Atta : Il faudrait que j'en lise des crossovers MéridaxElsa. J'espère que ce chapitre sera à ton goût ^^
Bonne lecture !
Elle roula dans son doux manteau blanc, la neige craquant sous son poids. Elle roula encore sur quelques mètres, emportée par sa chute. Le carquois chut sur la neige, répandant les flèches dans son sillage.
Mérida se redressa. Quelques morceaux de neige fraîche s'étaient accrochés au tissu de sa robe et à ses boucles rousses. Le froid mordant la saisit aussitôt. Elle se redressa en titubant. Elle tourna frénétiquement la tête, observa le paysage sans comprendre. La neige tombait en abondance. Mérida ne pouvait pas voir à plus de trois pas devant elle. Tout était si blanc, cela l'aveuglait. Ses yeux étaient encore habitué à la pénombre de la nuit et cet excès subit de luminosité l'aveuglait. La neige étouffait le bruit c'était soudain si silencieux que cela lui paraissait assourdissant.
Autour d'elle, il n'y avait des pins au feuillage fourni et verdoyant. Et elle, les pieds enfoncés dans la neige, avec sa robe verte émeraude et sa chevelure écarlate, elle tranchait dans le paysage immaculée par la neige.
Mérida entendit la neige craquer, non loin d'elle. Un intru/ Sur le qui-vive, elle se baissa pour s'emparer d'une arme. Sa main se referma sur une branche, quelque peu maigrelette, il va sans dire. Elle brandit la branche devant elle. Elle plissa les yeux afin de voir plus distinctement à travers les flocons.
- « Qui va là ?! », hurla la princesse.
Sa voix se perdit aux quatre vents, étouffée par la duveté du manteau neigeux.
- « Alors, pour commencer, c'est malpoli de pointer les gens du doigt », dit une voix.
Mérida se crispa et serra davantage la branche.
- « Qui plus est, avec son propre bras. », conclut la voix.
La branche dans les mains de Mérida se mit à bouger. À sa plus grande stupeur, les trois petits moignons de branches qui s'apparentaient à des doigts se mirent à gigoter en tous sens.
- « Ah ! Mais quel est ce démon ?! »
Elle lâcha la branche aussitôt. Quelque chose la ramassa, on y distinguait trois boules rondelettes empilées les unes sur les autres une carotte plantée en plein milieu de la boule qui surplombait les autres. Mérida vit le bonhomme de neige ramasser la branche et la planter dans son flanc. Elle cligna des yeux à plusieurs reprises, éberluée. L'étrange bonhomme de neige cligna des yeux à son tour, affichant son habituel regard niais, la bouche de travers.
- « C'est vraiment pas très gentil d'appeler les gens comme ça, la gratifia-t-il en réponse.
- Qu'est-ce qu'il se passe, Olaf ? », demande une autre voix.
Celle-ci était bien plus rauque que celle du bonhomme de neige. Mérida se jeta à genoux dans la neige. Elle glissa ses doigts gelés à tâtons sous le manteau blanc à la recherche d'une flèche. Elle retourna la moindre parcelle qui passait à sa portée avec un empressement marqué par la peur. Du coin de l'œil, elle aperçut ce géant empêtrée de fourrures dont on ne voyait que les yeux. Ses doigts se refermèrent enfin sur une flèche. D'un mouvement savamment maîtrisé, elle fit glisser la corde de son arc. Elle en empoigna le bois. Elle l'ôta de son épaule. Elle le banda. Elle dirigea la pointe de sa flèche vers l'inconnu. Elle lâcha la corde.
Soudain, au même moment, un air bleu la toucha de plein fouet. Son arc gela aussitôt, la flèche à jamais figée sur l'arc; la corde encore tendu. De la glace recouvrit l'arc et les mains mêmes de Mérida furent enclavées. En apercevant un énième assaillant surgir de sa droite, elle décida d'user de son arc d'une autre façon. Elle le brandit comme une épée et à deux mains, asséna un coup terrible. L'assaillant vit le coup arriver et put tendre ses mains afin d'en amoindrir l'impact.
Mérida prit connaissance de son adversaire. Elle fut surprise de constater qu'il s'agissait d'une femme. Ses cheveux nacrés tombaient lâches sur ses fines épaules, ondulaient sous le vent. Une cape d'un bleu nuit habillait ses épaules, une fourrure en bordait le cou.
