DISCLAIMER : Cette fiction est une traduction de A Shot in the Dark par Silver_pup disponible en anglais sur ffn et sur ao3
Cette traduction est aussi disponible sur AO3.
Je ne possède ni cette histoire ni l'oeuvre originale du hobbit, seulement la traduction en français du texte
Gandalf observa prudemment le hobbit face à lui.
Niveau apparence, il ne semblait pas différent des autres. Il était de taille moyenne et de même stature que le reste de sa race, c'est-à-dire petit et dense. Il était habillé comme la plupart des hobbits : une tenue simple et modeste composée d'une chemise à col boutonné, d'un pantalon brun, et pas de chaussures. Ses cheveux épais étaient proprement coiffés autour de son visage, et il sentait le savon et le pain frais. Du fait de son apparence, Bilbo Baggins semblait être un hobbit parfaitement respectable.
Dommage qu'il n'ait jamais donné beaucoup d'importance aux apparences.
« Bonjour, » Salua-t-il, plantant son bâton dans le sol et s'appuyant légèrement dessus.
Le hobbit lui lança un regard sous ses boucles brunes. Il le regarda un moment avec ses yeux noisette – les yeux de Belladonna, nota-t-il – avant de sourire largement.
« Bonjour, Maître Gandalf, » Répondit Bilbo, levant sa pipe en salutation.
Gandalf haussa les sourcils. Il ne pensait pas être reconnu, encore moins par celui qu'il cherchait. « Vous me connaissez, mon jeune ami ? »
« Bien sûr. Ma mère parlait de vous avec respect et ce jusqu'à la fin de ses jours. » Le hobbit prit une bouffée de sa pipe et souffla un anneau de fumée paresseusement. « Les Baggins n'oublient jamais un ami, vous savez. Même un que nous n'avons pas vu depuis des décennies. »
« En effet. » Il ne savait pas s'il devait être heureux, fier, ou surpris par la tournure des évènements. Ce sentiment de perplexité lui donnait envie de sourire largement car cela faisait longtemps qu'il n'avait pas été autant diverti. « Puisque vous semblez si bien me connaître, puis-je vous poser une question ? »
Bilbo agita paresseusement la main. « Demandez, mon bon monsieur. »
Il se pencha en avant et releva son chapeau pour pouvoir regarder le jeune hobbit dans les yeux. « Je chercher quelqu'un avec qui partager une aventure. Pourriez-vous être cette personne ? »
L'expression polie de Bilbo ne bougea pas mais il posa sa pipe sur ses genoux. « Peut-être. Mais d'abord parlez-moi un peu plus de cette… aventure. »
Cette fois, Gandalf ne retint pas son sourire.
Une fois Gandalf en route avec la promesse de revenir pour le dîner, Bilbo se leva calmement et retourna chez lui, ferma la porte et la verrouilla, avant d'avoir un mini break-down.
Oh doux Eru, je n'arrive pas à croire ce que je viens de faire, dit-il, s'appuyant contre la porte et glissant doucement sur le sol. Cela lui prit tout son self-control de ne pas craquer et dire au sorcier tout ce qui allait se passer avec Thorin et la compagnie, Frodo et l'anneau, et même Saruman et sa trahison. Et devoir regarder son vieil ami dans les yeux et mentir… Bilbo ne savait pas comment il allait pouvoir faire face à ses compagnons (morts) s'il ne pouvait même pas faire face à Gandalf pendant cinq minutes.
Arrête Bilbo. Tu peux le faire. Souviens-toi pourquoi tu mens, se dit-il fermement. Tu as un plan, maintenant suis-le !
Après avoir reconnu la rare opportunité qui lui avait été donnée – et après avoir eu un mental breakdown à cause de toutes les possibilités – Bilbo avait concocté un plan. C'était un plan très basique qui ne suivait qu'une seule pensée : ne pas les laisser mourir à nouveau. Il l'avait laissé simple après avoir réalisé qu'il ne pouvait pas changer tous les petits détails du voyage parce qu'il en avait la possibilité. Il y avait certains évènements qui devaient arriver – comme la bataille de Thorin avec Azog – même s'il n'aimait pas ça.
Même s'il était toujours hésitant à propos des trolls. Être utilisé comme mouchoir n'était pas son moment le plus fin.
