Bonjour ! Avec le confinement, j'ai déjà quasiment terminé d'écrire cette histoire, alors pourquoi attendre plus longtemps pour poster le deuxième chapitre ? Bonne lecture.


Sioux Falls, Dakota du Sud, deux mois plus tard

Sam se réveilla ce matin-là avec le soleil qui perçait à travers la fenêtre. Bobby leur avait laissé une chambre à l'étage à Dean et lui et il avait bien dormi pour la première fois depuis… depuis Jessica. Pas de cauchemar, pas d'angoisse, pas de Lucifer. Il se releva et remarqua que le lit de Dean était vide, son frère se levait toujours après lui depuis son retour dans le passé, il avait dû le laisser dormir pour une fois.

L'adolescent se releva et passa à la salle de bain de l'étage. Son cou n'avait plus le moindre bleu en revanche son torse était encore parcouru de taches jaunes, là où les bleus avaient commencé à s'estomper. Ses côtes étaient enfin guéries et il pouvait enfin respirer sans la moindre gêne. Il s'observa avec curiosité dans le miroir, à 12 ans ses cheveux étaient encore châtain clair ils allaient foncer avec les années, ils étaient cours par rapport à ce à quoi il était habitué, mais quand même long aux yeux des standards militaires de son père, avec horreur il songea qu'il n'était pas loin de la coupe de Justin Bieber à ses débuts. Il n'était pas bien grand, c'était bizarre d'être le plus petit de la famille en taille, il avait l'habitude de regarder tout le monde de haut (littéralement).

Son père les avait déposés chez Bobby après l'hôpital, pour qu'il puisse se remettre de ses blessures, ils avaient donc pu passer un été dans la casse de leur ami, à s'amuser comme ils le pouvaient et à se dorer la pilule au milieu des carcasses de voitures. Cet interlude était tout ce dont Sam avait eu besoin pour se remettre du voyage imposé par Gabriel, un temps de repos, sans le moindre souci, c'était tellement agréable, tellement rare.

John n'était pas resté longtemps, il était reparti sur les routes dès que Sam avait montré les premiers signes de rétablissement. Il appelait régulièrement et revenait entre ses chasses pour voir ses fils. Dean faisait le joyeux luron, plus heureux que Sam ne l'eût jamais vu.

D'ailleurs en descendant il trouva son frère en train de faire griller du bacon, dans la pièce d'à côté Bobby était en train de gueuler au téléphone sur un certain Dickon, que les wendigo devaient être brulé et que l'argent ne leur faisait rien.

-Mais c'est pas possible d'être aussi con ! hurla le chasseur en raccrochant

Sam sourit malgré lui, ce Bobby lui avait manqué, ronchon et toujours bourru, rien à voir avec le Bobby du monde apocalyptique, rien ne remplaçait l'original.

-Salut Sammy ! s'exclama Dean, tu veux du bacon ?

Sam acquiesça avec bonheur, bon il ne pouvait pas vraiment devenir végétarien du jour au lendemain, il allait devoir remanger de la viande pendant un petit moment. C'était ennuyant, mais en même temps agréable, la viande était un sujet trivial.

La plupart des personnes qu'il aimait étaient en vie, le monde n'était pas sur le point de s'écrouler et pour la première fois depuis son retour dans le passé il avait un plan. Il avait dû contacter Gabriel, enfermé dans la salle de bain un soir, mais l'ange n'avait pas été trop difficile à convaincre, il lui devait bien cette petite faveur après tout ce qu'il lui avait fait ! Juste une toute petite faveur.

-Papa à appeler, intervint Dean en déposant du bacon dans son assiette, il devrait arriver dans l'après-midi, ce soir au plus tard.

-Ok, répondit Sam

Il observa Dean avec curiosité, ce dernier était vraiment mince par rapport à son époque, non pas que le vieux Dean était gros bien au contraire, il lui manquait simplement les muscles qui allaient sculpter sa silhouette. Dean avait la même coupe, mais ses cheveux étaient noirs d'encre. Avec amusement, Sam songea que les cheveux de son ainé allaient s'éclaircir avec le temps, tout le contraire des siens…c'était la logique Winchester, il ne fallait pas chercher d'explications.

-Eh Sammy ! s'exclama Bobby tu as bien dormi ?

