Garants d'une paix

« Wouha, les super-héros ont arrêté de protéger les banques ? Si j'avais su, j'aurais pas pris ma retraite ! »

Dick Grayson venait de lui envoyer ce curieux message sur l'antique canal sécurisé de son ancienne équipe. La dernière fois qu'il avait été utilisé ce fut quand Stéphanie lui avait écris il y a près de deux ans :

« Sympa la collab' je-sauve-le-monde-avec-des-vrais-supers, tu devrais demander à Superman un tour dans les airs. Je meurs d'envie de savoir s'il ait aussi musclé qu'il en à l'air ! »

Bref, à la suite du message de Grayson, se trouvait une vidéo où le super-héro Flash se dressait contre la police de l'État de Floride aux côtés d'une horde de manifestants furieux. La présence n'était pas symbolique puisque l'homme en rouge était arrivé comme un torrent, détournant les bombes lacrymogènes et protégeant la foule des coups de matraques.

Mais pour ce faire, il avait désarmé les forces de l'ordre.

Quel bordel…

Bruce provoqua en catastrophe une réunion pour la Justice League. Il finit son entraînement sans parvenir à se débarrasser de sa mauvaise impression. Son expérience l'avait convaincu de se méfier des mouvements de foule : il n'y avait pas plus imprévisible et dangereux.

Très ponctuels, ses cinq acolytes débarquèrent à dix-huit heures dans son jardin.

— Qu'est-ce qui t'as pris d'attaquer la police ? chargea Superman un tantinet impatient.

— Tu es conscient qu'on est supposé travailler avec les gouvernements ? On ne peut pas être en guerre contre tout le monde !

— Le fait que ce soit Batman qui dise ça rend le tout savoureux, commenta Cyborg avec ironie.

— Détendez-vous, c'était magistral, assura Aquaman avec force. Le flic a volé comme sur un ring !

— Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Bon les réactions n'étaient pas tout à fait celles qu'il espérait. Barry inspira et commença à expliquer qu'il avait vu les tensions monter de semaines en semaines et que puisque leur groupe avait choisi de travailler avec les Nations Unis et Amnesty International, il pensait qu'il pouvait protéger la population des débordements.

— En plus c'est eux qui ont pas respecté les conditions d'utilisation de ces fichues lacrymo !

— D'accord, je comprends, le tranquillisa Diana. Néanmoins les États-Unis nous accueillent sur leur territoire, si nous constituons une menace à leurs yeux, ils nous traqueront. Tous.

— Deux minutes Madame le Piston si on intervient que si ça ne froisse personne on sert strictement à rien. Vous êtes les premiers à savoir que les gouvernements peuvent souvent outre-passer leurs droits.

Arthur désignait cette fois les trois plus vieux de leur groupe. Ils eurent le bon goût de paraître gêner.

— Je ne suis clairement pas en position de les critiquer sur ce point. Dans un situation critique, les mesures peuvent voire doivent être drastiques.

— La situation est toujours critiques ! explosa Flash avec véhémence. Depuis que je suis né, j'entends qu'on est « en crise », c'est le nouveau status quo à ce niveau là.

— Bon… Je crois qu'il ne nous reste qu'à entrer et définir plus précisément notre politique sur les conflits intérieurs.

Les cinq hommes acquiescèrent à la proposition de leur cheffe de file et rentrèrent préoccupés par les débats qui s'annonçaient.


Défi : 120e Nuit du Fof (Salle de jeux)

Thème : Piston (ici utilisé en argot pour capitaine)