vie dure. Sans un mot, il s'installa en face d'elle et le regarda qui regardait dehors. La serveuse apporta les cafés, lança un regard appréciateur à Drago et fila sans demander son reste quand Hermione se râcla la gorge.

- Je vois que tu as toujours un effet dévastateur sur la gente féminine, se moqua-t-elle en haussant un sourcil.

- Pour ma défense, je n'encourage en rien ces attentions.

- Je sais.

- Vraiment ? Demanda-t-il, avant de lever les yeux au ciel. Luna.

- Luna, répéta Hermione en souriant.

Un silence, moins gênant que celui dans la rue, s'installa entre eux. Finalement, Drago décida de prendre les rênes de la conversation, sinon ils allaient rester là à se regarder dans le blanc des yeux comme deux adolescents coincés, et ce n'était pas prévu dans son agenda.

- Où sont-ils ?

- Chez Luna. C'est leur marraine.

- Neville était au courant ?

- Évidemment. Mais il sait tenir sa langue, contrairement à Ron et Harry.

- Pourquoi es-tu rentrée ? J'ai vu ta résidence, ce n'est pas un bâtiment de passage, donc je suppose que c'est définitif.

Il savait qu'Hermione n'avait croisé personne cette semaine, donc elle ne savait probablement pas que Luna avait vendu la mèche. Il voulait savoir si elle allait essayer de cacher cet état de fait ou si elle comptait s'en servir contre lui. Il voulait découvrir à quel point elle comptait le manipuler. Il n'avait absolument aucun doute sur sa paternité depuis qu'il avait vu les enfants. Oui, c'était salaud de réagir comme ça, mais il avait vu tellement de personnes trompées, dans chaque camp, que la confiance aveugle était quelque chose qu'il évitait. Seule Hermione semblait savoir comment défoncer les murs qu'il érigeait autour de lui, et ce d'un simple sourire ou soupir. C'était extrêmement agaçant d'ailleurs.

- Il était temps que tu rencontres tes enfants.

- Pourquoi maintenant ? Cela n'aurait-il pas été plus simple pour tout le monde de faire ça dès leur naissance, où quand ils étaient encore très jeunes ?

- Si, bien sûr, mais même pour eux, je ne serais jamais revenue la queue entre les jambes. Et certainement pas avec des enfants dans les bras.

- Pourquoi ?

- Allons, Drago. Tu m'insultes, je m'en vais, je te plante comme une merde devant tout nos amis, je découvre que je suis enceinte et je reviens implorer ton pardon ? Tu n'aurais plus eu aucun respect pour moi si j'avais agi de cette manière, répondit Hermione avec un regard dur.

- Parce que tu crois que j'ai du respect pour toi, là, maintenant, alors que tu m'as annoncé il y a une semaine que je suis père depuis presque 10 ans et que je n'en savais rien ? Pourtant que je sache, rien ne t'obligeait à me le dire, et j'aurais pu passer ma vie sans savoir que j'avais des enfants. Sans savoir que j'avais des héritiers, à qui reviendraient absolument toutes mes possessions.

- Tu n'as pas à me respecter. Je ne suis pas venue demander ta clémence. Par contre, j'ai besoin que tu t'entendes avec tes enfants.

- Pourquoi ?

- Parce qu'on ne sait jamais ce qui peut arriver.

- Je vois. Donc je m'entends avec eux, je les couche sur mon testament et hop, en cas d'accident, boum, toute la fortune des Malefoy est pour eux.

Pousser Hermione dans ses retranchements lui procurait à la fois un sentiment de triomphe et de honte. Il n'était pas fier de la provoquer ainsi, mais c'était tout ce qu'il pouvait faire pour garder un tant soit peu de distance entre eux. Seigneur, même après dix ans d'absence, il était toujours raide dingue d'elle. Et savoir qu'il la perdrait bientôt sans aucun espoir de retour ne l'aidait pas vraiment à avoir les idées claires.

- Ce que tu peux être con, vraiment, cracha-t-elle en se levant.

Elle enfila son manteau en lui lançant un regard mauvais. Drago se leva au moment où elle allait le gifler et lui attrapa le poignet. Conscient que la salle entière les regardait, il se pencha vers elle, lui bloquant toujours le bras.

- Je sais pourquoi tu es revenue, murmura-t-il en insistant bien sur le mot "sais", ne lui laissant aucun doute.

S'il s'attendait à un simple soupir désabusé de sa part, il en eut pour ses frais. Un masque d'effroi tomba sur le visage d'Hermione, dont les yeux se remplirent de larmes. Se dégageant, elle fit un pas en arrière, porta le main à sa bouche et détourna le regard, incapable d'affronter celui de Drago. Étouffant un sanglot, elle ramassa son sac et sortit de la brasserie sans un mot, sans un regard en arrière. Le silence retomba dans la salle et Drago prit une longue inspiration en regardant le plafond.