-Oui, beaucoup mieux, mes côtes ne font presque plus mal.

Bobby acquiesça et lui passa une main dans les cheveux avant de s'installer pour profiter du bacon lui aussi. C'était agréable d'être appelé Sammy à nouveau, songea le plus jeune, il s'était battu contre ce surnom enfantin pendant tellement longtemps, pourtant, ça lui manquait, Dean ne l'appelait plus comme ça que très rarement quand il s'inquiétait, et encore.

-J'ai dit à papa que tu allais mieux, affirma son grand frère qui était installé face à lui, on va sans doute pouvoir repartir avec lui bientôt.

Bobby fronça les sourcils, mais il ne dit rien. Il détestait voir les deux garçons qu'il avait quasiment élevés comme les siens partir avec John qu'il considérait de plus en plus comme un danger incapable de les protéger. La preuve, deux mois plus tôt il avait ouvert sa porte d'entrée pour trouver un Sam blême, la gorge noire d'ecchymoses avec deux foutues côtes cassées. Mais il ne pouvait rien faire, John était le père des garçons et c'était lui qui décidait, Bobby ne pouvait rien dire parce que dès qu'il critiquait John ce dernier embarquait ses fils et les emmenait loin de lui. Foutu chasseur têtu comme une mule.

-Oh, déjà, s'étonna Sam qui n'avait pas manqué la réaction de Bobby, c'est dommage, on a passé un super été avec toi Bobby, on serait bien resté squatter plus longtemps.

-Ça, c'est clair, meilleur été de notre vie, affirma Dean, bacon à volonté, poulet grillé à volonté, merguez, côtes de porc, je n'ai jamais aussi bien mangé de ma vie, t'es le roi du barbuc !

Sam roula des yeux, mais Bobby éclatait déjà de rire.

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Le lendemain Sam s'étirait difficilement alors qu'ils s'arrêtaient dans un motel pas loin de Cedar Rapids dans l'Iowa, la nuit était tombée, mais il avait dormi dans l'impala reprenant ses vieilles habitudes, et du coup, il n'était plus du tout fatigué. Brillant Sam, vraiment. Il récupéra son sac dans le coffre et rejoignit Dean et son père dans la chambre de motel.

-C'est le bon moment pour lancer le plan Gab, murmura-t-il avant de les rejoindre certain que son allié l'avait entendu.

Ce dernier avait fusionné avec son double du passé, Sam ne savait pas exactement comment, mais il n'y avait qu'un seul archange Gabriel. C'était déjà ça.

-Vous déposez vos affaires, ordonna John, je vais aller voir le bureau du shérif sur l'affaire qui nous intéresse, ensuite on ira manger un morceau.

-Oui m'sieur, répondit Dean qui avait déjà choisi son lit, laissant sans doute à Sam celui qui était le plus éloigné de la fenêtre.

-Pensez à bien…

Mais John n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'un tremblement de terre secoua la chambre de motel dans tous les sens.

-Putain c'est quoi ça ! s'exclama Dean alors que John récupérait son glock.

Ça, c'est Gabriel qui me rend un petit service, songea Sam… bon d'accord, un gros service, mais ça vaut le coup. Il le faut.

Le cadet pria rapidement pour que son plan fonctionne sans anicroche et qu'il puisse sauver au moins une vie, et surtout il pria pour ne pas rendre les choses encore pires. Soudain un homme trébucha hors du placard et se retrouva accroupi face à eux.

-John Winchester ? demanda-t-il en regardant son père qui le visait de son arme

Dean tira Sam dans son dos et sortit également son 45 pour le pointer sur l'intrus. Le tremblement de terre avait cessé.

-Je vous en prie, dit l'homme en se redressant, le temps presse, êtes-vous bien John Winchester ? Demanda l'homme

-euh oui, c'est bien lui, répondit Sam avec un air naïf

-Sam la ferme, murmura Dean

-et qui le demande ? intervint John

L'homme en costume se détendit immédiatement

-John c'est moi, c'est pop's

Son père haussa un sourcil,

-écoutez, je ne sais pas qui vous êtes, mais je suis à deux doigts de vous foutre une balle entre les deux yeux, comment avez-vous fait pour … apparaitre de cette façon ? Vous êtes un sorcier ?

