Hey les p'tits chats !

Je suis super contente de vous retrouver en ce mercredi, jour de publication du deuxième chapitre de DSC !

J'en profite pour vous remercier pour votre engouement dès le début de cette nouvelle histoire. Merci pour vos reviews, vos mises en suivi, j'espère que cette nouvelle aventure ensemble vous plaira, que vous prendrez du plaisir à la lire, autant que j'en prends à l'écrire.

Après avoir eu le point de vue d'Hermione pour le premier chapitre, c'est au tour de Charlie. L'occasion d'en savoir un peu plus, de comprendre comment ils en sont arrivés là. Ce sera comme ça sur cette histoire, un point de vue par chapitre, à tour de rôle.

Je vous laisse à votre lecture, on se retrouve plus bas :)


Réponses aux reviews anonymes :

Delph : Hey ! Je suis contente que ce début d'histoire t'emballe, et je suis contente de t'y retrouver. Théo a su être là quand elle en avait besoin ;) Merci pour ta review, j'espère que le nouveau chapitre te plaira. À bientôt !

Cecile : Coucou ! Héhé, oui, je vous ai fait l'affront de les séparer et de commencer cette nouvelle Charmione par du Théomione, non mais où va le monde ? Effectivement, ils sont tous les deux rentrés en Angleterre. Et non, ce n'est pas si tendu que ça. Il y a Jamie, puis Hermione... c'est Hermione. Elle fera toujours partie de cette famille. Il y a de l'eau dans le gaz entre elle et Charlie mais ce sont leurs affaires, ils ne mêlent pas le reste des Weasley. Le métier de Charlie ? Ah ah, la suite de l'histoire t'apportera des réponses. Je suis contente que ce début te plaise, j'espère qu'il en ira de même avec la suite. Merci pour ta review. À bientôt !

Aventure : Hey ! J'espère que la suite de L'homme aux dragons te plaira alors. Merci de m'avoir laissé une review, à bientôt !

Cute Hell : Heeyyyy ! Ah ah en tout cas ton enthousiasme me touche beaucoup ! J'espère que l'histoire te plaira. Merci pour ta review, à bientôt !

Guest : Hey :) Hum, je n'ai pas vu Dragons, donc c'est un pur hasard si Harold s'appelle comme lui ahah. Et sinon, euh... eh bien, c'est la vie ? Il arrive parfois qu'un couple ne reste pas toute une vie ensemble, il y a des hauts, mais aussi des bas et cette histoire est là pour montrer qu'il faut se battre pour la personne que l'on aime :) Je ne suis pas "fait chier" pendant les 24 chapitres de la précédente histoire, au contraire, c'était génial de mettre leur relation sur pied. J'espère que tu aimeras malgré tout la suite, merci de m'avoir laissé une review. À bientôt !

Lusyne : Hey ! Hé hé, comme quoi, j'arrive toujours à surprendre et ça, j'en suis ravie :D J'espère que cette suite te plaira. Merci pour ta review, à bientôt !


Merci à JK Rowling pour l'ensemble de son œuvre, et merci à Lyra Verin et Mery-Alice Gilbert pour leur relecture, corrections et soutien sans faille.


Les dragons de la seconde chance
CHAPITRE 2

Depuis vingt bonnes minutes, Charlie assistait, impuissant, à un débat entre sa mère et sa sœur à propos de la scolarité. Molly soutenait mordicus à sa fille qu'il était indispensable pour elle de faire l'éducation à la maison pour son futur enfant, ce à quoi Ginny semblait opposée.

- Je vous ai éduqué tous les sept ici, Ginny, je pense savoir de quoi je parle quand même.

- Je ne dis pas le contraire. Je dis juste qu'Andrei et moi nous n'avons pas la même vision des choses. C'est quand même dingue ça, j'ai trente-cinq ans et tu trouves encore le moyen d'essayer de me dicter ma vie !

- C'est important que tu puisses aider ton futur enfant à grandir !

