C'est rare que je mette qu'un seul chapitre pour une nouvelle histoire, par contre je n'en mettrai pas plus ce soir, donc profitez bien de celui là. Bisous !
Bella parcourait les couloirs du château de Volterra à toute vitesse. Les nobles la regardaient bizarrement. Ils s'attendaient à quoi ces imbéciles, à ce qu'elle reste tranquillement à Phénixis ? Arrivant dans les sous sols, elle se dirigea vers l'endroit où l'espion lui avait indiqué qu'ils avaient transporté le corps d'Edward. Des gardes surveillaient une porte, ça devait être là. La princesse, accompagnée de deux de ses gardes s'approcha d'eux d'un pas décidé. Ils lui barrèrent aussitôt le passage.
- Laissez moi passer, exigea-t-elle froidement.
- Nous avons aucun ordre à recevoir de vous, répondit un des gardes le regard mauvais.
- « Nous avons aucun ordre à recevoir de vous, Altesse » je vous pris, lança Bella avec fierté. Je ne suis peut-être plus la future reine, néanmoins je suis toujours une princesse, de part ce fait vous me devez le respect dû à ma condition. Et de qui dois-je obtenir l'autorisation pour rentrer dans cette pièce ?
- Le roi Aro, répondit le garde avec un sourire ironique. Et je doute qu'il vous la donne.
- Laissez moi passer pendant que je vous le demande gentiment, parce que sinon je ne sais encore si je vais faire fonctionner mon statut pour vous rétrograder, si je vais demander à mes gardes de vous écarter ou si je vais moi même vous sauter à la gorge pour vous déloger de votre place.
- Vous ne passerez pas Altesse, même si vous vous salissiez les mains...
Alors que Bella allait lui faire entendre sa façon de penser le calme revint vite.
- Laissez la entrer, c'est un ordre ! S'écria Carlisle en arrivant de l'autre bout du couloir.
La princesse se tourna vers lui avec les sourcils froncés. Lui, plus qu'un autre, devrait ne pas vouloir qu'elle entre. Isabella ne faisait pas encore parti de la famille et n'avait aucun droit de réclamer une telle faveur. Le garde s'écarta à regret et lui ouvrit la porte. Bella ne chercha pas plus longtemps à comprendre les motivations du prince et se précipita dans la pièce. La température y chuta fortement et les mains de la brune se serrèrent quand elle vit le corps de son fiancé. Edward était réellement mort.
Il était habillé de l'uniforme militaire princier. Bella approcha sa main tremblante du visage du mort, mais ne réussit pas à le toucher, c'était plus fort qu'elle. La princesse se recula en n'arrivant pas à décrocher le regard d'Edward. Elle ne l'avait peut-être jamais aimé comme un fiancé, avait projeté de se servir de lui à long terme, mais jamais, oh grand jamais elle n'avait voulu sa mort. D'ailleurs, le voir allongé là, fit réapparaître la partie la plus douce et la plus fragile d'elle. Edward était peut-être arrogant et imbu de lui même, mais il n'avait pas mérité tel châtiment.
- Que c'est-il passé ? Demanda la princesse la voix cassée par l'émotion qu'elle essayait de retenir.
- Des soldats d'Opale ont débarqué pendant la partie de chasse d'Edward et Demetri, répondit froidement Carlisle en regardant chacune des réactions de son interlocutrice. Ils sont sorti des bois, ont tué nos gardes et ont poignardé mon fils avec ardeur.
Isabella fronça aussitôt les sourcils en tournant enfin son regard vers Carlisle.
- Poignardé ? Répéta-t-elle surprise.
- En effet, Demetri aussi, il est entre les mains des médecins.
Le sourcils de Bella se froncèrent encore plus. Elle ne préféra rien dire. Parce que la princesse voyait bien au regard de Carlisle qu'il ne l'avait pas fait entrer pour rien, il cherchait quelque chose et ce quelque chose était de savoir si elle été responsable de tout ça. Pourquoi en était-il arrivé à cette conclusion elle n'en savait rien, mais sa fierté fit qu'elle se vexa aussitôt qu'elle comprit.