Bien sûr, son vrai problème n'était pas faire le plan, mais le respecter. Bilbo savait que c'était facile de dire qu'il allait faire ceci ou cela le temps venu et il était sûr de réussir à le faire le moment venu. Non, le vrai défi était de devoir revivre les jours qu'il avait déjà vécu avec des personnes qui comptaient pour lui, mais qui n'allaient le voir que comme un étranger.
Comment allait-il pouvoir regarder les visages de ses compagnons à nouveau, les voir à nouveau avant que l'âge et la mort ne prennent le dessus, et prétendre qu'ils n'étaient que des étrangers pour lui ? Comment allait-il pouvoir rire et sourire avec eux en sachant que trois d'entre eux n'allaient jamais revoir leur maison restaurée sans son ancienne gloire ?
Comment était-il censé mentir et prétendre qu'il n'avait pas pleuré leur chef il y a une vie… ?
« Arrête ça Bilbo, vieille chèvre. Tu n'as pas le temps de te lamenter, » se réprima-t-il, secouant la tête. Il se donna une légère claque, se força à se lever, et alla vers la cuisine.
Il n'avait pas le temps de s'apitoyer sur ses doutes et insécurités. Il avait treize nains affamés à nourrir.
D'après ses souvenirs, le premier nain à arriver serait Dwalin.
La première fois qu'il avait rencontré le nain robuste et direct, Bilbo avait été justement intimidé. Grand pour sa race et tout aussi robuste, Dwalin était facilement le nain le plus menaçant qu'il ait jamais rencontré. A cause de cette peur il l'avait évité à chaque fois qu'ils étaient seuls. Ce n'était que plus tard pendant le voyage – après avoir appris à le connaître – qu'il avait appris qu'en agissant de cette manière, il baissait dans l'estime du nain, mais renforçait aussi toutes les raisons pour lesquelles Dwalin ne faisait pas confiance aux étrangers.
C'était pourquoi il allait faire les choses un peu différemment cette fois.
Ce soir là, quand sa sonnette retentit, Bilbo se leva calmement et alla répondre à la porte. Quand il l'ouvrit, il trouva le nain tatoué debout devant lui, vêtu de la ceinture dorée et de la cape verte dont il se souvenait.
« Bonsoir, » Salua-t-il, lançant un large sourire au nain. « Vous devez être un des nains mentionnés par Maître Gandalf. Je suis Bilbo Baggins, et vous êtes le bienvenu chez moi. Entrez. »
Dwalin le fixa un moment avec les sourcils levés, avant de hocher rapidement la tête en entrant. « Merci. Je suis Dwalin, fils de Fundin. Où est la cuisine ? »
« J'ai préparé le dîner pour tout le monde. Venez. » Bilbo se tourna et alla vers sa salle à manger, sachant que le nain le suivrait. Quand il entra dans la salle, il entendit un soupir surpris et sourit.
« J'espère que ce sera assez de nourriture pour vous et vos compagnons. Je ne sais pas combien mangent les nains, mais nous hobbits aimons la nourriture » Dit-il calmement, tournant la tête pour bien observer Dwalin.
Le nain avait les yeux écarquillés et la bouche ouverte. Bien sûr, il avait le droit d'être choqué. La table entière de Bilbo était couverte de nourriture. De l'agneau finement cuisiné aux saucisses fumées – il ne s'était pas retenu pour ce repas. Il l'avait fait parce qu'il se souvenait très bien la quantité de nourriture que le groupe pouvait dévorer en une fois. Alors plutôt que d'attendre qu'ils pillent son garde-manger comme la dernière fois, il avait sorti toute sa nourriture, était allé au marché et avait cuisiné assez pour une petite armée.
Ou, dans le cas présent, treize nains et un sorcier.
« Je… on dirait un bon repas. Je suis sûr que les autres apprécieront grandement, » Commenta enfin Dwalin, lâchant la table des yeux pour le fixer. « Pourquoi avoir fait tout cela ? Cela a dû prendre des heures. »
« Enfin, parce que vous êtes mes invités ! Je ne sais pas pour vous les nains, mais les hobbits traitent toujours leurs invités avec un grand respect. Dans ce cas, cela veut dire les nourrir jusqu'à ce qu'ils n'aient plus faim. » Gronda-t-il en foudroyant le nain du regard.
