Et voici le chapitre 2, comme il n'est pas très long je publie le chapitre 3 dans la foulée.
Bonne St Valentin à toutes et tous !
Chapitre 2 : Attente et routine
« Les espaces restreints ne vous ne réussissent vraiment pas, n'est-ce pas ? »
Harry regarda l'homme aux cheveux noirs en face de lui et sourit en s'excusant. C'était le deuxième jour de leur voyage et il était coincé dans la voiture à cause des fortes pluies. Harry avait passé le trajet la veille sur son cheval, Firebolt. Il jeta un coup d'œil par la fenêtre de la voiture et serra ses doigts qui tambourinaient.
« Pensez-vous que cela va bientôt s'arrêter ? »
Le tuteur ferma son livre.
« Non, Potter. Je ne pense pas que ça va bientôt s'arrêter. Je ne pensais pas que ça allait s'arrêter il y a une heure. Je ne pense pas non plus que ça s'arrêtera dans une heure. En fait, je pense que nous aurons très probablement besoin de nous arrêter bientôt, ajoutant ainsi une demi-journée supplémentaire à notre voyage. »
« Charmant. » Soupira Harry avant de marmonner quelque chose d'incompréhensible.
« Parlez, Potter. Il est impoli de marmonner en présence d'une autre personne. »
« J'ai dit : je ne comprends pas pourquoi les Potter ne se sont pas installer dans le sud de l'Angleterre. »
Le tuteur haussa les sourcils de surprise.
« Nous allons à votre succession ? »
« Oui. Remus ne vous l'a pas dit ? » Demanda Harry, confus.
Le tuteur secoua la tête. « Non. Il n'a parlé que de succession. Je pensais qu'il voulait parler de celle de Black. »
Harry acquiesça sciemment.
« Ah. Je vois. Mes oncles se réfèrent simplement à mes possessions comme Potterstate. »
Le tuteur cligna des yeux plusieurs fois puis secoua légèrement la tête.
« C'est la deuxième fois que vous les appelez « vos oncles » ».
Harry n'était pas sûr de savoir si c'était une question mais décida de la traiter comme telle. Que pouvait-il dire ? Il s'ennuyait et parler était préférable au silence.
« Faute d'une meilleure terminologie, oui. Ils étaient les amis les plus proches de mon père, ou du moins à ce que l'on n'a bien voulu me dire. Si mes parents avaient survécu, je suppose qu'ils seraient traités comme des membres de la famille. De plus, 'Lord Black et Sir Lupin' serait trop impersonnel. Et "Mon parrain et son amant parfois loup-garou" est apparemment socialement inacceptable. Oh, » Harry sentit son visage se réchauffer. « Merde. Je n'aurais pas dû dire ça. »
Il pensa avoir vu un sourire tirer aux coins de la bouche de l'homme avant qu'il ne disparaisse.
« Je suis au courant de la lycanthropie de Lupin. Je ne savais cependant pas qu'ils étaient si ouverts au sujet de leur ... relation. »
Harry roula des yeux. « S'il vous plait. Comme si Sirius était capable de montrer ses sentiments en public. Je suis juste extrêmement observateur. »
« Vous êtes un sournois, qui se promène très probablement dans la maison à toute heure », déclara le tuteur d'un ton suspicieux.
Harry haussa les épaules, « J'ai parfois du mal à dormir. »
« Oui, eh bien, j'apprécierais que vous gardiez vos errances nocturnes loin de mes quartiers. »
Harry tapota le côté de sa tête. « Dûment noté. »
Le tuteur sembla se redresser sur son siège.
« Et pendant que nous sommes sur le sujet de nos attentes, je vous ferai savoir que je n'ai pas l'intention de vous appeler " Mon Seigneur ". A Poudlard, le rang est lissé. Vous serez désormais Monsieur Potter, ou simplement Potter. »
Harry haussa les épaules. Honnêtement, il n'était pas à l'aise avec le titre. Il ne connaissait son statut que depuis cinq ans, autrefois, il y ait des jours où il se souvenait à peine de son propre nom.
« D'accord. Et comment dois-je vous appeler ? »
« Vous pouvez m'appeler Professeur Snape ou Monsieur. De plus, j'aurai besoin que vous revêtiez une tenue appropriée. Les vêtements moldus sont très bien pour Londres et les voyages mais, je m'attends à ce qu'un foyer de sorcier adopte la tenue traditionnelle. »
Harry reconnut encore une fois la question dans la déclaration et hocha la tête.