Bien. Les dés étaient jetés.

- Salaud, marmonna une jeune femme à la table d'à côté.

Drago la toisa et posa violemment la main sur sa table, renversant son thé.

- Quand on ne sait rien de la situation, on ferme sa gueule, asséna-t-il d'un ton glacial.

Il paya les consommations au bar et sortit à son tour de la brasserie.

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La vue brouillée par les larmes, Hermione ne savait pas vraiment où elle allait. Elle savait juste qu'elle devait s'éloigner de Drago. Elle devait protéger son cœur, ce cœur si fragile donc chaque battement résonnait dans es veines comme un compte à rebours. Chaque battement épuisait cet organe, de manière inéluctable. La magie ne pouvait rien faire, il lui fallait une transplantation. Hélas, elle se savait malade puis 6 ans, mais à ce jour aucun donneur compatible n'avait été trouvé. Elle avait vu des malades derrière elle sur la liste d'attente se faire opérer alors qu'elle attendait toujours le coup de fil qui lui sauverait la vie. Elle avait espérer que Lee pourrait lui parler d'une technique médicomagique inconnue en Australie, mais il lui avait rapidement enlevé tout espoir inutile.

Finalement, son instinct de survie reprit le dessus. Elle se gifla mentalement, se forçant à respirer de grandes goulées d'air pour refluer ses larmes. Non, ce n'était pas le moment de flancher. Elle se devait d'être forte. Pour Maddison et pour Carlisle. Il ne faisait aucun doute à ses yeux que Drago ferait un excellent père. Elle savait, du moins elle espérait, qu'il ne demandait que ça. Faire partie de leur vie, à eux, puisque la sienne allait être dramatiquement écourtée. Se rappelant ses dernières paroles, elle fronça les sourcils. Hermione savait qui avait vendu la mèche, puisqu'une seule personne était au courant avant son arrivée.


Luna regardait les enfants colorier avec application les dessins qu'elle leur avait donné quand le "bang" d'un transplanage attira son attention. Hermione se tenait droite comme un i dans le jardin, devant la fenêtre du salon. Luna enfila une veste chaude et la rejoignit, tandis que les enfants s'interrogeaient sur la présence de leur mère.

- Il se passe quoi ? Demanda Carlisle.

- Maman a l'air fâché contre Tante Luna, répondit Maddison.

Les jumeaux se regardèrent, haussèrent les épaules et replongèrent dans leur coloriage. Les histoires d'adultes, c'était toujours trop compliqué à suivre. Une vraie sitcom !

Luna et Hermione se firent la bise et allèrent s'asseoir sur le banc sous le vieux chêne qui veillait sur le quartier depuis des décennies.

- Je pensais te voir plus tôt, commença Luna.

- Je n'ai croisé personne avant aujourd'hui, avoua Hermione.

- Qui ?

- Drago.

- Oh. Je suis désolée, je croyais que tu avais abordé le sujet avec lui quand tu es allée le voir.

- Ne t'inquiète pas. Je comprends mieux maintenant le sens de ses questions.

- Laisse-moi deviner. Il a essayé de te manipuler pour te faire avouer la vraie raison de ton retour ? La taquina Luna.

- Quelque chose comme ça, avoua Hermione en grimaçant.

Les deux femmes se regardèrent et se mirent à rire doucement. C'est grâce à cette étrange complicité qu'Hermione avait pu tenir quand elle avait appris qu'elle était malade. Luna ne jugeait personne, n'imposait pas ses idées ou solutions et ne critiquait pas celles émises par Hermione. Bien sûr, elle lui avait dit qu'elle n'était pas d'accord avec ses choix mais elle avait accepté de l'aider avant même que la jeune femme ne le lui demande.

- Cela devrait faciliter les choses, non ?

- Je ne suis pas sûre. Je neveux pas qu'il prenne les enfants parce qu'il aura pitié de moi où d'eux, je veux qu'il les aime. Je sais que c'était une erreur de ne pas revenir, mais cette insulte... Murmura-t-elle en se prenant l'avant-bras gauche. C'est impossible, jamais je ne pourrais la pardonner.

- Je ne peux pas te dire que je comprends, car je n'ai pas eu à souffrir de telles remarques.

- Mais tu as été harcelée à Poudlard, parce que tu étais... Commença Hermione.

- Bizarre ? Stupide ? Tête en l'air ? Demande Luna. Loufoque ?

Ce dernier terme fit rougir Hermione. La première fois qu'elle avait présenté Luna à ses amis, sa langue avait rippé et elle avait donné le surnom moqueur que les élèves lui avaient attribué : Loudoca. Pourtant, Luna n'avait jamais apporté la moindre preuve qu'elle le savait ou même qu'elle en tenait compte.

