2 août 1995
Un vent chaud d'été soufflait à travers la longue crinière blonde de Cassiopeia Malefoy. La jeune sorcière était assise sur une vieille balançoire rouillée dans ce parc de Moldus, se balançant d'un air distrait. Elle était pieds nus. L'adolescente avait abandonné ses ballerines un peu plus loin devant, quelque pars dans la pelouse desséchée par le manque de pluie qui venait avec la période de canicule dont le pays souffrait en ce moment.
Le soleil qui brillait haut dans ce ciel de juillet lui aurait obstrué la vue en temps normal, mais heureusement, elle et son ami avaient fait l'acquisition de lunettes fumée un peu plus tôt cette après-midi. Leur verres jaune citron s'agençaient parfaitement avec la robe d'été blanche que la sorcière portait en-dessous de son sweat-shirt rouge. Elle avait l'air d'une adolescente des plus ordinaire et non de la fille de Lucius et Narcissa Malefoy.
Elle se tourna vers son ami, un garçon plutôt mince, assez grand, aux cheveux bruns toujours en bataille qui portait des lunettes rondes et avait, sous sa tignasse, une cicatrice en forme d'éclair que n'importe quel sorcier connaissait.
Cassiopeia Malefoy et Harry Potter s'étaient rencontré pendant le Tournois des Trois Sorciers. La sorcière avait étudié à Durmstrang jusqu'à la fin de l'année dernière où ses parents avaient décidé que leur fille poursuivrait ses études à Poudlard, comme son frère. L'arrivée de la sorcière à école avait provoqué un tollé. Tout le monde voulait rencontrer la fameuse Cassiopeia Malefoy. Selon une certaine rumeur, il y avait une prophétie la concernant qui la décrivait comme étant la plus puissante sorcière que le monde ait porté. Bien que Drago se soit appliqué à démentir cette rumeur, elle s'était répandu comme une traînée de poudre et la majorité des élèves attendait avec impatience de suivre des cours avec elle. Certains désiraient se comparer à elle, pour savoir s'ils étaient meilleurs.
Du fait de leur notoriété équivalente, les deux sorciers s'étaient tout de suite bien entendus et étaient rapidement devenus de proches amis. C'était Viktor Krum qui les avait d'abord présentés pendant le bal d'hiver du tournois. Cassiopeia et lui entretenaient déjà une relation amicale. Elle était donc devenue ami avec le trio qui lui avait ensuite présenté d'autres élèves de Poudlard dont Neville Londubat avec qui Cassiopeia sortait désormais.
Cassiopeia regarda devant elle. Les quelques enfants Moldus qui jouaient ensembles devant elle venaient de se faire interrompre par ce qui semblait être leur mère. Ces derniers quittèrent le module de jeux dans lequel ils s'amusaient pour la suivre. La sorcière se tourna vers Harry.
-Je ne pense pas que j'avais déjà vu des enfants Moldus avant.
Le sorcier la dévisagea, amusé et légèrement surpris. Devant son air éberlué, la sorcière se défendit:
-Quoi? Je te rappelle que mes parents croient fermement au principe de la suprématie des sorciers de Sang-Pur. Penses-tu qu'ils nous ont déjà amenés, Drago et moi, dans un petit parc Moldu pour que nous puissions... admirer la différence?
-J'oubliais que tu étais la sœur de Malefoy, Cassie. Et en passant, les enfants Moldus sont comme les enfants sorciers, sauf qu'ils n'ont pas de pouvoirs magiques.
-Ah bon? Mes parents me les décrivaient différemment, dit Cassie en prenant un air pensif. Il faut dire qu'ils ne sont pas très fiables.
Harry se mit à rire, imaginant Lucius et Narcissa Malefoy dans un parc Moldu en train de fraterniser avec des gens comme son oncle, mais son rire fut rapidement interrompu par le picotement douloureux de sa cicatrice. Il toucha instinctivement le motif d'éclair imprimé dans sa peau.
-Est-ce que ça va? demanda Cassiopeia. C'est encore ta cicatrice qui te fait mal?
-Oui. Avant, ça me faisait ça pour m'indiquer que Voldemort reprenait peu à peu des forces. Maintenant, il est revenu, aussi puissant qu'avant et je... je...
