Titre : Voyage dans le futur ?

Genre : Romance

Rating : M

Personnages: Tous

Résumé : Suite à une explosion de potion, Remus se retrouve plongé dans le futur. Un futur où il est marié à Hermione Granger et papa d'un bébé. Mais est-ce un rêve ou la réalité et comment s'adapter à sa nouvelle vie avec son ancienne étudiante ?

Disclamer : Harry Potter ne m'appartient pas.

Spoiler : Aucun

Notes : Bonne lecture à toutes et à tous !


Chapitre 1


Remus peina à ouvrir les yeux. Il se sentait mal et courbaturé. Était-ce à nouveau la pleine lune ? Il tenta de se souvenir, mais tout était vague. Il sentit un liquide couler dans sa bouche et aussitôt, son esprit s'apaisa.

Il n'ouvrit les yeux que quelques heures plus tard. Sa vue était floue et capricieuse. La luminosité le fit grogner. Il tenta de lever une main pour se protéger, mais son corps ne réagit pas. Il ferma les yeux à nouveau.

Où était-il ? Que lui était-il arrivé ?

Soudain, un flash lui revint. Voilà, il était dans les cachots. Il parlait à Severus et... une explosion. Le reste lui échappait. Il se souvenait de l'importante chaleur, mais il n'avait pas eu mal. Pourtant son corps était aussi douloureux qu'après une transformation.

Un contact inattendu le fit tressauter. Quelqu'un venait de poser une main sur son front. Cela le détendit presque immédiatement et il repartit dans le pays des rêves.

Le lendemain, il fut capable de reconnaître l'odeur de l'infirmerie. La luminosité lui sembla aussi moins forte quand il ouvrit les yeux.

"Ah Remus, fit une voix qu'il connaissait bien.

- Professeur Dumbledore", marmonna-t-il en réponse.

Sa voix était pâteuse et il eut du mal à se redresser. Il y parvint cependant, habitué qu'il était à se retrouver dans cet état.

"Eh bien, souffla le directeur. Il va falloir que tu m'expliques comment tu as fait pour atterrir ici."

Remus fronça les sourcils. Une explosion de potions ce n'était pas assez ?!

Albus lui tendit un verre d'eau et Remus le but avec gratitude.

"Eh bien, commença-t-il, en essayant de rassembler ses pensées, j'étais venu voir Severus et il y a eu cette explosion et... c'est tout ce dont je me souviens", avoua-t-il piteusement.

Le directeur approuva, mais Remus reconnut le drôle de regard qu'il lui lança.

"Que se passe-t-il, Albus ?"

Il eut l'air lasse tout à coup.

"Je crois que nous avons un soucis... Où as-tu retrouvé Severus, tu m'as dit ?

- Je ne l'ai pas dit, mais dans les cachots.

- Les cachots hein..."

Remus s'inquiéta un peu plus en le voyant plongé dans ses pensées. Son mauvais pressentiment lui revint. Il s'attendait à sentir le loup grogner en lui. Oui, bien sûr, il le savait. Il avait raison, encore.

Pourtant, rien ne vint. Son esprit resta anormalement limpide. Il ne lutta contre aucun sentiment bestial. Rien.

Il repoussa le drap brusquement et baissa les yeux vers son corps. Il portait une blouse blanche habituelle de l'infirmerie, mais ce n'est pas ce qui le choqua le plus. Non, il manquait quelque chose. Beaucoup de choses en fait. Les cicatrices qu'il avait toujours arborées avaient disparu. Il voyait quelques fines traces blanches, mais celles-ci étaient vieilles et refermées depuis longtemps. Ce n'était pas possible.

En face de lui, Albus le fixait par-dessus ses lunettes en demi-lune.

"Tu n'étais pas dans les cachots, déclara-t-il alors. Nous t'avons trouvé dans ton bureau, inconscient sur le sol. Pompom dit que tu as reçu un traumatisme magique, mais elle n'a pas pu déterminer autre chose.

- Impossible, je... J'ai fini mes cours à dix-huit heures et je suis allé voir Severus, soutint le professeur de défense.

- Dix-huit heures...", répéta Albus.

Il se tourna vers la fenêtre, une main caressant sa longue barbe. Remus ne put s'empêcher de le trouver vieilli.

"Il était midi quand nous t'avons découvert."

Cette phrase eut l'effet d'une bombe sur Remus.

"Impossible, affirma-t-il. Il était dix-huit heures passées et j'étais dans les cachots."

Les détails lui revenaient peu à peu.

"Nous étions dans la salle de stockage. Severus était en train d'ordonner les potions des élèves."

Soudain, un nom fusa dans sa mémoire.

"Hermione ! J'étais venu le voir parce qu'Hermione m'avait interrogé sur une notion. C'était une notion très avancée de potions et je lui ai dit que je me renseignerai auprès de Severus.