- Alors déjà, mon futur enfant ne doit naître que dans trois semaines donc j'ai le temps de voir venir. Deuxièmement, c'est aussi très important qu'il ne soit pas démuni en arrivant à Poudlard et il existe maintenant de très bonnes solutions à ça. Troisièmement, je compte recommencer à travailler rapidement donc je n'aurais pas tout mon temps à lui consacrer et enfin, je fais ce que je veux de ma vie !

- Ginevra ! pesta Molly, vexée d'être reprise de la sorte.

Charlie, lui, assis à table et sa tête reposant dans sa main, se faisait le plus petit possible pour ne pas être impliqué dans la conversation. Mais il connaissait sa sœur et vu l'origine du débat, elle allait forcément le prendre en exemple.

- Regarde Charlie et Hermione, ils ont mis Jamie dans une école moldue !

Bingo, pensa le rouquin. Il tourna à peine le regard vers sa mère pour voir ce qu'elle allait répondre, mais elle se contenta d'un petit reniflement avant de s'enfuir vers la cuisine.

- Désolée, s'excusa Ginny. Je ne savais pas comment me sortir de ce pétrin.

- Ouais j'ai remarqué, grogna Charlie.

- En même temps, elle me prend la tête avec ça, soupira-t-elle. J'accouche dans trois semaines, je ne sais même pas si ce sera une fille ou un garçon et encore moins comment je vais l'appeler, donc j'ai d'autres préoccupations en ce moment.

- C'est vrai ça, vous ne connaissez pas encore le sexe. C'est pas frustrant ?

Ginny haussa les épaules.

- Non. On avait envie de garder la surprise. Puis, si je gagne, Andrei me doit un repas aux chandelles.

- Quelle femme intéressée tu fais, se moqua-t-il gentiment.

- Tu parles. Si je perds, je lui dois une paire de gants ignifugés parce que les siens sont abîmés. Tu sais, ceux qui coûtent la peau des fesses.

Charlie ne contrôla pas la nausée qui le prit subitement. Savoir que son ancien collègue continuait de travailler avec les dragons le rendait plus malheureux qu'il ne l'aurait voulu. Il était content pour lui, certes, mais il ne pouvait pas empêcher une petite partie de lui d'être profondément jaloux. Lui qui, depuis quatre ans, n'avait approché que les dragons miniatures de son fils.

Ce n'était pas faute d'avoir essayé, pourtant, mais il était toujours rongé par la culpabilité.

Lorsqu'il avait reçu, quatre ans plus tôt, cette lettre annonçant l'arrêt des subventions pour sa réserve, Charlie s'était effondré. Cette réserve qui était la sienne depuis plusieurs années maintenant, celle que Ioan lui avait confiée, lui filait entre les doigts sans qu'il ne puisse rien y faire. Il avait essayé, bien entendu, enchaînant les courriers, les rendez-vous avec les personnes en charge des subventions, mais rien à faire. La réserve était condamnée.

Alors, la mort dans l'âme, il avait licencié ses collègues, devenus ses amis au fil du temps. Personne ne lui en avait voulu car il n'y était pour rien, mais il ne pouvait empêcher la culpabilité de le ronger. Il avait gardé contact avec certains d'entre eux, mais surtout avec les triplés - par la force des choses depuis que Ginny sortait avec Andrei - et avec Gabriel, désormais fiancé à Lucie.

En plus du licenciement de ses employés, venait l'abandon des dragons. Ceux-ci avaient été déplacés dans d'autres réserves que Charlie avait estimées dignes de confiance. Les adieux avec Diego, son petit protégé, avaient été déchirants. Encore maintenant, il pensait souvent à lui, s'il allait bien.

Il avait sans cesse l'impression d'avoir trahi Ioan et la confiance qu'il avait placée en lui en lui confiant la réserve lorsqu'il avait pris sa retraite. Alors, rongé par cette culpabilité, il s'était renfermé sur lui-même, devenant alors complètement hermétique à toute approche. On avait essayé de l'aider, Hermione en tête de liste, mais il avait refusé toute démarche, prétextant que c'était son problème et à lui seul.