- Je sais que je suis, selon vos critères, étrange. Mais justement, ce sont vos critères. Pas les miens. Je me trouve parfaitement normal. La normalité, c'est propre à chacun. Ce que tu considères comme normal ou évident ne le sera pas pour tout le monde, et l'inverse est juste aussi. Donc non, je ne peux pas te comprendre car je n'ai pas connu un tel degré d'insulte et d'humiliation. Honnêtement, je n'arrive même pas à l'imaginer. Mais je peux voir à ton visage, à ton regard, que cela t'a marqué, et cela me suffit pour savoir que tu en as souffert.

Hermione ravala un sanglot, se tapota les joues en essayant d'évacuer ses larmes l'air de rien, mais elle savait que Luna ne s'offusquerait pas de la voir pleurer. Elle se contenterait de la regarder avec toute la douceur du monde dans les yeux, sans jugement, sans qu'Hermione ne se sente honteuse ou stupide. Elle parvint néanmoins en calmer ses sanglots sans se transformer en chute d'eau, ce qui était une belle victoire.

- Et le déménagement ?

- Tout est terminé. L'appartement est entièrement meublé, décoré, habitable.

- Veux-tu récupérer les jumeaux ?

- Non, j'ai besoin d'une nuit seule pour avoir la force demain de leur avouer qu'on ne rentrera pas en Australie.

- Tu sais, je crois qu'ils s'en doutent un peu. Ils sont loin d'être stupides. En même temps, quand on connait leurs parents, il n'y a rien de surprenant à ça. Ce qui est étonnamment drôle, et légèrement cliché si tu veux mon avis, c'est de voir comment on vous retrouve dans chacun d'eux. Maddison tient clairement de son père. La rhétorique semble la fasciner et elle aime beaucoup manipuler les mots pour... eh bien, manipuler les gens. Elle terminerait à Serpentard que cela ne m'étonnerait pas. Carlisle est plus discret, mais si je ne lui en interdisais pas l'accès, je pense qu'il passerait ses journées dans notre bibliothèque. Il tient cela de toi. Mais il est courageux, comme tous les Gryffondors, et n'hésite pas à suivre Maddison dans ses aventures, même si certaines sont... Limites niveau sécurité.

Hermione la regarda avec des yeux de chouette, grand ouvert. Jamais elle n'avait vraiment fait attention aux caractères de ses enfants, pour elle c'était normal qu'ils agissent comme ils le faisaient normalement, mais en l'espace de quelques heures, Luna semblait avoir cerné la personnalité de chacun d'eux. Alors qu'elle y réfléchissait, la porte s'ouvrit et les deux enfants se ruèrent vers elles. Maddison grimpa directement sur les genoux de Luna tandis que Carlisle venait se blottir contre sa mère.

- Vous n'êtes plus fâchées ?

- On n'était pas fâchées, corrigea Luna.

- Maman avait l'air fâché en tout cas, insista Maddison, un sourcil relevé.

Hermione allait nier quand elle réalisa que c'était inutile.

- C'est vrai, j'étais fâchée. Ma matinée ne s'est pas déroulée comme je l'espérais. Du moins en partie.

- Mais ça va mieux ?

- Oui.

- Est-ce qu'on rentre bientôt à la maison ? Demanda Carlisle en jouant avec son balai miniature.

- C'est un peu loin, tu ne crois pas ? Demanda Hermione. On n'est pas restés très longtemps ici, et vous n'avez pas encore passé de temps avec votre père.

- Je voulais dire, à la maison d'ici ?

Hermione se figea, et lança un regard apeuré à Luna, qui haussa les épaules, aussi surprise qu'elle. Que les enfants se doutent de quelque chose, c'était une chose, mais qu'ils sachent, c'en était une autre.

- Comment ?

Les jumeaux se regardèrent furtivement, avant que Maddison ne sorte un parchemin de la poche de son sweat.

- Tom Jr a déposé ça hier pour toi, pendant que tu étais absente.

- C'est l'écriture d'Oncle Tibus, enchaîna Carlisle.

- On pensait pas à mal, on voulait juste savoir ce qu'il disait !

- En plus, l'enveloppe était quasiment pas fermée !

- On n'a juste jeté un œil, comme ça !

- Vite fait ! Vraiment, on n'a pas tout lu !

- Mais on a vu qu'il avait vendu la maison et envoyé toutes nos affaires... Termina Maddison.

Un silence pesant se posa sur le quator, les adultes ne sachant que dire aux enfants. Finalement, Maddison reprit la parole.

- Il dit aussi qu'il est désolé qu'aucun traitement n'ait fonctionné en Australie.

Carlisle leva les yeux vers sa mère, inquiet.

- Tu es malade, maman ?