- Pourquoi n'y est-elle pas allée elle-même ? interrogea Albus d'un air déconcerté.

- Vous connaissez Severus. Il lui aurait encore fait une remarque sur sa trop grande soif de connaissance ou je ne sais pas quoi... Je devais le voir de toute façon alors..."

Le directeur l'observait à présent avec un air franchement perturbé. Il fronça les sourcils et d'un geste nerveux, passa sa main sur sa barbe.

"Albus ? questionna Remus, incertain.

- Raconte-moi un peu ces derniers mois Remus", demanda soudainement le vieil homme en venant s'asseoir au bord de son lit.

Remus soupira.

"Je commence à partir d'où ? La défaite de Voldemort ou je remonte plus loin ?"

L'air profondément choqué d'Albus le convainquit qu'il en avait déjà trop dit.

"Que se passe-t-il, Albus ?" répéta-t-il avec angoisse.

Son calme légendaire semblait l'avoir abandonné. Il y avait beaucoup trop de choses qu'il ne comprenait pas. Une question surtout le tourmentait : où était le loup ?

Il était tellement habitué à se battre contre lui qu'il ne savait pas comment réagir. Tout était bien trop en harmonie à l'intérieur de lui. Aucune bête monstrueuse ne le menaçait. Aucun hurlement dans son inconscient. Tout était calme, bien trop calme d'ailleurs. Enfin, lui paniquait et ne comprenait pas, mais il n'avait pas envie de mordre, de griffer, de sang. Rien de tout ça. Il était juste un homme perdu.

Albus posa alors la question fatidique.

"En quelle année sommes-nous, Remus ?

- 1999", répondit aussitôt le professeur.

Albus soupira, se leva et marcha sans but. Il revint sur ses pas, le regarda et repartit.

"Euh... je ne comprends pas, tenta Lupin.

- 1999... marmonna le vieil homme.

- Oui, oui, je sais ça. 1999 la première année après la fin de la seconde guerre des sorciers, fit Remus d'un air lasse.

- Oui, justement !" s'écria Albus.

Puis, il revint vers lui et Remus se demanda s'il n'allait pas devenir fou. Heureusement, il reprit presque aussitôt son calme et s'assit à nouveau sur le lit.

"Remus, commença-t-il d'une façon qui ne lui plut pas. Nous ne sommes pas en 1999."

Le maraudeur retint son souffle. Ça y est, le directeur était devenu fou !

"Nous sommes en 2005."

Et là, loup-garou ou pas, c'était Remus qui devenait fou. Le choc le laissa sans voix, incapable de penser. Albus eut le temps d'aller chercher la nouvelle édition de La Gazette dans le bureau de Pompom et lui donna.

Il crut défaillir en lisant la date : 10 avril 2005.

Il se força à respirer calmement et -au miracle !- cette technique fonctionna. Heureusement que le loup l'avait mis en veilleuse parce qu'il aurait eu un mal fou à le contrôler.

"Admettons, murmura-t-il en relevant la tête vers Albus. Admettons qu'on soit bien le 10 avril 2005... Comment est-ce que c'est possible ? Je veux dire... j'aurai voyagé dans le temps. J'ai fait un bon de six ans... dans le futur ?

- C'est une explication, émit Albus. Mais...

- Mais ?

- Il est aussi possible que tu sois... amnésique.

- Non, rétorqua aussitôt Remus.

- Si, voyons. C'est plus probable qu'un voyage dans le temps. Il a dû se passer quelque chose dans ton bureau et ça a effacé tes souvenirs des six dernières années jusqu'à cette explosion dont tu m'as parlé."

Remus inspira profondément. Étrangement, il croyait plus à cette histoire de voyage dans le temps qu'à cette prétendue amnésie.

"En tout cas, dans le premier cas, Severus ne pourra pas grand chose pour toi. Peut-être se souvient-il d'une explosion dans ses cachots il y a six ans ? En revanche, il aura certainement des potions pour ta mémoire.

- Je... ok ! D'accord. Voyons avec Severus", fit Remus en se levant.

Sa tête tourna, mais il resta debout. Il attrapa sa baguette et avisa les vêtements au bout de son lit, les siens sûrement. D'un sort, il les remit et la porte de l'infirmerie s'ouvrit à cet instant.

"Remus !" s'écria Pompom dans un reproche.

Il fut forcé de se rasseoir tandis qu'elle l'examinait de près. Cependant, Severus la suivait. Albus entreprit de lui raconter toute l'histoire et puis il avançait dans son récit, plus le visage du professeur de potions pâlissait.

"Voilà ce qui s'est passé... murmura-t-il après un moment.

- Que veux-tu dire Severus ? demanda le vieil homme, surpris de sa réaction.