Il n'était pas vraiment dérangé par la question, parce que c'était tellement Dwalin de se méfier d'un bon repas. Cependant, il aimait voir le nain se sentir coupable en questionnant ses bonnes intentions.
Bilbo pouvait admettre être devenu une peste de vieux hobbit.
« Mes excuses. C'est juste que je… ne m'attendais pas à un festin pareil. » Dwalin pencha la tête et le regarda avec une expression ouverte et franche. « Est-ce que tous les hobbits font ça pour leurs invités ? »
« Eh bien, pas tous. Certains peuvent-être mal-élevés et cupides » Admit-il, se rappelant ses (distants) cousins les Sackville-Baggins. « Mais je ne suis pas l'un d'entre eux, comme la majorité de ma famille. Maintenant venez asseyez-vous et commencez. Je suis sûr que les autres seront bientôt là. »
Dwalin lui lança un autre regard interrogateur et retira sa cape avant de s'asseoir dos au mur. Il poignarda un morceau de poisson et le renifla avant de hausser les épaules et commencer à manger.
Bilbo s'appuya contre le mur et l'observa. Dwalin avait été un compagnon cher à ses yeux, mais il n'avait pas été aussi proche de lui que de Balin et Bofur. A la place, Dwalin avait été la main droite et un ami proche de Thorin pendant leurs voyages. Il n'avait jamais été jaloux de leur lien familial, mais il avait regretté ne pas avoir construit de lien avec Dwalin lui-même.
Mais là encore, il avait regretté beaucoup de choses pendant sa vie.
« Allez-vous manger ou continuer à me fixer ? » Gronda le guerrier, sans s'arrêter de manger.
Bilbo sursauta légèrement avant de rire, gêné. « Ahh, je suis désolé. Je suis juste curieux. Je n'avais jamais rencontré de nain auparavant. »
Dwalin grogna. « Hmp. Eh bien, vous en verrez bien assez. »
Oh, comme c'est vrai.
Quelqu'un frappa à la porte et le fit sursauter. Il avait oublié que les autres allaient arriver aussi vite. « Ah, j'y vais. Continuez à manger. »
Dwalin grogna en réponse mais ne leva pas les yeux de son repas.
Bilbo se dirigea vers la porte essayant de se souvenir du prochain arrivant. A part Dwalin en premier et Thorin en dernier, il n'arrivait pas à se souvenir de l'ordre d'arrivée entre les deux. Haussant les épaules, il ouvrit la porte et vit un grand nain avec une hache de combat accrochée sur le dos debout devant lui.
C'était Balin.
- la dernière fois qu'il voit Balin, il s'en va pour la Moria. Son vieil ami a bien vieilli et il a envie de vivre une nouvelle aventure. Il invite Bilbo à le suivre, mais il refuse parce qu'il ne peut pas laisser Frodo seul. Alors à la place ils passent la soirée à rire et à se souvenir des moments drôles de leur voyage tout en gardant sous silence les jours qui n'étaient pas si merveilleux-
« Je pense qu'il va pleuvoir plus tard, » Commenta Balin, regardant le ciel.
« Vraiment ? J'espère qu'il fera beau à l'aube alors, » Répondit automatiquement Bilbo alors qu'il sentait sa gorge se serrer.
Balin rit et se tourna pour lui faire face. Il était identique aux souvenirs de Bilbo avec ses cheveux blancs, ses yeux noir brillant et son sourire gentil. La vue de son vieil ami élargit un peu plus la fissure en lui.
« Oh, oui, ce serait bien. Je détesterais commencer notre voyage sous la pluie, » Acquiesça Balin, entrant dans sa maison. Bilbo se recula et permit au nain d'entrer avant de fermer la porte derrière lui.
« Je suis Bilbo Baggins, » Se présenta-t-il, faisant tout pour empêcher sa voix de trembler. « Faites comme chez vous. »
« Ah, merci, merci. Je suis Balin, fils de Fundin. Belle maison que vous avez ici. Très accueillante et confortable » Dit Balin avec enthousiasme, défaisant sa cape rouge. « Je n'avais jamais vu l'intérieur d'une maison hobbit. Je m'attendais à quelque chose d'un peu plus brouillon, pour être honnête - »
« Balin ! »
Dwalin avait apparemment entendu la voix de son frère et s'était aventuré hors de la salle à manger pour les trouver. Bilbo regarda les deux frères se saluer en se frappant la tête et réalisa, pour la première fois, qu'ils ne s'étaient probablement pas vus depuis des années. Vivre des travails que l'on peut trouver voulait dire qu'ils s'étaient sûrement séparés pour pouvoir vivre. Un autre rappel de ce que ses compagnons nains avaient dû vivre à cause de Smaug.