La jeune femme fit jaillit des étincelles bleutées de ses doigts, celles-là mêmes qui avaient touchées ses mains et son arc.
- « Un kelpie... », murmura Mérida avec horreur.
La neige se cristallisa et se fit glace, une glace lisse, brillante et surtout glissante. Mérida perdit pied et tomba en arrière. Sa tête tapa contre la glace. Elle accusa le choc. Fatiguée du manque de sommeil, éreintée par le froid et abattue par tous les événements, elle ne parvint plus à se relever. Alors, elle ferma les yeux et sombra dans le froid.
Mérida émergea de son profond sommeil. Elle se sentait tout engourdie. Elle sentait autour d'elle une chaleur apaisante. Elle se recroquevilla dans ses draps, appréciant le matelas moelleux. Elle ouvrit doucement les yeux. Elle papillonna des paupières et observa son environnement.
Les murs étaient bordés sur trois pieds de haut de moulures de bois. Ensuite, un papier peint vert habillait le mur jusqu'au haut plafond. Il devait s'agir à n'en point douter d'une riche demeure. De la noblesse, songea alors Mérida.
Le lit était large et quatre piliers aux quatre coins soutenaient les épais rideaux pourpres du baldaquin.
L'éclat du soleil matinal filtrait à travers une large porte au verre translucide qui donnait sur un imposant balcon de pierres de taille.
Mérida aurait sans doute sursauté si elle n'était pas encore si exténuée. Elle n'avait pas prêté attention au fauteuil attenant au lit. La jeune femme s'était levée comme piquée au vif sitôt qu'elle avait remarqué que Mérida avait ouvert les yeux. Cette dernière reconnut sans mal sa redoutable adversaire qui savait manier la glace.
- « Je suis contente de voir que vous êtes réveillée, la salua la jeune femme. Vous avez dormi toute une journée durant. Je commençais à désespérer de vous voir ouvrir les yeux. »
Sa voix était douce. Sa fine bouche s'étira en un sourire crispé, poli empreint de soulagement. Ses yeux étaient d'une douceur bleutée qui inspirait la confiance. Mérida se demanda comment elle avait pu y mirer un ennemi.
- « Je suis Elsa, se présenta-t-elle alors en joignant ses mains devant elle. Vous êtes dans ce qui était ma chambre. Ma sœur est la reine de ce royaume. Vous êtes ici en sécurité.
- Aye., souffla Mérida du bout des lèvres, sans lui porter plus de crédit. Êtes-vous un kelpie ? »
En lui posant la question tout son corps s'était raidi, se préparant à se battre. Elle apposa prestement sa main à son épaule, cherchant son arc par instinct. Sa main se referma sur le vide, ce qui ne fit qu'attiser son inquiétude.
- « Qu'est-ce que c'est ?, demanda Elsa en réponse.
Un gardien des lacs qui a l'habitude de prendre l'apparence d'un cheval. Ils viennent ensuite séduire les humains sous une forme humaine avant de les noyer et de les dévorer.
C'est fort réjouissant, grimaça-t-elle. Je n'en suis pas un mais je peux user de la magie. »
Puis, elle se demanda si l'esprit de l'eau était de ces terrifiants kelpies dont cette étrangère venait de lui faire part.
L'Écossaise garda le silence quelques instants, sachant bien qu'elle était dans l'obligation de s'introduire. Elle avait la bouche pâteuse.
- « Je suis Mérida, princesse du royaume de Dunbroch, se présent a-t-elle à son tour.
- Dunbroch ?, répéta Elsa, pensive. Je n'en ai pas entendu parler. Vous devez être fort loin de chez vous. »
Mérida ne savait pas comment elle avait fait pour arriver jusqu'ici. Elle ne savait guère plus à combien de lieues de son royaume elle se trouvait. Elle songea à l'histoire de son père et au cercle de pierres.
- « Pourquoi nous avez-vous attaqués ?, reprit-elle d'une voix légère.
- J'ai atterri chez vous... par magie, je pense. »
Mérida étaya l'attaque du château, les étranges cavaliers de lave et son arrivée inopinée dans le royaume d'Arendelle. Elle expliqua son désarroi, la peur qu'elle avait eu en rencontrant ce bonhomme de neige vivant et cet étrange homme couvert de fourrure de la tête aux pieds. Elsa comprit bien vite que cette étrangère ne représentait pas un quelconque danger.
