Contrainte : écrire sur un prompt donné, à partir d'une liste de personnages féminins établie à l'avance

Prompt : Fuyumi admire Inko. Ce soir, elle est seule avec elle. Osera-t-elle lui parler ?


Chapitre 2 : Fuyumi Todoroki & Inko Midoriya

Fuyumi entra dans le petit appartement. Elle s'arrêta dans le vestibule, tout en souriant à la femme qui lui faisait face.

« Je vous remercie d'avoir pris soin de mon frère, cette après-midi.

—Oh, mais avec plaisir, lui répondit Inko d'une voix douce. Je suis désolée, les garçons ne vous ont pas entendu arriver. Je vais les prévenir... Vous pouvez venir avec moi, si vous voulez. »

Fuyumi hocha la tête et se déchaussa. Elle suivit ensuite Inko jusqu'au bureau où elle eut la surprise de voir Shoto, les mains sur le clavier, concentré sur l'écran de l'ordinateur.

« Todoroki-kun, l'appela Inko, ta sœur est là. »

Shoto releva les yeux. Izuku, lui, mit le jeu sur pause et se redressa.

« Je suis désolé ! dit aussitôt Deku à Fuyumi. On n'a pas vu le temps passer.

—Ce n'est rien, le rassura-t-elle. Tu es prêt, Shoto ?

—On peut juste terminer notre partie ? » lui demanda ce dernier.

Un peu perturbée, Fuyumi ne lui répondit pas tout de suite. C'était tellement étrange de voir son frère comme ça, en train de s'amuser avec un ami. Il ressemblait tant à un adolescent normal que Fuyumi se sentit défaillir, l'espace d'un instant.

« C'est presque l'heure du repas, finit-elle, malgré tout, par dire. Je dois encore tout préparer.

—Oh, vous voulez rester manger ? »

La voix douce d'Inko s'éleva, à nouveau, à ses côtés. Fuyumi fut surprise par sa proposition. Elle se tourna alors vers son frère, pour avoir son avis. Le regard de Shoto était toujours aussi neutre, mais Fuyumi pouvait y déceler une pointe d'espoir. Eh bien... Personne ne les attendait à la maison. Leur père avait du travail et Natsuo restait sur le campus de l'université. Sans parler du fait que... que c'était la première fois que Shoto était invité à rester manger ailleurs... Elle finit donc par hocher la tête.

« D'accord, sourit-elle. Ce serait avec plaisir.

—Super ! s'exclama Izuku. Allez, Shoto, on reprend. Il faut que je te montre ce coup qu'All Might peut faire quand on appuie sur les bonnes touches ! »

Tandis que Shoto répondait à Izuku, une douce chaleur rampa dans la poitrine de Fuyumi. Shoto paraissait heureux. Elle ne l'avait jamais vu avec un visage aussi détendu...

« Je vais aller préparer le repas, lui dit alors Inko, en la sortant de ses réflexions. Est-ce que vous voulez quelque chose à boire ?

—Je veux bien un thé. Mais attendez, je vais vous aider.

—Oh non. C'est gentil, ça ira. Mais vous pouvez m'accompagner, si vous voulez. »

Fuyumi acquiesça et rejoignit, avec elle, la cuisine. Inko lui proposa de s'assoir, tout en préparant le thé. Fuyumi s'installa donc et attendit. Puis, lorsque sa boisson fut prête, elle la remercia et prit la tasse chaude entre ses mains, tandis qu'Inko lançait la préparation du repas. Fuyumi se sentait un peu gênée de ne pas l'aider. Mais cette dernière lui assura, plusieurs fois, que ce n'était pas un problème.

« Je suis heureuse qu'Izuku ait rencontré votre frère, lui dit alors Inko tout en coupant les légumes. Ils s'entendent si bien.

