Un grand merci à tous pour vos commentaires ^^. J'm'y attendais pas héhé.

A Pepa: Merci à toi ^^.

Et non je ne suis pas dans le monde de la musique. Mais si j'ai pu donner cette illusion c'est extrêmement flatteur pour moi^^. Peut être verras-tu dans ce chapitre que ce n'est pas le cas. Mais disons que, j'ai mis un peu de moi dans cette histoire.

Je vais rougir...^^ A l'heure actuelle mon cerveau semble inspiré donc je poursuis ce petit bout d'histoire. Est-ce que ce recueil d'OS finira par devenir une grande histoire? Honnêtement j'en sais rien. J'avais choisi le format one-shot pour ne pas décevoir mais on dirait que c'est pas possible lol. Donc, je ne promet rien, à part une troisième partie.

Et encore une fois, merci ;).

A D:

Ah tu as joué le jeu en cherchant la musique! Ça me fait plaisir ça. J'espérais que quelqu'un le fasse. Pour cette deuxième partie je te recommande: watch?v=hDaQF-LNrug&list=RDhDaQF-LNrug&start_radio=1

Si tu as envie de faire pareil ;). Pour la troisième partie, je mettrais un lien aussi si tu veux.

Merci à toi^^.

Et non je ne suis pas pianiste. Mais disons que je partage le regret d'Erza...

Tout comme à Pepa, je ne peux te faire de promesses.

Merci encore pour ton retour ;).

A Guest:

Et bien merci d'avoir prit la peine de laisser ce commentaire^^. J'en suis touchée.

Sur ce je vous souhaite une bonne lecture et espère que ce petit bout (plus long que le premier lol) vous plaira ;).

Songe autour d'un piano (partie 2).

Elle se sentait… Comment dire…

Gauche ?

Pas à sa place ?

Minuscule ?

Empotée ?

Nan… Juste terriblement mal à l'aise en fait !

Jellal Fernandes avait réussi à la convaincre de venir s'asseoir à côté de lui, sur le banc, pour jouer avec lui au fabuleux Pleyel…

Elle n'aurait jamais imaginé qu'un pianiste si talentueux lui propose à elle, une simple novice, « trop vieille » selon certain un quatre mains, voir juste deux mains. Alors en rêver...Encore moins…

Et pourtant, il était là. Détendu, peut être même… Bienveillant.

Malgré cela, elle avait la boule à l'estomac. Elle allait forcément en faire une. Une erreur de note ou de rythme ou… Oui, c'était sûr qu'elle en ferait une ! Le clavier lui parut presque un terrain miné à présent… Elle le regardait comme si l'effleurer devenait une profanation…

Un petit rire discret lui fit tourner la tête.

- Vous regardez ce piano comme s'il allait vous dévorer la main, fit-il amusé.

Elle détourna le regard. C'était si… Embarrassant.

- Mest m'a dit que vous aimiez beaucoup certaines bandes-originales de films, poursuivit-il.

Mest ? Lui ? Vraiment ? Ce grand bougon qui ne fait que râler ?

- Mest vous a parlé de moi ? Fit-elle surprise.

- Ah ça oui ! Lui répondit-il avec un sourire en coin. Il évoque de temps en temps ses élèves. Et régulièrement il me parle d'une, je cite : « femme désespérante qui ne jure que par les musiques de films ».

Tiens donc ! Et que lui avait-il dit d'autre ?

- Désespérante, désespérante… Il serait une peu plus patient, j'm'en sortirai ptêt mieux tiens !

Il rit. Franchement.

- Mest est pourtant réputé pour ses capacités pédagogiques.

- A ce qu'il paraît… Et pourtant il ne voulait pas de moi au début…

Tout ça parce qu'elle n'était pas une enfant…

-Ah, ne lui en voulez pas s'il vous plaît. Les enfants ont de bien meilleures capacités d'apprentissage et les adultes ont, malheureusement, moins de temps à consacrer à leur exercices et se découragent au bout d'un moment. Mais s'il a accepté de vous enseigner, c'est qu'il a vu en vous un potentiel.

