Merci d'être toujours là pour ce second chapitre ! Cette fic fera officiellement 5 chapitres, car j'ai décidé que l'épilogue formerait un chapitre à part (même s'il sera certainement plus court que les autres).

Le drama continue, on avait laissé Eddie s'enfuyant du restaurant après que Richie l'ait demandé en mariage...

ATTENTION présence de smut, de lemon, de porn, bref, de contenu adulte quoi. La raison du rating M.


La porte de l'appartement s'ouvrit et Richie entra sans s'essuyer les pieds. Il tituba dans l'entrée sans penser à refermer derrière lui, claquant simplement la porte sans penser à ses voisins ni à l'heure qu'il était.

L'œil vitreux et rougi - parce qu'évidemment, il avait pleuré, bien sûr qu'il avait pleuré - il chercha la moindre trace pouvant lui laisser espérer qu'Eddie soit rentré avant lui. Il croassa son nom, mais comme il s'y attendait, il n'y eut aucune réponse. Il s'aventura néanmoins dans leur chambre, une lueur d'espoir lui laissant entrevoir que peut-être Eddie s'y était endormi avant qu'il ne rentre, mais il n'y était pas. Il vérifia la chambre d'ami - là où Eddie avait dormi jusqu'à ce qu'ils franchissent le pas de coucher ensemble - mais la pièce était vide.

Ses doigts se crispèrent sur le manteau d'Eddie qu'il tenait toujours enroulé sur son bras. Ce crétin était parti sans son porte-feuille, sans son portable, et Richie ignorait complètement où il pouvait être. Il aurait pu essayer d'appeler leurs amis communs sur Chicago - en quatre ans, ils avaient eu le temps de se créer un entourage - toutefois aucun nom ne venait en tête de Richie quand il essayait de penser à quelqu'un chez qui Eddie aurait pu se réfugier.

La vérité était qu'Eddie n'était pas vraiment le social butterfly de leur couple, et les quelques relations que Richie lui connaissait ne dépassait pas le cadre superficiel de simples connaissances.

Bien sûr, il y avait les autres Ratés, mais ils vivaient tous dans des états différents, ce serait étonnant qu'Eddie ait déjà quitté l'Illinois.

Richie déglutit à cette possibilité : il ne pouvait pas avoir effrayé Eddie à ce point-là quand même ?

Il se débarrassa de mon blouson et s'effondra dans le canapé, jetant son téléphone sur la table basse devant lui, au cas où Eddie essayerait de l'appeler.

Il n'avait pas imaginé que la soirée puisse se terminer ainsi. Cela faisait quatre ans, quatre ans qu'ils vivaient ensemble et Richie pensait connaître Eddie par cœur. Il pouvait deviner son humeur rien qu'au pli du coin de sa bouche, finir ses phrases avant même qu'il ne les termine, et pourtant il n'avait pas prévu ce scénario.
Il avait envisagé qu'Eddie dise non. Pas parce qu'il ne l'aimait pas, ou qu'il voulait le quitter, mais juste parce qu'il ne voulait pas se remarier. Richie aurait pu comprendre, ils n'en avaient pas parlé avant, peut-être qu'Eddie aurait voulu du temps pour y réfléchir, peser le pour et le contre de manière objective. Mais ça n'aurait pas été un vrai refus de s'engager, ça n'aurait pas remis en cause ce qu'ils avaient.

Eddie n'avait pas seulement rejeté sa proposition, il avait eu l'air de voir le monde s'effondrer. C'était très douloureux de voir la personne que l'on aime ressentir ça et savoir qu'on en est la cause.
Richie avait essayé de le retenir, pas pour l'accabler, non, il voulait simplement discuter, l'aider à se calmer : ce n'était pas la première fois qu'il voyait Eddie faire une attaque de panique - c'était rare, mais en quatre ans, c'était déjà arrivé - et d'habitude, Eddie acceptait Richie. Ce n'est pas qu'il trouvait toujours les mots pour l'apaiser, mais rien que le fait d'être là, c'était déjà quelque chose. Ça valait mieux que rien.

Ce soir, Eddie l'avait fuit comme un pestiféré et Richie ne pouvait s'empêcher de se demander pourquoi, pourquoi cette réaction, et si ça avait quelque chose à voir avec ce qu'il avait dit ou fait. Ou ce qu'il était, à l'intérieur, ce qu'il était vraiment et dont Eddie avait brusquement pris conscience en recevant sa déclaration.

Il rejouait sans cesse la scène dans sa tête, cherchant des indices, et n'en trouvant pas, il s'enfonçait davantage dans la certitude que c'était encore pire que ce qu'il croyait, que ça provenait de plus loin. Ça lui faisait remettre en doute toute leur relation, comme s'il se rendait compte qu'en fait tout reposait sur des fondations friables et qu'il n'avait rien vu, trop émerveillé d'y être arrivé. D'être un Nous.