- « Quels sont ces monstres ?
- Ce sont des nucklavees, répondit Mérida. Mi-cavalier, mi-cheval, ils sont sans peau, leur chair est incandescente et leur souffle toxique.
- Pourquoi s'en sont-ils pris à votre famille ?
- Si seulement je le savais..., soupira Mérida en baissant les yeux. Il faut absolument que je trouve un moyen de rentrer.
- Vous vous êtes foulé la cheville, l'informa Elsa. Il faudra attendre que vous vous rétablissiez avant d'entreprendre votre voyage.»
Pour l'heure, elle avait quéri les informations les plus importantes. Il était temps de parler du fondamental :
- « Y a-t-il quelque chose qui vous ferait envie ? »
Mérida se redressa et s'assit finalement sur le lit. Ses cheveux roux ébouriffés rappelait quelque peu la chevelure indomptable d'Anna au réveil ce qui arracha un sourire amusé à Elsa.
- « N'importe quoi, tant que cela se mange avec les doigts... » , souffla Mérida au bout de quelques secondes de réflexion.
Elsa opina du chef puis sortit de la chambre. Mérida réalisa alors que ses mains étaient couvertes de bandages, sans doute que le froid l'avait meurtrie. La douleur commençait à se réveiller, dans ses mains mais aussi dans le reste de son corps. Il était endolori.
Elle s'adossa contre les nombreux coussins qui sertissait le spacieux lit. Elle poussa un soupir. Les souvenirs lui revinrent en mémoire. Son cœur se serra. Elle pensait à son père qui était resté au château pour leur permettre de fuir, à sa mère et ses frères qui devaient être quelque part dans la forêt. Ses traits se tirèrent sous l'effet de l'angoisse. Elle laissa vaquer son regard par delà la grande baie vitrée, au delà de laquelle on pouvait mirer la nature luxuriante de conifères et cet immense lac à l'onde calme.
Elsa descendit les escaliers, suivant son chemin par habitude et nostalgie. Après tout, elle n'habitait plus ici.
Elle croisa sans surprise les domestiques qui s'affairaient déjà... mais également Anna qui picorait allègrement les plateaux garnis de chocolat. Certaines choses ne changeaient jamais. Elsa se racla la gorge pour attirer son attention. Sa sœur se tourna vers elle, dévoilant son ventre arrondi qui n'avait pas à blâmer les sucreries.
- « C'est pour bientôt, se réjouit Elsa avant de ne pouvoir retenir un sourire amusé en voyage le chocolat lui sertir les lèvres.
- Oui donc j'en profite, répondit Anna, les joues garnies comme celle d'un hamster. Comment va notre mystérieuse et vindicative invitée ? »
Elsa se fendit de prendre un chocolat au nom de la nostalgie. Quel délice.
- « Elle s'appelle Mérida.
- Donc elle est naturellement belliqueuse ou bien c'est comme ça qu'on dit bonjour chez elle ? »
Elsa fit la moue en entendant cette remarque acerbe. Elle étaya la situation de façon succincte et conclut :
- « Quand elle sera en état, je partirai avec elle.
- Où ça ?, demanda Anna sans comprendre.
- Dans son royaume, pour l'aider à se débarrasser de ces...
Elle se perdit en cherchant ce mot écossais fort insolite.
- « ...monstres, termina-t-elle finalement.
- Elle est arrivée comment, déjà ?
- Elle a mentionné un passage dans un cercle de pierres.
- Tu es sûre que la pierre, elle ne se l'est pas prise sur la tête, plutôt ? »
Devant le regard empreint de reproches de sa sœur, Anna se ravisa.
- « Tu ne veux pas que je demande à Kristoff de t'accompagner ? Je serais rassurée... », supplia Anna.
Pas le moins du monde, songea Elsa. Elle avait eu l'occasion de le voir cuisiner, tenter de construire un berceau aux allures de guillotine... Elle ne tenait pas à souffrir de sa compagnie plus que nécessaire. Aussi, évoqua-t-elle, pleine de considération, l'absolue nécessité pour le futur père de demeurer auprès de son épouse bien-aimée pour le bien suprême de leur futur enfant.