À la perte de la réserve et de ses dragons, s'était donc ajoutée la perte de la femme qu'il aimait. Il était pleinement conscient du mal qu'il lui avait fait à l'époque, au point qu'elle en vienne à le quitter, mais il était si malheureux qu'il n'avait pas réussi à se raisonner. Encore aujourd'hui, la tristesse et la culpabilité parlaient pour lui même quand il ne le voulait pas. Comme deux semaines en arrière quand elle lui avait déposé Jamie et qu'elle lui avait parlé comme si c'était la première fois qu'il le gardait et qu'il ne savait pas s'en occuper.

Ça avait beau faire quatre ans, et trois ans qu'ils étaient séparés, il avait toujours du mal à digérer tout ça.

- Tu restes dîner mon grand ?

La voix de son père et sa main sur son épaule le tirèrent de ses pensées.

- Non, j'ai autre chose de prévu, désolé.

- Oh ce n'est pas grave, le rassura Arthur. Peut-être dimanche, quand tu auras récupéré Jamie ?

- Hum, faisable, oui. Hermione me le laisse en fin d'après-midi donc on pourra venir dîner, à condition qu'on ne reparte pas trop tard car il aura école le lendemain.

- C'est noté.

- Alors j'y vais.

Charlie se leva et alla mettre sa veste. Il salua tout le monde, à commencer par sa mère qui était partie tricoter en boudant. Il termina par Ginny à qui il demanda de passer le bonjour à Andrei. En retour, elle le fit promettre de passer les voir avant qu'elle accouche.

Il transplana pour se rendre sur le Chemin de Traverse et il rejoignit le Chaudron Baveur où Gabriel l'attendait pour boire un verre en ce début de soirée.

Il le trouva assis dans le fond du pub, cependant il se leva pour venir l'étreindre.

- Salut vieux, lança Charlie, vraiment heureux de le retrouver.

- Plus jamais ce "salut vieux" qui me rappelle que je vais bientôt avoir cinquante ans, grimaça Gabriel.

- Tu seras toujours le plus vieux de nous deux, que tu le veuilles ou non, se moqua Charlie en s'asseyant.

Il demanda un verre d'hydromel aux épices au serveur venu prendre leur commande tandis que Gabriel optait pour une bièraubeurre.

Après la fermeture de la réserve, Gabriel et Lucie - qui s'étaient mis ensemble un an ou deux après Charlie et Hermione, après des années à se tourner autour - étaient rentrés en France. Depuis, le couple venait rendre visite à Charlie de temps en temps, et vice-versa, ayant gardé une amitié très forte.

- Alors, comment va la vie en ce moment ? demanda son ancien collègue. Ça faisait un petit moment qu'on s'était pas vus.

- Bah, le train-train quotidien, éluda rapidement Charlie avec un haussement d'épaules.

- Tu n'as toujours pas retrouvé de travail ?

- J'ai eu deux propositions mais j'ai dû les refuser.

- Ah bon ? En quel honneur ? s'étonna Gabriel.

- C'était un poste de vendeur à la ménagerie magique du Chemin de Traverse et un de soigneur dans un centre de réhabilitation de niffleurs.

- Ah… ouais.

- Comme tu dis, soupira Charlie.

Il n'avait rien contre ces deux emplois, au contraire, c'était juste que cela ne correspondait pas du tout à son profil. Lui, il voulait travailler avec les dragons. Soigneur, dresseur, peu importait, mais avec aucune autre créature que celle qui le passionnait. Il préférait continuer à vivre sur ses économies plutôt que d'accepter un travail par dépit.

- Mais… enfin, ce ne sont peut-être pas mes affaires, mais tu as pensé à Jamie ?

- Que vient faire Jamie là-dedans ?

- Charlie, ça va faire quatre ans que tu n'as pas de travail, ça va finir par se ressentir à un moment donné.

- J'ai de l'argent de côté, pesta-t-il, vexé.