-Personne ne le prend au sérieux. Tout le monde pense que tu mens et que Tu-Sais-Qui n'a pas tué Cédric dans le cimetière cette nuit-là, acheva la sorcière en regardant le tourniquet bouger imperceptiblement sous l'influence du vent.
Harry hocha la tête et ajouta:
-C'est surtout que je ne peux rien faire pour alerter les autres sorciers. Sirius me répète sans cesse de rester tranquille et d'être patient. C'est ce que j'ai fait et voilà: CÉDRIC EST MORT!
La sorcière demeura silencieuse. Elle ne savait pas quoi dire à son ami. Aucun mot ne pouvait vraiment l'apaiser. L'adolescente souffrait des mêmes inquiétudes que lui, sinon plus. Contrairement à Cassiopeia, Harry ne risquait pas d'interrompre de sympathiques rencontres entre Mangemorts qui avaient lieux dans son salon ou encore de croiser directement le visage reptilien de Celui-Dont-Il-Ne-Faut-Pas-Prononcer-Le-Nom.
Elle n'avait pas encore vu de ses propres yeux le mage noir pour l'instant. En revanche, la jeune fille savait que Harry disait vrai. Après la fin du tournoi, l'attitude de ses parents, en particulier son père, avaient changé. Ils semblaient nerveux, énervés, effrayés, comme si une menace planait sur eux. De plus, le motif que Cassiopeia avait d'imprimé dans la peau de son bras gauche était devenu de plus en plus sombre durant les mois qui avait précédé la mort de Cédric, jusqu'à devenir noire et à la brûler pendant cette ultime épreuve qu'avait constituée le labyrinthe.
Harry reprit d'un ton normal:
-C'est surtout que je n'ai pas eu de nouvelles de Ron et Hermione depuis le début des vacances.
-Ils ont sûrement peur. Avec le retour de Tu-Sais-Qui, beaucoup de gens, du moins, ceux qui n'écoute pas le ministère, limitent leur activités et le nombre de hiboux qu'ils envoient, répondit maladroitement Cassiopeia.
-Peut-être.
Elle ne croyait pas elle-même à ce qu'elle venait de dire. Par contre, c'était la seule qui lui avait traversé l'esprit. Il faut dire qu'il n'y avait pas grands choses à répondre à Harry après ce qu'il avait vécu. Le sorcier avait assisté à la renaissance de Celui-Dont-Il-Ne-Faut-Pas-Prononcer-Le-Nom qui l'avait par la suite sans doute torturé, sans mentionner le meurtre du jeune Cédric Diggory.
Après plusieurs minutes silences pendant lesquelles les deux amis ne s'adressèrent pas la parole, ou était-ce plusieurs heures? Cassiopeia n'aurait su le dire. En revanche, la couleur chaude du ciel qui se couchait l'incitait à pencher pour la seconde option. Voyant l'heure, visiblement tardive, la sorcière se leva. Elle devait retourner chez elle au plus vite.
Depuis le début de l'été, elle avait pris l'habitude de sortir tôt dans la journée puis de ne revenir que très tard. Elle trainait dans les boutiques du Chemin de Traverse. Elle avait surtout rendu visite à Neville plus souvent qu'autrement. Les deux adolescents ne s'étaient jamais risqués à se montrer de façon très publique. Cassiopeia avait eu peur que ses parents ne l'apprennent, ce qui était d'ailleurs finalement arrivé. Son frère et son méprisable ami, Goyle, l'avait surprise en train d'embrasser le sorcier. Drago s'était ensuite empressé d'aller tout raconter à leur père. Depuis, Cassiopeia devait être rentrée au manoir pour huit heure. Elle devait donc rentrer au plus vite.
Harry la suivit d'un bond.
-Où vas-tu?
-Je suis supposé rentrer chez moi pour huit heure, expliqua la sorcière. Sinon, mon père m'empêchera de sortir pour le restant des vacances.
-Je te raccompagnes?
Cassiopeia hocha vaguement les épaules.
-Je vais utiliser un Portoloin, mais on peut encore marcher un peu ensemble.