- Quand les funérailles auront-elle lieu ? Demanda-t-elle toujours aussi froide.
- Demain.
- Et vous ne comptiez pas sur ma venue, comprit-elle en hochant la tête. Vous espériez même secrètement que je ne reviendrai plus jamais ici. Vous voyez prince, j'avais raison, je n'étais pas encore entrée dans cette famille que vous m'en rejetiez déjà. Je ne m'attendais juste pas à ce que ça vienne de vous en premier.
Regardant une dernière fois Edward, Bella attrapa sa robe et se prépara à sortir. A la dernière minute elle se retourna et tomba sur les yeux cernés du prince. La brûlure de la vengeance. Carlisle n'avait pas dû dormir ou manger correctement depuis la mort de son unique fils. Tout à coup la fierté de la princesse s'évanouit pour se laisser envahir par la compassion.
- Pour ce que ça compte pour vous, je suis vraiment désolé.
Carlisle la foudroya du regard, lui signifiant silencieusement de déguerpir et au plus vite. Isabella partit donc, le cœur lourd. Mais sa dignité l'empêchait de montrer ne serait-ce qu'un moment de faiblesse devant eux. Elle chercha donc la pièce vide la plus proche. Bella entendit bien quelqu'un l'appeler mais elle ne l'écouta pas. Elle claqua la porte laissant ses gardes à l'extérieur. S'appuyant contre le mur, Isabella tenta tant bien que mal de retrouver son calme. Edward était mort, son corps reposait non loin. Son fiancé était décédé et tout son avenir était remis en cause. Mais surtout, son ami était mort. Tout à coup elle sentit une main sur son épaule et se recula précipitamment.
- C'est moi Bella, la rassura Emmett en levant les mains.
- Il est mort ! Annonça-t-elle se rendant enfin compte qu'Edward l'était vraiment.
- C'était un petit con...
- Tais toi ! Ordonna-t-elle sentant les larmes monter. Sors d'ici, laisse moi tranquille.
- Non petite sœur, je ne te laisse pas toute seule dans ton état. Tu es blanche comme la mort, tu trembles et tu es sur le point de craquer. Pleures si tu as besoin de le faire, je suis là pour te soutenir.
L'écoutant, la brune se mit à pleurer sans discontinuité. Pourquoi était-elle aussi triste, elle n'en savait rien. Elle s'était faite à l'idée de se marier avec Edward depuis son enfance. Il avait prit bien plus de place dans sa vie qu'elle ne l'avait pensé au premier abord. Mettant une main sur son cœur et une autre sur sa bouche, elle s'effondra au sol en laissant couler ses larmes. Emmett posa une main dans son dos cherchant à la réconforter. Il la laissa évacuer un peu de la tension qu'elle retenait depuis l'annonce du messager.
- Tu ne l'aimais pas vraiment alors pourquoi pleure tu autant ? Tenta-t-il de l'aider.
- Il ne méritait pas ça et c'était mon ami. Ce n'était pas un homme parfait, je le sais, en fait je savais tout depuis toujours. Tout était tracé depuis toujours et j'ai essayé de me forger par rapport à ça. Mais quelque part en moi, je pense que je me suis attaché à Edward d'une façon bizarre et peut-être malsaine. Nous savions tous les deux que l'amour n'était pas au cœur de notre histoire, mais nous savions aussi que nous étions de bons complices. Il avait besoin de moi et j'avais besoin de lui ! Qu'est-ce que je vais faire maintenant ?
- Et bien... tu es enfin libre où est le problème ?
- Libre ? Le problème ? Tu ne comprends pas je crois Emmett. Un accord a été passé entre ces deux pays et je ne m'y soustrairais pas. Que je le veuille ou non. Alors si ce n'est pas Edward, ce sera un autre héritier du trône et je préfère largement connaître la personne avec qui je vais me marier. J'avais l'avantage de connaître Edward depuis notre enfance. Je n'arrive même pas à croire que Carlisle puisse penser que j'y suis pour quelque chose...
