Amour Vengeresse

.

Auteur : Iris Uchiwa

Disclaimer : L'Univers de la fic appartient exclusivement à Donald Paul Bellisario et Don McGill. Je ne gagne pas d'argent en écrivant et publiant cette histoire.

Couple : Tony DiNozzo x Trent Kort

Rating : M (interdit aux moins de seize ans)

Résumé : Tony en a marre. Rien ne va plus dans l'équipe. Ziva David est devenue une jeune femme froide et cinglante, Gibbs n'est plus que l'ombre de lui-même, et McGee est au milieu, perdu. Pourtant il espère que tout va rentrer dans l'ordre. Espoir qu'il va perdre quand il apprendra certaines choses sur Ziva. Amer et trahi, il va se réfugier dans les bras d'un agent de la CIA.

Bashing : Ziva David

NDA : Avoir regardé la série jusqu'à la Saison 8, au moins. Il n'y a pas trop de spoil tout de même. Mais cela permet de mieux apprécier l'histoire.

Des personnages apparaissent alors qu'ils arrivent après dans la série. Ils ne sont pas trop développés rien de bien méchant. Pas besoin de forcément les connaître.

Un truc à changer, Trent Kort n'a pas perdu son œil gauche.

Correctrice / Beta Reader : Altalia (u / 7201264 / Altalia).

Merci à elle ! Mille mercis et remerciements pour son travail acharné !

.


.

Comme annoncé, voici le premier chapitre de cette fic !

Le blabla restera sur le prologue si quelqu'un veut avoir les détails. Je sais que personne ou presque ne lit cet encadré plus que nécessaire donc on va vite passer aux choses sérieuses...

BONNE LECTURE !

.


.

CHAPITRE 1 :

Tony observait Ducky et Palmer travailler sur les deux nouveaux corps qu'ils avaient découverts il y avait tout juste une heure.

C'était inattendu. Et tellement inquiétant. D'abord le mari puis la femme et le fils... Des fois, il vaut mieux être impassible et froid plutôt que de craquer... Huit ans. Le fils n'avait que huit ans. Pourquoi ? Pourquoi s'en prendre à un enfant innocent ?

Il tourna dans la pièce pour s'arracher à la contemplation du tout petit corps.

Rien ne semblait avoir bougé. Rien ne semblait avoir disparu. La pièce était bien rangée, et tout semblait à sa place habituelle.

Alors pourquoi ?

Il monta à l'étage, McGee était sur l'ordinateur familial et cherchait quelque chose qui pourrait tout expliquer. Mais c'était peine perdue constatant sa mine soucieuse et énervée.

Il se rendit dans la chambre du couple mais il ne poussa pas la porte. David était au téléphone. Rien d'extraordinaire si elle ne parlait pas en hébreu. Elle semblait même énervée.

Il fronça les sourcils, très inquiet car la dernière fois que sa coéquipière avait été comme ça, il avait dû courir après un terroriste et il avait failli passer l'arme à gauche. Mu par son instinct, il prit son téléphone et enregistra une partie de la conversation. Il espérait pouvoir le traduire pour savoir ce qu'il se disait. Il croisait les doigts pour que cela ne lui révèle rien de bien inquiétant. Mais il en doutait sérieusement. Son instinct ne lui avait jamais fait défaut. Il avait l'impression que cette conversation était importante.

Il redescendit rapidement et en silence puis alla dans le salon où se trouvaient les corps. Il aida Palmer à charger les deux corps sur les brancards alors que Ducky faisait un rapport préliminaire à Gibbs qui prenait des notes.

Il tournait une nouvelle fois dans la salle quand il remarqua quelque chose qui semblait être coincé sous un pied du canapé. Il souleva un peu ledit pied et prit ce qui semblait être un papier. Il le déplia et remarqua le même logo qui était frappé sur le papier se trouvant sur l'USS Flynn.

« Patron ! Interpella-t-il. J'ai trouvé quelque chose. »

Gibbs n'était pas adepte des coïncidences. Règle numéro trente-neuf, les coïncidences n'existaient pas. Trouver le même logo sur deux lieux de meurtres, cela ne pouvait pas être un simple hasard.

OoOoO

Ils rentrèrent au NCIS tard dans la soirée.

Même s'ils étaient fatigués, ils restèrent tout de même au bureau pour essayer de trouver le moindre indice pour avancer dans l'enquête.

Seulement, lorsque que vingt-trois heures sonna, Gibbs les libéra. Cela faisait plus de quatre heures qu'ils recherchaient sans relâche et tout le monde était à crans de n'avoir rien trouver. Cela ne servait à rien de poireauter ainsi, les résultats des différentes analyses ne sortiraient que le lendemain matin et tout le monde était bien fatigué.

La première à partir, comme par hasard, fut David. Elle prit ses affaires et partit sans même dire au revoir, très pressée de rentrer chez elle.

McGee prit son temps. Il rassembla ses affaires, vérifia et enregistra une dernière fois ses recherches et enfin éteignit son ordinateur. Il passa le bonsoir à son Patron et à lui et partit enfin.

« Tu ne rentres pas DiNozzo ? Lui demanda Gibbs une fois à sa hauteur.

- Pas tout de suite, j'attends un dernier appel, mentit Tony sans vergogne.

- Comme tu veux. Mais sois à l'heure demain. »

Gibbs partit sur ces derniers mots. Tony se retrouva donc tout seul dans l'open space.

Il enregistra ses recherches et ses notes. Il rangea son bureau et tria quelques papiers.

Quand il fut sûr que personne n'allait revenir, il appela Maria qui était étonnement toujours là.

Comme convenu, le Directeur était là et l'attendait de pied ferme. Il en fut tout de même étonné car il était bien tard. Pourtant il ne fit pas de remarque, remercia la secrétaire et monta les escaliers.

Il toqua à la porte de Vance et attendit que celui-ci lui demande d'entrer.

« Agent DiNozzo, asseyez-vous, lui ordonna gentiment Vance.

- Comme vous me l'aviez demandé je suis là pour faire un rapport sur le comportement de David.