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Drago se laissa choir comme une loque sur un des canapés anciens du salon rouge, tandis que Catterby ramassait manteau, veste et gilet qu'il avait enlevé et laisser choir ça et là. Il n'était pas aussi désinvolte d'habitude, mais depuis qu'Hermione était revenue, c'était comme si l'univers avait décidé de faire de sa vie un gigantesque manège à sensations. Il avait parfois l'impression d'être dans des montagnes russes, alternant entre joie intense de savoir la jeune femme rentrée et dépression écrasante de la savoir condamnée. Sans parler des gamins. Seigneur, il rêvait d'être père depuis le jour où il s'était avoué ses sentiments pour Hermione, il n'avait jamais imaginé une autre femme qu'elle comme mère de leurs enfants et maintenant qu'elle était là, avec leurs jumeaux de 10 ans, il se sentait floué. Il avait manqué tout ce qui faisait la magie de la petite enfance, il n'avait vu aucun premier pas, premier mot, première magie. Ils étaient bien ses enfants sur le papier et génétiquement parlant, il ne réfutait pas cela mais il ne se sentait pas père pour autant. Et s'il devait les récupérer quand Hermione... Par la barbe de Merlin, il n'arrivait même pas à imaginer son départ, il refusait même del 'évoquer. Mais toujours est-il qu'il n'avait que 6 mois pour construire des liens avec ses enfants.

Toute une vie avec ses parents ne lui avaient pas permis d'avoir de véritables liens. Quand il voyait comment Molly et Arthur se comportaient avec leur tribu, il avait plus d'une fois envié cette ambiance euphorique qui semblait les entourer. Il n'y avait aucune manipulation, aucun faux-semblant dans leurs échanges. Tout débordait d'amour, de joie, d'allégresse. Ce n'était pas un environnement familial qu'il avait connu, et il ne se sentait pas capable de créer un tel environnement pour ses enfants. Ouvrant les yeux, il fixa le plafond du salon rouge, à 5 mètres au dessus de lui. Se redressant d'un coup, il engloba la pièce du regard. D'un point de vue architecturale et décoration, il n'y avait pas une seule faute de mauvais goût dans cette pièce. Mais il n'y avait pas une seule goutte d'amour. C'était le genre de pièce que l'on retrouvait en photo dans Sorcière Magazine pour le concours du plus beau boudoir. C'était une pièce magnifique, mais pas une pièce vivante. Or, le Manoir entier était à l'image de cette pièce. Magnifique, mais figé. Il ne pouvait pas rencontrer ses enfants ici.

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Hermione était rentrée épuisée mais soulagée de chez Luna. Elle avait eu une longue conversation avec ses enfants, leur expliquant la situation en détail. Elle avait vu le déclic dans leur yeux quand ils avaient enfin compris qu'elle allait mourir et disparaître bientôt de leur vie. Maddison avait piqué une crise de colère qui avait retourné le salon, tandis que Carlisle s'était réfugié dans le jardin, prostré dans un coin, la végétation se fanant à mesure qu'il s'enfonçait dans son chagrin. Pendant que Luna réparait les dégâts dans la pièce, Hermione les avait pris dans ses bras et s'était excusé des centaines de fois de ne pas leur avoir dit plus tôt, de ne pas avoir trouvé de solutions, de les abandonner comme ça. Ils avaient finalement cessé de sangloter et, exténués par le chagrin, elle les avait couché dans la chambre d'ami de Luna, qui avait promis de veiller sur eux cette nuit. Hermione avait dû promettre que c'était la dernière nuit qu'ils ne passeraient pas dans la même maison, ce qu'elle pouvait comprendre. Elle même était fatiguée et avait besoin... Elle ne savait pas, en fait, mais elle avait besoin de quelque chose. De solitude, pour commencer. Et d'un bon verre d'alcool.

Ce dont elle n'avait pas besoin, en revanche, c'était d'un viking blond qui faisait les cents pas devant le portail de sa résidence. Elle hésita à transplaner directement dans son appartement, mais le quartier était moldu et bondé. Elle passa devant Drago sans un mot mais maintint ouvert le portail derrière lui, et il se faufila sans demander son reste. Il la suivit en silence, trop heureux qu'elle ne l'ait pas snobé et terrifié à l'idée de provoquer une nouvelle dispute. Il ne voulait pas élever la voix contre elle. Pas maintenant. Plus jamais.

Dans l'ascenseur qui les amenait au dernier étage, il l'observa discrètement. Elle avait le visage marqué, les yeux gonflés et l'air au bout du rouleau. Elle l'invita à le suivre d'un petit soupir qui le fit frissonner (fichue mémoire) et le fit entrer dans son nouvel appartement. Il s'agissait d'un appartement au dernier étage, qui faisait l'angle du bâtiment, avec une grande terrasse en L qui entourait toute la partie "jour" du logement. Le tout était meublé et décoré avec beaucoup de soin, dans des tons chaleureux et accueillants. Pendant qu'Hermione suspendait leurs manteaux, Drago ne se gêna pas pour faire le tour du propriétaire. Comme la jeune femme ne disait rien, le regardant faire, il se permit d'entrer dans les champs des enfants mais n'alla pas jusqu'à la sienne. Il mourrait pourtant d'envie de voir le lit dans lequel elle se reposait, dans lequel elle dormait, dans lequel elle se tortillait quand... Stop, non, il ne fallait pas penser à ce genre de choses. Sa vie intime ne le regardait plus.

