Bonjour, en ces temps difficiles, j'espère que je vous fais penser à autre chose. Est-ce que le début de cette histoire vous plaît ? Laissez-moi une review ! Bien entendu tout cet univers appartient à l'excellente J. K. Rowling. Je lui emprunte seulement ! Bonne lecture : ) N.

Le droit d'être heureux ?

Chapitre 2 : Entrées de Sandra et Blaise

Hermione se leva de bonne humeur et se rendit à son premier cours magistral de l'année. Il s'agissait de l'histoire ancestrale des créatures magiques et de l'émergence de leurs droits. Un sujet qui la passionnait. Ils étaient peu nombreux dans l'amphithéâtre secondaire, normal se dit Hermione. Les années passant, la sélection des examens était de plus en plus difficile. Elle reconnu avec plaisir son amie Sandra, une brillante étudiante sorcière qu'elle avait rencontré lorsqu'elle était arrivée en plein milieu de la deuxième année. Elle l'avait aidé à rattraper les cours et voyant qu'elle était travailleuse et pleine d'entrain, Hermione l'avait progressivement admise dans son cercle d'amies.

Sandra Stead était brune de cheveux et de peau, bien en chair et bonne vivante. Elle serait éternellement reconnaissante à Hermione pour son aide quand elle était arrivée en catastrophe à Davenox. Elle adorait le droit, ses deux parents étaient avocats et elle voulait absolument se montrer à la hauteur, luttant contre ses désirs parfois opposés au fait de s'attabler à sa sempiternelle table de travail.

Elles s'installèrent cote à cote mais n'échangèrent pas un mot pendant le cours. Hermione s'illustra brillamment en répondant à quelques questions posées par la professeure Latifa, doctoresse en histoire du droit et chercheuse émérite au Centre National des Sorciers Passionnés par le Droit, le CNSPD.

Ce fut seulement une fois la professeure partie que Sandra adressa la parole à Hermione :

-Alors, tu marraines qui ? Comment est ton poulain ?

-Oh tu sais… je ne le connais pas encore, je l'ai à peine entrevu.

-C'est un garçon donc. A quoi ressemble-t-il ?

-Bah, il est très banal…

-Et un peu jeune aussi, non ?

-Heu, oui… n'osa pas la contredire Hermione.

-Ahlala, c'est pas encore maintenant que nous allons trouver le grand amour, se plaignit Sandra en accompagnant son amie dehors. Mon poulain est une pouline, et tu verrais l'air bécasse qu'elle a !

Hermione ne dit rien, préférant ne pas partager sa rencontre dérangeante avec Sandra. Elle n'avait pas vécu la guerre contre Voldemort et ses Mangemorts à ses côtés, elle ne connaissait pas toute l'histoire entre Draco et elle quand ils étaient à Poudlard et qu'il la traitait sans cesse de Sang-de-Bourbe. Elle l'aimait bien et lui faisait confiance pour partager des travaux en groupe ou raconter des potins sans importance, mais pas pour remuer un passé douloureux qu'elle croyait enterré.

A dire vrai, revoir Draco faisait remonter des souvenirs pénibles et Hermione sentit s'évanouir au cours de la matinée l'état de stupeur dans lequel elle nageait jusqu'à présent. Pendant la pause de midi elle vint attendre Malefoy à la sortie de son cours. Etant sa marraine elle avait reçu son planning en plus du sien. Il parut légèrement surpris quand il l'aperçu, mais son visage terne se ferma de plus en plus alors qu'Hermione lui parlait sèchement après l'avoir emmené un peu à part. Sans maitriser ce qu'elle faisait, elle s'entendait parler de plus en plus fort, criant après l'ancien Serpentard :

-…

-Tu m'as traité de Sang-de-Bourbe toute ma scolarité, me méprisant parce que j'étais d'origine moldue, tu as fait circuler les rumeurs les plus infâmes sur moi, ne supportant pas que je sois meilleur que toi, tu as mis la vie de mon meilleur ami en danger je ne sais pas combien de fois et lui t'a sauvé du Feudeymon. Tu t'es rangé au côté des forces du mal et tu as contribué à la mort du professeur Dumbledore…

Draco l'écoutait, les yeux baissés, n'osant rien répondre à cette litanie de reproches malheureusement justifiés.

-A cause de toi j'ai dû lutter contre Voldemort et protéger mes parents en leur faisant oublier qu'ils avaient une fille ! Même aujourd'hui je n'ai pas réussi à inverser le sors. Je suis orpheline par ta faute, Draco Malfoy, et il faudrait que je t'aide dans tes études ? Que je fasse comme si tu ne m'avais pas blessé, moi et tant d'autres personnes ?

Tous les regards des premières années étaient maintenant rivés sur eux, et Draco prit Hermione par le bras pour l'emmener dehors, loin des oreilles indiscrètes. Elle le suivit mais se dégagea rapidement.