- Comment ? Se fâcha Emmett aussitôt. Qu'est-ce qu'il t'a dit ?
- Rien, justement. Il n'a rien eu besoin de dire, son regard, sa façon de m'observer parlait pour lui. Et je peux comprendre qu'il ne croit pas une seule minute à cette théorie de soldats renégats.
- Pourquoi ?
- Edward et Demetri se sont fait attaquer pendant leur partie de chasse. Ces hommes ont poignardé le prince et sont parti en laissant Demetri en vie.
Le futur roi de Phénixis se mit à froncer les sourcils à son tour.
- Mais généralement les embuscades de ce genre ce font à distance, avec des arcs...
- Et ils ne laissent aucun survivant, c'est bien ce qui m'inquiète. Pour moi, ce n'était pas une attaque au hasard, Edward était visé par ces soldats et des assassins qui font bien leur travail sans laisser de trace évidente on appelle pas ça des soldats mais des mercenaires.
- Tu crois que quelqu'un a assassiné Edward, que ce n'était pas juste le destin.
- Le prince s'est fait tuer à quelques jours de notre mariage. Laissant le meilleur général de cette armée en miette, une succession au trône vacante et une princesse étrangère retourner dans son pays. Quelqu'un a joué une carte, dans quel intérêt je ne le sais pas encore, mais je préférerais largement le savoir.
Emmett vis aussitôt une étincelle s'allumer dans le regard de sa sœur.
-Tu veux que je creuse n'est-ce pas ?
- Demande à la confrérie de te filer un coup de main si besoin est, mais oui je préfère savoir si c'est après ce pays qu'on en a ou après le notre.
- Bella est-ce bien nécessaire, ce n'est pas notre pays, ça ne nous concerne pas...
- Ça aurait pu devenir mon pays Em'. Je veux savoir ce qu'il s'est passé et je me fout qu'on ne me le rende pas par la suite. La vérité, c'est ce qui a toujours primé chez nous. Je veux savoir.
Emmett l'embrassa sur le front en lui faisant comprendre qu'il s'en occupait. Il la laissa donc seul pour pouvoir parler avec ses gardes. Plus vite ils agiraient plus vite ils pourraient obtenir des informations avant que les indices disparaissent.
Bella ne s'était toujours pas relevée. Des larmes continuaient de couler sur ses joues sans qu'elle puisse les arrêter. Elle se devait de le faire maintenant, à Phénixis elle n'aurait plus l'occasion de pouvoir s'épancher de cette manière. Elle se retint de hurler d'horreur lorsqu'elle senti une main sur sa tête. Se reculant précipitamment elle faillit basculer en arrière en reconnaissant Carlisle. Se rendant compte de son état misérable, elle tenta de sécher ses larmes précipitamment et de se relever, mais le prince ne lui en laissa pas le temps. Il posa ses mains sur ses épaules et s'agenouilla devant elle. Surprise Bella le regarda de plus près. Il avait les yeux rouges et le teint extrêmement pâle.
- Trop de fierté princesse, je ne vous aurais jamais soupçonné si j'avais vu une once de ce que je viens de voir et d'entendre, avoua Carlisle la voix tremblante.
- Je suis navrée... je vais vous laisser..., marmonna-t-elle en cherchant à fuir.
- Je suis désolé, lança-t-il sincèrement.
- Je peux comprendre, admit Isabella en plongeant son regard dans celui du prince. Mais sachez que je ne suis peut être pas la personne dont vous pouvez avoir le plus confiance, néanmoins, je n'aurais jamais fait le moindre mal à votre fils.
- Je l'ai enfin compris.
- Vous ne pourrez jamais en être sûre...
- Si, sur ce sujet, j'en suis certain à présent, parce que vous ne mentez jamais à votre famille.
Les yeux d'Isabella s'agrandirent quand elle comprit qu'il avait entendu l'entièreté de sa conversation avec son frère. Elle essaya bien de se repasser tout dans sa tête pour savoir si elle avait dit quelque chose de fâcheux.