- Maddison a un goût prononcé pour la cuisine, raconta alors Hermione alors qu'il se tenait devant la bibliothèque de la cambre de sa fille. Il s'avère qu'elle est aussi très intéressée par les potions, comme son père. Elle semble douée. Il lui faut moins de 3 tentatives pour parvenir à un résultat excellent.

- Elle a de qui tenir, acquiesça Drago.

- Non, elle est comme toi. Comme Severus. Elle m'a dit que les ingrédients lui parlaient, une fois. Rends-toi compte, elle a inventé une potion de repousse parce que je n'arrivait pas à garder mes fleurs vivantes, avoua Hermione.

Drago était impressionné, mais en y réfléchissant, si elle avait le talent de sa mère, ce n'était pas bien étonnant.

- Elle... Elle est douée sur un balai, mais elle n'aime pas trop le Quidditch. Ce qui lui plaît, c'est plutôt le freestyle. En Australie, un groupe de Sang-Mêlés a mis au point des skatebrooms, un mélange de balai et de skateboard. Elle adore ça ! Elle est vraiment très à l'aise, je ne sais pas comment elle fait. Je n'ai jamais aimer voler.

- Je sais, lui rappela Drago.

Il avait en mémoire des balades en balai avec leurs amis où Hermione, le nez blotti dans son dos, avait passé parfois des heures les yeux fermés, collé à lui comme une sangsue, terrifiée à l'idée de tomber. Elle devait penser à la même chose car elle rougit en souriant légèrement.

- Que peux-tu me dire d'autre sur elle ?

- Elle. Déteste. Les. Carottes, martela Hermione en le regardant droit dans les yeux.

C'était tellement inattendu que Drago éclata de rire. Lui même détestait ce légume et cela lui plu qu'un de ses enfants ait hérité de cela.

- Mais elle mange tout le reste. De ce côté là, j'ai de la chance, ils ne sont pas difficiles du tout. Carlisle lui, a les bananes en horreur, mais je crois que c'est tout. Cuisiner pour eux est un régal. Maddison a un cahier où...

Elle hésita, avant de s'avancer et de prendre un carnet à reliure en cuir qu'elle serra contre elle avant de le tendre à Drago.

- Elle l'a fait avec son frère. Je ne l'ai découvert qu'au moment de déménager.

Perplexe, Drago ouvrit le carnet et sentit son cœur manquer un battement. Sur la page de garde, on pouvait lire, rédigée de manière maladroite :

"Ce carnet est la propriété de Maddison et Carlisle Granger-Malefoy, enfants d'Hermione Granger et de Drago Malefoy"

Sur les pages qui suivaient, il y avait, mélangés, tous les articles parlant de lui ou d'Hermione, aussi bien pendant leur scolarité, que pendant la Guerre, et tout ce qui s'était passé après leur séparation. Il remarqua que pour chaque article sur lui, il y avait en face, un article sur leur mère, à peu près à la même époque.

- Comment ?

- Je... Je me tenais au courant de ta carrière, et je collectais les articles te concernant. Un jour, Maddison m'a demandé qui tu étais, et j'ai juste répondu "un vieil ami du lycée". Je ne pensais pas qu'elle irait vérifié, et encore moins qu'ils iraient récupéré tous ces articles.

- Donc ils savaient depuis tout ce temps ?

- Probablement. Je suppose que c'est la raison pour laquelle ils n'ont pas opposés tant de résistance quand je leur ai annoncé qu'on partait pour l'Angleterre.

Un silence suivit cet aveu, et Drago referma le carnet avec précaution, mais il ne le rangea pas sur l'étagère. Il vit Hermione ouvrir la bouche, prête à poser une question, mais s'abstint finalement de parler et lui fit signe de le suivre. La chambre de Carlisle était contiguë à celle de sa sœur. Partout trônaient des statuettes de créatures. Des statuettes moldues, à en juger par leur immobilité. Mais il y avait dragons, centaures, licornes sur toutes les étagères, ainsi que des posters de Quidditch jusqu'au plafond.

- Wouah. Il a dû être ravi de rencontrer Luna.

- Oui, avoua Hermione, il n'en revenait pas. Il a aussi adoré discuter avec Harry des matchs de Quidditch, mais je crois qu'il a hâte d'échanger sur le sujet avec son père. Il aime donc les créatures en tout genre, le sport en général, même si le Quidditch a ses faveurs, et lire. Sa bibliothèque est... presque aussi impressionnante que la mienne.