—Je suis contente aussi... Shoto n'a jamais eu d'ami avant d'entrer à UA. C'est la première fois que je dois aller le chercher chez quelqu'un d'autre. »

Elle sourit avec amusement. Jamais elle n'aurait cru que cela arriverait. Mais, depuis la rentrée... non, plus précisément, depuis le tournoi de UA, Shoto lui parlait de plus en plus d'Izuku. Ravie, Fuyumi l'avait écouté avec attention. Même si Shoto n'était pas très bavard, il avait laissé échapper de plus en plus d'information. Fuyumi avait fini par apprendre qu'Izuku vivait seul avec sa maman. Une femme très forte qui avait tout fait pour son fils. Shoto employait toujours des mots élogieux lorsqu'il parlait d'elle. Alors, même sans la connaître, Fuyumi s'était mise à l'admirer. Et maintenant... Elle se disait que si Shoto continuait à venir chez Izuku, au moins, il aurait enfin un bon modèle parental.

Fuyumi baissa les yeux sur sa tasse qui fumait entre ses doigts. Malgré elle, elle ne pouvait s'empêcher de se comparer à la femme qui lui faisait face. Inko Midoriya était une personne courageuse, tout le contraire d'elle. Fuyumi avait essayé, pourtant. Et elle essayait encore. De prendre soin de Shoto, de rattraper le temps perdu. De se faire pardonner... Mais rien à faire... Elle ne pouvait oublier toutes ces années où elle n'avait pas agi. Où elle avait laissé son père maltraiter Shoto.

Fuyumi aurait voulu être plus forte. Parfois... elle sentait qu'elle ne pouvait plus supporter ce poids sur ses épaules. Dans ces moment-là, elle aurait aimé pouvoir se reposer sur quelqu'un. Seulement, son père était ce qu'il était et sa mère... Sa mère avait besoin d'elle. Fuyumi faisait de son mieux pour la soutenir, allant la voir régulièrement. Elle savait donc qu'elle devait faire le deuil de l'enfant qui sommeillait encore en elle. Elle était une adulte, à présent. Et c'était son rôle de prendre soin de Shoto. Même si elle ne serait jamais à la hauteur d'une femme comme Inko...

Sans qu'elle ne le veuille, des larmes lui montèrent aux yeux. Elle essaya de les chasser, mais rien à faire. L'émotion la submergeait. Elle entendait le rire d'Izuku dans l'autre pièce. Elle entendait Shoto lui répondre, d'un ton beaucoup plus chaud que d'habitude. Shoto était en train de se réparer. Ce n'était pas grâce à elle, mais qu'importe... Tout n'était pas fichu...

« Vous allez bien ? »

La voix bienveillante d'Inko lui fit secouer la tête. Elle retira ses lunettes et sécha précipitamment ses larmes.

« Je vais bien... Je suis désolée. Je ne sais pas ce qui me prend. »

Elle se sentait tellement gênée de craquer devant quelqu'un d'autre. Mais Inko lui sourit avec douceur et s'approcha d'elle. Elle posa une main sur son épaule et la serra avec affection.

« Ce n'est rien, lui dit-elle. Vous avez le droit de pleurer. »

Inko s'installa, ensuite, à ses côtés et lui laissa le temps de se reprendre. Sa main chaleureuse fit du bien à Fuyumi. Depuis quand n'avait-elle pas été réconfortée comme ça ? Elle ne s'en souvenait même pas.

« À la maison... c'est... c'est compliquée, avoua Fuyumi. Je suis soulagée de voir que Shoto se sente si bien chez vous.

—Il sera toujours le bienvenu, assura Inko. C'est un gentil garçon.

—Il l'est, oui... J'essaye de tout faire pour lui, mais... ce n'est pas suffisant... Je ne suis pas à la hauteur... je suis pas aussi douée que vous... »

Sa voix était faible. Elle ne savait pas ce qu'il lui prenait de se confier comme ça à une personne qu'elle connaissait à peine. Mais... mais elle se sentait, étrangement, en confiance avec elle.