-Non John c'est moi, c'est pop's, Henry Winchester ? Ton père

Pour toute réponse le regard de John se fit plus dur et il abaissa la sécurité de son arme.

Henry haussa les mains.

-J'ai utilisé un sortilège pour voyager dans le temps, il y avait un démon à ma poursuite, je n'ai pas eu d'autre possibilité de fuite. Je vais tout t'expliquer, mais le démon ne va pas tarder à arriver, il faut partir.

La terre recommença à trembler.

-Maintenant ! hurla Henry

-les garçons vous prenez vos sacs et vous foncez dans la voiture, dit John en continuant de viser son soi-disant père, on y va ajouta-t-il à l'homme en lui faisant un signe avec son arme.

Ils se précipitèrent dans l'impala, Sam et Dean à l'arrière tandis que John et le nouveau venu s'installaient à l'avant. Au moment où John commença une manoeuvre pour quitter le parking une femme sortit de leur chambre d'hôtel, couverte de sang.

-Christo, murmura John

Les yeux de la femme virèrent au noir d'encre.

John ne resta pas demander son reste il accéléra et l'impala fila sur la route.

-Ok, maintenant je veux un rapport complet, ordonna John de sa voix la plus militaire, qui êtes-vous, qui est ce démon, comment vous êtes arrivé dans mon placard et surtout comment vous me connaissez.

-Très bien, affirma Henry, inutile de te mettre en colère

-quand un démon menacera la vie de vos enfants, vous me reparlerez de colère ! répliqua John

-oh ce sont tes fils ! s'exclama Henry en regardant Dean et Sam, bonjour je suis…

-Répondez aux questions ! hurla une fois de plus John

Il détestait les démons, il était quasiment certain qu'ils étaient ceux qui avaient causé la mort de Mary 12 ans auparavant, voir l'une de ses monstruosités aussi près de ses garçons le mettait hors de lui. Ce type en costard cravate avait intérêt à lui dire la vérité ou il allait lui défoncer sa jolie petite gueule.

-Très bien, affirma Henry, en quelle année sommes-nous ? demanda-t-il

John resserra les mains sur son volant encore plus, non, mais ce James Bond était complètement sourd ? Il venait de lui dire de répondre à ses questions pas de les poser.

-En 1995, répondit Sam

-mon dieu, je ne pensais pas voyager aussi loin, affirma l'homme, mon nom est Henry Winchester, je viens de Normal en Illinois en 1958, ce soir, lors de mon intronisation à la loge, un démon nommé Abadon nous a attaqué, j'ai dû fuir pour mettre en sécurité la clé, Abadon était derrière moi, je n'ai pas eu d'autre choix que d'utiliser l'alchimie pour créer une porte dans le temps et te rejoindre John dans l'espoir qu'on puisse trouver de l'aide à cette époque.

-C'est n'importe quoi, murmura Dean

Sam acquiesça, est-ce que Gabriel était en train de jouer avec lui? Ça ressemblait bien plus à une illusion du trickster qu'à la réalité, Henry ne pouvait pas avoir expliqué sa situation avec tous ces non-sens.

John fit un écart violent et il arrêta la voiture sur le bas-côté de la route.

-Descendez ! ordonna-t-il en ouvrant sa portière, vous deux vous restez là, Dean tu surveilles ton petit frère

John rejoignit Henry à l'extérieur, mais les deux ados ne perdaient pas une miette de leur discussion

-premièrement, je ne suis disposé à écouter votre charabia que parce que vous pouvez me donner des informations sur ce démon qui est apparu au motel, deuxièmement, on va arrêter là avec les conneries sur le voyage dans le temps et vous allez me donner votre vrai nom, parce que mon père, le vrai Henry Winchester ? Il a disparu en 1958 quand j'avais quatre ans, et je ne crois pas un mot de votre histoire

-quoi ! s'exclama Henry horrifié, mais non c'est impossible, je n'ai pas pu… tu es bien un homme de lettres n'est-ce pas ?

-Un homme de quoi ? Je suis un chasseur et là tout de suite la gâchette me démange alors parlez !

-Un chasseur

Henry sembla tout chamboulé il s'éloigna pour vomir tout ce qu'il avait dans son estomac.

-C'est un cauchemar, il n'y a pas d'autre explication, j'ai voyagé dans le temps, mais je vais rentrer, en 1958, je vais rentrer !