C'était le moins qu'on puisse dire. La bibliothèque recouvrait tout un pan de mur de la chambre et montait jusqu'au plafond. Une échelle sur guide permettait d'aller chercher le moindre manuscrit et tout était parfaitement rangé. Par thème, puis par auteur, puis par titre. Il lança un regard narquois à Hermione qui lui fit une grimace, et l'espace d'un instant, il se retrouva projeté dans le passé, 10 ans plus tôt, quand il se moquait d'elle à chaque fois qu'elle réarrangeait sa bibliothèque pour y caser sa nouvelle acquisition.

- Il n'est pas très bavard, mais il écoute beaucoup et retient très bien ce qu'il entends. Il a le sens du détail aussi, et note généralement ce qui passe inaperçue aux yeux ou aux oreilles des gens.

- Il ferait un bon Auror alors.

- Probablement. Mais je ne crois pas que cela le tente. Enfin, il n'a que 10 ans, à cet âge là, on ne sait pas ce que l'avenir nous réserve.

Un silence glacial tomba dans la chambre lorsqu'Hermione termina sa phrase. Drago s'était figé, tout comme elle. La main sur la bouche, elle se détourna et se rendit dans le salon, suivit de Drago. Il finit par la rattraper et l'obligea à le regarder. Hermione chercha à se dégager, mais il la retint par les poignets et finit par la prendre dans ses bras, la berçant doucement tandis qu'elle inondait son pull de ses larmes trop longtemps contenues. Alors qu'il lui caressait les cheveux, il savoura discrètement le doux parfum de pêche qui en émanait. Les mains crispées dans son dos, elle hoquetait de temps à temps et finit par se calmer. Elle le repoussa alors doucement, et il se laissa faire, même s'il mourrait d'envie de la garder dans ses bras.

- Je suis désolée.

- Pas de problème.

Les bras croisés, Hermione évita son regard. Elle s'en voulait tellement de s'être laissée de la sorte. Drago, se sentant soudain de trop, allait finalement partir quand elle le retint d'une simple phrase.

- Tu veux boire un verre avec moi ?

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Tandis que la jeune femme préparait de quoi accompagner l'apéro, Drago examinait la décoration. Elle était fait avec beaucoup de goût, un peu hétéroclite. Il y avait aussi bien des meubles anciens en bois sculptés que des bibelots d'art nouveau ou des peintures abstraites. Le mélange détonnant était pourtant à l'image d'Hermione. Ni moldue, ni sans-pur, mais quelque part entre les deux. Sur un pan de mur, au dessus du buffet de l'entrée, il aperçut un pêle-mêle de photos et réalisa alors qu'il s'agissait de photos de famille. Certaines étaient des photos moldues, immobiles, ayant capturé un éclat de rire, une grimace ou simplement un instant de béatitude. D'autres étaient des photos sorcières, car les personnages bougeaient. Une photo retint l'attention de Drago. Celle où Hermione, assise tranquillement dans le salon, était soudain "attaquée" par ses enfants qui la couvraient de baisers. Une petite légende en-dessous indiquait "Anniversaire de Maman". Il y avait tellement d'amour dans cette photo qu'il se retint de la subtiliser pour la ramener chez lui.

- C'était i ans.

Drago sursauta malgré lui. Les mains dans le dos, Hermione laissait son regard dériver sur le pêle-mêle, comme il l'avait fait quelque minutes plus tôt. Un sourire apaisé étirait ses lèvres.

- Je l'ai commencé quand j'ai appris que j'étais malade. Pas à prendre des photos, ça je l'ai fait dès leur naissance. Mais ce pêle-mêle. Je voudrais qu'ils le gardent quand je ne serais plus là. Qu'ils se rappellent tous les bons moments pour oublier les mauvais. Il n'est jamais bon de se complaire dans la tristesse et le désespoir.

- Qui prenait ses photos ?

- Tibus, un collègue de bureau. Mon supérieur hiérarchique à l'heure actuelle, rajouta Hermione en voyant Drago tiquer. L'apéro est servi.

Drago la suivit dans le salon et la regarda s'installer dans un fauteuil tandis qu'il prenait place à l'opposé. Entre eux, la table, et une distance qui ne semblait pas vouloir rétrécir. Il réalisa alors qu'Hermione érigeait, inconsciemment ou pas, des barrières autour d'elle. Il soupira. Il était probablement la cause de cette attitude.

- Un problème ? Tu n'arrêtes pas de soupirer.

- Non, rien. Parle-moi de la vie en Australie. J'y suis allé plusieurs fois pour ouvrir des magasins, mais je n'y ai jamais fait de tourisme.