« Viens, un dîner nous attend, » dit Dwalin en guidant son frère vers la salle à manger.
« Oh, excellent ! Je me demandais s'il y aurait de la nourriture ici, » Commenta joyeusement Balin.
Bilbo les regarda partir et pensa à les suivre avant d'éliminer cette pensée. Il allait leur donner une chance de se retrouver sans avoir à s'inquiéter d'un hobbit curieux. De plus, il avait besoin d'une chance de se recomposer. Si voir Balin le laissait aussi mal alors il ne pouvait qu'imaginer comment il se sentirait en voyant les autres.
Il se frotta le front et se tapota les joues avant de se sentir prêt. Juste à temps puisqu'un autre coup retentit sur sa porte. Cette fois-ci plus fort et plus bruyant comme si deux poings avaient tapé dessus.
Deux poings. Cela veut sûrement dire...
Avec le cœur lourd, Bilbo ouvrit la porte et cette fois trouva deux jeunes nains debout devant chez lui. Un clairement plus âge que l'autre avec des cheveux dorés attachés en tresses et une barbe juste assez longue pour pouvoir être tressée. L'autre plus grand avec des cheveux noirs en pagaille et presque pas de barbe. Les deux étaient bien armés et arboraient des sourires identiques.
« Fili - » Commença le blond.
« - et Kili - » Ajouta l'autre.
« - à votre service ! » Finirent-ils à l'unisson avant de s'incliner en même temps.
- quand il trouva enfin les deux frères, il vit quelque chose qui le hantera pour les années à venir. Kili allongé sur le dos avec les yeux fermés et son visage jeune et pâle. Il y a des flèches enfoncées dans son torse et son sang crée un océan sous lui. Fili est étendu à côté de lui sur le ventre avec une épée et une dague enfoncée dans son dos. Une main est tendue vers les cheveux de son frère, son visage et ses yeux blancs fixés sur Kili. Même à la fin, il essaie de protéger son petit frère –
« Bilbo Baggins, » Répondit-il doucement, la fissure dans son cœur maintenant complètement ouverte. « Ravi de vous rencontrer tous les deux. S'il vous plaît entrez et allez manger avec les autres. »
« Il y a de la nourriture ? Génial, je suis affamé ! » Kili le dépassa sans hésiter, sautant pratiquement dans la maison avec toute l'énergie d'un chiot. Il commença à enlever ses armes et les lâcha sur l'un des coffres que Bilbo avait discrètement laissés pour eux.
Fili suivit à un rythme plus lent, mais avec toute la confiance et la grâce de la jeunesse. Il commença lui aussi à enlever ses armes et les laissa sur l'un des coffres tout en observant la maison autour de lui avec des yeux bleus douloureusement familiers.
« Un peu plus grand que ce à quoi je m'attendais, » Commenta Fili en commençant à retirer ses nombreux couteaux.
« C'est parce que tu pensais que les hobbits vivaient dans le sol avec la boue et les vers, » Se moqua Kili en cherchant son arc dans son dos. Sa main s'agita en l'air pendant quelques secondes avant que Fili ne se penche pour soulever le bout pour qu'il puisse l'attraper et l'enlever.
« Je savais qu'ils vivaient dans des maisons. Juste pas aussi grandes. Je ne savais pas que les hobbits étaient si grands, » Rétorque Fili, souriant à Bilbo.
Kili ricana et se tourna pour faire face à Bilbo. Son sourire s'effaça et ses yeux noirs s'agrandirent.
« Oi, Monsieur Baggins, vous allez bien ? Vous avez l'air un peu faible, » Dit-il en tendant la main comme pour attraper Bilbo.
Bien ? Non, je ne vais pas bien. Je t'ai vu mourir avec ton frère. Je t'ai vu mourir en essayant de défendre l'oncle que tu aimes tant. Je vous ai vu mourir et vous êtes là à nouveau – vivants et entiers et tellement tellement jeune !
