C'était le premier jour de travail de Ciel.
Son patron, Sebastian, ne lui donnait plus confiance que la veille à l'entretien d'embauche.
Il espérait avoir été clair avec lui et qu'il n'agisse pas comme la veille.
Il était devant la porte de l'entreprise et hésitait à rentrer.
-Je peux décider de ne pas rentrer mais ce n'est pas poli. En plus, les employés n'avaient pas l'air perturbés par le comportement de leur patron. Je dois rentrer mais je n'ose pas.
Claude un autre employé, que Ciel ne connaissait pas encore lui demanda :
-Tu devrais rentrer, si tu es en retard dès ton premier jour, tu ne feras pas bonne impression.
-Je suis désolé, comment vous savez que c'est mon premier jour ? demanda Ciel.
-Je suis Claude, je vais t'aider et te former un peu. Je suis dans l'entreprise depuis 5 ans. Le patron a dû te paraitre un peu étrange, non ?
-Oui il touche tous ses employés de cette manière ? demanda Ciel.
-Non il n'en jamais touché un seul. Même pas moi, il est très compréhensif et tu peux lui parler de tes problèmes.
-Comment vous m'avez reconnu ? demanda Ciel.
-Il a dit que tu étais un charmant jeune homme avec des oreilles très mignonnes et une queue agitée. La description correspond assez bien, je dois dire.
-Vous l'avez déjà vu dragué des employés devant vous ? demanda Ciel.
-Non jamais. Il doit être sérieux, s'il le fait avec toi. On rentre ?
-Oui.
Puis ils rentrèrent et il tomba nez à nez avec Sebastian.
Il n'hésita pas à venir vers lui et le serrer fortement.
-Vous aviez dit que vous ne me toucherez plus. Vous avez menti.
- Je n'y peux rien, tu es si mignon avec tes oreilles et ta queue. Je ne résiste pas, dit Sebastian.
-Attention, patron, il pourrait porter plainte pour harcèlement sexuel !
- Non puisque je suis sérieux, Ciel. Tu m'intéresses beaucoup et je compte te le montrer tous les jours.
-Non pas question. Je porterai plainte pour harcèlement si vous continuez, répondit Ciel.
-Je ne t'ai pas faite d'avances sexuelles, je suis juste tactile.
-Patron, c'est déplacé même si vous êtes sérieux. Vous pouvez le laisser pour qu'il puisse travailler ? demanda Claude.
Puis Alois vint à la rencontre de Claude.
-Bonjour Claude.
-Bonjour Alois.
Alois avait des vues sur Claude mais n'osait pas se lancer.
Claude n'osait pas non plus se lancer.
Ils en restaient donc à des dialogues banals.
Sebastian lâcha Ciel.
-Tu t'habitueras vite, mais si tu rencontres des difficultés, viens me voir.
-Pas question !
Claude expliqua donc le fonctionnement de l'entreprise à Ciel.
-Tu as compris ? demanda Claude.
-Oui mais je ne suis pas sûr de tout bien faire du premier coup.
-Ce n'est pas grave, on apprend de cette manière. Ne t'en fait pas.
Ciel se familiarisait donc avec son nouveau travail et vint la pause de la matinée.
Il prenait un café quand il revu une tête connue.
C'était la jeune femme qu'il avait vu passer devant lui quand il passait l'entretien.
-Tu es un nouvel employé ? Enchanté, je suis Elisabeth.
Le sourire d'Elisabeth le fit craquer.
Ciel était tombé sous le charme de cette inconnue dont il connaissait à présent le prénom.
-Ciel. J'ai commencé ce matin.
-Tu as quel âge ? demanda Elisabeth.
-23 ans.
-Comme moi et tu es un chat aussi.
Elisabeth abordait des oreilles blanches ainsi qu'une queue assortie.
-Oui tu n'as pas de souci ici ? demanda Ciel.
-Non pas du tout. Les gens ici sont très ouverts, à commencer par le patron.
-Il est un peu bizarre non ?
-Oui mais il nous traite bien. Il est un peu particulier et peu conventionnel, répondit Elisabeth.
Et quand on parlait du loup, voilà qu'il fit son apparition.
-Ciel, tu t'en sors ? On prend une pause entre collègue ?
-Oui patron, vous voulez vous joindre à nous ? demanda Elisabeth.
-Ce n'est pas de refus.
Cela n'enchantait pas Ciel, qui voulait être en tête à tête avec Elisabeth.
Sebastian prit donc un café et avait compris que Ciel était intéressé par Elisabeth.
Il décida donc de le déranger volontairement.
Il voulait aussi un peu l'embêter.
Il n'avait pas envie que ses deux-là se mettent ensemble.
Il avait bien décidé à gagner le cœur de Ciel.
-Vous parliez de quoi ?
-De vous, répondit Elisabeth.
-Ah bon ? Je t'intéresse un peu ?
-Pas du tout. Je lui demandais pourquoi vous étiez si étrange, dit Ciel.
-Tu fais une enquête sur moi, au sein de mon entreprise ? Il y a plus simple, demandes-moi. Je répondrais à toutes questions.
-Non merci, patron, répondit Ciel.
Puis il continua à discuter avec Elisabeth en ignorant Sebastian.
-Tu es célibataire ? demanda Ciel.
-Oui, je n'ai personne dans ma vie.
-Je voudrais faire connaissance avec toi si tu es d'accord. On pourrait bien s'entendre.
-Je vous préviens, il veut des bébés chats, une maison et une gentille femme. Le rêve de voir grandir ses enfants dans un grand jardin, dit Sebastian.
-C'est une bonne vision des choses.
Cela contrarié un peu Sebastian qui essayait de casser leur entente naissante.
-Tu veux aussi ce genre de chose ? demanda Ciel.
-Oui mais pas avec n'importe qui. Faisons connaissance et on verra. Je vais travailler.
C'était la fin de la pause de Ciel aussi.
-Je vais y aller aussi. On pourrait déjeuner ensemble ?
-Oui pas de souci, dit Elisabeth.
Puis Elisabeth s'en alla et Sebastian en profita encore pour prendre, Ciel, réfractaire dans ses bras.
-Je vous ai dit d'arrêter. Je vais vous dénoncer pour harcèlement !
-Fais-le si tu le souhaites. Tu peux flirter avec une femme devant moi que je serai toujours sérieux.
-Je dois y aller. Vous ne me payez pas à rien faire.
Sebastian le lâcha.
-Je suis vraiment sérieux, tu sais.
-Peu importe, je suis hétéro. Mettez-vous cela en tête.
-Tu ne peux savoir avant d'avoir essayé, répondit Sebastian.
-Pas besoin d'essayer.
Puis Ciel retourna à son travail.
Sebastian ne perdait pas espoir, il comptait bien convaincre Ciel de lui donner une chance.