-Tout ce que tu dis est vrai Hermione. Je ne savais pas pour tes parents. Je suis vraiment désolé. J'ai… J'ai vraiment souffert à Azkaban, et cela m'a fait réfléchir. Permets-moi de te montrer que j'ai changé…

-La meilleur chose à faire est que tu partes, dit dans un souffle Hermione, les yeux brillant de rage.

Sur ce, elle tourna les talons et s'éloigna du blond à grandes enjambées, espérant ne plus jamais le revoir.

Draco resta sur place, pétrifié. C'était donc cela que pensait Hermione ? Pourtant elle lui avait dit bonjour hier ? Qu'est ce qui lui prenait de réagir comme ça le lendemain ? Il ressentait toute la colère et la souffrance de la jeune sorcière, mais ne savait que faire de toutes ces émotions. Draco alla jusqu'aux cabines téléphoniques et introduisit sa carte pour payer une communication.

-Salut Zabini, c'est moi.

-Ah.

Blaise n'avait pas l'air emballé de lui parler.

Silence.

-Que deviens-tu ?

-Je suis à la fac de Droit de Davenox lui répondit Draco.

-Tu es vraiment dehors alors, commenta son ancien ami.

-Oui. J'ai besoin d'aide… murmura Draco.

Silence.

-D'accord, répondit simplement Blaise.

oOoOoOoOo

Hermione rentra chez elle. Elle voulait être seule pour se calmer. Marcher lui fit du bien. En poussant la porte de son appartement elle senti sa colère l'abandonner, remplacée par de la tristesse. Une boule au fond de sa gorge lui fit monter les larmes aux yeux. Ses parents lui manquaient, même si elle prenait régulièrement de leurs nouvelles via un enquêteur privé et qu'elle savait qu'ils allaient bien, elle regrettait de ne pas pouvoir leur parler, leur raconter ses problèmes et entendre leurs voix rassurantes lui dire de continuer malgré tout. Mais elle n'était plus une enfant, la guerre l'avait fait grandir très vite et elle aspirait à des responsabilités, surtout pour libérer les elfes de maisons de l'esclavage auquel ils étaient réduits. Les annonces du gouvernement sorciers après la guerre n'avaient pas été suivit d'effets, et ils travaillaient encore sept jours sur sept, vingt-quatre heures sur vingt-quatre sans être payé ni même traité décemment. C'était une honte. Dans neuf mois elle serait diplômée et n'aurait plus qu'à passer le barreau pour plaider leur cause. Elle espérait faire un recours collectif et que la sentence fasse jurisprudence. Elle amassait de la documentation depuis des années déjà. Elle comptait aussi continuer un doctorat en parallèle. Le travail ne lui avait jamais fait peur. Voilà, en pensant à l'avenir plutôt qu'au passé, elle s'était calmée. Le seul loisir qu'elle s'offrait était ses jeux vidéo. C'était son espace d'évasion. Elle lança Franguolin le trouvère pour améliorer son français tout en s'amusant. Elle avait bien besoin d'une pause après tout.

oOoOoOoOo

Le soir même, Draco retrouva Blaise dans un pub. Il avait l'air fatigué et quand Blaise le vit, sa rancœur s'évanouit aussitôt.

-Salut dit Draco en s'asseyant à la table la plus éloignée du bar où l'attendait le beau noir.

-Salut répondit Blaise.

Il était très chic, habillé comme pour sortir, et avait l'air d'un homme à qui tout réussi.

Il y eu un silence gêné avant que Blaise ne brise la glace.

-Tu es dehors depuis longtemps ?

-Non, deux semaines, précisa Draco.

-Et qu'est-ce que tu fous à Davenox ?

Devant son silence et ses yeux baissés, Blaise soupira.

-Ne me dis pas que ?

-Si. Affirma Draco, ses yeux gris acier se plantant dans ceux de son ami.

Il ne supporterai pas la contradiction.

-D'accord souffla Blaise.

Ils passèrent la soirée à siffler des pintes et à se rabibocher, essayant vainement de rattraper le temps perdu. Blaise était devenu homme d'affaire et faisait fructifier la fortune familiale, commerçant des quantités de potions et d'hydromels. Lui n'avait pas pris la marque et avait été épargné par la justice. Il faut dire qu'il n'avait pas eu à subir la pression paternelle, son père ayant mystérieusement disparu dans un accident de voilier au large des côtes britanniques quand il était encore bébé. Sa mère, sept fois mariée et sept fois veuve, lui avait prêté de grosses sommes pour qu'il monte son entreprise dès la fin de la guerre. Les gens voulant oublier les morts et les tortures, ils s'étaient rués sur les potions d'oublis et de sommeil sans rêves que vendait le jeune Zabini. Il avait été adroit et rusé, qualités qu'il avait affutées pendant sa scolarité chez les Serpentards, et s'était établit comme entrepreneur. Mais même légèrement vouté, avec sa voix grave et son air défait, Draco exerçait encore une aura et un charme sur lui. Blaise se sentit redevenir l'adolescent fourbe qu'il était à Poudlard à son contact, et il se promit de l'aider du mieux qu'il pourrait.

La suite demain…