- Avant que vous ne commenciez, j'aimerais enregistrer ce que vous allez dire. J'ai réfléchi et je pense que je vais ouvrir un dossier officiel sur son comportement en général. J'attends encore le feu vert d'Eli David.

- Vous en avez parlé avec son père ? Fut surpris Tony au point où il en écarquilla les yeux.

- Oui. Sachez que Ziva n'était ici que pour améliorer l'entente entre nos deux pays. Ziva a décidé de devenir une citoyenne Américaine à part entière de son propre chef. Sage décision ou pas, je n'en sais rien. Mais son père le voit d'un autre œil. Je ne sais pas tout ce qu'il se passe au Mossad ou dans la relation père-fille mais j'en ai touché deux mots à Eli. Je voudrais avoir son feu vert pour éviter tout incident diplomatique, même si Ziva est maintenant une Américaine.

- Vous croyez qu'il va accepter ?

- Je suppose mais rien n'est moins sûr... Maintenant passons aux choses sérieuses. »

Vance sortit un enregistreur vocal dernier cri. Il donna un bref coup d'œil à l'Agent de terrain qui hocha la tête puis il l'alluma et actionna le bouton pour enregistrer.

« Sont présents pour cet entretien le Directeur du NCIS Léon Vance et l'Agent Anthony DiNozzo Junior. Nous sommes réunis pour que l'Agent DiNozzo témoigne du comportement de l'Agent Ziva David, actrice au sein de l'unité de l'Agent Leroy Jethro Gibbs dont fait partie l'Agent DiNozzo et l'Agent Timothy McGee, de son entrée à l'Agence jusqu'à aujourd'hui. La parole est à vous Agent DiNozzo.

- Merci. Tout d'abord, l'Agent Ziva David est entrée au NCIS en tant qu'Officier de Liaison entre le NCIS et le Mossad, elle était toujours de nationalité israélienne. En ce temps-là, c'était l'Agent Jenny Shepard qui était la Directrice du NCIS... Son entrée dans l'équipe s'est faite dans des conditions floues et sur aucune base valable. L'Agent Caitlin Todd dit Kate, faisant partie à ce moment-là de l'équipe de Gibbs, venait de mourir de la main même du demi-frère de Ziva David : Ari Haswari. Gibbs, n'étant pas fan des nouveaux habituellement, n'a rien dit ou n'a pas fait le moindre geste qui montrerait son mécontentement. Par ailleurs c'était la Directrice qui avait imposé l'Agent David immédiatement après la mort de Kate. Elle n'a donc pas suivi de formation interne ou une mise à niveau de nos lois ou même de nos procédures. Mais personne n'a relevé ce point et je n'ai moi-même rien dit... Le temps a passé et elle a démontré qu'elle pouvait être une bonne enquêtrice sans pour autant abandonner les manières qui faisaient d'elle une Officier du Mossad. Elle était sur ses garde constamment, ne faisait pas vraiment confiance à ses collègues pour couvrir ses arrières et démontrait de l'agressivité envers les suspects durant ses interrogatoires, en autres. »

Il eut un temps de pause pour que Tony puisse reprendre son souffle et se sortir de ses pensées qui venaient l'embêter à un moment non convenable.

« Elle fait partie de l'équipe depuis trois ans maintenant. Elle n'a toujours pas changé ses méthodes. Et depuis un an, elle a changé de comportement envers l'équipe et plus précisément envers moi. Elle est plus vindicative lorsqu'elle me parle ou elle est très froide. Elle n'hésite plus à me rabaisser ou à me ridiculiser. Étant son supérieur hiérarchique, elle doit obéir à mes ordres, cependant, elle me renvoie sur les roses à chaque fois en prétextant que je ne suis pas ou plus le Chef d'équipe. En plus de cela elle se permet des écarts de conduites inqualifiables pour une américaine ou un Agent Fédéral. Pour ne citer qu'un exemple parmi tant d'autres, elle se permet encore de rentrer chez des suspects sans mandat et en crochetant les serrures. Ce qui est illégal... Donc je dirais que l'Agent Ziva David a un comportement des plus déplacés depuis un an sans pour autant savoir pourquoi. »

Le silence se fit mais il fut vite brisé par Vance qui était plus dans son rôle de Directeur que d'ami.

« Pour l'enregistrement, pouvez-vous préciser le comportement qu'elle a eu lorsque vous avez remplacé l'Agent Gibbs en tant que Chef d'équipe.

- Très bien... L'Agent Gibbs a pris une petite retraite après qu'il ait perdu la mémoire. Mémoire qui lui est revenue je précise... Je l'ai donc remplacé en tant que Chef d'équipe. Mon second se trouvait être l'Agent McGee. L'Agent Michelle Lee est venu se greffer à notre équipe en tant que quatrième membre... En soi le remplacement fut mitigé. Pour ne parler que de l'Agent David, celle-ci fut irrespectueuse envers moi. Elle contournait mes ordres si elle ne les écoutait pas. Elle critiquait ma façon de gérer l'équipe sans pour autant me dire ce qu'elle voulait vraiment. Elle a entraîné l'Agent McGee et la laborantine Abigail Scuito dans le sillage de son propre combat contre moi. Même si je peux dire que cela n'a pas trop marché étant donné que l'Agent McGee ne montrait pas vraiment de rébellion envers moi ou que la laborantine Scuito n'a pas vraiment adhéré aux idées de l'Agent David... Donc à ce moment-là, elle était tout comme aujourd'hui, irrespectueuse envers moi et la hiérarchie.

- Pouvez-vous nous dire si, en tant que Chef d'équipe, vous avez eu recours à des sanctions que ce soit envers l'Agent David, l'Agent McGee ou la laborantine Scuito ?

- Non, je n'ai pas eu recours à des sanctions, sur aucun d'entre eux. Tout simplement parce que je considérais que leur comportement, bien que déplacé par moments, mais qui restait neutre pour McGee et Scuito, était un appel à l'aide. Ils voulaient que Gibbs revienne et sans l'avouer à haute voix, moi aussi je voulais qu'il revienne. Je dois dire que son départ a été brutal.

