Attention :
-Mention de suicide dans ce chapitre. (Je dis bien "mention" et non pas "description"!)


Chapitre 2: Celle qui avait tout perdu

Marinette était de nouveau seule chez elle, un petit appartement situé juste au-dessus de son café. Elle était en train de préparer des affaires que la jeune femme allait donner aux sans-abris qu'elle avait repéré quelques jours plus tôt non loin de son habitation.

Depuis que la demoiselle était arrivée à Blüdhaven et avait constaté la détresse de ses habitants, elle avait mis un point d'honneur à aider tous ceux qui était dans le besoin dans le quartier.

La brunette finit par s'assoir exténué par tous ses efforts.

Tout était tellement plus simple quand elle était plus jeune…

Marinette était une fille comme les autres. Puis un jour, le destin personnifié par un certain Wang Fu la choisit pour lutter contre les forces du mal. Elle embrassa son destin corps et âme, luttant alors sans relâche pour protéger la population de Paris contre le terrible Papillon avec l'aide de son Kwami Tikki.

Elle avait des ami(e)s, une famille aimante, une passion pour le stylisme. Une demoiselle qui avait tout pour être heureuse.

Mais ce que l'on appelle le destin n'est pas toujours tendre, même avec ceux qui essaient de faire le bien autour d'eux. Et parfois il arrive au destin d'être une énorme fille de catin.

Le monde de Marinette se détériora le jour où une certaine Rossi décida de parsemer son venin dans l'environnement. Ce n'était qu'une fillette de 13 ans, avec ses défauts et surtout avec une obsession mal placée pour le beau modèle de son collège -oui, avec le temps elle refusait d'appeler ce sentiment de l'amour-.

La menteuse tenta par tous les moyens de l'éloigner de ses différents amis, avec plus ou moins de succès. Certains de ses camarades de classes crurent la menteuse et s'éloignèrent d'elle. D'autres comme Luka et les Kitty section , Adrien ou encore Nathaniel et Marc restèrent à ses côtés. La classe se retrouva divisée en deux groupes : les pro-Lila et les pro-Marinette.

Puis il y avait ceux comme Alya qui ne savait pas sur quel pied danser. La martiniquaise refusait de prendre parti déclarant qu'elle considérait les deux demoiselles comme ses amis.

Bientôt le conflit sortit de leur salle de classe pour se répandre dans tout le collège. La situation ne plaisait guère à la franco-chinoise qui commença à se demander si elle n'aurait pas dû se taire… Mais d'un autre côté voir ses précieux amis se faire manipuler comme des marionnettes lui faisait tellement mal…

Elle les aimait du plus profond de son cœur…

Mais tout cela ne restait que des conflits enfantins.

Certes, sa vie de collégienne était en grande partie gâché mais il y avait tout de mêmes des moments heureux. Du moins… jusqu'à ce fameux jour.

Un évènement en particulier vint détruire sa vie à jamais.

Un jour, alors que Marinette rentrait chez elle, elle entendit un bruit venant de l'arrière-boutique de ses parents. Intrigué, la brunette voulut vérifier l'origine du bouquant. Ce fut une grosse erreur. La dernière chose dont elle se souvint fut de ressentir une horrible douleur derrière la tête. Quand elle se réveilla, elle était attachée et bâillonnée dans un endroit qu'elle ne sut identifier…

— Marinette ! Merci mon Kwami tu te réveilles enfin !

La petite Kwami l'aida à se détacher.

— Tikki, qu'est-ce qui s'est passé ?

— C'est Lila ! Elle t'a assommé puis t'a amené ici et attaché… Je ne sais pas où elle est en ce moment je suis resté avec toi.

— Lila a quoi ? Mais… Bon sang, elle a complètement perdu l'esprit ?!

— Je ne suis pas très sûre qu'elle était déjà saine d'esprit à la base Marinette… Je ne suis pas sûr qu'elle ait un esprit tout court en réalité.

La Kwami avait prononcé ses mots avec une froideur qui lui était inhabituelle.

Cependant, Marinette ne pouvait pas rester dans cet endroit. La demoiselle réussit à sortir et se rendit compte qu'elle avait été enfermée dans le local technique du parc juste à côté de chez elle… Sans demander son reste, la franco-chinoise se précipita vers la boulangerie. Le problème était que plus elle se rapprochait et plus une immense fumée apparaissait, ainsi qu'une horrible odeur de fumée.

Une réalisation la frappa : la boulangerie était en feu !

Désespérer, elle tenta de rentrer à l'intérieur, mais les passants l'en empêchèrent.