En une soirée, c'était comme si ce Nous avait disparu. Il savait qu'il dramatisait, mais il ne pouvait pas s'en empêcher, parce qu'il savait que de son côté, Eddie était pareil, voire pire, et il avait peur de ce qui allait arriver, de ce qu'Eddie allait décider pour leur avenir commun. Il avait même peur de ce qu'Eddie pouvait faire seul dans son état, s'il était évanoui dans une ruelle, s'il se faisait agressé, s'il avait un accident. Cela arrivait tous les jours et Richie était terrorisé à l'idée de le perdre. Il avait déjà vécu ça, des années plus tôt, lorsqu'il attendait dans le couloir des soins intensifs du Derry Maine Hospital, le corps suintant de l'eau des égouts, qu'un docteur lui annonce comment s'était déroulé la chirurgie d'Eddie.

S'ils avaient réussi à le sauver ou non.

Tout à l'heure, il avait cherché aux abords du restaurant. Il avait crié dans la rue sous le regard ahuri des passants, soudain terrifié par la possibilité que ce soit la dernière fois qu'il ait vu Eddie. Parce que même s'il allait bien, même rien ne lui arrivait de sérieux, il était ce genre de personne, quelqu'un de drastique et de peu empathique, surtout quand il était possédé par des émotions violentes qui ne laissaient aucune place à la réflexion.

Richie n'oubliait pas comment après une semaine de son retour de Derry, il avait débarqué chez lui à Chicago, avec une demi douzaine de bagages, en annonçant qu'il quittait sa femme et qu'il voulait absolument divorcer.

Sans avoir même pris soin de prévenir cette dernière.

C'était un comportement de parfait connard, ils en étaient tous deux conscients, mais Richie n'était pas près de faire la fine bouche car après tout, cela signifiait qu'il allait avoir Eddie pour lui tout seul pour une durée indéterminée, et il avait toujours su qu'Eddie pouvait être horrible parfois - il n'était lui-même pas un modèle de vertu. Ça ne l'empêchait pas de l'aimer, et il savait dans quoi il se lançait en lui proposant de l'épouser.

Enfin du moins, le croyait-il.

Il pressa le manteau d'Eddie contre lui, fourrant son visage dans le col pour y sentir une effluve de son eau de Cologne. Il se sentait comme quand il était gamin, dépendant et vulnérable. Il se sentait minable mais ça ne changeait rien.

Il savait très bien qu'il était minable de toute façon, ce n'était pas nouveau, rien de neuf sous le soleil, vraiment. Avec Eddie, il avait juste le sentiment d'être un peu plus, ou du moins que ce n'était pas bien grave s'il avait des défauts, il pouvait rester comme il était et être apprécié en tant que tel, pas besoin de jouer davantage la comédie, pas la peine de se forcer, mais en même temps, ça lui donnait envie de s'améliorer, par fierté d'être assez bien, assez mûr pour la personne qui partageait sa vie.

Et sans Eddie ? Il perdait toute motivation à faire ou à devenir quoique ce soit. Rester prostré sur le canapé à se nourrir de pizza jusqu'à la fin de ses jours lui suffisait.

Après tout, c'était tout ce qu'il était capable de faire sans tout briser sur son passage.

..

La clef dans la serrure, Eddie hésita un bref instant avant de tourner et de se rendre compte que la porte était déjà ouverte. Inquiet, il poussa la porte et entendit des pas lourds et rapides approcher, ramenant dans sa mémoire le souvenir d'un de ses collègues chez qui il avait été invité et qui avait un énorme chien : on l'entendait arriver avant même de le voir venir faire la fête aux nouveaux venus.

Richie apparut dans le vestibule en moins de temps qu'il n'en fallait pour dire ouf, mais s'arrêta à un mètre de lui, hésitant visiblement sur la démarche à tenir.

Eddie était trempé jusqu'à l'os. Il avait erré plusieurs heures, mais n'ayant ni porte-feuille ni argent, il avait dû se débrouiller par lui-même pour rentrer. Il avait même fraudé en prenant le bus – il détestait les transports en commun, ce nid à microbes aux odeurs corporelles pestilentielles et à la promiscuité délétère.

Il avait pensé que peut-être Richie l'attendrait de pied ferme pour lui dire de faire ses valises. Il avait pensé que Richie serait rempli de rancœur, dégoûté et en colère.

Il avait rarement vu Richie en colère, mais il se mettait à sa place : si c'était à lui que c'était arrivé, il serait furieux.