- Très bien... Je n'ai pas d'autres questions. Avez-vous quelque chose à rajouter ?

- Non, Directeur.

- Très bien, je déclare le témoignage de l'Agent DiNozzo et cet entretien terminé. »

Vance enregistra son témoignage sur son ordinateur et servit un verre d'alcool pour eux deux, chose qu'il ne faisait que très rarement.

« Je dois dire que je suis plus que sceptique du comportement de David, commença le Directeur. Comme vous l'avez souligné, son entrée dans l'équipe était plus que floue. Shepard n'a pas laissé de traces expliquant le pourquoi du comment. Si son intégration dans le NCIS était justifiée, son entrée dans l'équipe première reste un mystère.

- Puis-je me permettre ? Demanda Tony très sérieux.

- Bien sûr, accorda Vance à l'écoute.

- J'y ai réfléchis. Je pense que Shepard l'a mise délibérément dans l'équipe de Gibbs. Il s'est passé quelque chose durant le meurtre d'Ari Haswari. Je dirais même que le rapport fait par Gibbs est erroné.

- Comment ?... Expliquez-vous. Je suis très intéressé.

- Sans rentrer dans tous les détails car je ne l'ai tout simplement pas, je pense que c'est Ziva David qui a tué Ari. Elle a gagné la confiance de Gibbs en lui sauvant la vie. De ce fait, Gibbs ne pouvait rien dire sur son intégration dans l'équipe. C'était du donnant-donnant. Je te sauve la vie et toi, tu me laisses rentrer dans l'équipe sans discuter. De plus Shepard semblait bien s'entendre avec elle, bien plus qu'il ne se devrait et elles se voyaient assez régulièrement. Donc je pense que... Que David nous espionnait, et plus précisément Gibbs, pour le compte de Shepard.

- Hummm. Mais pourquoi ? Se demanda à haute voix Vance sans remettre en cause l'opinion de son Agent.

- Je pense que d'une part Shepard voulait reprendre sa relation passée avec Gibbs et qu'elle voulait savoir si elle avait une rivale. Et d'autre part, mais là, je ne suis vraiment pas sûr, je pense qu'elle voulait m'évincer de l'équipe. Pour mettre à ma place David. Pour faire quelque chose mais j'ignore quoi.

- … Comme ça, elle avait la confiance de Gibbs en plus d'une place de choix. En prenant votre place elle gagnait en accréditation... Et donc...

- Vous n'y pensez pas ? Fit Tony en suivant les pensées du Directeur.

- Malheureusement si. Je pense que Shepard avait des relations avec des criminels israéliens. Ce qui pourrait expliquer les nombreux papiers plus que louches que j'ai retrouvés dans son bureau... Je ne pense pas qu'Eli était au courant. Mais cela se tient. Les actions des Directeurs d'Agence comme le NCIS ou la CIA sont très contrôlées. Donc David faisait les recherches voulues pour les criminels tandis que Shepard s'assurait d'avoir ses troupes en sécurité…. Mais comme vous le dites, on n'a pas de preuves.

- Sauf que David veut toujours m'évincer de l'équipe. »

La discussion prenait une tournure inattendue.

Effrayante même !

Vance se leva, fit quelques pas et se posta devant la large fenêtre de son bureau.

Vu qu'il faisait nuit, il ne voyait que les lumières de la ville mais pourtant cela lui suffisait pour se détendre et réfléchir intensément sans prise de tête.

Tony, lui, se mit plus à l'aise dans son fauteuil. Son reste d'alcool tournait dans son verre à rythme lent diffusant une bonne odeur sucrée et légèrement fruitée.

Quelques minutes passèrent ainsi sans qu'aucun ne dise un mot.

Tony retournait le scénario fait dans sa tête, il n'arrivait pas à avaler tout ça. C'était trop gros pour être vrai, disait-on. Mais le comportement de Ziva et même celui de Shepard envers lui avait été trop complexe et bizarre pour qu'il élimine ce scénario.

C'était trop gros. Mais pas impossible.

Depuis qu'il était en poste, il avait eu de tout en termes de criminels à chercher et à boucler. Des femmes et maîtresses jalouses. Des anciens petits amis et anciennes petites amies jalouses. Des pères fous, des mères folles. Jusqu'à des tueurs en séries et des psychopathes en furie. Alors pourquoi avait-il tant de mal à avaler ce scénario possible ?

Était-ce parce que cela concernait deux personnes qu'il connaissait ?

Est-ce que si cela avait été des inconnus il aurait moins de mal à trouver des éléments concordants avec tout ça, et même à incriminer l'un d'eux ?

Vance se retourna brusquement, la mine soucieuse et prit la parole d'une voix tendue.

« Si tout cela s'avère exact, alors nous avons une espionne dans nos rangs depuis trois ans. Et nous n'avons rien vu.

- Mais tout cela ne sont que des suppositions. J'ai peut-être tort sur toute la ligne... Et j'espère avoir tort.

- Je ne pense pas. Vous êtes excellent en déductions. Vous avez fait vos preuves dans plusieurs enquêtes. Alors si vous êtes en arrivé là, c'est qu'au moins une partie de vos déductions sont tirées de faits réels et donc logiques.

-... Mais ils nous manquent des preuves... Mais oui... Cette après-midi j'ai surpris une conversation en hébreux entre David et un inconnu au téléphone. Cela avait l'air très tendu. Mu pour mon instinct j'ai enregistré une partie de la conversation. »

Vance en fit une copie et s'assura qu'elle soit envoyée en traduction dans les plus brefs délais.

Il finit par ranger quelques papiers et souffler pour évacuer la tension.

« Bien. Je crois que nous avons eu une bonne conversation. Dès demain matin, je parlerais avec Gibbs du comportement global de David. Je ne mentionnerais pas vos déductions, cela restera entre nous tant que nous n'aurons pas plus d'éléments. En tout cas, j'espère qu'il va se réveiller... Pour l'instant, nous allons rejoindre notre lit. Il se fait très tard.