- Je me souviens très bien de cette explosion. C'est suite à celle-ci que Remus a guéri. Vous ne vous en souvenez pas, Albus ? Nous l'avons retrouvé au bout d'une heure, évanoui dans son bureau. J'avais alors pensé que que le mélange des différentes potions de la salle de stockage avait produit ce miracle et son déplacement étrange par la même occasion. Mais ça change tout si...

- Guéri ?! coupa Remus qui avait bloqué à ce mot.

- De ta lycanthropie", informa Albus avec un regard tendre.

Son souffle se coupa dans sa poitrine. C'était ça ?! C'était fou, aberrant, impossible. Pompom l'observait sans un mot et il vit son air attendri.

Une pensée le refroidit. Il rêvait. Tout ça n'était qu'un rêve.

"Il est toujours là ? questionna Severus en se penchant vers lui.

- Non", répondit-il, sachant qu'il parlait du loup.

Le professeur de potions eut presque l'air déçu et la porte de l'infirmerie s'ouvrit d'un coup. Une tornade jaillit dans la pièce et avant que quelqu'un n'ait l'idée de bouger, Remus sentit un corps féminin se coller contre le sien et une masse de boucles brunes tomba devant ses yeux ébahis.

Elle sentait bon. La femme s'éloigna peu après, examinant son visage avec attention. Il plongea ses yeux dans son regard noisette. Hermione.

Brillante comme toujours, elle dut percevoir son trouble et se tourna vers Dumbledore.

"Que s'est-il passé ?" demanda-t-elle d'un ton ferme.

Elle avait changé. Une voix dans sa tête lui dit qu'avec six ans de plus, c'était normal qu'elle ait changé. Il restait pourtant bouche bée devant la beauté qu'il avait devant les yeux. Ses cheveux n'étaient toujours pas disciplinés, mais ses boucles étaient définies et encadraient son visage aux traits fins. Ils étaient durs, mais c'était dû à la situation. Il venait de voir l'étincelle dans ses yeux et par Merlin ce qu'elle était belle. Il l'avait déjà remarqué, mais avec la guerre il n'avait pas eu le temps de s'arrêter sur autre chose que son esprit remarquable. Ensuite il était redevenu son professeur et par conséquent, ils avaient reconstruit une barrière entre eux. Il l'admirait oui, mais c'était une toute jeune femme à peine sortie de l'adolescence. Là, il avait une femme devant lui. Elle portait un jean près du corps taille haute et une chemise blanche. Les poings serrés, elle attendait toujours les explications du directeur.

"Deux hypothèses", commença-t-il, mal à l'aise.

L'effrayait-elle ? Severus n'avait d'ailleurs pas ouvert la bouche et regardait ailleurs.

"Soit Remus a perdu la mémoire, soit... il a fait un bond dans le temps de six ans."

Hermione s'était décomposée. Elle se laissa tomber sur le lit près de Remus. Il perçut un changement dans son regard, elle réfléchissait.

Brusquement, elle releva la tête et regarda le maître de potions.

"L'explosion, Severus ?

- C'est la dernière chose dont il se souvient, opina-t-il.

- L'amnésie me paraît plus... enfin possible, commenta Pompom.

- Je suis d'accord, acquiesça Albus.

- Severus pourra me guérir alors, répondit le concerné.

- Oui, je vais chercher ce qu'il faut", décréta-t-il en se levant.

Hermione soupira et se leva.

"Je sors deux secondes", murmura-t-elle d'un air las.

Albus lança un regard à Pompom et la suivit. Remus resta assis dans son lit et soupira, fermant les yeux.

Il lui manquait encore des informations.

Un son lointain le fit se concentrer un peu plus. Il n'avait apparemment pas perdu ses capacités. Il entendit l'infirmière s'éloigner, certainement vers son office, et la conversation dans le couloir se fit plus claire.

"... comme d'habitude ?"

C'était Hermione.

"Oui, Hermione. C'est important que tout soit pareil. Si c'est une amnésie et que les potions de Severus n'ont aucun effet, cela sera le meilleur moyen pour lui faire retrouver la mémoire.

- Oui, oui, bien sûr... Mais six ans... Vous connaissez le Remus d'il y a six ans... Enfin vu son attitude, je doute que...

- Vous vous dissimuliez au début, je me trompe, Miss Granger ?"

Il avait eu une voix étonnamment ironique, surtout sur le Miss Granger. Un détail lui revint alors : elle portait une bague. Sur sa main droite, à l'annuaire...

En tout cas, Hermione ne lui répondit pas, preuve que quelque chose était en effet dissimulé.

"Alors, il se peut qu'il ait réagi ainsi face à Severus, Pompom et moi ? proposa Albus d'un ton qu'il jugea malicieux.

- Oui, approuva-t-elle aussitôt. Mais je le connais, je ne crois pas que ce soit le cas."