« Les serviteurs sont principalement des nés moldus et des cracmols. Je crois que le majordome, le cuisinier et la femme de ménage sont des sang-mêlés. »
Le tuteur hocha la tête.
« Je crois comprendre que ces deux dernières années, vous avez fréquenté des écoles moldues, vous avez donc au moins deux ans de retard. »
« J'étais en avance sur ma classe à Beauxbâtons… » Le tuteur leva la main pour arrêter l'interruption d'Harry.
« Êtes-vous prêt pour vos Buses ? »
Harry secoua la tête, confus. « Les Buses ? »
Le tuteur soupira. « Oui les Buses, Potter. Brevet Universel de Sorcellerie Elémentaire. Vos pairs les passeront en juin à la fin de leur cinquième année. Mois qui marquera également la fin de notre période d'essai. »
« Alors, c'est notre objectif ? » Dit Harry. « Me faire passer mes Buses ? »
Quelque chose brilla dans les yeux des tuteurs.
« Pas seulement les passer, monsieur Potter. J'attends des Optimal. Ou du moins des Efforts Exceptionnels. Je suis peut-être un maître de potions mais j'excelle dans tous les domaines de la magie, c'est pourquoi Lupin m'a contacté. »
« Pour ça et parce qu'il pensait que vous pourriez me contrôler, » marmonna Harry.
« Vous marmonnez encore, Monsieur Potter. »
« Il pense que vous pouvez me contrôler. » répéta Harry.
Le tuteur cligna des yeux de surprise.
« Je ne souhaite pas vous contrôler, Potter. »
Harry regarda par la fenêtre la pluie battante.
« Vous seriez bien le premier. » Ils restèrent assis tranquillement pendant plusieurs secondes avant qu'Harry ne reprenne la parole. « Vous pensez… »
« Non. Je ne pense pas que cela va s'arrêter. »
Harry soupira.
OoOoO
Severus avait eu raison dans sa prédiction. La voiture était arrivée à une auberge peu de temps après leur conversation, et ils y avaient passé la nuit. En raison du statut de Potter, ils avaient reçu la dernière chambre disponible avec deux lits. La pluie avait finalement cessé le troisième jour, mais pas assez pour qu'Harry remonte sur son cheval.
Severus lui avait remis un livre de Soins aux Créatures Magiques et lui avait demandé de le lire. Il n'y avait aucune raison pour que le garçon ne puisse pas commencer ses études sur la route. Le reste du voyage fut paisible avec quelques interruptions du garçon quand il avait des questions sur le livre.
Ils arrivèrent à Potterstate tard le quatrième jour, un vendredi. Severus leur avait suggéré de prendre le week-end pour s'installer et de commencer tôt lundi matin.
Il était un peu plus de huit heures lorsque le garçon apparut dans la bibliothèque, où ils avaient accepté de se rencontrer, vêtu d'une robe noire fluide.
« Ces choses sont extrêmement confortables. J'ai presque oublié à quel point j'aime les porter. Quand le temps se réchauffera, je crois que je me passerais des sous-vêtements. »
Severus roula des yeux.
« C'est plus d'informations que je ne voulais savoir, Potter. » Il indiqua le siège de l'autre côté du bureau. « Asseyez-vous. Nous devons discuter de votre programme et de votre emploi du temps. Je sais que Lupin sera ici dans un mois pour commencer la gestion de la succession avec vous. Nous lui réserverons deux après-midi par semaine lorsqu'il sera ici. Lorsqu'il sera parti ou incapable de vous donner des cours particuliers, vous passerez ce temps dans le sujet que je jugerai nécessaire. Ici, » il tendit un parchemin au garçon, « voici la liste des épreuves lors de vos Buses. Les Potions et la Défense contre les forces du mal ne sont pas facultatives. Je vous suggère la Métamorphose et les Charmes. L'Herbologie est également un excellent choix. »
Le garçon prit la liste et la regarda.
« Eh bien, j'appréciais la Métamorphose lorsque j'étais à Poudlard, et Sirius insiste pour que je prenne l'Histoire de la Magie. L'astronomie pourrait être intéressante. Études moldues ? Non merci. J'en sais assez sur les Moldus. Qu'est-ce que l'Arithmancie ? »
« Propriétés magiques des nombres. Je- »
« La magie des mathématiques ? Non merci. Les runes n'ont même pas l'air intéressantes. Hmmm. Divination. »
Severus se moqua et le garçon leva les yeux.