- C'était mon fils unique, j'ai perdu ma femme et mon frère est... il ne me reste plus personne, pleura-t-il pour de bon.
Le cœur de la princesse se serra en le voyant aussi fragile et désemparé. Ils n'étaient pas proche, malgré tout elle se retrouvait quelque part dans sa tristesse. Attrapant sa main, elle la serra avec force, lui faisant comprendre que pendant cet instant, seul dans cette pièce vide, il pouvait laisser libre court à sa détresse.
- Rien de tout ceci ne doit sortir d'ici..., commença-t-il en tentant de retenir ses larmes.
- Tant que vous ne dévoilez pas mes larmes je ne dévoilerai pas les vôtres, même si elles sont légitimes. Je retournerai bientôt à Phénixis, si vous en sentez le besoin, faite moi signe et je vous obtiendrai un laissez passer. Je ne sais pas ce que c'est que de perdre un fils, mais je sais ce que c'est que d'avoir les regards de tout le monde posé sur soit.
Carlisle lui fit un signe de tête en remerciement. Bella se releva en essayant de se recomposer son visage de princesse. Le prince lui attrapa une dernière fois la main, le regard déterminé.
- Venez aux funérailles, je vais vous faire préparer une chambre dans l'aile ouest, ainsi qu'à votre frère.
- Puis-je voir Demetri ? Demanda-t-elle inquiète pour son autre ami.
- Je vais demander à ce qu'on vous y conduise.
Voilà comment Bella se retrouva dans une chambre rempli de remèdes en tous genres, avec un Demetri livide et en sueur. Il était vivant mais en mauvais état. Elle s'élança vers lui en posant sa main sur son front. Il était moite. Attrapant le linge humide sur le côté, elle lui épongea sa sueur.
- Princesse vous n'avez pas à faire ça, s'exclama une servante scandalisée.
- Disparaissez, ordonna froidement Bella.
La servante pris peur et sorti avec précipitation. La princesse Isabella avait toujours été adorables avec les domestiques, d'une parce que c'était des êtres humains comme les autres, de deux parce que pour obtenir des informations ils étaient les meilleurs. Les yeux de Demetri s'ouvrirent doucement et un petit sourire naquit sur ses lèvres quand il l'a reconnu.
- Isabella..., soupira-t-il heureux de la voir.
- Chut ! Murmura-t-elle en posant un doigt sur ses lèvres. Gardes tes forces. Je vais trouver qui a fait ça, je te le promets.
Demetri attrapa sa main en l'embrassant gentiment.
- Non, je te l'interdit. Ils ont déjà eu Edward, je ne veux pas qu'il t'arrive quoique ce soit, chuchota-t-il fatigué.
- Qui ? Dis moi tout ce que tu sais !
- C'était juste des soldats, je n'ai rien compris, ils sont sorti de nul part. Je n'ai pas plus d'informations que ça.
- Tu es assez intelligent pour te rendre compte qu'ils n'avaient rien à voir avec des soldats ?
- Oui, mais ça ne me donne pas plus de réponse, admit Demetri les yeux brillants. Ed... il s'est battu férocement, mais... je n'étais pas assez bon, pas assez rapide..., lança-t-il les larmes aux yeux.
- Arrête, le consola Bella en caressant ses cheveux moites. Tu as fait ce que tu as pu et tu as de la chance d'être encore en vie. Reprend des forces et nous trouverons les responsables ensemble. Tu n'as pas intérêt à m'abandonner toi aussi.
- Je suis désolé, pleura-t-il pour de bon.
Bella posa ses lèvres sur le front du blessé.
- Ne le soit pas, tu n'es coupable de rien. Repose toi, c'est un ordre.
