Chapitre 1 : Tony Stark
Il volait toujours plus haut, toujours plus loin. Il n'entendait plus que le bruit du vent et les mécanismes de son armure.
- Mr Stark devrais-je appeler mademoiselle Potts ?
- Oui J.A.R.V.I.S. vas-y.
Mais il était déjà trop loin, loin de la Terre, loin des hommes, et devant lui, la mort. Ses bras étaient engourdis, son corps tendu, sa gorge sèche. Encore quelques centaines de mètres.. Il écarquilla les yeux face au spectacle d'horreur devant ses yeux. Un vaisseau immense, noir, au milieu du vide. Et autour de lui, des dizaines d'autres vaisseaux plus petits et de Léviathans poussant des cris sinistres. Son cœur battait trop fort dans sa poitrine, tout comme le sang dans ses tempes. J.A.R.V.I.S. tenta de lui dire quelque chose, sûrement importante, mais sa voix était lointaine, comme si un mur d'eau les séparait. Ou plutôt, comme si lui avait la tête sous l'eau. L'air commençait à lui manquer, sa tête tournait, il était incapable de sentir son corps. Lentement, il laissa le missile nucléaire continuer sa course droit vers le vaisseau mère. C'était le moment pour lui de sortir une de ces répliques piquantes dont il avait le secret, juste pour le plaisir car mis à part le fidèle J.A.R.V.I.S. il était seul, mais rien ne vint. Son armure s'éteignit. Il ferma les yeux. Il n'entendit même pas l'immense explosion. Désormais il n'y avait plus rien mis à part cette sensation affreuse, celle de tomber.
C'est cette sensation qui réveilla Tony Stark, le cinq octobre 2012 aux alentours de quatre heures du matin. Il était en sueur, tremblant, une main crispée sur son t-shirt, sa respiration laborieuse, et son cœur battant si fort qu'il en avait mal. Le réacteur ark brillait doucement sous le tissus noir. Le milliardaire cligna des yeux, le temps de reprendre pleinement conscience. Il était dans sa chambre, à Malibu, seul, et il était tôt. Très tôt. Toujours tremblant, il ramena maladroitement ses genoux contre son torse, prit sa tête dans ses mains et fondit en larmes, ses épaules secouées par ses sanglots.
Il resta comme ça pendant plusieurs minutes, pleurant bruyamment comme un enfant, sa respiration hachée, son cœur battant toujours trop vite et trop fort dans sa poitrine.
Ce n'était pas la première fois que cela arrivait. À vrai dire, les nuits calmes s'étaient faites bien plus rares depuis ces quelques jours fatidiques de mai 2012, depuis ce jour où il avait sauvé des milliers et même des millions de personnes d'un sort terrible. Mais plus le temps passait, plus le prix à payer devenait bien trop grand.
D'abord il y avait eu les cauchemars et les crises de paniques, déjà très éprouvants. La vie à la Tour Stark était devenue impossible, tant ce lieu était imprégné de la bataille de New York. Parfois la simple vue depuis la terrasse lui donnait la nausée et déclenchait ses crises. Peu de temps après, Pepper lui avait donc proposé de déménager et de revenir vivre à plein temps en Californie, mais même si cela avait diminué quelques peu ses angoisses soudaines, cela n'était pas suffisant. Bientôt, Tony s'était remis à boire, à se couper du Monde, passant des jours entiers dans son atelier ne dormant plus. Pour éviter de la blesser davantage, il avait même fini par rompre avec Pepper après presque deux ans de relation. C'était au début du mois d'août, trois mois après la bataille de New York.
Tony se laissa aller contre son oreiller, passant ses mains encore un peu tremblantes sur son visage. Le plus dur de la crise était passé. Il respira profondément puis ouvrit lentement ses yeux rougis, humides et vitreux. La pièce était encore plongée dans l'obscurité.
- J.A.R.V.I.S.. ? demanda-t-il d'une voix rauque, tremblante, inégale. Une voix qui ne lui ressemblait pas.
- Oui monsieur ? Répondit aussitôt la voix douce et à l'accent britannique très prononcé de l'IA.
- Quelle heure est-il.. ? Et quel temps fait-il dehors .. ?
- Il est très exactement 4H17 du matin. Il fait 5°C et il y a léger vent d'ouest. Le taux d'humidité dans l'air est de 79% mais il fera beau toute la journée.
Tony hocha lentement la tête.
Il a du pleuvoir cette nuit..
Lentement, il se redressa et s'assit au bord de son lit. La sueur devenue froide lui gelait le dos. Frissonnant, il se leva et fis quelques pas mal assurés jusqu'à son immense dressing. Pour éviter de tomber, trahit par ses jambes encore engourdies, il prit appui sur le mur.
- Voulez-vous que je vous prépare un itinéraire pour aujourd'hui monsieur ?