Bilbo retint un sanglot et lança à Kili – Kili souriant, impertinent, fougueux, vivant– ce qu'il espérait être un sourire rassurant. « Oh, oui, je vais bien. Juste la journée qui me rattrape, vous savez ? Pourquoi ne pas aller dans la salle à manger pour le dîner ? Dwalin et Balin sont déjà arrivés. »
Kili hésita, le fixant avant de finalement hausser les épaules et se tourner. Il partit trouver la salle à manger avec Fili derrière lui lançant aussi au hobbit un regard confus mais ne cherchant pas à obtenir une réponse.
Bilbo attendit que les salutations joyeuses retentissent chez lui avant de s'autoriser à s'appuyer sur la porte pour la seconde fois aujourd'hui. Jamais, de toute ses années, avait-il imaginé une douleur telle celle qu'il ressentait en regardant les frères Fili et Kili. Les voir comme ils étaient – brillants et heureux et pleins de vie – et savoir quel futur les attendaient…
Il ne pouvait pas rater. Les revoir ne l'avait rendu que plus déterminé. Peu importe quoi, il ferait en sorte que tout ses compagnons survivent la Bataille des Cinq Armées.
Même s'il devait mourir.
Il y eut d'autres coups sur la porte. Leur force secoua à la fois la porte et le hobbit et il sut que, à part Thorin, il s'agissait des autres nains. Alors Bilbo se redressa, se prépara au chaos, et ouvrit la porte.
Il fut ensuite jeté au sol alors qu'une avalanche de nains tombait sur lui.
« Est-ce que vous pensez que je me suis cassé quelque chose ? » Demanda Bilbo à Gandalf alors qu'on l'examinait.
Le sorcier fit un bruit de considération. « Peu probable. Mais vous aurez des bleus. Peut-être des courbatures demain. »
Il tressaillit. Il n'avait pas envie de chevaucher avec un fessier endolori. « Charmant. »
« Je suis encore une fois désolé, Maître Baggins, » S'excusa à nouveau Bombur – large, maladroit mais doux Bombur – pour la cinquième fois depuis qu'il avait trébuché et fait tomber tous les nains sur le hobbit. « Je ne suis pas le nain le plus gracieux sur mes pieds. »
« Cela voudrait dire que tu as de la grâce tout court, » Marmonna Dori – qui était aussi coincé que dans ses souvenirs -, se frottant le front où une bosse rouge pouvait être vue.
Bombur se flétrit visiblement comme une fleur sans lumière à cette remarque, et Bilbo sentit son irritation augmenter. « Allez, c'était un accident. Il s'est excusé et ne voulait pas faire de mal. Oubliez et passez à autre chose. »
Dori le fixa, clairement surpris par le reproche soudain alors que Bombur le regardait bouche bée. Du coin de l'œil, Bilbo pouvait clairement voir certains le fixer aussi mais il ne leur prêta pas attention. Il se souvenait assez clairement à quel point les nains pouvaient être méchants et vicieux envers Bombur à cause de sa taille et de sa maladresse. Il n'avait pas l'intention de les laisser continuer en sachant à quel point Bombur était un bon nain – et ami.
Un bras s'enroula autour du cou de Bilbo, et il se retrouva soudainement attiré dans l'étreinte de Bofur. Le mineur portait le même chapeau ridicule et l'écharpe dont il se souvenait si bien avec son hoyau attaché sur son dos. Le hobbit pouvait même sentir l'herbe à fumer préférée du nain – la Feuille Londubat parce que Bofur avait toujours la classe – dans le vieux manteau du mineur.
« Aye, notre hôte à bien raison. Ce n'est pas le moment d'accuser, » Commenta Bofur, souriant de son sourire à fossette pour lequel il était connu. Ses yeux étaient cependant durs alors qu'il se mettait au niveau du nain plus âgé devant lui. « Après tout, nous faisons tous des erreurs et tombons tous, non ? »
Dori leva les yeux au ciel mais ne le contredit pas. A la place, il se remit sur ses pieds et alla vers ses deux frères qui mangeaient déjà en ayant clairement terminé avec la conversation.