Mais Eddie avait toujours eu plus de fierté que Richie.

Ce dernier sortit une serviette de plage d'un placard pour enrouler Eddie dedans et, sentant Eddie se rapprocher, il le prit dans ses bras.

L'endroit le plus confortable au monde, d'après Eddie.

Il lui caressa le dos en faisant des ronds pour le calmer, et Eddie sentit toute l'anxiété qu'il ressentait s'évacuer, comme si elle coulait enfin de lui pour venir imbiber la moquette.

« Pardon. », répéta Richie tout bas en lui touchant la nuque, et ça donnait l'impression que c'était sa faute pour avoir fait quelque chose de mal. Eddie aurait voulu le contredire, mais il avait la gorge nouée – il était sûr qu'il allait tomber malade après ça – et son corps était gelé.

Il n'était pas non plus certain d'arriver à expliquer où était la faute.

Son estomac se mit à gargouiller bruyamment, lui rappelant vivement qu'il n'avait pas dîné.

- Oh, c'est vrai, tu n'as rien mangé !, s'exclama aussitôt Richie en se détachant de lui. Je vais...

Eddie le tira par le devant de sa chemise et aussitôt, Richie se figea en réaction. Eddie était incapable de l'arrêter par sa seule force, parce que Richie était grand et large, bien plus que lui, mais un seul mouvement pouvait suffire quand Richie était si tendu qu'il était à l'écoute de ses moindres gestes.

Ils se regardèrent et progressivement, le rouge monta aux joues de Richie, montrant une nouvelle fois une docilité alarmante dans les situations les plus intimes, et cela tout en dépit de ses attitudes revêches la plupart du temps. Il avait une faiblesse pour Eddie qu'il ne savait défendre quand, dénudés de leurs apparences, ils se montraient sous un jour plus vulnérable.

Eddie glissa lentement ses mains glacées sous le t-shirt de Richie, sous sa chemise, contre son ventre. Richie tressaillit.

- Réchauffe-moi, souffla Eddie d'une voix faible – trop fatiguée pour être séductrice, trop lasse pour tenter de dissimuler le besoin viscéral derrière, et cela fonctionna néanmoins, parce que Richie ne pouvait jamais lui refuser quoique ce soit, ils le savaient tous les deux.

Richie l'enlaça, et, posant une main sur sa joue, il embrassa délicatement l'autre, pour descendre lentement dans le cou.

Eddie gémit, agrippant la peau chaude sous les épaisseurs de tissus, sans se soucier de faire mal en serrant trop fort. Richie passa sa langue sur sa gorge et les inquiétudes d'Eddie se mirent à fondre jusqu'à se changer en un filet de voix s'échappant d'entre ses lèvres, et ils commencèrent à reculer contre le mur, cherchant à tâtons le couloir pour atteindre la porte de la chambre sans appuyer sur l'interrupteur de la lumière.

- Eddie...Eddie !, gémit Richie à son oreille, le ton empreint d'urgence.

Les mots qu'Eddie aurait pu prononcer auraient été trop maladroits et blessants, il savait trop bien ce qui faisait mal à Richie, et il ne voulait pas de dispute sur ce qui s'était passé. Il savait que ce n'était pas sain de passer cela sous silence, mais l'énergie lui manquait de prendre sur lui pour tenter d'avoir une conversation calme pour rassurer son compagnon. Tout ce qu'il pourrait dire risquait d'empirer les choses.

En l'absence de paroles, il pouvait toujours compenser par les actes.

Il embrassa passionnément Richie et le renversa doucement sur le matelas de leur lit. Richie le laissa grimper sur ses genoux et défaire sa ceinture, trop accroché à lui pour rendre ses gestes fluides mais Eddie fit avec. Richie avait besoin de ce contact, ils en avaient besoin tous les deux à vrai dire. Il ne pouvait pas le lâcher ne serait-ce qu'une seconde.

- Eddie...Eds...ne...

Eddie leva les yeux, perplexe. Leurs regards se croisèrent dans l'obscurité, et ce n'était peut-être qu'une impression mais les yeux de Richie paraissaient plus brillants que d'habitude.

- Laisse-moi te...

Il ne termina pas sa suggestion, retirant ses lunettes pour les replier sur la table de chevet. Eddie passa la main dans ses cheveux avec tendresse avant de quitter ses genoux pour s'asseoir sur le lit.

Richie baissa la tête dans un geignement plaintif et la caresse d'Eddie sur son crâne s'aventura sur sa nuque.

- ...te réchauffer, continua Richie tout bas.

Il glissa sur le sol, écartant les genoux d'Eddie pour se glisser entre.

