Les personnages de cette histoire appartiennent à Dreamworks et Cressida Cowell. Merci de ne pas reposter cette histoire ailleurs sans m'en informer. Tout vol ou plagia sera signalé. Merci.
Deux jours après la rentrée, l'équipe de foot vint lui chercher des ennuis. Dès qu'il franchit la porte des toilettes, on le poussa à l'intérieur et les six footballeurs refermèrent la porte. Hiccup considéra la possibilité de rester au sol, mais savait que ça ne ferait que retarder l'inévitable. Alors il se releva et reçut un coup de pied dans les côtes. Autant en finir le plus vite possible.
-Alors, Haddock, toujours aussi mou ?
Des ricanements raisonnèrent.
Il se releva et on le plaqua au mur.
-Tu connais notre nouveau champion ?
Hiccup vu que le nouveau était avec eux.
-Et ? Demanda-t-il avec autant de détachements dont il était capable.
-Un peu de respect, crasha l'en des footballers en lui donnant un coup de poing dans le ventre.
Hiccup tomba au sol, plié par la douleur.
-Laissez, dit le nouveau. Je vais m'occuper de son cas.
Il lui donna un coup de pied et Hiccup embrassa le carrelage.
-Ah ouais, commenta-t-il d'un ton neutre. Il est vraiment pas réactif.
-C'est ça qu'est marrant chez lui. On peut lui faire tout ce qu'on veut, il réagit jamais.
-Mouais… C'est pas vraiment drôle s'ils ne réagissent pas, commenta le nouveau.
-Et tu veux lui faire quoi, pour qu'il réagisse ? Demanda un autre.
Là, Hiccup prit peur. Il regarda le nouveau pour la première fois dans les yeux émeraude. Et il eut peur. Le nouveau sourit de manière inquiétante et claqua des mains.
-Les mecs, va me falloir un peu d'intimité.
Les autres, comprenant l'allusion, ricanèrent grassement et se dirigèrent vers la sortie. Hiccup voulu y courir, mais le nouveau l'attrapa par le col et le jeta à l'autre bout des toilettes. Les autres sortirent de la pièce et fermèrent la porte. Le nouveau ferma la porte à clé, et quand il se retourna vers Hiccup, le petit brun eut la surprise de le voir que le sourire de psychopathe qu'avait le nouveau avait disparu.
-Quel trou duc...
Il attrapa du papier à main et le passa sous l'eau. Quand il fut suffisamment humidifié, il s'approcha d'Hiccup mais celui-ci recula.
-Eh, ça va, je ne te ferais pas de mal.
Mais Hiccup ne dit rien, continuant de reculer. Mais le nouveau avança également et bientôt, ils se retrouvèrent collés contre le mur.
-Je ne te ferais rien.
Hiccup, bien que réticent, fini par se laisser faire. Le nouveau posa le papier humide sur son front et enleva le sang qu'Hiccup n'avait même pas conscience d'avoir perdu.
-Gardes-le sur la plaie.
En silence, Hiccup s'exécuta. Le nouveau souffla et recula. Il se passa les mains dans sa tignasse rousse et s'installa contre un lavabo. Hiccup trouvait ça un peu perturbant que quelqu'un de l'équipe de foot accepte de rester dans la même pièce que lui sans vouloir le frapper.
-Tu… Tu comptes me faire quelque chose ?
-Hein ? Fit le nouveau, étonné.
-Tu comptes me frapper, ou…
Le nouveau grogna.
-Nan, soit tranquille. J'ai horreur de la violence gratuite.
-Mais… Tu as dit aux autres que…
-Je leur ai juste dit ce qu'ils voulaient entendre. Je compte pas te frapper. C'est juste…
Il soupira.
-Laisses tomber.
-Merci, en tout cas.
Le nouveau fronça les sourcils.
-Pardon ?
-Merci. De ne pas… De ne pas faire comme les autres.
-Attends, parce que ça arrive souvent ? Qu'ils te choppent et te tabassent ?
Hiccup détourna les yeux, ne souhaitant pas s'engager sur ce terrain-là, mais le nouveau comprit son silence.
-C'est tous les combien, à peu près ?
Hiccup garda le silence.
-Je finirais par savoir. Et je ne te ferais rien, si c'est ça qui t'inquiète.
-Tous les jours, finit-il par lâcher.
-Tous les… Oh putain…
Le nouveau soupira et se retourna. Il avait les mains qui tremblaient et ouvrait et fermait le poing successivement.
-Ça va ? Demanda Hiccup.
-Ouais, c'est juste… Pourquoi tu dis rien ?
Hiccup soupira et se tut.
-Dis-moi, demanda le nouveau doucement.
-Personne ne me croit.
-Même pas tes parents ?
-Ma mère est morte et mon père… Il est un peu occupé pour s'occuper de moi. Et il pense que si je me fais tabasser tous les jours, c'est que je ne sais pas rendre les coups, et que je le mérite.
Le roux écarquilla les yeux.
-Tu le mérites ? C'est ça qu'il te dit, ton vieux ? Que tu le mérites ?
-Oui.
-Et tu dis rien ?
Hiccup haussa les épaules.
-Ça ne change rien, il est… Il a une bonne position, et personne ne le croit capable de ça.
-Il fait quoi au juste ?
-Il est Directeur de son entreprise.
Le roux fronça les sourcils.