Ça, elle en était surprise . Elle avait toujours eu l'impression de le frustrer…

Puis, soudainement, il positionna ses mains au dessus du clavier et commença à pianoter une mélodie.

- Vous connaissez ?

Si elle connaissait ? C'était une de ses préférées ! Mest avait refusé de lui enseigner. Elle l'avait donc harceler jusqu'à ce qu'il capitule…

- « Merry Christmas Mr Lawrence », fit-elle, un grand sourire aux lèvres.

Il s'arrêta, et lui sourit en retour.

-Bien ! Donc… Mains en position Mademoiselle !

Prise de cours, pas bien confiante, elle fit :

- Vous êtes… Sérieux ?

Il haussa un sourcil.

- Oui pourquoi ? Sauf erreur de ma part j'ai cru que ce morceau vous plaisiez.

- Euh… Oui… Bien sûr ! Mais… Bredouilla t-elle.

C'était difficile de garder son sang froid. Il pouvait pas être sérieux. Elle n'était qu'une élève en apprentissage.

Et puis à la fixer comme ça… Elle en perdait tous ses moyens…

- Mais ? demanda-t-il doucement.

- Mais je ne suis qu'une novice. Qui ne maîtrise pas ce morceau. Et puis… C'est un Pleyel quoi !

Il parut septique.

- Je ne vois pas bien le rapport…

Oui forcément ! Quand on maîtrisait des grands morceaux comme ceux de Mozart ou Chopin à même pas dix ans…

- Et bien, commença-t-elle, j'ai encore des difficultés à travailler l'indépendance de mes deux mains et les pédales n'en parlons pas. Alors… Massacrer un si beau morceau comme celui-ci sur un instrument fabuleux comme ce Pleyel ce serait… Injurieux !

Cette fois, il haussa bien haut les sourcils.

- Injurieux ? Ryuchi Sakamoto s'en remettra vous savez, fit-il pince sans rire.

Piqué au vif, elle fit la moue et le foudroya du regard.

- Vous vous moquez mais c'est pas vous qui allez vous trompez, devant tout ces gens ! Et puis… Je me suis juré que je toucherais à ce piano que lorsque je maîtriserai ce que je veux y jouer !

Elle avait ses convictions aussi !

Il réfléchit.

- Hum… D'accord mais… Si demain, ils retirent ce piano, comment ferez-vous ?

Ah !

Elle avait jamais songé à ça…

Merde alors.

- Si je peux me permettre, sur quel type d'instrument vous exercez-vous ? Demanda-t-il.

- Un clavier électronique.

- Un Yamaha ?

- Oui.

- Hum, fit-il songeur. Bon choix. Sauf que…

- Sauf que ?

Quoi ? Hé tout le monde avait pas les moyens de s'acheter un vrai piano !

- C'est un bon moyen d'entraînement. Seulement, vous avez du vous en apercevoir, les piano classiques ont une sonorité au dessus. Lorsque l'on touche le clavier, on peut percevoir la différence. A tout les niveaux. Lorsque de vraies cordes vibrent, c'est tout autre chose. Et avec les Pleyel, on est sur gamme bien supérieure.

Elle le savait ça. Tristement elle fit:

- En effet… Et j'en suis pas...

- Pitié, ne me dîtes pas « digne »… L'interrompit-il en roulant des yeux.

Il commençait à l'agacer…

- Vous avec du respect, pour cet instrument, son concepteur et le compositeur de Merry Christmas Mr Lawrence. C'est tout à votre honneur et je vous respecte pour cela, poursuivit-il.

Oh ! Voilà qui changeait un peu la donne.

- Mais, je trouve dommage que vous vous priviez du Pleyel. Votre clavier est très bien pour s'exercer. Mais ne croyez-vous pas que, ce piano, par sa qualité justement, vous aiderait à progresser ?

Sa question fit mouche. Vu sous cet angle…

Toutefois, elle savait qu'elle ferait des erreurs.

- Si je joue à ce piano, vos oreilles vont saigner Monsieur l'expert.

Il rit légèrement.

- A la bonne heure ! Croyez-vous que je n'ai jamais fait d'erreurs ?