Des pas se firent entendre et il reconnut la démarche rapide et assurée du professeur Rogue.

Ils revinrent tous dans la pièce et Remus se retrouva avec une série de potions à boire.

"Celle-ci la première", fit le serpentard.

Il soupira et but. Le goût des potions de Severus ne s'était pas amélioré à travers les années malheureusement et il crut qu'il allait finir par vomir.

"Hermione, fit Severus. Tu te chargeras du reste."

Elle opina tandis qu'il fronçait les sourcils. D'une, il n'était pas ravi de comprendre qu'il allait devoir ingurgiter d'autres potions. De deux, un détail lui revenait.

"Mais... commença-t-il. Qu'est-ce que tu fais, Hermione ?

- Nous entrons dans la phase des révélations, comprit Severus. Je n'ai donc plus rien à faire ici."

Il sortit sous le regard faussement exaspéré de la brune.

"Peut-être que je devrais y aller aussi, marmonna Albus, l'air de rien. Je dois prévenir les autres professeurs."

Et il disparut. Pompom étant toujours dans son bureau, ils étaient seuls. Il la fixa un moment et elle lui renvoya un retard étrange.

"Bien", commença-t-il face à son silence.

Il tenta d'assembler les pensées qui lui venaient, créant des ensembles cohérents.

"Severus t'a demandé de t'occuper des autres potions donc... j'imagine que tu as dû faire la licence de potions que tu voulais et que tu es Maitre en potions ?"

Il devina juste d'après son air amusé et continua ses hypothèses.

"Tu l'appelles Severus donc... soit vous êtes proches..."

Il se perdit dans ses pensées, la bague à son annuaire revenant à son esprit.

"Soit... vous... vous êtes collègues ? demanda-t-il, se souvenant qu'il avait commencé à appeler Severus par son prénom en devenant son collègue.

- Gagné, s'amusa la brune.

- Tu es professeur à Poudlard ? Professeur de quoi ?

- Eh bien, métamorphose principalement puisque Minerva est passée directrice. Potions parfois et défense contre les forces du mal à d'autres moments.

- Minerva est directrice ? Et puis, pourquoi ne puis-je pas assurer mes cours si je ne suis plus...

- Albus est à la retraite. Il a essayé de partir mener une vie tranquille, mais il est trop attaché à Poudlard. Donc il reste en tant que conseiller. Et sinon, tu as fait beaucoup de recherches et tu donnes des conférences dans d'autres écoles. Ça m'arrive aussi et Severus également. Comme j'ai une double licence en potions et métamorphoses et que... enfin bref... J'assure vos cours à tous les deux.

- Et que ?" reprit Remus.

Il avait noté son trouble et il était sûr que c'était lié aux autres informations manquantes. Par ailleurs, elle le tutoyait. C'était normal entre collègues et amis, mais il eut envie de sourire à cette idée.

"Euh... tu me parles beaucoup de tes cours", éluda-t-elle rapidement.

Elle lui cachait quelque chose.

"Hermione, reprocha-t-il, tu es à Gryffondor alors tu vas me dire ce que tu me caches."

Elle eut un air coupable et s'assit sur le lit. Il allait insister quand il sentit sa main prendre la sienne. Elle les leva entre eux et il put voir sa bague, mais son regard se focalisa sur sa propre main. Lui aussi portait un anneau.

Il leva les yeux vers elle, puis vers les bagues et une nouvelle fois vers elle.

"Qu'est-ce que ça veut dire ?" murmura-t-il alors que les pièces du puzzle se mettaient en place.

Il se repassait toute la conversation d'Albus et Hermione dans le couloir. Une idée folle germa dans son esprit.

Stupéfait, il croisa le sourire timide de la lionne.

"Ce n'est pas de Severus dont je suis devenue plus proche. Enfin si, mais pas de cette façon-là", corrigea-t-elle les joues rougies.

Bon, cette fois, il n'y avait plus aucun doute. Pourtant, il peinait à y croire. Hermione ? C'était tout autant improbable que sa guérison de la lycanthropie.

"Hey ! souffla-t-elle. À voir ta tête, on dirait que cela parait horrible comme perspective."

Il sentit son cœur s'enflammer et il serra sa main dans la sienne.

"Non, non, s'empressa-t-il de réfuter. Je suis juste surpris. Très surpris... Tu es brillante Hermione, belle et jeune... Comment tu..."

Un doigt se posa sur ses lèvres et il croisa son regard dur.

"Je t'arrête tout de suite. J'ai déjà eu le droit à tout l'argumentaire, mais tu as oublié de compter têtue dans ta liste."

Cette fois-ci, il sourit.

"Alors c'est vrai hein..."

Elle lui lança un regard interrogateur.

"J'ai épousé Hermione Granger", murmura Remus pour lui-même.