-Attends, les gars tout à l'heure ont dit que tu t'appelais Haddock… Ton père c'est Stoïk Haddock ? De la Berkian Compagnie ?
Hiccup pâlit.
-Tu… Tu connais mon père ?
Pour la première fois, le roux eut l'air mal à l'aise. Il lui tendit la main pas très assurément.
-Dagur Berserker. L'entreprise de mon père est la première concurrente de celle de ton père.
-Ton père… C'est Oswald Berserker ?
-Ouais.
-Ah…
-Comme tu dis.
Ils étaient tout aussi mal à l'aise l'un que l'autre. Ils gardèrent le silence un moment et Dagur finit par lâcher.
-Ils te frappent vraiment tous les jours ?
-Oui.
-Écoutes, je peux te proposer un… Un arrangement, mais faut que tu me fasses confiance, okay ?
-Quel genre l'arrangement ?
-Je vais sortir d'ici en disant aux mecs que je t'ai choppé. Et on viendra te chopper tous les jours pour t'amener ici…
Hiccup recula.
-Non !
-Écoutes !
Dagur soupira.
-Je vais faire croire aux gars que je te chopperais dans les chiottes tous les jours, mais je ne ferais rien, okay ?
-Pourquoi… Pourquoi tu veux faire ça ?
-Parce que je pense que s'ils pensent que t'as ton compte pendant le déjeuner, ils te foutront la paix le reste du temps. Et s'ils le font pas, on avisera. Mais s'ils sont pas trop cons et que je leur fous suffisamment les jetons, ça devrait pas poser de problèmes. On viendra te chopper à ton casier tous les jours, et on t'amène ici. Je les fais sortir et on reste ici pendant une petite demi-heure, à rien faire. Okay ?
-Pourquoi ?
-Pourquoi quoi ?
-Pourquoi tu fais ça pour moi ?
-Tu préfères te faire tabasser ?
-Non, bien sûr… Mais… Pourquoi… Pourquoi tu fais ça ? Tu ne me connais pas.
Dagur haussa les épaules
-J'aime pas la violence gratuite. Pour être honnête, je ne les aime pas non plus. Mais je fais partis de l'équipe de foot et si je ne deviens pas pote avec eux, ils me pourriront la vie et… Vaut mieux pas...
Son regard se fit sombre et Hiccup mit ça sur le fait que Dagur était énervé à la perspective de devoir subir les assauts de l'équipe de foot à lui tout seul.
-Ça te va ?
-Pourquoi tu…
-Encore ? T'en as de ces questions.
-Pourquoi tu t'embarrasses de moi ? Je veux dire, tu pourrais juste les laisser faire ce qu'ils veulent avec moi…
-Je te l'ai dit, j'aime pas la violence gratos. Quitte à se foutre sur la gueule avec quelqu'un, autant qu'il sache rendre les coups.
-Tu pourrais juste regarder ailleurs.
Dagur lui jeta un regard furieux. Puis il sembla réfléchir et Hiccup eut peur qu'il revienne sur sa décision et qu'il décide de le frapper. Mais le roux le surprit une fois de plus.
-Pour penser ça, tu dois pas avoir l'habitude de la gentillesse…
Hiccup détourna les yeux. Il s'assit par terre et regarda à l'opposer de l'endroit où était Dagur. Mais le roux s'installa à côté de lui.
-Ça fait longtemps que tu vis ça ?
-Depuis que ma mère est morte.
-Et ça fait longtemps ?
-Euh… Une dizaine d'années, maintenant.
-Et personne n'a jamais rien vu ?
-Je ne crois pas que je les intéresse. Quand les gens s'arrêtent sur moi, ils me demandent d'où ça vient, et je dis que je fais de la boxe.
-Et ils avalent ça ?
-Oui. Généralement, ils veulent juste une explication crédible pour continuer leur route sans se soucier de moi. Et si je dis quelque chose contre mon père…
-Il niera tout en bloc et te tabassera. Je vois.
Hiccup ne dit rien et refusa de regarder le roux qui lui réfléchissait à plein régime. Dagur n'était pas quelqu'un de très bien, il le savait. Il savait qu'il avait de grandes chances de finir sa vie en prison ou dans une ruelle pourrie avec un couteau dans le ventre. Il aimait se battre et n'hésitait pas à chercher les ennuis. Mais de savoir que les gens prenaient plaisir à se défouler sur quelqu'un d'aussi frêle que…
-Je réalise que je ne t'ai toujours pas demandé ton prénom.
Hiccup le regarda.
-Hiccup.
-Hiccup ?
-Oui.
-Tes parents t'ont appelé Hiccup ?
-C'est un nom courant, dans ma famille.
-Il y en a beaucoup qui s'appelle comme ça chez toi ?
-Mon nom complet c'est Hiccup Horrendous Haddock, troisième du nom.
-Hic… Mais y'en a combien ? Trois, j'imagine, mais… La vache. Tu parles d'un nom à coucher dehors.
Hiccup rougit légèrement. Il savait bien qu'il avait un nom étrange… Voyant qu'il était mal à l'aise, Dagur changea de sujet.
-Ça te dit, notre arrangement ?
Hiccup prit le temps d'y réfléchir. Si ça marchait, il avait de grandes chances de ne plus trop se faire taper au lycée. C'était déjà ça.
-Ça me va.
Dagur sourit et Hiccup se surpris à faire de même. Peut-être que ça pouvait marcher ?