- Très bien Directeur.

- Passez une bonne nuit Agent DiNozzo. »

Tony salua son Directeur et rentra chez lui.

Il devait être aux alentours d'une heure du matin quand il posa un pied dans son appartement. Il se fit rapidement à manger et se coucha directement.

Son réveil sonna mais il n'avait pas envie de se lever.

Trop la flemme, trop fatigué.

Il resta une demi-heure de plus au lit. Tant pis s'il arrivait en retard.

OoOoO

Effectivement il arriva en retard de juste quelques minutes par rapport à son horaire habituel.

Il posa un pied dans l'open space et il fut directement agressé par une Ziva David de mauvaise humeur.

« C'est à cette heure-ci que tu arrives ? Tu ne penses tout de même pas qu'on allait faire le boulot à ta place, cracha-t-elle dans sa direction depuis son bureau. »

Tony ne répondit pas. Il traça sa petite route jusqu'à son bureau où il s'assit et alluma son ordinateur. Cela la mise encore plus en colère. Elle se leva d'un bond et alla directement devant son bureau tout en tapant du pied et en cherchant son regard pour lui montrer le sien froid et colérique.

« C'est quoi ton excuse ? Tu as été retenu par une blonde à forte poitrine ? Tu n'as pas entendu ton réveil ? Ironisa-t-elle en pensant avoir raison. »

Mais Tony ne se prit pas au jeu. Il n'en avait pas envie, du coup il se concentra sur son ordinateur, occultant tout ce qu'il se passait autour de lui.

La colère de David s'amplifia. Elle ouvrit la bouche pour en rajouter une couche mais Gibbs arriva pile à ce moment-là. Son air peu avenant et son visage fermé démontraient qu'il n'était pas d'humeur joueuse et détendue pour en entendre plus venant d'elle. Ce qui se confirma par un :

« Vous n'avez rien à faire David ? Dit-il froidement en la dépassant rapidement pour se poser à son bureau. »

David ne dit rien sur le coup. Elle envoya un regard chargé de fureur à Tony et se remit au boulot tout en s'excusant auprès de Gibbs.

Ce dernier revenait du bureau du directeur. Autant dire qu'il n'était pas content et cela se voyait.

Tony se demandait comment cela s'était passé. Et il allait enfin savoir si Gibbs allait faire quelque chose pour désamorcer cette situation. Pas la peine qu'il essaye lui, David n'en ferait qu'à sa tête et elle n'écoutait que Gibbs.

Il avait envie de savoir mais il ne voulait pas faire le premier pas. Il avait essayé une fois, dans d'autres circonstances, la suite avait été terrible. Gibbs l'avait sèchement rembarré.

Il ne voulait pas retenter l'expérience.

Mais surtout il voulait voir si Gibbs allait lui en toucher personnellement deux mots, histoire de lui prouver qu'il avait vu, qu'il avait connaissance du problème et qu'il le soutenait. Lui prouver verbalement qu'il allait faire quelque chose.

Alors il ne dit rien et attendit.

OoOoO

Vance souffla. La discussion qu'il avait eue avec Gibbs l'avait vidé de ses forces.

Garder son sang-froid avait été plus compliqué que prévu et lui avait pris énormément d'énergie.

La discussion, enfin son monologue sur le comportement de David, n'avait pas eu l'effet escompté.

Oui Gibbs avait remarqué le changement de comportement de David et oui certaines choses l'énervaient. Mais Gibbs ne comptait pas faire grand-chose pour changer tout cela.

Il en était tombé des nues. Gibbs comptait ne rien faire à part resserrer un peu les vis à David. Et encore, il avait cru comprendre qu'il aurait juste une discussion avec elle.

Quand il avait demandé ce qu'il comptait faire pour punir David de son attitude générale envers l'équipe, Gibbs lui avait répondu que David traversait une passe difficile en ce moment et que c'était dur pour elle. Et par conséquent, il ne pouvait pas lui demander d'être aussi efficace qu'en temps normal ou bien de cacher ses sentiments car ils referont surface au pire moment (ce qui était vrai). Pour l'instant elle ne faisait pas grande chose, donc ça allait (non, non, juste tout un tas de choses pas bien comme insulter sous le manteau DiNozzo. Mais ce n'est trois fois rien, s'était-il dit).

Alors soit il avait loupé quelque chose, soit Gibbs se foutait de lui. Et dans la mesure où Gibbs ne se foutait jamais de lui...

Impossible que Gibbs soit si aveugle que ça pour qu'il n'ait pas remarqué que Ziva était irrespectueuse envers la hiérarchie. En plus d'être intenable, insultante, hautaine, méprisante, arrogante, orgueilleuse et il en passait.

Gibbs ne cautionnerait jamais cela. Encore plus si cela venait de son équipe. Il était un ancien Marine et savait à quel point il fallait respecter la hiérarchie, bien se tenir et être poli. On lui avait fait rentrer tout ça dans le crâne de force et s'était toujours tenu à ses principes de bases, peu importe la situation.

De plus Ziva David était un ancien Agent du Mossad. Là-bas si tu ne respectais pas la hiérarchie, tu étais recalé ou pire, tué. Très vindicatif mais très efficace.

Donc Gibbs n'allait pas lever le petit doigt autrement que pour juste mettre un petit holà et il avait été clair sur ce point. Cependant il n'était pas sûr que cela calme la jeune femme...

Il était perdu dans cette histoire. Mais tant qu'il n'aurait pas d'autres éléments, il ne pourrait pas agir impartialement.

Par contre, ce qui le dérangeait le plus, c'était que Gibbs n'allait rien dit à DiNozzo. Même pas un petit mot pour lui dire qu'il savait et qu'il le soutenait. Ou lui dire deux-trois mots pour lui expliquer la situation. Il l'avait deviné à travers quelques questions et lui se posait de grosses questions.

C'était une chose que Gibbs n'avait jamais fait auparavant. Il avait toujours donné son soutien à Tony, son ami, avant d'être son second.

Il lui manquait une donnée. Quelque chose qui pourrait tout expliquer.