Les pompiers réussirent à stopper les flammes. Ils purent sauver sa mère, mais pas son père qui s'était retrouvé coincé dans sa chambre parce qu'il la cherchait pensant qu'elle était rentrée comme à son habitude.

Quelques jours passèrent où les deux Dupain-Cheng restante pleurèrent la disparition de Tom. Hélas, ce fut à ce moment précis qu'une certaine vipère italienne décida de passer à l'action. Sans cri et gare, la police arriva chez le grand-père de Marinette, Roland Dupain. Ces derniers vinrent l'arrêter pour le meurtre de son père.

S'en suivit un interrogatoire. Bien évidemment, elle nia les fait en bloc. L'homme en face d'elle ne la croyait pas et pour cause, ce dernier lui montra alors une vidéo dans laquelle on voyait une personne derrière la boutique de ses parents mettre du liquide dans des poubelles puis y jeter des allumettes. Le feu pris aussitôt. Pour le plus grand malheur de Marinette, cette personne était son portrait craché…

C'est là que tout devint claire dans son esprit, cette personne ne pouvait être que Lila qui s'était déguisée en elle pour commettre cet acte odieux !

Bien entendu, elle tenta d'expliquer sa version des faits aux policiers, mais ces derniers ne la crurent pas. Pire encore… Quand sa mère vu la vidéo, elle se jeta sur Marinette et la gifla. La petite femme aurait fait sans doute plus si les policiers ne l'avaient pas arrêté. La franco-chinoise fut emprisonné.

La nouvelle fit le tour de la ville. Et bientôt les journaux ne parlaient plus que de cela : Une collégienne tente d'assassiner ses parents boulanger en mettant le feu à la boulangerie.

Et là… Plus personne ne resta à ses côtés. Tous furent convaincu de sa culpabilité.

En réalité c'était faux.

Tous sauf une personne : Maître Fu.

Alerté par la Kwami de la création, l'ancien fit tout son possible pour la faire s'évader. Il réussit avec succès grâce à l'aide de Kaalki, le Kwami de la téléportation.

Marinette pleura encore et encore.

Pourtant, aucun akuma ne vint pour elle. Même lorsqu'elle était en prison, jamais un papillon ne l'approcha.

La demoiselle devint une fugitive.

Et pourtant…

Elle ne renonça pas à son miraculous de la coccinelle. Maître Fu ne fit rien pour l'en dissuader. Au contraire, le vieil homme tenta de lui remonter le moral au possible.

Marinette voulait prouver son innocence à tout prix.

Alors puisqu'elle était condamnée à rester Ladybug, la franco-chinoise passa tout son temps à essayer de rassembler des preuves.

Comment Lila s'y était-elle prise ?

La réponse lui vint quelques jours plus tard, à travers la télévision.

« Marinette Dupain-Cheng la principale suspecte dans le terrible drame de la boulangerie Dupain-Cheng vient d'être arrêté par la police après une spectaculaire évasion. Sa cavale aura durée une semaine. »

Marinette et Maître Fu se regardèrent confus.

« Attendez une minute, qu'est-ce que ! C'est incroyable mesdames et messieurs la suspecte Marinette est en train d'abattre les policiers qui l'escortait »

Cette fois c'était claire pour l'adolescente. Cette chose était un akumatisé ou un sentimonstre. Dans tous les cas, la chose qui avait son apparence n'était pas humaine !

Ladybug se rendit aussitôt sur place. Chat Noir ne tarda pas à faire son apparition. Ils combattirent ensemble la créature qui s'avéra être un sentimonstre.

Une création de Mayura.

— Alors, sa signifie que Marinette est innocente… N'est-ce pas ?

— Tu le vois bien, c'était un sentimonstre Chat…

— Je le savais… Je le savais que Marinette ne pouvait pas avoir fait ça ! Ce n'est pas elle ! Je le savais !

Chat Noir sautilla joyeusement sur place.

Son cœur se réchauffa de savoir que son partenaire la croyait innocente.

Pourtant, lorsqu'elle utilisa son Miraculous Ladybug…

Son père ne revint pas à la vie.

Ce qui signifiait qu'une chose : ce n'était pas le sentimonstre qui avait fait mis le feu à la boulangerie.

Mais cette information, elle était la seule à le savoir avec Maître Fu. Ce qui ne signifiait donc qu'une chose, la personne qui avait fait commis cet acte atroce contre sa famille ne pouvait être que celle qui l'avait également enfermé dans le local technique du parc…

La meurtrière de son père était Lila Rossi.

La brunette en était persuadée.

Dans ce cas, pourquoi diable est-ce que Mayura avait créé un sentimonstre à son image ?!