- Je n'ai jamais prétendu le contraire, je dis seulement que cet argent de côté n'est pas infini. Pour l'instant ça va, et tant mieux, mais en septembre, Jamie rentrera à Poudlard. Il va falloir acheter toutes les fournitures, les robes, la baguette…

Charlie soupira, le nez dans son hydromel. Il en avait pleinement conscience de ça, évidemment. Il n'était pas stupide, encore moins inconscient, et le bien-être de son fils passait avant tout. Seulement voilà, pour vendre des Miamhibou ou soigner les pattes cassées des niffleurs, ils allaient devoir opter pour quelqu'un d'autre.

- C'est que… je ne veux pas lâcher les dragons. C'est ma passion et je ne sais faire que ça. Il n'y a que là-dedans que je suis doué.

- Ce n'est pas vrai, Charlie. Si Ioan t'a fait confiance en te laissant la réserve, c'était parce qu'il savait que tu étais bien plus doué que tu ne le disais. Alors ok, avec les dragons c'est imparable, tu étais le meilleur de nous tous. Mais tu as appris d'autres choses, la comptabilité, la gestion du personnel, la tenue des comptes...

- Ah ! Ben vois où ça nous a mené ! À la faillite.

- Combien de fois on va devoir te répéter que ce n'était pas de ta faute ?! le réprimanda Gabriel en haussa légèrement la voix

- Jusqu'à ma mort, certainement.

- Oh pitié, achève-moi alors !

- Bon on peut parler d'autre chose, s'il-te-plaît ? demanda Charlie, très peu désireux de continuer cette conversation. Comment va Lucie ?

Gabriel soupira et, visiblement, consentit à ne pas insister.

- Elle va bien. Le décès de sa mère a été très difficile à encaisser mais ça va mieux. Avec sa sœur qui vit à Paris, elles sont parties rejoindre un de leurs frères qui vit en Andalousie et elles y sont restées deux semaines. Là, elles sont rentrées et je sens que ça lui a fait le plus grand bien.

- Tant mieux. Tu lui passeras mon bonjour ?

- Évidemment. Et vous venez quand vous voulez avec Jamie, ça fait longtemps qu'on l'a pas vu.

- On envisagera peut-être de venir cet été, pendant les vacances. Il sera content de voyager un peu avant d'entrer à Poudlard.

- Il n'est pas trop stressé ?

- Pas le moins du monde ! Je pense être plus stressé que lui. C'est son anniversaire le mois prochain donc il ne va pas tarder à recevoir sa lettre. Il est si impatient, je l'ai rarement vu comme ça.

- Tu penses qu'il sera réparti dans quelle maison ? On n'avait pas ça, nous, à Beauxbâtons, mais je sais que c'est un truc important à Poudlard.

- Hum, je ne sais pas trop. Spontanément je t'aurais dit Serdaigle, mais il y a un peu de Poufsouffle en lui, quand même.

- Ton égo de Gryffondor n'est pas blessé ? se moqua gentiment Gabriel.

- Bof, non. Sa mère avait tout d'une Serdaigle et il a pris ça d'elle alors ça ne m'étonne pas. Mais c'est vrai que très peu de Weasley ne sont pas allés à Gryffondor, en fin de compte.

Ils discutèrent encore un petit moment de la future rentrée de Jamie à Poudlard puis ils se séparèrent après quelques verres, bien que Gabriel ait un peu moins bu que Charlie pour éviter le désartibulement lors de son transplanage.

Charlie n'eut que quelques mètres à faire pour rejoindre son appartement. Lorsqu'ils s'étaient séparés avec Hermione, ils avaient convenu qu'elle garderait la maison qu'ils avaient achetée et qu'il prendrait un appartement. Conscient que le mal venait de lui, il aurait été malvenu qu'il la mette à la porte. Il avait eu la chance de le trouver rapidement, sur les conseils de George, car c'était l'appartement que Ron et Verity avaient loué quelques temps avant de déménager.

Il n'était pas très grand, mais il était chaleureux et il y avait deux chambres comme ça, quand il avait Jamie, celui-ci avait sa propre chambre.

Après une bonne douche, il alla se coucher. Comme souvent, sa nuit fut courte et peu reposante.