Elle demeura septique… Lui ? Le grand génie ?

- Bien sûr que si j'en ai fait. Peu, certes. Mais j'en ai fait.

Il était vraiment obligé d'ajouter le « peu » ? Et puis cette façon de la regarder… C'était, décidément, bien trop déstabilisant…

Elle promena de nouveau son regard sur le piano.

Ça lui faisait si envie…

Juste un tout petit peu…

Pour sentir sous ses doigts, cette différence qu'il évoquait…

- Me permettriez-vous de vous poser une question ? Demanda-t-il brusquement.

Elle ramena ses yeux sur lui. Il avait un petit sourire mutin sur les lèvres…

Entre ça et son regard auquel elle ne pouvait échapper…

- Dîtes toujours…

Son sourire s'agrandit.

- Qu'aimez-vous dans la musique ? Que recherchez-vous… quand vos doigts pianotent sur le clavier ?

La réponse fut instantanée :

- La même chose ! Être transportée !

Elle se focalisa sur le piano, effleura les touches de ses doigts…

-J'aime… Cette vibration en moi… La musique parle. En tout cas à moi elle me parle ! Et m'emmène loin. Elle me transporte. Me berce. M'exhorte. Me stimule. Me fait pleurer. Me fait danser. Me fait… Me sentir toute autre. Me fait ressentir autre chose…

Puis, doucement, ses doigts enfoncèrent une première touche. Puis une deuxième. Puis une troisième. Et d'autres encore…

Elle sourit.

Elle pouvait peut être se permettre de tenter le coup finalement…

- Vous n'avez peut être pas tort . Je devrai peut être essayer…

Il lui prit l'autre main… Délicatement. Puis , avec tout autant de douceur, sans quitter son regard pour autant, il l'amena au clavier et murmura presque :

- L'intensité ! Pour nous musicien, il est inconcevable d'être platonique. C'est en créant l'intensité dans le coeur des gens et dans le nôtre que nous existons. Alors, je vous en prie Mademoiselle, faîtes vous plaisir ! Je vous soutiendrais…

L'intensité hein…

C'est comme ça qu'elle aurait pu décrire son regard. Il y avait quelque chose en lui de… Fascinant !

Elle revint sur Terre lorsqu'elle sentit les touches sous ses doigts.

Elle se mordit la lèvre et se positionna. Hésitante, elle le regarda. Il hocha la tête avec ce qui lui semblait être de la bienveillance. Elle inspira à fond…

Et se lança…

Un grand sourire fleurit immédiatement sur son visage. Oh oui c'était différent !

Elle réussit le premier enchaînement mais manqua une note. Elle grimaça. Elle continua quand même, sans perdre le rythme. Il vint faire la note manquante d'un doigt entre ses mains à elle.

Elle continua. Exaltée ! C'était meilleur encore que ce qu'elle avait imaginé. Parce qu'elle jouait juste. Fluide. Même s'il y avait un ou deux loupés, elle ne voulait pas abandonner et laisser cela gâcher son moment.

Inlassablement, elle continua cette répétition du même enchaînement comme dans la musique originelle. Lui, assuma la note à l'écart de l'enchaînement. Jusqu'à ce qu'elle n'en ai plus besoin.

Originellement des violons allaient de paire avec ce morceau au bout d'un moment. Elle pouvait presque les entendre. Oui elle arrivait à se transporter elle-même ! Des larmes montèrent à ses yeux. Sa respiration devint plus profonde…

Puis elle arriva à la fin de l'enchaînement. C'était le moment pour entamer la partie qui faisait le succès de cette musique. La partie symbolique …

Il était à sa gauche. C' était donc lui qui était en face de l'octave concerné… Lorsqu'il prit le relais et débuta le morceau, Erza faillit se mordre encore la lèvre. Elle adorait cette partie. Elle faisait vibrer quelque chose en elle qui lui donnait envie de pleurer. Elle porta une main à sa bouche, tandis qu'elle le contemplait.

L'intensité oui… C'était exactement ça !

Elle aimait beaucoup sa façon de jouer.