Il lui sourit doucement avant de lui obéir. Bella resta prêt de lui en ruminant pendant de longues heures. Des servantes lui demandèrent de sortir pour faire les soins mais la princesse refusa catégoriquement. A la place, elle enregistra bien la blessure de son ami pour pouvoir la rendre au responsable le moment venu. Il aurait une bonne cicatrice dans le dos. Bella ne descendit même pas manger, elle préféra rester avec son ami et un livre, plutôt que d'affronter la horde de curieux de ce château. Au bout d'un moment, la porte s'ouvrit sur une femme d'une grande élégance. De long cheveux noir, une robe noire, des yeux gris ciel tout comme ceux de Demetri. Elle dévisagea la princesse avec froideur. Puis elle regarda de plus prêt et son visage s'adoucit.
- Princesse Isabella, la salua la femme en lui faisant une révérence.
- Vu la ressemblance vous devez être la mère de Demetri ? Demanda Bella en se levant et en lui adressant un signe de tête en salutation.
- Comtesse Athénodora de Lisse, se présenta-t-elle pour de bon.
- C'est un plaisir de faire votre connaissance, même si c'est dans des circonstances aussi tragiques.
- J'ai entendu dire que vous ne l'aviez pas laissé seul de toute la journée.
- Mon côté protecteur à tendance à ne pas vouloir m'éloigner de cette chambre de peur que quelqu'un... peu importe.
- Ne finisse le travail, comprit Athénodora en venant s'asseoir de l'autre côté du lit. Ils l'ont laissé en vie avant de partir, comme pour lui faire porter la faute de la mort d'Edward. Ils étaient si proche, que je doute que mon fils se pardonne un jour.
- J'ai peur qu'ils n'aient pas compris, avoua Bella en regardant son ami.
- Quoi donc.
- Que votre fils est le choix le plus logique pour la succession du trône. Si Aro le reconnaît comme le fils de son frère, alors Demetri sera en passe de devenir le prochain roi de Volterra.
Athénodora sembla choquée de l'entendre parler ainsi. C'était certainement une conversation à ne pas avoir avant les funérailles d'Edward. Malheureusement Bella ne pouvait pas s'empêcher de réfléchir à la chose. Qui serait son futur mari, c'était bien ça qui lui faisait peur. Demetri serait le meilleur choix à ses yeux. Seulement il était illégitime et elle avait peur qu'Aro cherche une autre solution pour la succession.
- Je ne suis pas sûre de vouloir que mon fils devienne le nouveau jouet d'Aro, attaqua Athénodora avant de se rendre compte de ce qu'elle avait dit. Je suis désolée, ce n'est pas...
- Ne t'inquiète pas maman, Bella est une tombe, lança Demetri en se réveillant. On peut lui faire confiance, même si certains pensent le contraire.
- Rien de ce qui est dit dans cette chambre ne sortira de cette chambre, promit la princesse en embrassant son ami une dernière fois pour le laisser avec sa mère. Prend soin de toi, je repasserai demain, après les funérailles d'Edward.
Avant qu'elle ne franchisse la porte, Demetri l'appela une dernière fois.
- Fais attention à toi, ici personne ne te veux vraiment du bien, avoua-t-il à contrecœur.
- Et tu crois que je l'ignore, lança Isabella avec un sourire en coin. Je l'ai toujours su.
Demetri sembla surpris de sa réponse mais soulagé malgré tout. Bella rejoignit son frère pour savoir s'il avait obtenu plus d'information. Mais rien ne ressortait vraiment pour l'instant. Tout ça ne lui disait rien qui vaille.
Le lendemain, ils se retrouvèrent tous devant la tombe d'Edward pour faire les derniers sacrements. Même là, leur culture était différente. A Phénixis les corps étaient brûlés et non enterrés. Bella se tenait au côté de son frère, regardant ce trou où bientôt son fiancé allait disparaître. Comment tout avait pu basculer en si peu de temps ? La brune se montra de marbre, comme on le lui avait appris, alors qu'à l'intérieur elle était triste et folle de rage. Carlisle se montrait également courageux, mais la brune vit bien que s'il était toujours debout c'était parce qu'il n'avait pas les responsables. Tant que les coupables seraient en vie, le chef en lui ne cesserait pas le combat. Le roi Aro se tenait devant, le regard froid et dur. La princesse ne l'avait pas beaucoup vu dans sa vie, elle ne se souvenait même plus trop de son caractère. Une fois la cérémonie terminée, Bella n'arriva pas à bouger de devant la tombe. Ce bout de pierre lui semblait tellement froid.