La demoiselle choisit tout de même de mettre cette question de côté et se rendit sous sa forme civile chez son grand père, espérant ainsi que tout malentendu avait été levé.

Et pourtant…

— Tu n'es pas la bienvenue ici va-t'en !

— M-Mais maman c-ce n'était pas moi ! T-Tu as bien vu que-

— JE M'EN MOQUE ! SI TU AVAIS ÉTÉ A LA MAISON COMME TU AURAIS DU, TOM T'AURAI RETROUVÉ ET EMMENÉ DEHORS ! IL EST RESTÉ POUR TE SORTIR DES FLAMMES MARINETTE ! TOUT EST DE TA FAUTE !

Sa mère la jeta dehors.

Elle retourna en larme chez Maître Fu. Lui et Tikki tentèrent de la consoler.

Marinette continua malgré tout son travail de Ladybug. Mais cette fois, elle pouvait se payer le luxe de patrouiller toute la journée. C'était le seul moyen pour elle de ne pas penser à la situation, de ne pas céder au désespoir.

Il lui fallut un an de plus pour capturer le Papillon et Mayura qui s'avéra être Gabriel Agreste et Nathalie Sancoeur. Alors que la police était en route pour les appréhender, en tant que Ladybug, elle ne put s'empêcher de leur demander pourquoi le Papillon avait créé un sentimonstre de Marinette Dupain-Cheng…

Ce fut Nathalie Sancoeur qui répondit.

— Nous voulions que mademoiselle Dupain-Cheng soit akumatisé, alors nous avons fait en sorte qu'une personne crée une situation le permettant. Néanmoins, cette personne est allée beaucoup trop loin… Nous n'avons jamais voulu détruire la famille de cette jeune fille.

— Qui était cette personne ?

— Lila Rossi.

— Je vois…

La jeune italienne fut poursuivi pour meurtre, mais également comme complice du Papillon. Mais cela, la brunette s'en fichait complètement.

À ce stade de sa vie, l'adolescente ressentait simplement une profonde lassitude.

Elle découvrit alors que son compagnon de toujours, son chaton, n'était autre que le fils de Gabriel Agreste…

La nouvelle le bouleversa tellement qu'il décida de mettre fin à ses souffrances.

Elle perdit son meilleur ami, son premier amour.

N'ayant plus nulle part où aller, plus famille, plus d'ami, plus d'objectif, l'adolescente songea longuement à en faire de même.

Néanmoins, le gardien décida de lui donner un nouveau sens à la vie. Il réussit à la persuader de le suivre jusqu'au temple des miraculous au Tibet. Il lui fallut de longue conversation avec le gardien et Tikki pour la convaincre de les suivre.

Arrivé au Tibet, la jeune femme s'entraîna d'arrache pied pour devenir un gardien accomplit. C'était une élève brillante, à tel point que l'ancien Grand Gardien, chef des gardiens du temple la pris sous son aile pour qu'elle soit sa disciple.

Tout indiquait que la jeune femme allait succéder au Grand Maître.

La brunette avait déjà succédé à Maître Fu. Maintenant une destinée plus grande l'attendait encore.

Sept années s'écoulèrent.

Marinette était désormais âgée de 21 ans.

Le destin décida de lui jouer de nouveau un mauvais tour.

Marinette était en pleine méditation lorsque le temple des Miraculous fut attaqué par des hommes en armure. Celle-ci ressemblait étrangement à un hibou.

— La Cour des Hiboux vous apporte sa salutation et vous remercie grandement pour le temps que vous avez passé à garder ces artefacts magiques. La Cour vous annonce qu'elle vous relève de vos fonctions et que c'est elle qui s'occupera des bijoux désormais.

La jeune femme courut le plus vite possible pour rejoindre ses pairs et défendre le temple mais fut stoppé par le Grand Gardien qui lui confia la boîte des miraculous des miraculous originelles, à savoir la boîte que Maître Fu lui avait confié.

— Prend les miraculous et fuit le plus loin possible !

— Il en est hors de question ! Grand Maître je peux me battre moi aussi !

— Non ! Hors de question ! Si jamais les miraculous tombent entre les mains de ces tyrans… le monde courra à sa perte.

— Raison de plus pour que je reste vous aider !

— Marinette, la Cour des Hiboux a déjà attaqué tous les autres temples protecteurs des miraculous autour du monde. Nous sommes les derniers gardiens existant mon enfant.

— Q-Quoi ?

— Ils recherchent les miraculous de la création et de la destruction. Dans un sens, lorsque Wang a commis son erreur, il nous a involontairement sauvé d'un destin plus tragique encore.