John se détendit légèrement, il faisait ce boulot depuis longtemps et il pouvait lire les gens. Il n'avait pas tiré au motel parce que ce type était clairement un guignol qui n'était pas dangereux, John en était certain. Et ce Henry semblait vraiment croire à son histoire rocambolesque.

-D'accord, si ce que vous dites est vrai, vous devez avoir une preuve, quelque chose qui me dit que vous êtes bien qui vous dites ?

-Tu es né le 19 mai 1954 à l'hôpital de la Sainte Pitié à Normal, tu dois te souvenir de la boite à musique ? Tu as eu peur du film Casablanca alors je t'ai acheté une boite à musique.

Henry sifflota l'air qui endormait son garçon tous les soirs.

John ne se souvenait pas de grand-chose de son père, le connard avait foutu le camp et les avait abandonnés sa mère et lui quand il était enfant. Mais il se souvenait de la berceuse, il la sifflotait parfois pour Sam et Dean quand ils étaient plus petits.

Ok, peut-être qu'il voulait bien écouter. Peut-être.

-J'ai une photo, ajouta-t-il, on était allé pêcher

Il lui tendit son portefeuille ou il gardait la photo en noir et blanc qui ne le quittait jamais.

-Tu dois me croire, John, je suis ton père, je ne sais pas pourquoi j'ai disparu, mais je vais trouver un moyen de rentrer à la maison, auprès de toi.

John regarda la photo, c'était bien lui quand il était petit, et le permis de conduire indiquait Henry Winchester, de Normal en Illinois, 1958.

-D'accord, c'est complètement dingue, mais je veux bien écouter ce que tu as à dire. On va trouver un diner.

Henry acquiesça reconnaissant et récupéra son portefeuille.

-on va aller manger, expliqua John en montant dans la voiture

-est-ce que ça veut dire que vous êtes notre grand-père ? Je m'appelle Sam, et c'est mon frère Dean, et…

-Sammy tu le bombarderas de question à un autre moment, intervint Dean qui connaissait bien son petit frère

-mais…

-plus tard Sam, confirma John.

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Installé dans un petit diner avec des burgers Henry semblait perdu, encore sous le choc d'avoir appris que John ne l'avait pas revu depuis ses quatre ans.

-Est-ce que le portail est toujours ouvert ? demanda Dean, on pourrait renvoyer le démon d'où il vient ?

-Et comment -avez-vous fait pour voyager dans le temps, continua Sam en grignotant ses frites

-j'ai voyagé en utilisant un symbole de sang, le sang appelle le sang, c'est pourquoi je suis apparu dans votre placard.

-Oh

John arriva et s'installa à leur table,

-j'ai appelé Jim il va venir vous récupérer, vous resterez avec lui jusqu'à ce que cette affaire soit terminée

-quoi ! s'exclama Sam, non, on peut venir et t'aider !

-Hors de question Sam, vous n'approcherez pas ce démon, c'est beaucoup trop dangereux.

-Votre père à raison, Abadon est l'un des démons les plus dangereux qui existe, mieux vaut vous mettre en sécurité.

-Mais… continua Sam

Il se tut cependant en croisant le regard noir de son père. Lui qui avait voulu faire partie de l'enquête pour pouvoir aider, il savait ce qui allait se passer, mais il allait devoir faire confiance à Gabriel pour que leur plan marche comme prévu. Super.

Gabriel avait observé la fuite des quatre Winchester avec amusement et voilà Sammy-chou, tu peux toujours compter sur moi. L'archange observa avec amusement Abadon avant de siffler pour qu'elle le remarque dans son dos. La démone le regarda avec étonnement. Eh bien, un ange, on ne se refuse rien !

-Oh chérie, je ne suis pas un ange, répliqua le brun en ouvrant ses ailes sur toute la longueur de la pièce, je suis un archange.

Il utilisa une énorme quantité de pouvoir, Abadon n'était pas une petite nature, la dernière chevalière de l'enfer n'était pas une mince affaire à tuer, mais Gabriel tint bon et il finit par vaincre la démone.

Cette dernière brula entièrement, disparaissant à jamais de la surface de la Terre.