« Si vous souhaitez poursuivre l'étude d'un sujet aussi hors de propos, je ne tolérerai pas une décision aussi irresponsable. Je fournirai le matériel de lecture mais refuserai d'offrir une expérience pratique. »
Le garçon gloussa.
« Très bien. Donc : potions, défense contre les forces du mal, charmes, herbologie, métamorphose, astronomie, soins aux créatures magiques et histoire de la magie. »
« Les soins aux créatures magiques sera également un cours essentiellement non pratique, sauf si vous avez une cachette à lutins ou des dragons cachés. »
Il acquiesça de compréhension.
« Compréhensible. Donc, il y aura ... huit cours. »
Severus hocha la tête, notant sur une feuille de parchemin.
« Nous devrons planifier des cours du soir une fois par semaine pour l'astronomie. » Il baissa les yeux sur le parchemin devant lui et commença à calculer et à écrire pendant plusieurs minutes avant de le passer au garçon. « J'espère que c'est acceptable. J'ai prévu quatre heures par semaine pour chaque cours. Jusqu'à l'arrivée de Lupin, nous passerons ces après-midi sur les potions et la défense, les deux cours qui me semblent essentiels à l'éducation d'un sorcier. Après cela, comme je l'ai déjà dit, s'il n'est pas disponible, nous travaillerons sur toutes les leçons que j'estime que vous ayez besoin. Nous aurons notre astronomie pratique le mercredi, ce qui vous donnera une double herboristerie et une double astronomie ces jours-là. Examen une fois par mois pour chaque cours. »
Le garçon hocha la tête et posa le parchemin sur le bureau.
« Il y a une chose dont je voudrais discuter avant de continuer. » Severus haussa un sourcil, lui indiquant de continuer. « Comme vous, j'apprécie mon intimité. Vous êtes mon tuteur, pas ma nourrice. »
« Ne me transformez pas en femme de chambre, alors. Présentez-vous à mes cours et faites votre travail. Je vous ai accordé vos week-ends, cela vous laisseras beaucoup de temps pour coucher avec tous les garçons que vous souhaitez. »
Le garçon rougit.
« Je ne suis pas comme ça, Professeur. Ce que vous avez vu - eh bien, je vous l'ai dit, je faisais la moue. Sirius n'est pas à l'aise quand je montre mes penchants car il sait qu'il ne peut pas être aussi libre avec ses propres sentiments. Je taquine les garçons et ils courent vers lui pour se vexer, ou s'ils ne le font pas, Rosmerta le fait, et il sait qu'il ne peut pas me condamner pour mes actes. » Le garçon sourit méchamment et Severus eut un flash de lui dans les couleurs vertes et noires de la maison Serpentard à Poudlard. « C'est un jeu auquel je joue. Et comme il n'est pas là ... » Il haussa les épaules et laissa la phrase s'écouler.
« Vous avez assisté à votre première année à Poudlard ? »
Le garçon hocha la tête, clairement confus. « Jusqu'au milieu de ma deuxième année. »
« Dans quelle maison avez-vous reparti ? »
« Je pensais que vous connaissiez mes parents, professeur ? »
« Gryffondor, alors. Je vous aurais cru reparti à Serpentard. »
Le garçon haussa les épaules comme si cela n'avait pas d'importance. « Le Choixpeau a essayé, mais j'ai demandé à Gryffondor. »
Severus leva un sourcil de surprise, « Vous avez demandé ? »
Il acquiesça. « Oui. J'ai dit… » il agita la main, cherchant le bon mot, « j'ai dit au Choixpeau que je m'étais déjà fait lié d'amitié avec une tête rousse qui avait été répartie à Gryffondor, alors j'ai demandé à être avec lui. »
« Un Gryffondor à tête rousse ? Ce doit être un Weasley. »
Le garçon rayonna, « Oui. Ron Weasley. Connaissez-vous les Weasley ? »
Severus roula des yeux.