- C'était très beau, j'aimais beaucoup. Nous vivions au bord de la plage et les enfants allaient à l'école primaire. Je leur avais donné des petites amulettes qui masquaient leurs pouvoirs, mais ils pouvaient s'en servir librement à la maison, donc aucun risque que l'un d'entre eux ne devienne un obscurus, précisa-t-elle face au froncement de sourcils de Drago.

- Et... Comment dire...

Drago se frotta la nuque, un peu gêné par la question qu'il souhaitait poser.

- Il n'y a eu personne, répondit Hermione.

- Impossible !

- Je te demande pardon ? Se crispa la jeune femme. Tu crois que je mens ?

- Non, je veux dire... Enfin... C'est impossible que tu n'aies pas eu d'amant parce qu'il faudrait être aveugle pour ne pas vouloir te séduire, avoua Drago en regardant ses pieds, conscient de dévoiler ses sentiments les plus profonds.

- Oh.

Un silence suivit cette onomatopée, et Drago ne savait plus ou se mettre.

- J'ai eu des propositions. Je ne vais pas te le cacher. Et j'ai eu quelques rencards. Mais aucun n'a jamais abouti.

- Pourquoi ?

- Je portais tes enfants, et je n'avais pas vraiment la tête à entamer une relation. Et puis de toute façon, je n'en avais pas envie.

- Pourquoi ? Répéta Drago en la regardant dans les yeux. Pour autant que je me rappelle, tu n'étais pas particulièrement prude ou coincée, excuse-moi de le dire tel quel, mais le sexe avait une part plutôt importante dans notre relation. Tu étais... friande de corps à corps, pour le dire joliment.

Hermione pouffa malgré elle, se rappelant qu'en effet, ils étaient très souvent collés l'un à l'autre. Un des aléas de la passion.

- Je veux dire, ça ne t'a pas manqué ?

- Et toi ? Je sais que tu as vécu comme un moine pendant presque 10 ans.

- Enfin tu sais, les hommes... On se débrouille... Marmonna Drago en rougissant.

- Oui, et bien les femmes aussi, on est très douées pour se débrouiller, plaisanta Hermione. La masturbation, ça nous connaît après tout, les moldues ont crées des jouets sexuels très sympathiques.

Hermione éclata de rire lorsque Drago manqua de s'étouffer avec la gorgée de bière qu'il avala de travers. Il mit quelque minutes à se reprendre avant de lui lancer un regard blasé.

- Sérieusement ?

- J'en ai toute une collection, tu veux voir ?

- Non, merci, je te crois sur parole, répondit rapidement Drago.

Après ce petit moment gênant, plus pour Drago que pour Hermione, ils parlèrent de tout et de rien, rattrapant le temps perdu. Quand le soleil se coucha, Hermione l'invita à rester dîner. Elle ne le dit pas à voix haute mais il comprit rapidement qu'elle ne voulait pas rester seule, aussi accepta-t-il avec plaisir. Lui non pus n'était pas pressé de retrouver la solitude et le silence de son Manoir. Son seul regret était que les enfants soient chez Luna, il aurait aimé les "rencontrer" enfin, en direct, échanger avec eux, se confronter à leurs personnalités pour s'en faire une idée.

Ils dînèrent devant un programme stupide à la télé en se régalant de deux pizzas extra-large, dont plus de la moitié termina en barquette dans le congélateur. C'était une émission de télé-réalité ou les participants devaient franchir tout un parcours d'obstacles sans tomber à l'eau et c'était vraiment à mourir de rire. Lorsque l'émission se termine, il était plus de 23h. Pourtant, Drago savait qu'il serait chez lui en moins d'une minute, grâce au transplanage. Mais il n'avait pas envie de partir. Alors qu'Hermione lui tendait son écharpe, il croisa son regard noisette, légèrement embué. D'une main hésitante, il lui caressa la joue, et elle ferma brièvement les yeux en soupirant d'aise. Drago déglutit avec difficulté, et posa son front contre le sien, tremblant.

- Un seul mot, Hermione, et je reste.

Elle le regarda droit dans les yeux, silencieuse pendant une minute. Puis elle se hissa sur la pointe des pieds et murmura sa réponse, à quelques millimètres de ses lèvres.

- Oui.

Dans la seconde, elle se retrouva écrasée par l'étreinte de Drago, ses lèvres sur les siennes, sa langue la titillant, la provoquant. Elle lui rendit son baiser sans la moindre hésitation, le débarrassant du manteau qu'il venait de mettre et glissant ses mains sous le pull et la chemise de son ancien amant. Un gémissement lui échappa lorsqu'il passa le pouce sur ses seins avant de l'empoigner par les hanches pour la plaquer contre lui. Elle ne pouvait ignorer son excitation et de toute façon, elle n'en avait pas envie. Seigneur, elle rêvait de lui et de leurs ébats amoureux depuis 10 ans, elle n'allait certainement pas le repousser maintenant.