Il posa sa main sur les épaules de Marinette.

— Va mon enfant, prend ces miraculous et protège-les, comme ton Maître l'a fait avant toi.

La franco-chinoise serra fortement la boite contre elle, puis les larmes aux yeux, s'enfuit. Un dernier regard en arrière lui permit de voir que le Grand Maître se battait contre les monstres -plus tard elle apprendra qu'ils s'appellent Ergots-. Le vieillard voulait lui faire gagner du temps.

Marinette erra comme une âme en peine pendant plusieurs jours dans les montagnes avant de trouver refuge dans un petit village. Ce dernier ne tarda pas à se faire attaquer par les monstres qui avaient ravagés le temple des Miraculous.

Peu importait où elle allait, ces derniers la retrouvait toujours.

Marinette en était persuadée : elle allait mourir, exactement comme son maître avant elle.

Mais la jeune femme le savait, si les miraculous tombaient entre les mains de ces monstres…

Si les pauvres Kwamis se retrouvaient entre les mains de la Cour des Hiboux, le monde serait condamné.

Dans élan de désespoir, elle prit la boite des miraculous entre les mains et en enleva tous les bijoux qui s'y trouvaient. Elle dessina ensuite sur le sol l'emblème de l'ordre des gardiens au sol en se servant de son propre sang comme peinture. Puis, la franco-chinoise les plaça un à un dans le cercle au sol et se dessina cette fois l'emblème sur le dos de ses deux mains et sur le côté droit de son flanc.

Elle récita alors une incantation dans la langue originelle des gardiens qui était normalement interdite : celle du scellement de miraculous.

Autrement dit, un sort qui permettait à une personne de fusionner avec les miraculous.

Le Grand Maître lui avait enseigné la technique mais lui avait spécifié que c'était un acte qui n'était plus pratiqué à cause de la cruauté du procédé.

Cependant, c'était une question de vie ou de mort.

« Vous qui avez été séparé,

Vous qui protéger un monde égaré,

Retourner à votre forme primaire,

Reformez qu'un avec vos pairs,

Moi Marinette Dupain-Cheng gardienne des miraculous originels,

Prononce par ses mots solennels mes vœux de fusion éternelle

Scellement ! »

La brune ressentie son corps entier brûler. Plusieurs lumières surgirent des miraculous poser au sol. Le symbole de tous les miraculous apparurent et se joignirent pour ne former plus qu'un seul élément. Puis, le bijou qui ressemblait à une broche en forme de fleur vint se planter sur le flanc droit de Marinette. La douleur était insoutenable, la brune se mordit le bras jusqu'au sang pour ne pas hurler.

La lumière finit par disparaître. Le sceau qui se trouvait au sol avait disparu. Le dos des deux mains de la jeune femme saignait abondamment sans s'arrêter, il en valait de même pour son flanc droit. Son corps entier était lourd, sa tête commença à tourner, elle finit par hurler de toutes ses forces.

Puis… Plus rien.

Marinette se réveilla plusieurs jours plus tard à l'hôpital.

On lui expliqua alors qu'elle avait été l'une des rares survivante d'un énorme tremblement de terre qui avait eu lieu dans la région. La jeune femme aurait eu de la chance d'avoir été trouvé par une équipe de secours, malheureusement, toutes les autres personnes présente sur les lieux n'avaient pas eu cette chance.

Le franco-chinoise se mit alors à pleurer désespérément.

La voilà de nouveau seule face au monde.

Pire que tout, elle était désormais devenue l'hôte des douze miraculous du zodiaque.

-XxxX-

Deux ans plus tard.

Marinette était en train de mettre une touche finale à sa décoration. Dans quelques jours, son café « Les petits fours de Mari » ouvrirait ses portes et elle voulait absolument que tout soit parfait.

C'était ici, à Blüdhaven que la jeune femme avait décidé d'avoir un nouveau départ.

Soudainement, elle ressentit une vive douleur venant de son flanc droit.

Elle passa la main sous son tee-shirt et constata qu'elle saignait.

La franco-chinoise se souvint alors qu'elle avait effectivement utilisé sa capacité de soin du Miraculous de la coccinelle pour soigner le vigilant de Blüdhaven.

Elle avait rencontré Nightwing…

Un sourire amer vint de dessiner sur ses lèvres.

Il fallait croire qu'elle avait un don pour attirer des hommes masqués…

La douleur se fit plus intense, l'obligeant à s'allonger un instant. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas ressenti la douleur du sceau…

Quelques larmes perlèrent de ses yeux azurs.