Mais quoi ? Qui savait ?

Vance repoussa ses réflexions à contre cœur.

Il avait une Agence à faire tourner. Il aurait ses explications en temps voulu.

OoOoO

L'enquête n'avançait pas. Les résultats d'expertises n'avaient rien donné d'exploitable. Personne n'arrivait à savoir à quoi se référait le logo rouge et aucun indice ne remontait jusqu'au meurtrier.

McGee souffla pour la cinquième fois en trois minutes.

Décidant qu'il avait besoin de faire une pause pour mieux reprendre après, il se leva de son bureau. Il demanda si quelqu'un voulait quelque chose puisqu'il allait se chercher un café.

Tony lui demanda une barre chocolatée, comme d'habitude. Ziva lui demanda un café, ce n'était pas habituel ça étant donné qu'elle préférait un thé bien chaud à un café fait avec du jus de chaussette. Pourtant il passa outre et ne fit aucun commentaire. Gibbs n'étant pas là, il passa rapidement devant son bureau pour rejoindre la cafétéria du NCIS.

Tout en allant à sa destination, McGee se mit à réfléchir. Tout d'abord il repensa à l'enquête puis ses pensées dérivèrent vers ses coéquipiers.

Quand il avait rejoint l'équipe de Gibbs, il y avait encore Kate. À cette époque il n'était qu'un geek timide et peureux. Grâce à Tony, Kate et même à Gibbs, Ducky et Palmer, il avait réussi à s'affirmer. Il n'avait plus peur de Gibbs et de ses regards noirs. Il n'avait plus peur d'être inutile dans l'équipe. Il n'avait plus peur de dire ce qu'il pensait. Il n'avait plus peur d'agir.

Il était le geek de l'équipe, celui qui faisait de la magie avec un ordinateur.

Il était le McGeek de l'équipe.

Puis Kate était partie. Laissant sa place à Ziva David.

Sachant très bien combien cela pouvait être difficile de s'intégrer dans une équipe dans cette situation, il avait accueilli leur nouvelle bleue avec joie.

Tony avait été plus méfiant, plus froid que lui. Mais c'était normal. Le demi-frère de Ziva avait tué son équipière, leur équipière. Tony connaissait Kate depuis plus longtemps que lui. Ils avaient tissé un lien très étroit ensemble, à tel point qu'on pouvait dire qu'ils étaient frère et sœur.

Mais au fil du temps Tony avait fini par totalement accepter Ziva. Du moins c'est ce qu'il avait cru jusqu'à récemment.

Il connaissait Tony depuis plus de cinq ans maintenant. Il savait déchiffrer son attitude, les mots non-dits. Il savait quand il n'allait pas bien, alors qu'il affichait son éternel sourire charmeur. Il savait quand Tony était triste ou même énervé alors qu'il affichait son air nonchalant et joueur. C'était quelque chose qu'il avait dû apprendre tout seul, petit à petit. Mais il ne le regrettait pas. Parce qu'aujourd'hui, Tony et lui pouvaient se parler sans même prononcer un mot. Pratique durant les missions.

Et aujourd'hui il avait dû user et abuser de ce talent pour comprendre, cerner et déchiffrer Tony DiNozzo et Ziva David.

Ces deux-là étaient indéchiffrables pour toute personne qui ne connaissait pas leur équipe et tout ce qu'elle avait vécu au cours de ses trois dernières années. Entre les tentatives de meurtres, les terroristes, les attentats et les trahisons, leur équipe avait traversé beaucoup de choses et allait en traverser beaucoup d'autres. Mais malgré cela ils étaient toujours là. Et ils avaient changé, certes, mais ils étaient toujours au poste et actifs pour arrêter les méchants.

Tout le monde avait changé.

Et surtout : Ziva avait changé. C'était une chose qu'il avait vue au cours de ce dernier mois.

Comment ? Pourquoi ?

Tout le monde change après avoir vécu autant de choses. Mais là...

C'était trop. Elle avait beaucoup trop changé en si peu de temps. Passant d'un côté à l'autre sans réelle transition ou excuse à ça.

Pourquoi passer de gentille femme attentionnée quoiqu'un peu réservée à une femme froide, cinglante et irrespectueuse ? Pourquoi être passé d'une femme jouant à la femme fatale avec Tony à une femme dégainant des foudroyants regards noirs et crachant sur Tony en toutes occasions sans motif valable ?

Des questions mais pas de réponses. Il avait tenté d'en parler avec elle, histoire de savoir si quelque chose c'était passé dans sa vie, mais elle n'avait rien dit. Pire encore, il avait vu son regard se faire plus dur et froid alors que sa mine restait pourtant belle et bien neutre. Elle ne voulait rien, et surtout ne voulait rien lui dire à lui ! Comme s'il n'était pas digne de confiance, comme s'il n'était finalement rien l'un pour l'autre ! Son silence lui avait fait mal, il s'était sentit blessé et trahis. Même si sa bouche n'avait émis aucun son, tout ceci voulait tout dire.

Depuis ces derniers mois elle s'évertuait à critiquer Tony, à le pousser à bout. Pourquoi ?

Il avait pensé que quelque chose s'était passé entre eux deux mais Tony ne semblait pas savoir quoique ce soit. Il était tout aussi surpris que lui d'entendre les commentaires insultants de Ziva, même si Tony n'en avait cure pour l'instant.

C'était à n'y rien comprendre. D'autant plus que Gibbs ne voulait rien dire ou faire quoi que ce soit qui pourrait évoquer qu'il voyait tout ça d'un mauvais œil. Il ne faisait rien pour calmer le jeu, pour reprendre la jeune femme en main et la ramenait dans le droit chemin. Et ça, c'était des plus bizarre et incohérent à son sens.

Oui peut-être qu'il se passait quelque chose dans la vie de Ziva mais ce n'était pas une raison pour être si hautaine et si vindicative avec Tony en plus de le critiquer et de l'insulter.

Si cela continuait lui, McGeek, s'y mettrait pour défendre Tony qui n'avait rien fait.