« Pardonnez le bon vieux Dori. J'ai peur qu'il ne soit dans un de ses mauvais jours, » Commenta Bofur, tapotant l'épaule du Hobbit avant de le lâcher. « Merci pour l'avoir confronté cependant. Parfois il oublie que tout le monde n'a pas le cœur aussi dur que le sien. »
« Je suis sûr qu'il a ses raisons, » Pointa Bilbo, ne voulant pas choisir un côté pour un concours de bites. Il savait que les nains deviendraient aussi proches que des frères, mais cela n'arriverait pas avant le début du voyage, avant d'avoir eu une chance de construire ces relations. Pour le moment ils étaient des camarades avec le même but. Les vrais liens se développeraient plus tard.
« Aye, c'est vrai, c'est vrai, » Acquiesça Bofur, hochant doucement la tête en étudiant le hobbit. « C'est bien de votre part de le reconnaître. Et… merci d'avoir soutenu mon frère. »
« Pas de soucis. Il ne méritait pas un traitement pareil pour quelque chose d'aussi petit. » Dit-il honnêtement, lançant un sourire à un Bombur toujours silencieux.
Le nain sourit doucement en retour alors que Bofur souriait sans se retenir.
« Bien dit ! Maintenant je pense qu'il est temps de rejoindre les autres avant qu'ils ne mangent tout, et ne nous laissent que des miettes ! » Déclara Bofur en tirant son frère vers la table de nourriture. Bombur, bien sûr, suivi sans se plaindre.
Il les regarda partir avant de se tourner vers le sorcier à côté de lui. Gandalf avait un air considéré alors qu'il étudiait le hobbit. C'était un regard qu'il se souvenait avoir vu chaque fois qu'il faisait quelque chose d'inattendu.
« Vous avez l'air confus, Maître Gandalf, » Commenta-t-il, s'enfonçant dans la chaise dans laquelle il avait été tiré après avoir été à la base d'un pancake nain. « Quelque chose vous trouble l'esprit ? »
« Ahh, ce n'est rien. Simplement les pensées d'un vieil homme, » Le rassura Gandalf comme il s'y attendait. Même en tant que bons amis, le sorcier ne révélait que rarement ses pensées. « Alors que pensez-vous de notre compagnie actuelle ? Pas ce à quoi vous vous attendiez, je suppose. »
Bilbo porta son attention à la collection de nains autour de la table. Dwalin faisait un bras de fer avec Gloin – sa ressemblance avec son fils évidente maintenant qu'il le voyait comme un jeune nain à nouveau – alors que Fili et Kili et Bofur les encourageaient. Balin était en pleine discussion avec Bifur – qui avait toujours une hache dans son front – qui semblait contenir à la fois du Khuzdûl et des gestes de mains. Bombur était allé directement à côté d'un jeune Ori et d'un Nori silencieux. Oin – dans sa cape marron habituelle avec des tresses blanches – essayait de manger le plus de nourriture possible alors que Dori à ses côtés essayait d'éviter les projections de nourriture.
C'était une vue tellement familière d'énergie et de vie que Bilbo ne put combattre la chaleur qui envahit son cœur. Dans son inquiétude et sa nostalgie, il avait oublié qu'il y avait eut des bons moments pendant le voyage aussi. Des histoires et des chansons autour d'un feu des blagues murmurées pendant les longues marches et le réconfort de savoir que l'on était en sécurité et aimé. Ses nains lui avaient montré un nouveau côté de la vie qu'il n'aurait jamais connu dans la Comté. Avec eux, il avait appris l'honneur et l'espoir et le sacrifice, et il était passé d'un hobbit coincé, lâche et égoïste à un hobbit brave et gentil.
Les nains d'Erebor l'avaient transformé en quelqu'un de meilleur, et Bilbo ne pourrait jamais l'oublier.
« Ils sont… quelque chose. Pas ce à quoi je m'attendais, certainement, mais c'est ce qui est les rend intéressants. Je ne pense pas qu'ils auraient été si captivants s'ils avaient été différents. » Dit-il honnêtement, ne lâchant jamais le groupe de nains du regard.
Il pouvait sentir Gandalf le fixer avec ses yeux anciens, et sut qu'il allait faire un commentaire. Mais avant que le sorcier ne puisse ouvrir sa bouche, des coups sur sa porte d'entrée retentirent qui firent taire tous les nains.
Gandalf se leva doucement et lança un regard aux autres.
« Il est là, » Annonça-t-il, et le cœur de Bilbo s'arrêta.