« Le clan Weasley est de loin la plus grande famille de sang pur du monde sorcier. Ils ont tendance à procréer comme des lapins. Il est difficile de ne pas en connaître au moins un. »
Le garçon gloussa. « Oui. Je pense qu'il a mentionné quatre ou cinq frères. »
Severus acquiesça. « Alors, vous souhaitez votre intimité. Autre chose ? »
« Oui. Je ne suis pas mon père. » La tête de Severus revint vers lui. « Je sais que je ressemble à mon père, mais j'ai regardé Sirius et Remus me comparer à lui, cherchant leur ami mort en moi, pendant des années. Ils ne le trouveront pas. Et vous non plus. »
Severus hocha la tête, « Je ne souhaite trouver votre père nulle part, mais dûment noté. Autre chose ? »
Le garçon secoua la tête. « Pas pour le moment. J'espère que si l'une de nos attentes change, nous laisserons à l'autre la courtoisie de l'en informer. »
Severus hocha la tête en accord.
OoOoO
Harry apprit rapidement que le tuteur n'avait pas exagéré lorsqu'il prétendait être un maître des tâches difficiles. Au moment où il entrait dans la bibliothèque, Snape faisait préparer ses leçons. La plupart des jours étaient consacrés à la lecture de livres et à la rédaction d'essais alors que Snape prenait le temps de découvrir les connaissances d'Harry sur chaque sujet. Ce ne fut qu'à leur troisième semaine que le tuteur permit même à Harry de lever sa baguette.
Snape se rappela rapidement la force magique qu'il avait ressentie en entrant dans la maison de Black. Le garçon était fort. Il n'avait pas ressenti de magie comme ça depuis très longtemps. Le garçon apprenait la plupart des sorts rapidement et semblait le savoir, son arrogance étant presque une force tangible à ces moments.
Une routine quotidienne également s'établit pendant cette période. Pour Harry, tous les matins à sept heures, un plateau de petit-déjeuner attendait sur sa table. Il s'assurait de se présenter à la bibliothèque à huit heures, déterminé à montrer au tuteur qu'il était aussi engagé que lui. Harry aimait vraiment apprendre la magie, mais après avoir passé du temps avec les Dursley, il avait du mal à rester à l'intérieur, même dans un château aussi grand que Poudlard.
L'élève et l'enseignant prenaient souvent un thé tôt pendant leurs cours ou entre deux, mais parlaient rarement car ils étaient trop absorbés par leurs propres activités. En fait, en dehors des cours, ils se parlaient rarement sauf au dîner. Ils ne se voyaient pas le week-end.
Harry se réveillait généralement tôt le samedi matin, habillé chaudement de vêtements moldus et quittait la maison par la cuisine, attrapant une miche de pain, de la viande et du fromage que le cuisinier ou une femme de chambre avait commencé à lui laisser. Il revenait rarement avant le dimanche soir, sauf pour récupérer le panier de nourriture laissé sur la table de la cuisine pour lui.
Harry sortait souvent Firebolt et montait simplement. Il aimait la sensation du vent qui se précipitait dans ses cheveux, la sensation exaltante de liberté. Il avait découvert un bel étang, un belvédère caché et une forêt dans laquelle il pouvait se perdre. Il y avait aussi un chalet de gardien vide avec une petite écurie pour Firebolt quand il pleuvait. Peut-être qu'être à la campagne n'était pas si mal après tout.
Quant à Severus, ses jours commençaient à l'aube, se réveillant avec le soleil. Il passait généralement une heure dans la petite pièce qui abritait son laboratoire de potions avant de prendre un petit déjeuner. Il était agréablement surpris de la diligence du garçon dans ses études. Il était également bien en avance sur l'endroit où Severus s'était attendu à ce que le garçon soit dans ses études.
Le premier week-end, lorsque le garçon quitta la maison, Severus l'entendit dans la cuisine fouiller. Il voulut dire quelque chose ce soir-là au dîner, mais le garçon ne se montra pas. Il se demanda s'il devait s'inquiéter mais le maître de l'écurie lui avait assuré que si le garçon était en difficulté, le cheval retournerait aux écuries.
Severus haussa les épaules et retourna à son laboratoire. Le lendemain matin, il entendit des mouvements dans la cuisine et jeta un coup d'œil par la porte pour voir le garçon chercher de la nourriture avant de disparaître à nouveau par la porte. Le week-end suivant, fut exactement pareil. Le garçon disparaissait, prenait de la nourriture dans la cuisine en dérangeant Severus à chaque fois.
Le troisième samedi, Severus déposa le pain, la viande et le fromage qu'il savait que le garçon finissait généralement par attraper en sortant. Le dimanche, il demanda à la petite femme de chambre de préparer un panier et de le laisser au garçon. Il soupira de satisfaction alors qu'il passait enfin une journée sans interruption.
A suivre…
A tout de suite pour la suite !
Bises
Gaeill