Eddie se crispa d'appréhension : pas de crainte, mais à cause de l'intensité qui allait le submerger.

Richie posa sa bouche sur la bosse de son entrejambe et pressa ses lèvres, sa langue, contre le tissu de son pantalon. Eddie sentait sa chaleur, et il gémit, se cambra avec ce désir de friction qui allumait un feu ardent dans son bas-ventre.

Les doigts habiles de Richie défirent sa braguette avec expertise. Puis sa langue se faufila avidement contre la soie de son sous-vêtement, faisant haleter Eddie. Il se souleva sur ses mains pour faire tomber son pantalon sur ses chevilles, et Richie en profita pour remonter légèrement les pans de la chemise d'Eddie pour dévoiler son nombril entouré de fins poils noirs. Il lécha consciencieusement à l'intérieur, avant de déposer des baisers de plus en plus bas, révérencieux, jusqu'à la tache humide formée par le gland d'Eddie pressant fermement contre l'ouverture de son caleçon.

- Eds, murmura Richie avant de le prendre dans sa bouche à travers le tissu.

Eddie lâcha un hoquet, et choqué de sa propre réaction, il repoussa Richie, la main sur son front, pour pouvoir retirer son sous-vêtement d'un mouvement vif.

La bouche brûlante de Richie s'accapara aussitôt les bourses et il serra la base du pénis entre deux doigts, gémissant d'impatience en frottant son nez contre la verge.

- Seigneur, souffla Eddie qui voyait peu dans la pénombre – mais ressentait tout au centuple.

« ...t'aime trop », crût-il entendre avant que Richie ne l'engouffre. Aussitôt, Eddie se laissa tomber sur les coudes, les bras tremblant, le plaisir injecté directement dans son épine dorsale et remontant de sa queue à la racine de ses cheveux dressés, comme un courant électrique.

Une pensée rapide le traversa comme une étoile filante, à peine perçue, déjà disparue : il était ruiné par la capacité de Richie à le pomper, il ne pourrait être avec personne d'autre après ça.

Le fil cohérent maintenu par son esprit se perdit à mesure que Richie effectuait des va-et-vient de succion bruyante dans la chambre obscure.

Eddie sanglota. Il allait jouir, ça montait trop vite, trop fort. Et Richie suçait, suçait, comme s'il voulait le tuer, tout aspirer, le dévorer entièrement. C'était angoissant combien Richie pouvait le vouloir, même dans ces moments-là, le vouloir et tout accepter, le bon comme le mauvais ; c'était la force de leur couple, une base stable qui renforçait la confiance que pouvait avoir Eddie dans leur relation. Mais ça n'en demeurait pas moins une source constante d'inconfort. Il n'y avait pas d'équilibre quand l'un des deux avait attendu aussi longtemps que Richie l'avait attendu et désiré sans même s'en souvenir durant toutes ces années – Richie ne l'avait pas dit, c'était simplement évident dans son avidité à saisir tout ce qu'Eddie voulait bien lui donner, comme un homme assoiffé après une longue traversée du désert à qui l'on tend une gourde d'eau fraîche.

Eddie se laissa retomber sur le lit et une de ses mains trouva la tête soyeuse de Richie entre ses cuisses ; il la lui caressa gentiment, essayant d'exprimer un millième de l'affection qu'il ressentait à travers ce geste si simple, mais ce n'était pas facile car le plaisir vibrait derrière ses paupières closes, lui crispant les doigts entre les mèches souples, il risquait de tirer dessus.

Richie ne semblait pas gêné outre mesure, poursuivant sa tache avec un enthousiasme renouvelé. Le self control d'Eddie lâcha et il enroula une de ses jambes autour de l'épaule de Richie, dont les lèvres embrassèrent une dernière fois son gland avant de le branler à la main pour le faire éjaculer. Eddie convulsa brièvement des hanches en sentant la tension jaillir malgré lui, le laissant épuisé sur le carreau.

Richie s'essuya la main avec les mouchoirs de la table de chevet, nettoyant le pénis d'Eddie au passage, et déposa un baiser rapide sur son nombril avant de se lever pour jeter les déchets dans la corbeille.

Eddie en profita pour se faufiler sous la couverture et rapidement, Richie vînt le rejoindre.

- Ça va mieux ?, demanda Richie à voix basse. Tu es réchauffé ?

Eddie grommela sa réponse et entoura Richie d'un bras pour l'amener à se blottir contre lui. Richie ne se fit guère prier, comme d'habitude, et enfin, Eddie fut assez rassuré pour se dire « peut-être que cette soirée désastreuse n'aurait pas les conséquences que je craignais. »

Il s'endormit peu après, rasséréné.

Il avait tort de penser que ça allait être oublié.