- « Bien, mais si tu venais à changer d'avis... »
Elsa contint un soupir de satisfaction. Anne et elle garnirent un chariot de mets délicieux et variés pour leur invitée de marque.
Elsa amena le chariot d'argent jusqu'aux abords du lit. Les yeux bleus étincelants de l'Écosse contemplait avec avidité les délices de la Norvège.
Mérida s'empara de la blanche théière et se servit une tasse de thé fumant. Elle étale plusieurs tranches de pain qu'elle tartina généreusement de beurre. Elle en accommoda certaines avec de la confiture, du miel, d'autres avec du saumon fumé. Elle commença à les dévorer, la satisfaction se lisant sur son visage. Elle croquait dans une tartine au saumon d'une main tandis que, de l'autre, elle se resservait une tasse de thé. Elle se délecta du saumon cru coupé finement, du saumon cuit à la perfection.
Elsa la regardait faire à mi chemin entre l'admiration de sa prouesse à exercer tant de tâches en si peu de temps et le dégoût manifeste de la voir ingurgiter tant d'aliments sans prendre la peine de marier les saveurs.
Au bout d'une dizaine de glorieuses minutes, Mérida ralentit le rythme et prit enfin le temps de savourer la finesse des mets qui lui étaient servis.
- « Ché, 'élicieux. », se sentit-elle obligée de complimenter en marmonnant la bouche pleine.
Deux jours avaient passé et Mérida était à présent sur pieds. Pour le trajet, il lui avait été offert une cape épaisse au motif du tartan de ses aïeux. En dépit de la fourrure qui en bordait le col, elle grelottait comme une pauvre bête prise au piège dans son terrier. Les sabots de leurs montures respectives s'enfonçaient en craquant dans la neige.
- « Ce n'est pas la période la plus froide de l'année, qui plus est, lui lança Elsa par taquinerie.
Raison de plus pour que je ne m'attarde pas davantage », répondit cette dernière en rajustant la cape sur ses frêles épaules.
Elles arrivèrent les premières sur le point culminant de la petite colline sur laquelle un collier de pierres géantes avaient été déposées.
Anna et Kristoff eurent tôt fait d'arriver à leur tour. Ce dernier descendit de cheval en premier afin d'aider son épouse à faire de même.
- « Vous savez comment faire pour passer de l'autre côté ?, demanda Anna en posant machinalement une main sur son ventre.
- Pas du tout, répondit Mérida du tac au tac. Mais il faut que je trouve. »
La jeune femme vaqua d'une pierre à l'autre, l'ondoiement de ses cheveux roux dans son sillage. Elle apposait ses mains sur la pierre, tentait de passer au travers, priait, implorait les feux follets. Elsa la regardait faire, les mains jointes, ne sachant que faire pour l'aider. Lorsqu'elle eut fait le tour des pierres sans résultat, acculée au pied du mur, elle se mit à frapper les pierres à coups de poings.
- « Laissez-moi retourner chez moi ! Je veux rentrer ! », hurla-t-elle dans un grognement de rage.
Kristoff l'arrêta pour qu'elle ne fisse pas plus de mal. Ses poings étaient égratignés et saignaient par endroit. Kristoff la lâcha. Mérida s'éloigna de lui de quelques pas et lissa sa robe. Anna lança un coup d'œil à sa sœur.
- « Il doit y avoir quelque chose à faire pour passer. A quoi pensais-tu lors de ton passage la première fois ?, demanda Elsa.
- Que je ne voulais pas mourir. », dit Mérida avec défi.
Elle croisa les bras, vindicative. A voir ses bleus où la tempête se déchaînait, il ne faisait nul doute quant au fait qu'elle y avait déjà songé.
- « Évidemment, ça ne peut pas être aussi simple que de... », commença Elsa pour se donner contenance.
Elle tendit le bras pour s'appuyer sur la pierre mais elle ne sentit jamais la rugosité du minéral sous la pulpe de ses doigts. Elle traversa la pierre... et tomba dans l'herbe verte.
Notes :
Le nucklavee et le kelpie sont des animaux fantastiques issus du folklore écossais.
« Aye » veut dire « oui » en gaélique.
Je mettrais le prochain chapitre mercredi. A bientôt !