Les deux jeunes gens avancèrent quelques instants avant de s'arrêter. La lueur brumeuse des réverbères qui éclairaient la rue leur avait permise de distinguer un petit groupe d'adolescents qui marchait devant eux. Chacun poussait son propre vélo de course au prix faramineux. L'un des garçons hurlait les paroles d'une chanson au texte vulgaire. Harry les reconnut immédiatement.
-C'est mon cousin et ses amis, dit le sorcier, assez fort pour que le principal intéressé l'entende et s'arrête.
Le cliquetis discret des vélos s'arrêta en même temps que lui. L'adolescent au corps plus que massif se tourna vers Harry. Reconnaissant à son tour son cousin, il avança d'un pas menaçant vers ce dernier. Ses amis l'imitèrent.
Cassiopeia regarda le petit gang marcher vers eux avec amusement. Ils n'étaient que des Moldus. Même à quatre, il ne pourrait rien contre elle et Harry. Ils n'étaient vraiment pas de taille. La sorcière avait sa baguette dans sa poche et si son ami n'avait pas pensé à la sienne, ce ne serait pas grave. Elle se défendait très bien seule.
Le plus costaud des quartes s'avança.
-C'est ta petite copine? demanda le garçon en regardant Cassiopeia.
Un grand blond se détacha du groupe et s'adressa à elle d'un ton faussement enjôleur.
-Tu devrais arrêter de traîner avec quelqu'un comme lui et venir avec nous. Hein? Dudley? C'est un délinquant.
Le dénommé Dudley hocha la tête. Il ne prêtait pas vraiment attention à ce que son ami racontait. Il avait les yeux rivés sur Harry. Cassiopeia comprit qu'il regardait la baguette de ce dernier. Il avait peur. Elle le voyait dans son regard et le lisait dans ses pensés. Il craignait la magie. Voilà un point sur lequel son père avait raison au sujet des Moldus.
-C'est lui ton cousin? demanda Cassiopeia d'un ton innocent. Elle savait parfaitement que c'était le cas, il n'aurait pas su pour la baguette autrement. Tu ne nous présentes pas?
Harry sourit légèrement et procéda au présentation.
-Cassie, je te présente Dudley Dursley. Dudley, je te présente Cassiopeia Malefoy.
L'adolescente lui tendit sa main qu'il s'empressa de serrer.
-Hé! Big D, dit un petit brunet qui se cachait derrière la silhouette massive de Dudley.
Dudley se retourna vers lui.
-Qu'est-ce tu veux, Piers?
-Euh... C'est juste pour te dire que je suis supposé rentrer. Ma mère aime pas que je traine quand il fait noir.
Les deux autres garçons les quittèrent à quelques minutes d'intervalle, prétextant la même excuse ridicule. Parce qu'il fait noir. Cassiopeia n'avait entendu quelque chose d'aussi débile et ses parents lui en avait servi des stupidités. Récemment, ils avaient statué qu'elle avait de mauvaises fréquentation. Selon eux, elle devait prendre exemple sur son frère qui traînait avec des fils de Mangemorts et de la véritable racaille comme Pansy Parkinson avec qui il sortait et qui avait bien sûr, séduite leur parents. Ils avaient craché sur Neville qui était lui aussi, un Sang-Pur. S'ils la voyaient en ce moment, parler avec un Moldu et Harry Potter.
Harry attendit que la petite bande soit partie pour se remettre à parler.
-Depuis quand tu te fait appeler Big D?
-Ferme-la, grogna son cousin.
-C'est cool comme nom, assura Harry. Mais...
Cassiopeia vu où il se dirigeait. Elle ne croyait pas son ami capable d'être si méchant envers quelqu'un d'autre. Il devait vraiment détester son cousin.
-Mais? demanda la sorcière.
-Tu resteras toujours « Duddlynouchet adoré » pour moi.
L'adolescente ne put s'empêcher de sourire à pleine dent en entendant cela. Dudley recula, le visage cramoisi de honte.
-Je t'ai dit DE LA FERMER! hurla le Moldu, ses immenses points fermés par la colère.
Il devait faire preuve d'un effort monumental pour ne pas frapper son cousin qui l'humiliait devant Cassiopeia dont la beauté gênait déjà le pauvre garçon.
-Alors, Dudley, toi et tes amis avez cassé la figure de quel môme de dix ans, ce soir? Je sais que vous avez battu notre voisin, Mark Evans, il y a deux jours.