Amusé Gabriel créa patiemment une illusion de la démone qu'il venait de tuer. Elle partirait à la poursuite des Winchester, ces derniers parviendraient à la vaincre d'une balle avec un piège à démon et la découperait en morceau avant de l'enterrer dans du béton. Ils n'auraient aucune idée que la véritable Abadon était déjà morte.

Quand Sam lui avait fait part de son plan, pour faire venir Henry Winchester en 1995 plutôt qu'en 2013 Gabriel n'avait pu cacher son excitation. Il aimait l'idée d'embrouiller une situation, siphonner le sort pour que la porte s'ouvre plus tôt dans le temps n'avait représenté aucune difficulté, quant à la suite, une illusion, une arnaque à grande échelle c'était ce qu'il préférait. Il savait le jeune Winchester continuerais à lui pimentez la vie même dans le passé. Sam ne l'avait jamais déçu sur ce point.

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Blue Earth, Minnesota, 1995

Quelques jours plus tard, John et Henry les rejoignirent dans le Minnesota, chez le pasteur Jim. Ils avaient découvert que tout le monde chez les hommes de lettres avait été décimé, sauf l'un des anciens qui avait perdu la vue. Abadon avait pu être vaincu ou du moins c'est ce que Henry et John croyaient. Sam était sincèrement soulagé que Gabriel ait suivi le plan. Son père avait tenté d'interroger Abadon sur le démon qui avait tué Mary, mais Gabriel avait fait dire à l'illusion qu'elle ne savait rien, ayant disparu près de trente ans avant les faits. Le jeune homme était certain que l'archange avait dû mordre sa langue pour ne pas lancer son père sur des pistes, juste pour s'amuser, mais il n'avait rien dit et Sam lui en était reconnaissant.

Puis était venue la phase finale de leur plan, la plus douloureuse. L'adolescent rejoignit son grand-père dans le jardin derrière le presbytère.

-Henry ? appela-t-il

Ce dernier lui offrit un sourire plein de tristesse

-eh, Sam, s'exclama l'homme de lettres, tu ne devrais pas être au lit ?

-Je n'étais pas fatigué, répondit-il en s'asseyant près de son grand-père, je suis désolé que tu n'aies pas pu rentrer à ton époque.

La tristesse d'Henry était plus que légitime, Abadon ou plutôt Gabriel lui avait lancé un sort avant qu'il ne puisse la tuer, pour l'ancrer à cette époque. D'un voyageur temporel à un autre, Sam comprenait parfaitement la détresse qu'il ressentait, Henry avait perdu son fils, sa femme et tous ses amis, Sam avait perdu son frère, Jack et tous ses amis sauf Gabriel. Il le comprenait parfaitement et il était navré d'être celui qui le bloquait à cette époque. Mais la ligne temporelle ne pouvait pas être changée à ce point, John avait grandi sans son père, dans l'ignorance totale du surnaturel, et cela ne pouvait pas changer.

Sam était simplement heureux d'avoir pu sauver Henry, bien que Gabriel eût tout fait c'était tout de même son plan, au moins ce dernier allait pouvoir connaître son fils, bien qu'il soit un adulte et un chasseur.

-Je suppose que j'ai envisagé cette possibilité dès que John m'a dit que je n'étais jamais rentré, le passer ne peut pas être changé…

Il le peut, songea Sam, pour peu qu'on s'y connaisse un peu.

-J'espère que tu vas rester avec nous, je serais ravi de te connaître, et Dean aussi même s'il ne le montre pas

Henry eut un sourire un peu plus grand

-moi aussi je serais ravi de rester…

-Mais je te préviens, on a une vie de chasseur, on bouge tout le temps et on n'a pas vraiment de maison

-vraiment ? s'étonna Henry, mais pourquoi ?

-Papa est un peu paranoïaque, on n'est jamais assez en sécurité à ses yeux, il pense que c'est mieux de vivre sur la route.

Henry récupéra la boite qu'il avait gardée dans sa veste tout ce temps.

-Je connais un endroit sûr… j'en parlerais à ton père.

Sam eut un sourire immense en allant au lit ce soir-là. Il avait sauvé une des personnes de sa liste et cerises sur le gâteau, il allait pouvoir rentrer à la maison, au bunker. À condition que son père accepte, mais il était presque sûr que lorsque John verrait l'installation des hommes de lettres il tomberait sous son charme, comme ils l'avaient tous fait.