Il répéta le morceau une deuxième fois et reporta son attention sur elle. Du regard il lui désigna alors le clavier.

Ah oui c'est vrai ! Ce passage était répété une troisième fois mais dans une tonalité plus aiguë.

Elle se repositionna. Prête à jouer. Un dernier fil toutefois la retint. Celui du doute. Après l'avoir entendu et vu lui jouer, elle…

- C'est bête, murmura-t-elle, j'ai peur de pas y arriver maintenant…

Il s'approcha, passa ses bras et ses doigts sous les siens.

- Tu as raison c'est bête, fit-il dans un murmure tout contre son oreille. Regardes nos mains.

Ce qu'elle fit.

Doucement, il actionna les touches sous ses doigts à elle, faisant retentir la merveilleuse mélodie…

Dans un court moment de blanc, il ajouta :

- Laisses-toi aller… Laisses-toi emmener… Ne te retiens pas…

Puis, à la fin du morceau, il lui déplaça les mains sur l'octave suivante.

- A ton tour maintenant… Imagines Erza ! Imagines les violons qui t'accompagnent. Qui te transportent…

Oh oui elle pouvait l'imaginer. Et lentement ses doigts abaissèrent les touches et composèrent cette mélodie si chère à son cœur. Un nœud se forma dans sa gorge. Elle avait envie de rire et pleurer en même temps. Parce qu'elle y arrivait ! Parce que la musique prenait corps sous sa main. C'était un peu raide, pas bien maîtrisé, mais c'était pas grave ça l'emmenait quand même…

Jusqu'à ce qu'elle arrive à la fin de l'enchaînement. Elle se tourna vers lui et dit :

- Tu veux bien prendre le relais ? Je ne connais pas la sui…

En tournant la tête, elle s'aperçut qu'il l'entourait littéralement de ses bras. Le visage à quelques centimètres du sien, elle vit de très près ses fins yeux verts, au regard si intense…

Un moment de flottement…

Ou ni l'un ni l'autre ne semblèrent vouloir bouger…

- Le… La…

Elle en perdait la parole…

- La sui-ite… S'il te plaît…

- La… suite ? Fit-il en fronçant légèrement les sourcils.

- Oui du… Morceau…

Un ange passa…

Puis il cligna brusquement des yeux et percuta… Enfin !

S'écartant d'elle il fit :

- Oui la suite ! Bien sûr !

Elle le vit se repositionner. Souffler dans un sourire. Et de nouveau, ses doigts agiles volèrent de touches en touches.

La suite du morceau se faisait normalement au violon, mais pouvait aussi être jouée au piano. Beaucoup moins douce, mais pas pour autant moins intense et moins facile pour elle.

Mais pas pour lui ! Il prit en main l'intégralité de la musique et la joua jusqu'à la fin. Émerveillée, elle observait les gestes sûres, souples et efficaces.

Puis progressivement son observation ne s'arrêta pas qu'aux gestes du musicien. Il était grand, plus grand qu'elle. Pas bien costaud à priori. Mais ça ne nuisait pas à sa virilité pour autant. Il en imposait malgré tout. Le bon mot était sûrement: prestance. Oui. Il avait cette présence qui occultait tout autour de lui. Il était charismatique et… séduisant. Ses yeux… Cette grande bouche…

Puis la musique prit fin.

Et cette fois-ci, des applaudissements retentirent autour d'eux, crevant la bulle dans laquelle elle planait…

Elle n'avait pas fait attention mais plusieurs clients s'étaient regroupés autour d'eux. Elle entendit même certains dire :

- Trop fort !

Ou encore :

- Tain ! Il est vachement doué ! Fit un enfant.

Ça la fit sourire.

- Tu crois qu'il se tape la rouquine ? Lança un homme.

- Nan, à mon avis c'est un numéro de drague qu'il lui a fait pour se la taper ! Répondit un deuxième.

Ça, ça la doucha !

Elle n'avait pas envisagé ça une minute.

Mais au fait : pourquoi avait-il donc tant insisté pour qu'elle vienne au piano avec lui ? Ils se connaissaient à peine après tout… Il était un pianiste de renommée mondial, il avait sûrement autre chose à faire. Alors, pourquoi s'emmerder à entraîner une novice ?