- Vous devriez vous mettre à l'abri, lui conseilla Carlisle en lui apportant un chandail. Il peut vite faire froid en cette saison.
- Chez nous il fait tellement plus chaud, répondit honnêtement la brune. Tout me semble si froid ici. Même vos morts vous les rendez encore plus froid qu'ils ne le sont déjà.
Carlisle regarda la pierre tombale de son fils le cœur lourd. Il saignait de savoir qu'il venait de perdre le dernier lien avec sa femme et aussi son unique enfant.
- Nous nous brûlons, continua Bella en continuant à regarder le nom d'Edward. Pour chasser nos derniers péchés, pour finir en cendre et retourner à l'air libre. Continuer à parcourir le monde, mais d'une tout autre manière.
- La tombe est là pour nous, pour nous souvenir, tenta de lui faire comprendre Carlisle.
- Le souvenir n'est que ça, c'est l'esprit. Ce sont les morts que l'ont doit libérer pas les vivants.
- Chacun ses traditions Isabella. Nous ne brûlons pas les morts parce que nous avons peur qu'ils arrivent sans corps de l'autre côté.
- Mieux vaux arriver sans corps que sans âme, répondit-elle têtue en haussant les épaules. Personnellement je préférerai ne jamais finir ainsi, à hanter les vivants à l'aide d'un caillou.
- Si vous vous étiez mariée à Edward, vous auriez été enterrée de cette façon.
- Je me serai brûlée moi même de mon vivant s'il l'avait fallut. Mais ce sont vos traditions, comme vous l'avez dit. Je pense que ça ne doit pas être la seule tradition sur laquelle nous ne serons pas d'accord.
- J'aurais aimé les apprendre de vous, avoua le prince en lui faisant un maigre sourire.
- Vous vous en seriez servi contre moi, s'amusa Bella avec clairvoyance. Vous me pensiez assez intelligente pour tuer votre fils, j'en conclus donc que même si vous m'appréciez, vous m'avez toujours un peu crainte.
Carlisle posa son regard sur elle en se rendant compte qu'il l'avait réellement vexée en pensant qu'elle y était pour quelque chose dans cette histoire. Le cœur de Bella aussi était lourd, elle ne savait plus trop ce que son père allait faire d'elle. Est-ce qu'il allait vraiment la marier au prochain héritier de Volterra ? Encore faudrait-il savoir qui se serait.
- Je ne vous en veux pas, conclut-elle en posant une main sur son bras. Je comprend très bien que dans l'équation, j'étais l'une des coupables les plus évidentes. Vous êtes un grand général et même chez nous vous êtes craint, alors que les phénixiens sont bien trop fier pour craindre qui que ce soit.
Carlisle sourit un peu plus en se rendant compte qu'elle essayait à sa manière de lui remonter le moral.
- Si vous répétez ça je nierai l'avoir dit. Ce que j'essaye de vous faire comprendre, c'est que quelqu'un, quelque part a peut-être essayé de vous affaiblir, vous ou ce royaume. Ne lui donnez pas la satisfaction de gagner et gardez la tête haute. Continuez à être un grand général. Quant à moi, je vais rentrer avec mon frère, dans l'attente d'une décision venant de nos rois respectifs. Dans le cas où l'alliance par mariage n'aboutirait pas, je vous souhaite de trouver les coupables et que nos pays restent en bon terme. Pour vous prouver ma bonne foi, si jamais j'ai la moindre information qui puisse vous aider dans votre recherche, je vous l'enverrai.
- Votre père désapprouverait certainement s'il n'y a pas de contrepartie, trancha Carlisle en bon stratège.