Sur cette résolution, et avec les commandes de l'équipe, il remonta dans l'open space, distribua celles-ci et se remit au travail après avoir profité de son café bien chaud.

OoOoO

Tony examinait un quelconque document quand l'ascenseur sonna, indiquant l'arrivée d'une ou plusieurs personnes à son étage. Il n'y prêta pas attention, comme à son habitude, jusqu'à ce qu'une personne se plante devant son bureau.

Il releva la tête et son cœur rata un battement. Il dut battre des cils un petit moment pour se dire qu'il voyait bien et qu'il ne rêvait pas.

Devant lui se trouvait une personne qu'il ne pensait pas revoir un jour.

Elle avait les yeux rougis, son mascara avait coulé et elle était pâle. Elle portait des vêtements classiques mais qui avait été rapidement mis. Sa veste était mal mise et sa chemise mal boutonnée. Ses cheveux étaient mal coiffés.

Tout indiquait qu'elle avait pleuré et même qu'elle était venue ici très rapidement, en catastrophe peut-être.

« Tony j'ai besoin d'aide, lança-t-elle d'une voix désespérée. Mon mari a été assassiné. »

Elle s'était donc mariée. Pas étonnant vu depuis combien de temps leur relation était terminée. Trois ou quatre ans, peut-être plus ou peut-être moins. Il avait oublié, son deuil avait été fait. Il avait oublié pour ne pas succomber à la douleur de son cœur et aux remords présents dans sa tête.

« Jeanne, je... Je t'emmène dans la salle de conférence. On va parler de tout ça. »

Jeanne Benoit, fille du défunt René Benoit dit ''La Grenouille''.

Et son ex aussi.

Déjà qu'il était à cran grâce à David, et maintenant son premier véritable amour revenait sur le devant de la scène... Ce n'était pas une bonne semaine.

Qu'avait-il fait pour que toutes les merdes du monde lui tombent dessus au même moment ?

Il l'emmena dans la salle de conférence, jetant un rapide coup d'œil en direction de McGee pour qu'il prévienne Gibbs.

Il était tendu et peu sûr de lui. Ses sentiments avaient disparu, enterrés avec ses autres espoirs de vie simple et sans danger. Mais il était désolé et coupable d'avoir manipulé cette femme si brillante et charmante juste pour l'ancienne Directrice Shepard et juste pour qu'elle assouvisse sa vengeance. Et son cœur et sa tête le lui rappelèrent en jouant ses souvenirs dans son esprit.

Ils s'installèrent autour de la table dans une atmosphère tendue et Tony versa un peu d'eau à Jeanne.

« Alors tu t'es remariée. C'est bien, j'avais peur qu'après ce que je t'avais fait tu ne puisses pas retrouver l'amour, se désola-t-il.

- Oui heu... Mon mari s'appelle Liam Frendin. C'est un Marine qui travaille sur l'USS Flint. Je... »

Jeanne lui raconta comment elle avait eu ce mauvais pressentiment quand son mari n'était pas rentré alors qu'il avait eu une permission. Comment elle avait découvert ce matin-même la tête de son mari et le logo rouge dans sa boîte aux lettres.

Tony écouta et réconforta du mieux qu'il put son ex.

Là c'étaient plus des meurtres au hasard. Encore ce logo, encore une personne morte. Encore la règle numéro trente-neuf : les coïncidences n'existaient pas.

Tony laissa avec soulagement Jeanne aux bons soins d'un autre Agent et redescendit à son bureau pour faire son rapport.

« Alors comme ça Jeanne Benoit est ici, lança Gibbs à son second avec des yeux désolés sachant à quel point cela devait être dur pour lui. Tu as pu en savoir plus ?

- Oui. Elle s'est mariée avec Liam Frendin. Il était Second Maître sur l'USS Flint et il est mort. Encore une fois, on trouve le même logo envoyé à la famille. Ce n'est pas une coïncidence et je crois que les Marines du Flint nous cachent des choses. »

Gibbs prit quelques secondes pour réfléchir.

Les personnes qui se cachaient derrière ce logo rouge étaient bien organisées, détenaient pas mal d'informations sur les Marines travaillant sur le Flint et savaient se faire discrètes, très discrètes.

Ils devenaient de plus en plus dangereux. Il fallait vraiment qu'ils se dépêchent d'arrêter tout ça avant qu'il n'y ait plus de victimes, se dit Gibbs avec force.

« Convoquez le Capitaine de vaisseaux Jordan Briant. Je crois qu'il a deux-trois petites choses à nous dire, ordonna Gibbs avec force et détermination. »

Son équipe se remit à travailler avec une nouvelle force ayant appris plus de choses pour avancer.

Toute cette histoire les mettaient dans une situation des plus délicates. Mais ils allaient s'en sortir. Comme toujours.

OoOoO

Tony observa attentivement l'homme en face de lui.

Dans une salle d'interrogatoire, le Capitaine de vaisseaux et lui se faisaient face.

Tony paraissait détendu, l'autre était mal à l'aise et une colère pointait le bout de son nez dans ses yeux.

Tony était en train de jouer sur son portable, l'autre le regardait faire tout en gigotant sur son siège.

« Qu'est-ce que vous attendez ? Le déluge ?... Un autre de mes gars est mort ! Mon ami est mort, un de mes hommes est mort, et leurs meurtriers courent toujours et vous êtes là... À ne rien faire ! Craqua le Commandant furieux de son inaction au bout de cinq longues minutes passé dans cette atmosphère.

- Moi je suis là. L'équipe fait du mieux qu'elle peut pour boucler cette enquête. Mais si vous nous cachez des choses alors on ne va pas y arriver, éluda Tony sans lever la tête de son portable.

- Comment ? Mais je vous ai tout dit.

- Mais bien sûr. C'est pour ça que le Capitaine Mick Grant et le Second maître Liam Frendin sont morts ?... Deux personnes qui travaillaient sur le Flint. Deux personnes qui étaient sous vos ordres. Deux personnes qui se sont fait tuer par les personnes qui se cachent sous ce logo rouge. »

Tony lui mit sous le nez le logo qu'il sortit de la poche de sa veste, sans pour autant encore une fois lever le nez de son portable. Mais du coin de l'œil, il pouvait voir que le Capitaine paraissait très mal à l'aise et se dandinait sur sa chaise.