Elle qui était toute heureuse de ce moment qu'elle venait de vivre voilà que ces deux idiots avaient fait naître le doute en elle.

Et lorsqu'elle reporta son regard sur lui, il était accaparé par deux jeunes femmes qui voulaient son numéro.

Moment magique définitivement brisé…

Bon, bein… C'était ptêt pas la peine de s'éterniser.

Quelle heure était-il d'ailleurs ? 18H45 ? Merde, elle serait de retour à la maison qu'après le dîner.

Elle récupéra son sac, son livre et voulut se diriger vers les caisses. Mais un bras la retint. Elle se retourna. C'était lui…

- Tu t'en vas déjà ? Fit-il précipitamment.

Quoi il aurait voulu qu'elle reste ? Deux groupies ça lui suffisait pas ?

- Il se fait tard, fit-elle. J'ai de la route à faire, je dois y aller.

Un arrière goût amer s'installa en elle. Au fond, ça lui plaisait pas… Elle avait été tellement bien dans cette petite bulle… Qu'il lui avait offerte mine de rien…

Elle s'inclina légèrement devant lui et dit :

- Merci pour la leçon…

Il tiqua. Ça ne semblait pas lui plaire.

- Je n'ai pas cherché à… Enfin… Euh…

Soudain, elle le vit se gratter l'arrière de la tête et fuir brièvement son regard.

- En vérité, poursuivit-il, c'est dommage parce que j'aurais voulu… T'inviter !

Oh ? L'inviter ? Comme l'inviter à dîner ou à boire un verre ?

Elle rougit.

Ça ne lui aurait peut être pas déplu…

- Et bien… J'habite pas à Magnolia mais au sud de la ville dans un trou perdu alors euh...

- Ah ! Fit-il visiblement déçu.

- Mais je dois revenir un après-midi la semaine prochaine. Si tu es dispo je…

Son visage s'éclaira.

- Quel jour ? Demanda-t-il précipitamment.

- Jeudi.

Il sourit.

- Ça marche !

Elle rougit de plus belle… Venait-elle vraiment de filer un rencard à un musicien célèbre ?

Une journée pleine de surprise décidément…

Ils convinrent d'un rendez-vous au parc vers 16h30.

« Heure du goûter », lui avait-elle dit. Il avait rit. Et ils se séparèrent sur cet accord.

De retour dans sa voiture, Erza se sentait toute légère. Elle n'avait pas trop réfléchi à ce qu'elle faisait en lui fixant ce rendez-vous mais ça n'avait pas d'importance. Elle n'avait pas envie de réfléchir pour une fois.

Elle prit la route en direction du domaine Alvarez, écoutant un message qu'elle avait sur son répondeur. La voix de sa mère retentit dans l'habitacle, lui reprochant son retard. Elle devait rentrer au plus vite car une jument s'était blessée.

Erza soupira. Après ce petit moment hors du temps, la réalité la rattrapa de plein fouet.

En chemin elle repensa au pianiste aux cheveux bleus. A son sourire… Son contact… Sa voix tout près de ses oreilles… Son charme…

Mais… et si les deux bouffons avaient raison ? Qu'il ne cherchait en vérité qu'à la mettre dans son lit ?

Et alors ? Pourquoi pas après tout ? Elle avait bien le droit de vivre elle aussi ! Il n'y avait pas que le travail dans la vie.

Elle grimaça. Elle pouvait presque entendre sa mère la traiter de « rêveuse » et lui dire de redescendre sur Terre…

Et bien tant pis ! Pour une fois, Erza avait bien envie de vivre son petit rêve. Plutôt que de passer à côté… Encore...

Ce que la jeune fille ignorait, c'est que l'homme avec qui elle avait rendez-vous, avait sciemment joué Comptine d'un autre été... Dans l'espoir, qu'elle vienne à lui. Depuis le jour où il l'avait vu chez Mest, à s'acharner sur un morceau de cette musique, passionnée, vibrante, il avait ardemment désiré la revoir…

Car elle était si différente de lui...