« Allons, lui répondit Inko d'une voix douce, il n'y a pas de comparaison à faire... Et puis, vous n'êtes pas sa mère, vous restez sa sœur. Ce n'est pas à vous de tout faire pour qu'il aille bien. Vous faites ce que vous pouvez et c'est déjà très bien. »

Fuyumi la regarda, étonnée. Bien sûr, elle restait sa sœur, mais... mais en l'absence de sa mère, elle avait bien dû prendre sa place. Personne... Personne ne lui avait rappelé que ce n'était pas son rôle, malgré tout.

Face à elle, Inko lui souriait toujours avec bienveillance. Elle prit sa main dans la sienne et la serra doucement.

« Je ne sais pas ce que votre frère vous a dit sur moi, reprit-elle, mais vous savez... On fait tous des erreurs avec les gens qu'on aime. J'en ai fait beaucoup avec Izuku.

—Oh non, ça, je ne crois pas, dit aussitôt Fuyumi. Votre fils vous admire tant. Vous avez toujours été là pour lui !

—Pas toujours non, répondit Inko. J'ai baissé les bras au pire moment. »

Elle secoua la tête, en repensant à ce moment où elle avait été incapable de soutenir le rêve de son fils. Elle n'avait pas pu se détacher de la réalité. Elle l'avait longtemps regretté. Mais aujourd'hui... Aujourd'hui, son fils poursuivait son rêve et elle s'efforçait de le soutenir, même si ça l'angoissait beaucoup.

« On fait de notre possible, en tant que parent, dit-elle alors. Ce n'est pas toujours suffisant. Mais c'est mieux que rien. Votre frère vous aime beaucoup. Il vous respecte. Ne vous mettez pas trop de pression. D'accord ? »

Fuyumi n'avait jamais réalisé à quel point elle avait toujours eu besoin d'entendre ces mots. Elle eut l'impression que la tension quittait son corps. Cette tristesse, qu'elle avait tant refoulée en elle, ressortait enfin. Et ça faisait du bien, même si c'était épuisant.

« Je peux ? »

Inko lui posa cette question, tout en écartant ses bras. Fuyumi écarquilla les yeux, avant de hocher la tête. Elles se redressèrent alors toutes les deux et Inko l'amena dans une douce accolade. Elle la serra contre elle avec tant d'affection que Fuyumi craqua à nouveau. Elle se laissa aller contre elle, laissant couler librement ses larmes. L'étreinte d'Inko était celle d'une mère. Et Fuyumi ne pouvait que s'y perdre dedans...

...

Une demie-heure plus tard, Inko avait terminé de préparer le repas. Elle serra une dernière fois le bras de Fuyumi, avant d'appeler les garçons. Fuyumi se remettait doucement de ses émotions, grâce au réconfort d'Inko. Cette femme était vraiment incroyable. Fuyumi l'admirait encore plus, à présent. Sans même la connaitre, Inko avait su trouver les mots justes et être le soutien que Fuyumi attendait tant...

Et lorsque Shoto débarqua dans la cuisine, elle put lui sourire et faire comme si de rien n'était. Son frère ne sembla, heureusement, rien remarquer. Ils s'installèrent, ensuite, tous les quatre à table et se servirent à tour de rôle. Très vite, Izuku se mit à parler avec entrain, racontant les dernières nouvelles incroyables sur les héros. Shoto l'écoutait, le visage neutre, mais attentif. De temps en temps, il se permettait de commenter les informations d'Izuku. Inko, quant à elle, les regardait tous avec tendresse. L'ambiance était paisible et chaleureuse. En les observant tous les trois, Fuyumi savait... Elle savait que c'était à ça que devait ressembler un véritable repas de famille. Un doux feu se répandit dans son corps. Elle avait, de nouveau, envie de pleurer. Mais cette fois, c'étaient uniquement des larmes de joie qui menaçaient de quitter ses yeux.