Tony secoua la tête.
- J'improviserai.
Avec de lents mouvements il retira son T-shirt et son jogging pour enfiler une tenue de sport sombre lui collant a la peau, mais ayant le mérite d'être particulièrement résistante aux éléments extérieurs. Cela ne lui prit guère plus de deux minutes, et il se retrouva rapidement dehors. Le soleil ne se lèverait que dans plusieurs heures mais ses lunettes, une des dernières nouveautés sortant toit droit de son atelier lui permettaient de voir où il mettait les pieds. Il s'étira un peu, puis se mit à courir.
Après quelques minutes, son corps encore engourdi se fit plus léger, et ses mouvements plus fluides. La respiration régulière, les joues et le nez un peu rougis par le froid, il ne pensait à rien. Son attention était concentrée sur sa course et sur sa playlist, résonnant dans ses oreilles garce a des écouteurs sobres sans fil, autre petit bijou de technologie Stark. Il suivait la route, croisait parfois un camion ou deux, mais même en Californie, il n'y a pas grand monde sur les routes à 4H du matin, et Tony appréciait énormément cela.
Il s'était mis à la course après le départ de Pepper, alors que sa maison californienne lui était devenue tout aussi désagréable que la tour Stark et que même son atelier ne le comblait plus. Et malgré lui, il en était rapidement devenu dépendant. Faire du sport sans penser a rien était devenu l'une de ses rares sources de bonheur, avec ses inventions et les cheeseburgers de Burger King.
En moins d'une demi-heure, il avait atteint la Malibu Lagoon Beach. Il en profita pour s'arrêter un moment, reprenant tranquillement son souffle. Il retira ses écouteurs et passa une main dans ses cheveux. Il pouvait entendre le bruit des vagues s'échouant sur le sable à une centaine de mètres et le sifflement du vent glacial. Il soupira doucement. Lui qui jusqu'à peu se délectait de l'agitation était devenu dépendant de ces instants de calme sans bruits parasites.
Je me fais vieux c'est pour ça.
La vérité était que, pour une raison qu'il avait lui-même du mal à admettre, il était devenu beaucoup moins friand d'agitation. La raison de ce changement soudain ? Il ne voulait pas montrer ses faiblesses. Il ne l'avais jamais voulu. Que ce soit devant son père, ses camarades au MIT, ou encore le monde entier lorsque sa réussite avait attiré de nombreux regards. Même lorsqu'il était rentré d'Orient après sa captivité, il fallait qu'il réussisse à retomber sur ses pieds faces aux gens. Toujours une réplique cinglante, un sourire, une solution. Mais c'est difficile de garder la tête haute lorsque l'on fait une crise d'angoisse. Le fait était que ces crises pouvaient se déclencher n'importe quand, et qu'à chaque fois il se sentait plus faible, plus misérable. Le célèbre Tony Stark, connu pour sa débauche et son amour des fêtes, de l'alcool et des femmes, fuyait désormais galas, interviews, réunions en tout genre. Les médias avaient associé ce changement à son excentricité, même si beaucoup étaient surpris que Tony ne profite pas de son statut de « héros » lors de la bataille de New York. Il avait simplement demandé à Pepper, Rhodey et Happy de ne rien révéler sur son véritable état et préférerait laisser le bas-monde fantasmer sur lui. Peu lui importait.
Ses mains dans ses poches, il décida de marcher un peu le long du rivage. Le soleil ne se lèverait pas avant deux bonnes heures, et il était là, seul face à la mer, respirant l'air salé à pleins poumons.
Son pied heurta quelque chose. Il fronça les sourcils et se pencha pour récupérer l'objet. Un portable. Rayé par le sable, rendu inutilisable par le sel et l'eau. Cela n'empêcha pas Tony de le glisser dans l'une de ses poches. Peut être pourrait-il en tirer quelque chose ? Un bricoleur reste un bricoleur.
Finalement, il soupira, remit ses écouteurs, soupira et reprit sa route en direction de son immense maison, leur coeur un peu plus léger.
A suivre ...
N.I.D.A (notes inutiles de l'auteure) :
Bon est bien nous voilà à la fin de ce premier chapitre qui, je l'espère, met déjà en place les grandes lignes de cette fic. A l'heure actuelle j'ai écrit un total de trois chapitres, tous assez courts comme celui-là. Je sais ce que je veux faire ensuite, mais entre savoir ce que l'on veut écrire et... l'écrire justement.. Voilà. Bon. On fait de son mieux.
Ah et oui cette fic s'appelle "Sous la surface" en référence à la chanson de Mrs Yéyé (album "Hybride"); si vous ne connaissez pas allez écouter (car c'es u)
N'hésitez pas non plus à à laisser des reviews x)
A plus !
- Ryu