Charlie avait récupéré son fils la veille, après une semaine passée chez sa mère. Là, ils étaient au Terrier pour le dîner promis à Arthur quelques jours plus tôt. Bill et Fleur étaient là également, sans les enfants puisqu'ils étaient tous à Poudlard.

- Alors Jamie, tu as reçu ta lettre ? demanda Bill.

- Non, pas encore, soupira-t-il. Vous croyez que je vais l'avoir bientôt ? C'est bizarre, non ?

- Pas du tout, ne t'inquiète pas, le rassura son père. Il n'y a pas de raisons que tu ne la reçoives pas.

- Mais… Et si je suis chez maman et qu'elle arrive chez toi ? Ou l'inverse ?

- Fais confiance à McGonagall pour ça, la lettre arrivera là où tu seras.

- T'en sais rien, McGonagall est vieille, peut-être qu'elle perd la boule.

- Jamie ! le réprimanda Charlie.

Il avait raison, son ancienne professeure avait désormais assez âgée mais cela ne l'empêchait pas d'avoir encore toute sa tête. Elle n'enseignait plus mais elle était une directrice hors pair.

- Désolé, j'aurais pas dû dire ça. C'est que… ben ça m'embête de pas l'avoir reçue.

- J'ai l'impression de revoir Percy, fit remarquer Molly. Vous vous en souvenez, les garçons ? Tous les jours, le mois précédent son anniversaire, il était posté à la fenêtre à regarder le ciel. Il guettait le moindre oiseau dans le ciel et il était le premier à se jeter sur le courrier quand il arrivait. Puis il partait bouder dans sa chambre quand il constatait qu'il n'y avait rien pour lui.

- Je me souviens de ça, dit Bill. Et le jour où il a reçu sa lettre, Errol en avait grignoté le coin, Percy était furieux.

- C'est vrai, confirma Charlie. Et après il en était tellement fier qu'il l'a faite encadrer.

- Toujours très excessif, ce Percy.

Les Weasley partagèrent encore quelques anecdotes de famille jusqu'à ce qu'il soit l'heure pour Charlie et Jamie de rentrer. Le jeune garçon ayant école le lendemain, il fallait qu'il ait son quota d'heures de sommeil.

Une fois rentrés, Jamie partit se mettre en pyjama pendant que Charlie jetait un œil à son courrier, mais mise à part une carte postale de Ron et Verity qui se la coulaient douce dans les Caraïbes, il n'y avait rien de bien intéressant.

- C'est bon p'pa ! cria Jamie depuis sa chambre, que Charlie rejoignit.

- Prêt pour la nuit ? Tu as donné à manger à Miska et Harold ?

- Ouaip. Mais demain tu pourras regarder un peu Miska ? Je trouve qu'elle fait un peu la tête tout le temps en ce moment.

- C'est-à-dire ? demanda Charlie en approchant du vivarium.

- Ben parfois elle mange, parfois non. Et souvent, elle est installée dans un coin du vivarium et elle bouge pas.

Jamie descendit de son lit pour venir à côté de son père.

- Regarde, dit-il en pointant du doigt sa petite dragonne. Harold mange mais pas elle. On dirait qu'elle est triste.

Charlie ouvrit la petite trappe du vivarium et tendit la main à l'intérieur. Il claqua sa langue contre son palais pour attirer l'attention de Miska et qu'elle vienne. Cependant, la dragonne le regarda un peu de travers avant de se rallonger, lui tournant le dos.

- Je ne pense pas qu'elle soit triste, je pense juste qu'elle boude. Après, les raisons… je ne sais pas. Mais tu as bien fait de m'en parler, je la surveillerai dans la journée pour essayer de comprendre.

- C'est rien de grave, hein ? s'enquit Jamie en regardant son père, un peu d'inquiétude dans la voix.

- Non, ne t'inquiète pas, le rassura-t-il en ébouriffant ses cheveux. Elle ne montre pas de signes alarmants, elle va bien.

Jamie grimpa à nouveau sur son lit et se glissa sous la couette.