-Il le méritait, dit Dudley.
-Vraiment?
-Il était insolent, gronda l'adolescent. Un peu comme toi et ton amie.
Cassiopeia lui lança un regard interrogatif, choquée par l'audace du Moldu.
-Tu nous menaces? demanda la sorcière. Tu penses que tu es de taille?
Le jeune homme dominait Harry de plusieurs pouces et Cassiopeia, d'une bonne tête. Par contre, il n'avait pas de baguette, lui. Il fit d'ailleurs preuve d'intelligence et ne répliqua rien à la sorcière et les trois jeunes gens avancèrent dans une étroite allé. Harry affichait une petite mine suffisante qui agaçait son cousin et aiguisait sa frustration.
-Tu te prends pour quelqu'un quand tu as ce machin sur toi, pas vrai? dit Dudley.
-Quel machin? demanda Harry avec le sourire.
-Ceci?
Le visage de Dudley perdit ses couleurs en voyant Cassiopeia sortir sa propre baguette. En voyant la dégaine de la jeune fille, il avait sûrement pensé qu'elle n'était pas une sorcière et voilà qu'elle lui offrait la vérité. Harry avait également sortit sa baguette.
-Vous n'avez pas le droit, dit immédiatement Dudley. Je sais que vous ne pouvez pas vous en servir. Vous seriez expulsé de votre école de cinglés!
La sorcière prit un air offusqué.
-Notre école de cinglés?!
Harry lui fit signe de laisser tomber avant de s'adresser de nouveau à son cousin.
-Peut-être qu'ils ont changé le règlement? Tu en sais quoi, Big D?
-Ils n'ont rien changé du tout, assura Dudley, bien qu'il ne semblait pas tout à fait certain lui-même.
Cassiopeia rit silencieusement.
-Vous n'oseriez pas.
-N'en soit pas si sûr.
-Harry, lorsque mon père apprendra que tu as sorti ce truc-là...
-Tu vas te réfugier chez ton papa, Big D? Tu as peur de la baguette du méchant Harry.
-Tu devrais avoir peur de celle de Cassie. Pour sûr, dit la sorcière.
Dudley arrêta de marcher.
-Tu fais moins le fier la nuit, lança le garçon, railleur.
-Mais on est la nuit, dit Harry en désignant le ciel où une poignées d'étoiles avaient commencé à briller. C'est comme ça que ça s'appelle quand il fait tout noir.
-Je veux dire quand tu dors.
La sorcière remarqua que son cousin avait adopté une expression étrangement triomphante. En revanche, elle ne voyait pas où il voulait en venir avec tout ceci.
-De quoi veux-tu que j'ai peur la nuit? De mes oreillers, dit Harry, déconcerté.
-Je t'ai entendu pleurnicher la nuit dernière, lui apprit son cousin. Tu parlais dans ton sommeil, en pleurant.
Cassiopeia jeta un coup d'œil à Harry et à son air décomposé, elle comprit que ce qu'il racontait était vrai.
Dudley se mit à rire méchamment, conscient qu'il venait de frapper là où cela faisait mal. Il se mit à gémir d'une petite voix aiguë et pitoyable:
-Ne tuez pas Cédric! Ne tuez pas Cédric! Non, mais c'est qui Cédric? Ton petit ami?
-Je... Tu mens, répliqua Harry.
Le Moldu reprit avec la même voix:
-Papa! Au secours, papa! Il va me tuer! Bou hou hou! Qui c'est Voldemort?
En entendant le nom de Celui-Dont-Il-Ne-Faut-Pas-Prononcer-Le-Nom, Cassiopeia sentit son sang se glacer dans ses veines. Pour qui se prenait cet idiot? Elle pointa sa baguette sur lui.
-Tu oses prononcer ce nom? dit la sorcière à mi-voix, choquée.
Harry la prit par le poignet.
-Cassie, tu n'as pas le droit! Il ne sait pas ce qu'il dit.
La sorcière ne lui adressa pas un seul regard. Elle avait l'intention de donner une leçon à ce parfait imbécile qui traitait les sorciers de cinglés et parlait de Celui-Dont-Il-Ne-Faut-Pas-Prononcer-Le-Nom comme si de rien n'était.