« Moi je dis que vous nous cachez des choses. Et ce n'est pas bien. Voulez-vous vraiment arrêter ces types ? Exposa Tony avec un sourire tout à fait ironique aux lèvres en levant enfin la tête vers la seconde personne. »

Le Capitaine ne voulait rien dire mais il allait craquer. Tony en était persuadé alors il se remit sur son jeu, ignorant l'autre personne pour le rendre encore plus furieux et pour espérer qu'il craque.

Le Capitaine grogna et s'agita encore plus, Tony commença un décompte dans sa tête.

Cinq. Quatre. Trois. Deux. Un. Zéro.

« D'accord ! Je vais tout vous dire. Mais pitié ne faites pas savoir que j'ai parlé, supplia le Capitaine en grognant. Sinon ils vont tuer ma famille et celle de mes hommes.

- Tout dépend ce que vous avez à dire, observa Tony en jetant un regard à l'autre homme sans se détacher de son portable, montrant qu'il n'était pas tout à fait convaincu.

- Ces gens sont... Sont des hommes horribles. Ce ne sont pas des terroristes, souffla Briant, commençant à tout avouer d'une voix faible. Ils sont venus un soir sur le Flint alors qu'on passait par le Sud de l'Afrique. J'ai cru que c'étaient des naufragés, ils en avaient tout l'air. Ils étaient trempés de la tête aux pieds, frigorifiés et en état de choc. Tous. Mais il s'est avéré que ce n'était que des leurres, des appas. Toute une bande est venu nous dire bonjour. Ils ont rassemblé mes hommes et les ont mis en joue…. À ce moment-là on n'était en équipe réduite. On n'était pas plus d'une trentaine pour tout l'USS. Beaucoup ont tenté de se défendre mais ils étaient trop nombreux et trop forts. Ils les ont battus mais pas tués... Soit je coopérais pour une mission que je devrais remplir seul, soit ils tueraient mes hommes un par un en plus de leurs familles. J'ai accepté. Mes hommes ne m'en veulent pas. Ils ont compris pourquoi je l'avais fait, finit affligé le Capitaine partagé entre la peur, la honte, et la colère pour son impuissance. »

Tony avait lâché son portable. Il écoutait attentivement. Mais ce n'est pas pour autant qu'il le croyait. Il nota les nouvelles informations avec soin, laissant l'autre homme se reprendre un peu.

« Qu'en est-il de votre mission ? Demanda-t-il le visage fermé.

- Je ne sais pas. Ils devraient m'appeler ce soir. Je ne comprends juste pas pourquoi mes gars sont morts. »

Tony se leva quand il fut sûr que le Capitaine ne cachait plus rien et partit derechef voir Gibbs qui avait écouté à travers la vitre sans tain.

« Tu le crois Patron ? Demanda-t-il dès qu'il franchit la porte.

- Oui. Tout dans son attitude l'indique. Maintenant il faut tout mettre en place pour arrêter tous les coupables. Tu sais quoi faire. Je t'envoie Ziva. »

Pas un mot de plus. Juste un regard vague dans sa direction. Pas de tape habituelle sur la tête pour avoir joué avec le suspect. Juste quelques mots.

Pourquoi le Patron lui mettait-il dans les pattes cette femme qu'il ne pouvait plus supporter ? Pourquoi le Patron tenait-il tant à ce qu'ils fassent équipe alors qu'il voyait tous les jours que leur entente était au plus bas ?

Espérait-il vraiment qu'ils allaient se réconcilier comme ça ?

Non, parce que déjà pour se ''réconcilier'' il devait savoir à quoi jouait David. Et il ne le savait pas, et elle n'était pas prête à lui parler à cœur ouvert... Si encore elle l'avait voulu un jour.

Il se secoua pour revenir sur Terre et repartit voir le Capitaine pour le mettre au courant de la suite des événements.

« On n'a pas le choix, fit-il dès qu'il rentra dans la salle d'interrogatoire. On va vous ramener chez vous et rester là-bas, question de sécurité. On va ensuite tout mettre en place pour écouter et localiser le portable qui va vous appeler. En espérant qu'il ne vous appelle pas avec un portable intraçable et qu'il ne vous appelle pas pour une mission suicide. Votre famille va prendre quelques jours de vacances loin d'ici sous la protection du NCIS.

- D'accord, je n'ai pas trop le choix, accepta le Capitaine la mine basse. »

Le Capitaine suivit de mauvaise grâce l'Agent DiNozzo, il ne voulait pas vraiment les impliquer dans cette histoire si dangereuse, même s'ils étaient formés pour ça.

Celui-ci embarqua l'Agent David qui n'était absolument pas contente de faire équipe avec son coéquipier. Les regards furieux et le silence glacial en étaient la preuve à son humble avis.

Le trajet fut silencieux.

Le Capitaine remarqua très bien les regards de haine dirigés vers l'Agent DiNozzo de la part de sa collègue et se demandait ce qu'il se passait. Mais il n'osa pas demander, ce n'était pas ses affaires.

Le temps de tout installer et tout vérifier, le Capitaine prépara quelque chose à manger tout en observant à la dérobée les deux Agents s'activer. Enfin il observait plus l'Agent DiNozzo qui travaillait alors que l'Agent David faisait le tour de sa propriété pour vérification.

« Voilà tout est prêt, formula Tony la mine satisfaite mais sérieuse. Dès qu'ils vous appelleront on pourra trianguler leur position. Faites-les parler le plus longtemps possible. Demandez le plus d'informations possible sur la mission. Pas besoin de vous dire qu'ils ne doivent pas savoir que nous sommes ici. »

Le Capitaine acquiesça. Il comprenait les enjeux et la dangerosité de cette mission.

L'attente fut longue et stressante. La tension entre les deux Agents mettait Briant mal à l'aise.