- Mais je ne suis pas mon père et je n'ai qu'une parole. Je vais dire au revoir à Demetri et j'espère que nous nous reverrons bientôt.
Carlisle lui fit un baise main en s'inclinant.
- Vous êtes la femme la plus intelligente que j'ai vu de ma vie et oui, ceci est un compliment.
- Je vais vous dire un secret, je tiens tout de ma mère.
- Phénixis restera toujours un mystère au final. Prenez soin de vous princesse, je ne suis pas sûre que vous trouviez un jour un mari digne de vous, mais je vous le souhaite.
- Je ne demande qu'un mari qui me respecte et ne m'empêche pas de lire tout ce dont j'ai envie, je devrais pouvoir trouver chaussure à mon pied.
- Rien ne vous sert de les lire si vous ne pouvez pas en discourir avec lui. Même si on vous a apprit le contraire depuis votre enfance Isabella, un mari doit avant tout être un homme qui vous aime. Un mariage d'intérêt n'aura jamais la même saveur qu'un mariage d'amour.
- Sauf que le mariage d'amour n'a jamais été une option pour moi, répondit-elle honnêtement. Et il ne le sera jamais. Si le contrat passé entre nos deux pays est rompu, mon père cherchera juste un autre mari. Je ne suis guère plus qu'une marchandise sur le marché lorsqu'il s'agit de mariage.
Carlisle se désola de son discourt, avant de se rendre compte qu'il avait infligé la même chose à son propre fils. Si Bella et Edward s'étaient rencontré en dehors de l'alliance des deux pays, seraient-ils tombé amoureux l'un de l'autre ? La princesse semblait tellement résignée sur ce sujet. Carlisle ne l'enviait pas. Elle avait faillit être mariée à un prince héritier et devenir reine, à présent, elle serait mariée au plus offrant. La princesse lui fit une dernière révérence en jetant un œil sur la pierre tombale d'Edward.
- J'allumerai un feu pour lui à mon retour, il se doit d'être libre de voyager comme son cœur l'a toujours voulu.
La princesse Isabella avait le cœur tendre derrière ce mur de froideur et de bonnes manières qu'elle pouvait montrer par moment. Carlisle la vit s'éloigner en se demandant s'il l'a reverrait un jour. Il n'avait aucune idée de qui succéderait à Aro, même si Demetri semblait le choix le plus logique. Enfin, s'il se remettait de ses blessures. Il ne doutait pas un instant que s'il en était ainsi, son neveu sauterait sur l'occasion pour épouser la princesse. C'était une amie chère à ses yeux et ce serait un atout pour lui. Seulement, aux yeux de Carlisle, Edward n'avait déjà pas beaucoup la carrure d'un futur roi, Demetri encore moins. Le pays n'était pas au meilleur de ses jours. Carlisle avait du pouvoir sur Edward, il n'en aurait pas autant sur son neveu.
Les jours passèrent et Carlisle commençait à sentir de plus en plus l'absence de son fils. Il n'arrivait pas à se concentrer sur ses rapports, il n'arrivait pas à retrouver un semblant de gaîté. Rien ne lui donnait envie de continuer à vivre. Puis une lettre d'Isabella arriva, lui donnant sans qu'elle le sache un peu d'espoir. Dedans, elle lui conseillait d'aller espionner un trou à rat au pays d'Opale, où se trouvait souvent des mercenaires qui pouvaient accomplir ce genre de travail. Comment avait-elle obtenu cette information, il n'en savait rien, ce qu'il savait en revanche, c'était qu'elle avait tenu parole. Parce qu'il envoya effectivement quelqu'un là bas qui lui certifia qu'il y avait de quoi creuser.
Alors qu'il était plongé dans un rapport, Aro entra dans son bureau. Il ne chercha même pas à savoir si son frère était occupé, il s'installa sur le fauteuil devant la fenêtre.
- J'ai besoin de ton aide, commença Aro fatigué.
- Pour ne pas changer, répliqua son frère en soupirant.
- Que penses tu de Demetri en successeur ?