-Laisse-moi faire, Harry. Et je te jure que tu sera débarrassé de sa misérable petite carcasse. Il ne pourra plus jamais parler de cela, de Tu-Sais-Qui, de...de... À vrai dire, je ne crois pas qu'il pourra parler de quoi que ce soit lorsque j'en aurai terminé.
-Cassie...
-Je t'ai dit que...
-Cassie, arrête...
-Harry!
-ARRÊTE!
Dudley laissa échappe un petit cri étrange, comme un frisson, comme si soudainement, il avait été plongé dans un lac glacial.
-Qu'est-ce que tu as fait? demanda Harry, affolé.
La sorcière baissa sa baguette.
-Je n'ai rien fait ce... ce n'était pas moi.
Elle jeta un bref coup d'œil autour d'elle. Cependant, elle ne vit rien qui pouvait expliquer ce qui venait tout juste de se passer. Il lui semblait que la température venait de chuter.
Le froid s'intensifia brusquement. La douce température de cette soirée d'été venait de se volatiliser pour laisser place à cette ambiance de glace. Cassiopeia se mit à trembler, frigorifiée.
-Harry? demanda la sorcière, espérant que son ami en savait plus qu'elle.
Elle le chercha des yeux pour se rendre compte qu'elle ne voyait plus rien. D'un coup, ils avaient été plongé dans l'obscurité la plus totale.
-Il faut que j'écoute, dit Harry. Je... je... On les entends avant de les voir.
Cassiopeia sentit son cœur sombrer dans sa poitrine. Elle venait de comprendre ce qui passait, du moins, elle pensait savoir et espérait vraiment avoir tort. C'était impossible.
De longs soupires rauques, tels des râles, confirmèrent ses pensées à sa plus grande horreur.
-Lumos!
Elle devait les voir pour les combattre.
Elle discerna d'abord le visage effrayé de Harry puis fit volte-face. Un sentiment de nausée profonde l'envahit. Quatre silhouettes encapuchonnées volaient vers eux. Cassiopeia se tourna nerveusement vers Harry qui lui répondit par un regard de pure terreur qui devait ressembler au sien.
-Spero patronum! dit Harry.
-Spero patronum! dit Cassiopeia.
Un léger filet de vapeur argenté s'échappa de sa baguette et fit ralentir les créatures sinistres. Seulement, le sortilège fut inefficace. Elle voulut lancer le sort à nouveau pour tenter de produire son fameux loup qu'elle avait déjà produit à maintes reprises dans le passé mais elle n'en eu jamais le temps. L'un des Détraqueurs la saisit à la gorge. Cassiopeia sentit ses longs doigts glacés se refermer autour de son cou. Les dernières traces de bonheur l'abandonnèrent et elle sentit le vent froid de la mort se lever sur elle.
Cependant, la fin n'était pas encore venue pour elle. Subitement, elle sentit la poigne mortelle de la créature se relâcher. Elle rouvrit les yeux pour voir un cerf aux allures majestueuses vagabonder autour d'eux, chassant les Détraqueurs qui s'enfuirent comme des chauves-souris, vaincus.
Cassiopeia reprit peu à peu ses esprits. Elle regarda autour d'elle. Harry semblait être dans le même état qu'elle, sonné.
-Harry Potter, tu viens de me sauver la vie, déclara la sorcière.
Le sorcier hocha la tête et se précipita vers Dudley. Contrairement à eux, son cousin semblait avoir eu moins de chance. Il était recroquevillé, sur le sol encore glacé, gémissant et tremblotant. Harry se pencha vers lui pour vérifier dans quel état il se trouvait.
-Est-ce que... est-ce que le Détraqueur l'a embrassé? demanda nerveusement Cassiopeia.
Harry secoua la tête.
-Je crois qu'il serait plus mal en point si c'était le cas.
Elle ne le savait pas. La sorcière n'avait jamais vu personne être victime des Détraqueurs.
-Des Détraqueurs, ici? s'exclama Cassiopeia. Comment est-ce possible?
-Je sais pas, Cass. Ce que je sais, c'est qu'il faut qu'on ramène mon cousin chez mon oncle et ma tante au plus vite. Aide-moi!
