Voici donc le premier chapitre de ce recueil. Le thème d'aujourd'hui est "Main", j'espère que ce premier texte vous plaira !
Something there
Depuis quelques temps déjà, je ne sais pas ce qu'il se passe. J'ai parfois du mal à me concentrer, mon esprit ne m'obéit plus aussi bien qu'avant et mes pensées échappent à mon contrôle. Rien de particulier n'est arrivé, non, rien d'important. Je crains qu'un cercle vicieux ne s'enclenche, me conduisant à ma perte. Mes boucliers mentaux ont toujours été l'objet de ma fierté, je leur faisait confiance et je savais que quelques que soient les circonstances, ils ne me trahiraient pas. Mais ce n'est plus le cas maintenant, et s'ils s'affaiblissent face à mon maitre, je suis perdu. Cette peur qui m'étreint se fait de plus en plus présente et rend mes boucliers plus fragiles encore. Que se passe-t-il ? Que m'arrive-t-il ?
Ces questions m'ont tourmentées pendant des jours, sans que je ne parvienne à trouver de réponse satisfaisante. Et lorsque l'évidence m'a frappée, j'ai refusé d'y croire. C'était impossible, pas moi, pas elle, tout cela n'avait aucun sens. Et c'est lors de cette mission que tout a basculé.
Une embuscade avait été organisée par une équipe de Mangemorts, suffisamment importante pour que je la signale à l'Ordre. Je faisais en sorte de laisser certaines attaques se réaliser pour ne pas éveiller les soupçons du Seigneur des Ténèbres, mais le kidnapping et l'assassinat programmé de la famille du chef des aurors devait impérativement être contrée. Mon message est donc arrivé au Square et comme prévu, nous avons été reçu par un comité d'accueil musclé. Les échanges de sorts ont été violents, mes camarades Mangemorts ne souhaitant surtout pas revenir bredouille. L'attaque était planifiée depuis longtemps et notre maitre attendaient des résultats probants.
Je ne sais pas qui a lancé le premier sort, mais en quelques secondes, c'est un déluge de flammes et de poussière qui nous a entourés. Nous étions dix mangemorts, les membres de l'Ordre étaient à peu près du même nombre, et tout le monde se battait avec acharnement.
Dans ce genre de situation, je me bats, mais en prenant garde de ne blesser personne trop gravement. Un accident est justifiable, mais je préfère ne pas prendre de risques. Le bruit était assourdissant , les gravats nous tombaient dessus et la maison a rapidement ressemblé à un tas de ruines lorsque tout à coup, une violente douleur au flanc gauche m'a surpris.
Je n'ai rien pu faire, la douleur était tellement violente qu'elle m'a fait chuter et il m'a fallu toutes les ressources de ma volonté pour ne pas m'évanouir. Perdre connaissance en de pareilles circonstances est équivalent à une mort assurée. Tant bien que mal, j'ai lancé un sort de bouclier et ai tenté de me faire le plus petit possible. Je devais tenir, coûte que coûte et survivre à cette bataille.
Soudain, j'ai senti une poigne ferme se resserrer autour de mon poignet, immédiatement suivie par la sensation désagréable du transplanage d'escorte. Quelqu'un avait vu ma chute et venait de me sauver la vie.
L'air frais de la nuit me fit reprendre quelques couleurs et je sentais le spectre de l'évanouissement s'éloigner. Déjà, mon sauveur s'affairait sur ma plaie et je sentais le picotement salvateur d'un sort de soin. Ce n'était pas l'idéal, mais c'était le mieux à faire pour le moment. Sans aucun doute, cette personne savait ce qu'elle faisait.
L'inconnu portait, comme tous les combattants de ce soir, un cape et une capuche rabattue sur son visage. Une fois les soins terminés, il se tourna vers moi et la rabaissa.
"Vous ? Que faites-vous ici, miss Tonks ? Je pensais que vous étiez en mission auprès du Premier Ministre moldu ?" Dis-je sursautant.
"Je le suis. L'Ordre avait besoin de renforts, alors je suis venu pour cette mission spécialement. Et je crois que j'ai bien fait, n'est-ce pas ?"
"En effet."
Un silence gênant commença à s'installer entre nous. J'avais l'impression qu'elle voulait me dire quelque chose, mais qu'elle n'osait pas. Je repris donc.
"Je vous dois beaucoup, Miss. Sans votre intervention, qui sait ce qui aurait pu m'arriver."
"J'ai fait ce qu'il fallait. Je ne vous aurait pas laissé en aussi fâcheuse posture, je… ne l'aurais pas supporté."
Il me fallut quelques secondes pour comprendre ce qu'elle venait de dire, et surtout la façon dont elle avait prononcé ces mots. Dans la pénombre, je discernais mal les contours de son visage, mais soudain tout s'est éclairé. Mon manque de concentration, mes boucliers mentaux affaiblis, ses mots… et sa main qui n'avait pas lâché mon poignet. Quelque chose se passait entre elle et moi, quelque chose que je refusais de nommer et qui n'avait pas lieu d'être au beau milieu d'une guerre.
Elle me tendait la main, vers un monde inconnu et effrayant.