Il adorait ses dragons miniatures et Charlie était très fier d'avoir transmis sa passion à son fils. En plus, c'était venu naturellement. Oui, il était dans un environnement propice à ça puisqu'il était né à l'époque où la réserve tournait à plein régime et il y avait grandi, entouré de dragons, mais ni lui ni Hermione n'avait forcé quoi que ce soit pour l'inciter à les aimer.

- P'pa ? l'appela Jamie pour attirer son attention.

- Oui ?

Il vint s'asseoir sur le bord du lit.

- C'est vrai ce que tu disais tout à l'heure, chez papy et mamie, pour la lettre ? Que la professeure McGonagall saura où je suis ?

- Je ne dis jamais de bêtises, tu devrais le savoir depuis le temps, le taquina-t-il.

- Je sais p'pa, mais c'est que… enfin, je voudrais pas la manquer, tu vois.

- Ne te fais pas tant de soucis pour ta lettre, mon grand. Elle arrivera chez maman si tu es chez elle, ou ici si tu es avec moi. Dans tous les cas, elle arrivera et tu ne manqueras pas la rentrée en septembre, sois-en sûr.

- Ok…

Charlie sentit au ton de sa voix et à son regard fuyant qu'il y avait autre chose. Autre chose qu'il hésitait visiblement à lui demander.

- Autre chose ? demanda-t-il légèrement, pour ne pas le forcer.

- Eh ben… non, rien.

- Tu es sûr ?

Jamie soupira avant de le regarder.

- Les fournitures pour la rentrée, tu sais ? La baguette et tout, faudra aller les acheter.

- Bien sûr, on ira.

- Oui mais… enfin c'est un truc important pour moi, tu vois ? Et… et j'aimerais bien que vous soyez là tous les deux pour ça, déclara-t-il, en insistant bien sur le "tous les deux". Maman et toi, quoi.

Il devait s'y attendre à celle-là et pourtant, il ne savait pas quoi répondre. C'était normal que Jamie veuille avoir ses deux parents avec lui pour quelque chose de si important. Il encaissait déjà très bien la séparation et la garde alternée alors ils n'avaient pas le droit de le priver de ça. Et malgré ça, Charlie ne se sentait pas très à l'aise avec l'idée de passer une journée, ou même une demi-journée, seul avec son fils et son ex.

- J'en parlerai avec maman, lui dit-il, ne s'engageant à rien définitivement.

- Pour de vrai ?

- Pour de vrai. J'en discuterai avec elle, mais on a encore le temps avant ça. Maintenant, c'est l'heure de dormir.

Charlie Weasley ou l'art de se débarrasser d'une conversation qui le mettait mal à l'aise.

- Bonne nuit mon grand, lui dit-il en l'embrassant tendrement sur le front.

- Bonne nuit p'pa.

Jamie remonta la couverture sur lui et se tourna sur le côté. Charlie poussa la porte sans la fermer complètement, sachant que son fils n'aimait pas le noir complet et préférait avoir un petit filet de lumière rassurant dans sa chambre.

Il se laissa lourdement tomber dans le canapé, sa tête renversée contre le dossier, les yeux clos. Cette conversation avec Jamie avait réveillé certaines émotions en lui. Cela faisait trois ans maintenant qu'il était célibataire, n'ayant pour le moment pas du tout envie de refaire sa vie. Trois ans que lui et Hermione n'étaient plus un couple, ne se croisaient que sur le pas de la porte ou lors d'événements familiaux. Et voilà que Jamie lui demandait cela. Il ne pouvait le lui refuser, c'était impossible. Mais comment être sûr que cela se passerait bien, vu la qualité des échanges entre lui et Hermione ?

Il ne pouvait le garantir, mais avant toute chose, il fallait qu'il en discute avec elle, comme des adultes, sans faire de Jamie un hibou entre eux.


Et voilà pour la suite, dans la tête de Charlie.

Qu'en avez-vous pensé ? De son quotidien, son ressenti. Et puis on voit un peu plus Jamie, et vous m'avez dit que vous l'adoriez, j'espère que c'est toujours le cas.

Il me tarde de lire vos reviews !

Du love pour vous, à mercredi !