La jeune fille se dépêcha d'aller l'aider. Ils le portèrent ensemble sur leurs épaules. C'était difficile puisque Dudley était lourd et parvenait à peine à se soutenir seul. Non sans difficulté, ils parvinrent à se rendre chez les Dursley.
Harry cogna à porte et une femme maigrelette aux cheveux bruns vint leur ouvrir.
-Diddy! Je commençait à être très inquiète. Il état temps que tu... Diddy? Qu'est-ce qui se passe?
Cassiopeia et Harry s'écartèrent de lui. Dudley se laissa tomber sur le paillasson sur lequel il vomit. Sa mère recula, dégoûté.
-Oh Diddy! Bon sang! Qu'est-ce qui t'arrive? Vernon? VERNON!
Un homme gigantesque ayant une imposante moustache de morse arriva d'un pas pesant et agité dans l'entrée. Il se jeta sur son fils pour aider sa femme à l'emmener à l'intérieur. Harry fit signe à Cassiopeia de le suivre dans la maison. Ce que la sorcière fit en évitant soigneusement la mare de vomi nauséabonde qui souillait le sol.
-Il est malade, Vernon! s'écria la tante de Harry.
-Qu'est-ce qui se passe, fils? Tu as mangé quelque chose de périmé?
-Pourquoi es-tu tout sale? Tu t'es allongé par terre, mon chéri?
-J'espère que tu ne t'es pas fait attaquer dans la rue, fils?
La femme hurla.
-Vernon! Il faut à tout prix appeler la police! Oh, Diddy, parles à maman! Qu'est-ce qu'ils t'ont fait?
Perdus dans toute cette agitation, les Dursley n'avaient pas remarqué la présence de Cassiopeia ni prêté attention à celle de Harry. La sorcière remarqua une horloge qui indiquait qu'il était dix heure et quart. Elle aurait dû être chez elle depuis plus de deux heures, mais avec tout ce qui s'était passé, son couvre-feu lui avait complètement abandonné l'esprit. Son père la priverait certainement de sorties et de n'importe quoi d'autre. Elle fit signe à Harry. Elle devait rentrer chez elle le plus rapidement possible. Le sorcier lui pointa l'escalier. Ils se dirigèrent tranquillement et silencieusement vers les marches.
-Qui t'as fait ça, fils? Donne-nous des noms et... et je te jure qu'on les aura. Ne t'inquiète pas.
Miraculeusement, Dudley retrouva la parole alors que Cassiopeia avait posé le pied sur la première marche.
-C'est eux, murmura le garçon en les pointant du doigt. Elle.
Harry se figea.
-VIENS ICI!
Les deux adolescents rejoignirent les Dursley dans la cuisine qui était d'une propreté éclatante. La tante de Harry aida son fils au teint verdâtre à s'assoir tandis que Vernon se tenait devant eux, ses petits yeux passant de Cassiopeia à Harry.
-Qui est-ce? demanda Vernon.
-Cassiopeia Malefoy, répondit la sorcière en lui tendant la main que Vernon refusa de serrer.
Le père de Dudley fixa Harry et demanda:
-Elle est de ton espèce?
Cassiopeia écarquilla les yeux de stupeur. De son espèce? Le vieux était aussi pire que son fils. Elle allait répliquer lorsque quelqu'un cogna à la porte.
-Qui ça peut bien être? s'offusqua Dursley en marchant jusqu'à l'entrée.
Ensuite, il y eu un bruit de porte qui s'ouvrait puis Vernon lâcha des insultes et des jurons.
Un grand homme svelte habillé de façon élégante avec une canne au manche d'argent en forme de serpent aux yeux d'émeraudes avança vers eux, suivi de près par Vernon. Ses longs cheveux blonds ne laissaient aucun doutes quant à son identité. Cassiopeia le dévisagea un long moment. Harry avait la bouche grande ouverte, incapable de croire à ce qu'il voyait.
-Père? articula la sorcière.
Elle ne comprenait pas comment son père pouvait se trouver ici, au beau milieu d'une banlieue Moldu.
-Comment?
-Comment? siffla Lucius Malefoy avec colère. Nous en discuterons à la maison. Nous discuterons de pourquoi je t'ai trouvé chez Potter. Je suis certain que ton récit sera passionnant. Oh oui, nous allons discuter, crois-moi.
-Mais...