Carlisle éloigna le rapport en soufflant grandement. Devait-il être honnête ? Au regard de son frère, oui, il le devait.
- C'est un très bon combattant, il sait réfléchir quand il le faut, mais il ne connaît rien à la diplomatie et à l'art de la guerre. La subtilité et lui ça fait deux. Là où Edward n'écoutait personne à par lui, Demetri est tout l'inverse. Il est influençable et pas forcément par nous. Sans soucis, tu pourrais le marier à Isabella et tu te retrouverais plus avec une reine qu'un roi. Après je suis certain qu'elle ferait du meilleur travail que lui. J'ai peur qu'il ne capte pas les enjeux, mais je dois avouer, que même si ça ne m'enchante pas, c'est notre seule solution.
- Non, claqua la voix d'Aro avant qu'il ne se morde les lèvres.
- Comment ça non ? Demanda Carlisle surpris en fronçant les sourcils.
- Il y a un autre successeur et bien plus légitime que Demetri, bien mieux formé pour ce rôle et qui lui, capte bien tous les enjeux.
Carlisle avait beau réfléchir, la solution ne lui venait pas. Pourtant il était intelligent et bien conscient de...
- Non ! Comprit-il enfin en se levant de sa chaise. C'est hors de question.
- Tu es mon unique espoir ! Tenta de le convaincre Aro. Je ne vois personne de plus qualifié que toi et je serais en paix si je pars en te laissant ce pays.
- Tu te rends compte de ce que tu me demandes ? Gérer ce pays, oui, je peux le faire, je t'aide déjà depuis de nombreuses années. Mais tu me demandes de donner une nouvelle lignée à ce royaume. Ce qui veut dire une nouvelle femme, un autre enfant, un autre héritier, qui a tout moment peut mourir comme l'ancien. Non ! Non jamais de la vie. Je ne peux pas !
- Je vais bientôt mourir, je ne sais pas dans combien de temps. Toi, tu as tout perdu, ta femme, ton fils, mais tu as encore la chance de pouvoir recommencer tout depuis le début. Je ne l'ai pas. Si je pouvais, si j'avais une autre solution, je te l'offrirai. Mais tu as admit toi même que Demetri n'était pas prêt et ne le serait probablement jamais. Tu pourras choisir la femme qui te convient, je me débrouillerai bien avec le roi de Phénixis à propos d'Isabella. Je veux juste que tu acceptes de devenir mon héritier et que tu continues à faire de ce royaume le plus grand et le plus fort du continent. Tu es encore jeune, tu peux le faire, ce n'est plus mon cas.
Les mâchoires se serrèrent à la demande de son frère. Pourquoi fallait-il que ce soit lui ? Il ne voulait pas se remarier, il ne voulait plus avoir d'enfant, surtout si c'était pour les perdre dans des situations aussi tragiques.
- Je pense même que tu feras un bien meilleur souverain que moi. Mais tu n'auras jamais de meilleur général des armées que j'ai pu en avoir.
- Tu te crois drôle ? Demanda Carlisle n'arrivant pas à faire d'humour dans cette situation.
- Je crois juste que mon frère est encore et toujours l'homme de la situation. Je sais que je t'en demande beaucoup, mais au moins je sais que j'ai toujours pu compter sur toi. Mais je laisse juste la réflexion nécessaire à la partie rationnelle de ton cerveau qui te fera entendre raison bien plus facilement que moi.
Aro avait toujours su comment lui parler quand il se braquait. Carlisle était perdu d'avance. Parce que oui, il était la meilleure solution pour ce pays. La plus logique et la plus sure. Il ferma les yeux en se disant qu'il était perdu. Il allait devoir retrouver une femme et rien qu'à cette idée, il avait déjà envie d'abandonner. Quand il rouvrit les yeux, Aro su qu'il avait gagné. Carlisle serait le prochain roi de Volterra.
Et oui je ne vais pas prendre les chemins déjà tracé d'avance on va commencer par se mettre des bâtons dans les roues, vous me connaissez après tout ce temps. Bisous !