Ses entrailles se retournaient encore et encore tant l'angoisse était intenable.

Finalement le téléphone sonna. Tout le monde se mit en branle d'un coup. L'Agent DiNozzo se plaça devant un ordinateur portable et activa un logiciel tandis que l'Agent David vint se placer devant la porte d'entrée pour couvrir leurs arrières si jamais ils étaient devant la porte.

Sous un hochement de tête de l'Agent DiNozzo, il décrocha.

« Vous êtes seul ? Demanda un homme à la voix grave et déformée.

- Oui. Qu'est-ce que vous voulez ? De l'argent ?

- Non. Demain à l'aube vous vous rendrez au parking du centre commercial Union Station. De là, vous attendrez qu'une voiture vienne vous chercher. On vous dira quoi faire après.

- Mais...

- Pas de mais, coupa l'homme, si vous refusez, ou que vous n'êtes pas à l'heure, ou si vous prévenez les forces de l'ordre, on tue vos hommes et leur famille. Vous savez qu'on peut le faire et qu'on a tout ce qu'il nous faut pour ça. Mick Grant et Liam Frendin pourraient en témoigner s'ils étaient encore en vie. »

L'homme mystérieux raccrocha de suite après sans même un au revoir, mais pour un maître chanteur c'était logique.

Tony grogna. Ils n'avaient pas pu localiser le portable.

« Qu'est-ce qu'on fait ? S'enquit le Capitaine inquiet et paniqué. »

Bonne question.

Tony avait bien un début de plan, mais comme toujours personne n'allait le suivre. Ses plans étaient toujours farfelus mais toujours efficaces. Sauf que tout le monde retenait que ses plans étaient farfelus et pas la suite, soit efficaces. Et c'était ce qu'il faisait qu'il était assez furieux envers Gibbs parce qu'il ne l'écoutait jamais. Furieux et aussi déçu que son Patron ne le prenne pas au sérieux après tout ce temps.

David appela Gibbs pour lui faire savoir ce que voulait ses hommes mystérieux.

Après quelques mots, Gibbs leur dit quoi faire et raccrocha aussi sec.

Tony souffla silencieusement, il aurait aimé que quelqu'un lui demande son avis en tant que second du Chef d'équipe...

OoOoO

Jordan Briant arriva sur les lieux de son rendez-vous quelques minutes en avance.

Le parking devrait être fermé à cette heure-ci mais la barrière était grande ouverte comme si c'était une invitation à entrer.

Briant, connecté à une oreillette couleur chair et presque invisible dans son conduit auditif, commenta et décrivit les lieux.

Dans l'ombre une équipe de Policiers et d'Agents du NCIS prenaient place et couvraient les lieux alors que lui se garait au centre du parking avant de sortir de sa voiture.

Deux minutes après, une voiture sans plaque arriva. C'était une Cadillac Escalade deuxième génération de couleur noir. Dès que la voiture s'engagea dans le parking, DiNozzo et une équipe de Policiers refermèrent le passage et le sécurisèrent sans que les kidnappeurs ne le voit venir.

La voiture s'arrêta quelques mètres devant lui, les phares braqués sur lui et un homme sortit du véhicule toujours allumé.

Même avec les pleins phares, aucun ne put voir les Policiers et les Agents du NCIS à temps.

Le Capitaine donna le signal et courut se cacher derrière sa voiture. Il n'était pas armé, ni protégé par un gilet par balles car les maîtres chanteurs auraient pu le remarquer donc pas la peine de jouer au Héro.

Mais il se sentit très démunis en cet instant. Lui, un Marine, ne pouvait même pas prendre part au combat pour sauver ses hommes de ces monstres. C'était rageant et terriblement pénible à supporter.

Néanmoins tout alla très vite pour lui. Il entendit des coups de feu ainsi qu'une voiture qui démarrait en trombe. Mais il le savait, ce n'était pas la peine de fuir. Tout était bouclé et des équipes ainsi qu'un hélicoptère étaient prêts à le suivre à la trace.

Cinq minutes passèrent quand enfin l'Agent Gibbs vint le voir.

« Tout va bien ? Lui demanda-t-il sans détour en rangeant son arme.

- Oui. Comment...

- Deux sont morts, le troisième est légèrement blessé. On l'embarque pour interrogatoire. Venez ! Coupa l'Agent Gibbs durement. »

OoOoO

L'homme de la Cadillac ne parla pas.

Du moins jusqu'à ce que Gibbs le menace et lui promit qu'il irait à Guantánamo pour terrorisme s'il ne parlait pas. Ce n'était pas vrai mais cela fit suffisamment peur au suspect pour qu'il crache enfin le morceau.

Il leur raconta la mission qu'aurait dû faire le Capitaine ainsi qu'une partie de l'équipage en sous-marin.

Drogue, trafic d'armes et trafic de femmes.

Gibbs boucla le coupable mais il savait que cela n'était pas terminé. Il le sentait. Ils venaient de boucler un homme... Pas tout le réseau.

OoOoO

Tony triait des papiers, les classait puis les rangeait.

Ils avaient mis le doigt sur quelque chose de bien plus gros qu'un simple trafic de drogues, d'armes et de femmes.

Le logo rouge, les morts. L'homme qu'ils avaient appréhendé n'était qu'un sous-fifre de bas étage. Il n'aurait rien pu dire de plus car il ne savait rien. Peut-être que les deux autres auraient pu mais peine perdue, ils étaient morts.

Il allait partir, comme le reste de l'équipe, quand Vance les interpella. Son visage grave indiquait que ce qu'il allait dire n'allait pas leur plaire.

« J'ai une mauvaise nouvelle... Jeanne Benoit a disparu. »

Vance lui tendit un papier qui était resté sur le lieu de l'enlèvement, soit la salle de conférence dans leurs locaux.

Sur le papier, un oiseau rouge planant dans un cercle tout aussi rouge les narguait.

.

À suivre !

.


.

Merci de votre lecture !

Merci à ceux qui vont mettre une review, ou pas !

À dans 2 jours pour la suite.

BISOUS !

Iris Uchiwa