Elle eut néanmoins du mal à se dégager de ses bras et il crût un instant qu'elle le rejetait avant qu'elle ne lui prenne la main.

- Tu n'as toujours pas vu ma chambre, il me semble.

L'invitation était tellement évident qu'il ne put retenir un éclat de rire, avant de la suivre avec toute la bonne volonté du monde. ils se déshabillèrent mutuellement, se prodiguant caresses et massages sensuels, profitant un maximum du temps qui leur était imparti. La nuit allait être longue et épuisante, mais ô combien savoureuse...

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Lorsque Drago se réveilla, aux aurores comme d'habitude, il ne reconnut d'abord pas la pièce dans laquelle il était. Il paniqua deux secondes, le temps d'apercevoir une masse de cheveux bouclés sur l'oreiller voisin. Aussitôt, il se calma et roula sur le côté pour la contempler. Hermione dormait encore, et sur son visage parfaitement apaisé, il retrouvait la femme qu'il avait aimé dix ans plus tôt. Celle qui lui faisait face avait gagné en maturité, et seules quelques rides aux coins des yeux trahissaient le fait qu'elle n'avait plus la vingtaine, mais sinon, elle était toujours aussi ensorcelante. Ils avaient passé une nuit exceptionnelle, à se redécouvrir, à rire, à s'aimer. Leur première étreinte n'avait pas été un grand succès d'ailleurs, trop excité pour se contenir elle comme lui. Ils en avaient ri, avant de reprendre avec plus de patience, et encore plus de plaisir.

Il lui caressait les cheveux qu'elle émergea de son sommeil. Lorsque son regard se posa sur lui, il la sentit plus qu'il ne la vit se crisper, avant de se détendre à son tour.

- J'ai crû que c'était un rêve, marmonna-t-elle avant de se blottir contre lui. Cela dit, je ne pense pas que cette nuit ait été une de mes meilleures idées.

- Est-ce que tu regrettes ? Demanda Drago, inquiet.

- Non, car c'était juste... waouh. Mais je m'en veux un peu, j'ai l'impression de te donner de l'espoir alors que dans 6 mois je vais t'abandonner, toi et les enfants. J'ai été égoïste, je n'aurais pas dû.

Se dégageant brusquement, elle se leva, se moquant de sa nudité, et enfila un peignoir avec des gestes nerveux.

- Ce n'est pas de moi que tu dois t'enticher, mais de tes enfants.

- L'un n'empêche pas l'autre, argua Drago en se redressant, inquiet.

- Mais c'est irresponsable. Maddison et Carlisle vont avoir besoin d'un pilier quand je serais morte, et je ne peux pas me permettre que tu sois toi aussi une loque à mon décès. Il ne faut pas que tu t'attaches à moi.

- C'est trop tard, et tu le sais très bien.

- Alors déteste-moi à nouveau ! S'exclama Hermione. Comme lorsque je t'ai abandonné, il y a 10 ans.

Drago sortit à son tour du lit, enfila son boxer et alla se plante devant la jeune femme, qui croisa les bras sur sa poitrine comme pour se protéger. Il lui caressa la joue et lui sourit avec tendresse.

- Hermione, jamais au cours de ces 10 ans, ne serait-ce qu'une seconde, je ne t'ai détestée.

- Tu ferais bien de t'y mettre, murmura Hermione avant de quitter la chambre.

Drago la regarda partir en soupirant. Elle avait raison. Elle était venue pour lui présenter leurs enfants, pas pour renouer avec lui. Il regarda sa main, sur laquelle il sentait toujours la chaleur de la jeune femme. Le plus dur n'allait pas être de s'entendre avec les jumeaux, il n'avait pas d'inquiétude là-dessus. Non, le plus difficile allait être de convaincre Hermione de lui faire confiance et de profiter un maximum de la vie, compte tenu du peu de temps qu'il lui restait.


Voilà, fin du chapitre 2, j'essaie de faire des chapitres assez longs.

Drago et Hermione ayant déjà eu une relation ensemble et ayant maintenant la trentaine passée, je n'allais pas en faire des tourtereaux timides et coincés, faut pas pousser. Chacun savait ce qu'ils voulaient, et à cet instant précis, c'était l'autre, donc voilà ! Mais comme toujours, Hermione étant qui elle est, elle fait passé l'intérêt du plus grand (ici les enfants) avant le sien...

Alors, que pensez-vous de cette suite ? Est-ce que cela vous plait toujours ?

En ces périodes de confinement, je vais essayer de publier un peu plus vite, mais j'ai malgré tout des journées chargées car j'en profite pour faire tout ce que je ne peux pas faire en temps "normal", mais vraiment, je vais essayer :) N'hésitez pas à me laisser un avis, une correction, une critique, etc...

Prenez soin de vous et de vos proches !

#RestezChezVousSVP

Cordialement,

Laure, aka LilWritingBadger