-C'est assez, nous partons, Cassiopeia. Je ne te laisserai pas importuner une seconde de plus ces gens.
Il se tourna vers la mère de Dudley.
-Veuillez pardonner ma fille si elle vous a importuner d'une quelconque façon. Elle ne sait pas ce qu'elle fait et croyez-moi, je vais y remédiez une fois de retour chez nous. Cassiopeia!
Devant le visage interdit de son père, la sorcière n'eut pas d'autres choix que de le suivre. Vernon Dursley se dépêcha de les arrêter.
-Excusez-moi! beugla le père de Dudley. Mais votre fille a agressé notre fils! Il est hors de question que vous quittiez cette maison. Je vais prévenir la police! M'entendez-vous?
Lucius Malefoy se tourna vers Vernon.
-Que venez-vous de dire? dit le sorcier faisant mine de ne pas avoir entendu.
-J'ai dit que votre cinglé de fille a attaqué mon fils en utilisant ce machin que vous et votre espèce de cinglés avez avec vous!
Le sorcier fronça légèrement les sourcils. Il ne comprenait pas où Dursley voulait en venir. Il se tourna vers Harry.
-Mr Malefoy, mon oncle et ma tante sont... comment dire?
Le sorcier comprit et articula, le visage crispé:
-Des Moldus? Ce sont des Moldus?!
Harry hocha la tête. Il ne croyait toujours pas ce que ses yeux lui montraient.
Lucius Malefoy se tourna vers sa fille. Il affichait un air indescriptible. Un mélange de colère, de dégoût, de déception, de haine. Il ouvrit la bouche avant de la refermer. Il ferma les yeux et expira, avec sourire qui n'était pas dû à de la joie.
-Cassiopeia, reprit Lucius d'une voix anormalement douce qui masquait sa véritable émotion. Nous quittons.
Il attrapa sa fille par la manche et se dirigea vers la porte.
-PAS SI VITE! Et mon fils? Elle l'a attaqué! Vous ne VOUS EN TIREREZ PAS COMME ÇA, SALE CINGLÉ! hurla Vernon.
Malefoy s'arrêta immédiatement et se retourna lentement pour faire face à Dursley. Cassiopeia fut forcée de l'imiter puisque son père la tenait fermement. Ce dernier demeura impassible. La sorcière s'attendait à ce qu'il tue sur le champ les Dursley. Après tout, en plus d'être un Moldu, ce que son père estimait déjà comme étant un motif suffisant pour mériter la mort, Vernon Dursley l'avait traité de « sale cinglé ». Lucius Malefoy dégaina sa propre baguette et se rapprocha de l'oncle de Harry, si près que le l'extrémité du morceau de bois était enfoncé dans le gras de cou de Vernon. Ce dernier se dépêcha de le menacer:
-Je... je... Vous n'avez pas le droit de vous en servir! Je sais que vous avez des lois...
-Des lois, ricana Malefoy. J'écris les lois, Moldu. Donc, si je décide de faire usage de ceci -Il désigna la baguette des yeux-, je le fais et personne ne viendra me voir pour prétendre le contraire. Sinon, j'ai des amis qui se ferait un plaisir de venir vous enseigner à votre famille misérable ce qu'il en coûte de donner des ordres à un sorcier.
Vernon Dursley demeura silencieux, la bouche grande ouverte. Lucius rangea sa baguette.
-Maintenant, je n'ai absolument rien à faire de cette pitoyable créature que vous vous plaisez à présenter comme votre fils, cracha Lucius avec mépris. C'est lui qui souille ma fille par sa seule existence de créature inférieure. Aussi, si jamais vous vous avisiez de me traiter une autre fois de « sale cinglé », je m'occuperai moi-même de libérer notre monde de votre carcasse immonde. Maintenant, ma fille et moi quittons et je vous assure que vous ne la verrez plus jamais rôder par ici, et surtout pas avec êtres tels que vous ou encore avec ce Potter. D'ailleurs, si j'étais vous, Potter, je m'attendrais à recevoir des nouvelles du ministère d'ici demain.
Sans qu'elle n'ait le temps de répondre, répliquer, refuser quoi que ce soit, Cassiopeia fut, immédiatement après, trainé dehors par son père qui les fit transplanner jusqu'â chez eux.
